« C’est un peu un flop non ? » : ce mardi matin devant le lycée Aristide-Briand à Gap, les élèves sont peu nombreux à se mobiliser. Environ 80 personnes sont présentes, dont près de la moitié sont des adultes venus en soutien. Deux ou trois pancartes sont brandies, tandis qu’un groupe d’élèves tente de faire fonctionner la sono prêtée par un syndicat. « Il y a moins de monde aujourd’hui, admet Elisha, lycéen, au micro. Mais on est quand même là pour la lutte ! ».
Vers 9h, le cortège s’élance calmement vers le centre-ville. Les plus motivés tentent d’animer la petite foule, en scandant « Macron, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue ! », ou « La jeunesse emmerde le Front national », mais sans grand succès. « Il y a eu un problème de communication pour aujourd’hui, justifie Elisha. Mais on sera plus nombreux le 15 octobre ! ». En milieu de matinée, quelques élèves du lycée Dominique Villars ont rejoint le cortège, doublant le nombre de manifestants. Elisha craint que le mouvement ne s’essouffle avec les vacances scolaires, mais lui reste déterminé : « Le problème, c’est que le gouvernement fait le grand sourd, et il sort des décisions et des réponses bidons. Nous, tant qu’il n’écoutera pas, on continuera ».
Poursuivre les manifestations pour finir par gagner, c’est aussi le point de vue de Kim et Laura : « Il faut être beaucoup plus, tous les jours s’il le faut. Après, si les politiques nous ignorent, on ne peut rien faire d’autre ». « C’est vrai que ce n’est pas simple de rater les cours, car nos absences peuvent peser pour Parcoursup, explique Camille. Mais il faut s’unir, aussi avec les autres corps de métiers, pour se faire entendre. Et sinon, bloquer tout ce qui est consommation, car ce qui a un impact financier fait bouger le gouvernement ! » « La solution, c’est même de changer de gouvernement ! propose Nino. Nous à Gap, on reste favorisés par rapport à nos camarades des banlieues. On peut se contenter de marcher calmement. Mais pour eux, qui sont moins écoutés, utiliser une certaine forme de violence est parfois utile. » « On n’a pas le droit de vote, regrette Juliette. Alors manifester, c’est notre seul moyen de s’exprimer. »
Agathe Di Lenardo
ET AUSSI
Briançon

Leave a Reply