La scène marque les esprits. Un cortège d’enseignants vêtus de noir processionne avec un cercueil en carton sur leurs épaules, devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale, à Marseille. « Cela représente l’avenir de nos élèves en difficulté que l’on sacrifie », explique Rémi, représentant syndical Sud Éducation qui enseigne à l’école Sinoncelli.
La manifestation, soutenue par plusieurs organisations syndicales (CGT Éduc’action, FSU-SNUipp, Snudi-FO, SE-Unsa et Sud éducation), rassemble une cinquantaine de personnels des écoles du 1er degré de la circonscription du Canet (14e). Ces établissements, qui affichent parmi les plus faibles indices de précarité sociale (IPS) du département, font pourtant face à un manque criant de personnels.
« Une maîtresse spécialisée, trois psychologues et aucun rééducateur pour 3 500 élèves », se désole Rémi, en se référant aux professionnels du réseau d’aides spécialisées (Rased) censés dispenser des aides spécifiques aux élèves en difficulté. « On a environ 200 heures d’AESH non pourvues depuis le début de l’année », ajoute l’enseignant. « Dans ma classe, on est 27 et j’ai un élève autiste, sans AESH, c’est impossible de s’en occuper. C’est épuisant », s’exaspère une enseignante de l’école élémentaire Canet Jean-Jaurès.
le mouvement lycéen
« De la maternelle au lycée, plus de moyens dans l’école publique », scandent la quarantaine de personnels présents. La manifestation s’est justement terminée par un appel à faire converger leur lutte avec le mouvement lycéen et à rejoindre la mobilisation prévue mardi 13 octobre.
Lancelot Soumache

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