Tag: enseignant

  • Une projection pour éclairer la minute de silence pour Samuel Paty

    Une projection pour éclairer la minute de silence pour Samuel Paty

    Le 16 octobre 2020, le professeur d’histoire géographie Samuel Paty était assassiné par un terroriste islamiste, non loin de son établissement à Conflans-Sainte-Honorine. Le Département des Bouches-du-Rhône a organisé ce lundi une projection de L’abandon, fiction documentée qui retrace les derniers jours de l’enseignant, signée Vincent Garenq, présentée hors compétition lors du Festival de Cannes 2026. « C’est important d’avoir des professeurs qui s’engagent pour le respect de la liberté » a souligné la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, en ouverture de la séance. « Cette semaine est un temps d’hommage aux deux grands serviteurs de la République Samuel Paty et Dominique Bernard » a appuyé Bruno Martin, secrétaire général de l’académie.

    300 élèves de 3e venus d’établissements divers, ainsi que leurs professeurs, se sont rassemblés au cinéma de la Joliette à Marseille, pour une séance autour de la laïcité et de la liberté d’expression.

    Rétablir les faits et tirer des enseignements

    « Peu d’élèves connaissaient réellement l’histoire de Samuel Paty », a observé Marion de Blaÿ, productrice du film L’abandon. Ce constat a d’abord motivé la création du film, puis sa diffusion auprès des publics scolaires. Un travail a été engagé avec des professeurs pour construire un dossier pédagogique visant à faciliter le travail avec les collégiens en amont. Après la projection, les collégiens ont questionné l’acteur principal du film, Antoine Reinartz, et sa productrice, Marion de Blaÿ. Une partie des interrogations ont porté sur la façon dont l’acteur s’est emparé du rôle : « Quel était votre ressenti en jouant Samuel Paty ? », « Comment avez-vous travaillé le rôle ? » « Avez-vous rencontré les élèves de monsieur Paty ? » D’autres élèves ont questionné l’équipe sur la réalisation du film : « Est-ce que vous avez présenté les faits réels ? », « Comment avez-vous trouvé toutes vos informations ? » « Vous avez fait vous-même votre enquête ? »

    Marie Delouze, déléguée académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle du rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, a tiré un bilan très positif de cette médiation. « C’est un travail très utile, on a beaucoup de témoignages d’élèves qui ne savaient pas exactement ce qu’il y avait derrière la minute de silence annuelle en hommage au professeur », a-t-elle ajouté, estimant que le film « incarne cette minute de silence ». « C’est une œuvre d’utilité publique », a-t-elle conclu.

  • [Entretien] Marion Chopinet, Snes-FSU : « La jeunesse démontre qu’il va falloir compter avec elle »

    [Entretien] Marion Chopinet, Snes-FSU : « La jeunesse démontre qu’il va falloir compter avec elle »

    Dans les salles des professeurs comme dans les classes, le malaise était palpable depuis longtemps. Tous dénoncent une dégradation du système éducatif. Alors qu’une nouvelle mobilisation est annoncée pour le mardi 13 octobre, Marion Chopinet revient sur les ressorts d’un ras-le-bol parti pour durer.

    La Marseillaise : Ce mouvement lycéen s’annonce durable, avec un nouveau rendez-vous le 13 octobre, porté par une intersyndicale lycéenne, étudiante et enseignante, ainsi qu’un appel interprofessionnel de la CGT. Est-ce quelque chose à quoi vous vous attendiez ?

    Marion Chopinet : À la fois, on ne l’a pas vu venir et en même temps, ce n’est pas étonnant du tout. Il y a eu le démarrage en région parisienne et des mouvements ponctuels déjà, avant la rentrée, dans les outre-mer. Cette colère lycéenne gronde depuis pas mal de temps. Elle s’est étendue à toutes les académies après la mobilisation de la fonction publique du 29 septembre. Dans l’académie d’Aix-Marseille, les mobilisations lycéennes commencent autour de cette date, qui a marqué le début des premiers blocus de lycées ici.

    En tant que syndicat enseignant, comment accompagnez-vous les lycéens ? Peut-on parler de convergence des luttes ?

    M.C. : D’une certaine manière oui, car leurs revendications rejoignent les nôtres. Quand on se mobilise, nous, contre les réformes, le choc des savoirs, la réforme Blanquer en fait à l’origine de tout le bazar dans les lycées aujourd’hui, on se mobilise pour nous. Mais nos conditions de travail, ce sont les conditions d’études des élèves. Là, c’est le mouvement lycéen qui a pris le plus d’ampleur et qui continue à grandir et on se rejoint complètement. Après, c’est un équilibre assez difficile à tenir. Car si on a des revendications communes, en dehors des moments où on a nos casquettes syndicales, on est aussi leurs profs. Il ne s’agit pas de confondre les deux et de se servir d’une manière ou d’une autre de l’« autorité » qu’on peut avoir sur eux pour influer sur le mouvement. Cela doit rester le leur, ils doivent pouvoir s’organiser et décider. À nous, éventuellement, de répondre plutôt à leurs sollicitations et à leurs besoins pour avoir un service d’ordre, du matériel pour faire des pancartes, l’accès à un local… Toutes ces manifestations qui associent depuis plusieurs jours personnels de l’Éducation nationale, lycéens, étudiants, d’autres corps de métier et les parents marchent très bien et font la démonstration que le cœur du sujet, ce sont les revendications des lycéens et pas les violences.

    Du côté des enseignants, vous alertez depuis longtemps sur une véritable souffrance…

    M.C. : Nous avons effectivement des enseignants qui sont submergés de tâches annexes, dont les salaires n’ont pas été revalorisés depuis extrêmement longtemps. Ce qui participe aussi de la crise de recrutement et du manque d’enseignants, au-delà des suppressions de postes. Les jeunes ont compris aussi que s’ils veulent avoir plus de profs et plus de candidats au concours, il faut revaloriser le métier. Les revendications autour du statut de la fonction publique pour les AESH sont aussi un enjeu pour nous et les élèves d’avoir des accompagnants pour ceux en situation de handicap. Des personnes recrutées par concours, formées, rémunérées correctement et qui soient présentes dans les établissements pour eux.

    La répression du mouvement lycéen est-elle, selon vous,
    une manière de l’étouffer
     ?

    M.C. : Oui, il y a forcément des consignes pour faire peur le plus possible aux élèves et aux parents. Ces violences policières sont complètement disproportionnées, absolument délirantes. Nous les avons dénoncées dans de nombreux communiqués.

    La réponse apportée par le gouvernement, entre les annonces du Premier ministre sur les prix à la pompe et le déblocage de 3 000 postes d’enseignants, est-elle à la hauteur ?

    M.C. : Ça ne correspond pas du tout à ce qu’on demande, même si pour les enseignants aussi, la question du prix de l’essence et de ce que coûtent les trajets pour se rendre sur leur lieu de travail, ça compte. Pour les 3 000 postes qui seraient débloqués, on attend de voir la réalité. Nous réclamons surtout des postes au concours, une revalorisation, une réflexion aussi sur le bâti scolaire. Rien n’est dit du tout sur ce qui est essentiel pour les élèves : Parcoursup. Et au-delà, la réforme Blanquer, mise en place en 2018, qui touche au lycée et au bac sans laquelle Parcoursup ne peut fonctionner. C’est elle qui permet cette sélection terrible dans l’accès au supérieur et qui accompagne de façon extrêmement efficace les suppressions postes. Après, il y a eu le « choc des savoirs » avec Gabriel Attal. Tout ça, c’est la déclinaison de la même chose : dire que ça coûte trop cher et qu’il faut trier les élèves le plus tôt possible. Ce qui va à l’encontre du projet du Snes et de la FSU entre autres, qui avait cours depuis les années 80, de démocratisation scolaire, de faire en sorte que la majorité des jeunes arrivent jusqu’à un niveau bac.

    Nous sommes aussi dans un contexte d’austérité budgétaire…

    M.C. : C’est catastrophique, pour l’Éducation nationale comme l’ensemble des services publics. C’est à eux que l’on fait payer le prix de l’austérité et de la dette. Il y a aussi un enjeu autour des budgets des collectivités territoriales et du bâti scolaire. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est que ces jeunes ont passé des examens sous canicule, l’an passé. Des élèves qui font leur rentrée dans des salles à plus de 30-35 degrés, des journées de cours épuisantes… Toute une réflexion est à mener sur l’adaptation au changement climatique et les budgets qui devaient y être consacrés ne sont pas à la hauteur ou ont été supprimés.

    D’aucuns tournent la mobilisation lycéenne en dérision, s’offusquent des débordements… Comment voyez-vous la suite ?

    M.C. : Je pense que les élèves ont comme perspective de tenir au moins jusqu’aux vacances. Nous, on annonce déjà une nouvelle date à la rentrée, le 5 novembre, avec l’intersyndicale de la fonction publique, sur les salaires, conditions de travail, etc. La consultation inventée par Sébastien Lecornu est aussi une manière d’étouffer ce mouvement. On a vu comment les gouvernements Macron ont fonctionné avec les Gilets jaunes, les cahiers de doléances qui n’aboutissent à rien. Les jeunes l’ont bien compris. Sur la prise en considération, je fais le lien avec les débats sur la loi intégrale, tout ce travail fait par les associations féministes et enfantistes. Cela dit, vu comment notre société regarde les enfants et les jeunes, se méfie d’eux, considère qu’ils n’ont pas droit à la parole… Ils font la démonstration que la jeunesse, c’est autre chose que de rester collé sur son téléphone et qu’il va falloir compter avec eux. Le monde qu’on est en train de construire, c’est le leur. Ils ont droit au chapitre.

  • Des enseignants excédés par le manque de moyens

    Des enseignants excédés par le manque de moyens

    La scène marque les esprits. Un cortège d’enseignants vêtus de noir processionne avec un cercueil en carton sur leurs épaules, devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale, à Marseille. « Cela représente l’avenir de nos élèves en difficulté que l’on sacrifie », explique Rémi, représentant syndical Sud Éducation qui enseigne à l’école Sinoncelli.

    La manifestation, soutenue par plusieurs organisations syndicales (CGT Éduc’action, FSU-SNUipp, Snudi-FO, SE-Unsa et Sud éducation), rassemble une cinquantaine de personnels des écoles du 1er degré de la circonscription du Canet (14e). Ces établissements, qui affichent parmi les plus faibles indices de précarité sociale (IPS) du département, font pourtant face à un manque criant de personnels.

    « Une maîtresse spécialisée, trois psychologues et aucun rééducateur pour 3 500 élèves », se désole Rémi, en se référant aux professionnels du réseau d’aides spécialisées (Rased) censés dispenser des aides spécifiques aux élèves en difficulté. « On a environ 200 heures d’AESH non pourvues depuis le début de l’année », ajoute l’enseignant. « Dans ma classe, on est 27 et j’ai un élève autiste, sans AESH, c’est impossible de s’en occuper. C’est épuisant », s’exaspère une enseignante de l’école élémentaire Canet Jean-Jaurès.

    Converger avec

    le mouvement lycéen

    « De la maternelle au lycée, plus de moyens dans l’école publique », scandent la quarantaine de personnels présents. La manifestation s’est justement terminée par un appel à faire converger leur lutte avec le mouvement lycéen et à rejoindre la mobilisation prévue mardi 13 octobre.

    Lancelot Soumache

  • À Toulon, malgré des revendications partagées, certains lycées peinent encore à se mobiliser

    À Toulon, malgré des revendications partagées, certains lycées peinent encore à se mobiliser

    Au lycée professionnel du Parc Saint-Jean, vendredi matin, de nombreuses pancartes garnissent le portail. Mais ils sont peu nombreux – une dizaine – à les porter, malgré les appels lancés à leurs camarades depuis le début du mouvement. « On essaie de rassembler, mais c’est compliqué », déplore Elizéa, une des meneuses. Pourtant, « tout le monde pense la même chose », assure-t-elle. À savoir que « l’on étudie dans des conditions déplorables », se désole Lilou, l’organisatrice, qui dresse la liste des désagréments matériels : « On a des fuites d’eau. Le plafond tombe quand il pleut, c’est arrivé pendant le bac l’année dernière. Les toilettes dégagent une odeur immonde, on n’a pas de papier, pas de savon, pas de lumière, de la moisissure au plafond. En été il fait vraiment chaud, on a des clims mais elles ne marchent pas ». Des difficultés organisationnelles apparaissent aussi : « L’application pour réserver la cantine ne marche pas non plus, du coup c’est premier arrivé premier servi. Notre professeur d’enseignement professionnel, la plus importante pour le bac, n’est pas là pendant un mois et pas remplacée. Des profs d’espagnol sont aussi absents ».

    « Peur des professeurs,

    des parents, de la police »

    Profitant de la récréation pour essayer de capter d’autres élèves, les jeunes tentent de bloquer, sans violence, l’entrée de l’établissement. Mais malgré quelques fumigènes craqués pour réchauffer l’ambiance, leurs efforts sont vains. « Ce n’est pas un vrai blocus, il ne se passe rien », entend-on çà et là. « Le problème est qu’on fait ça calmement, alors que certains attendent que ça prenne feu, comme ça a été le cas jeudi dernier », pointe Elizéa. Selon elle, beaucoup ont « peur des professeurs ou des parents », mais aussi « de la police. Un élève du lycée a été étranglé, on voit les nombreux jeunes qui subissent des violences ».

    Lilou pointe par ailleurs le fait que, contrairement à d’autres lycées où le dialogue est instauré avec la direction, il n’en est rien au Parc Saint-Jean : « Je vais demander un rendez-vous au proviseur, mais on se sent davantage dans la confrontation ». Il leur est également difficile de trouver des soutiens au sein du corps enseignant. « Je les comprends, je suis au lycée depuis plus de 30 ans et il n’y a jamais eu de travaux, mais beaucoup de problèmes ne me concernent pas directement », résume succinctement l’un d’entre eux. « Il y a des professeurs syndiqués, mais comme dans de nombreux lycées professionnels, c’est calme en salle des profs », regrette un cadre syndical varois. Pour autant, Lilou, Elizéa et les autres élèves mobilisés seront présents mardi aux côtés des autres lycéens toulonnais à l’appel de l’intersyndicale. « S’il faut continuer après, je continuerai, mais je veux qu’il y ait du monde avec moi », espère cette dernière, sans quoi « ça n’avancera pas ».

  • Les lycéens et travailleurs d’Arles manifestent ensemble

    Les lycéens et travailleurs d’Arles manifestent ensemble

    « On a exactement les mêmes revendications qu’eux ». C’est donc tout naturellement que Lucile Venet, professeure de biologie au lycée Pasquet et syndicaliste FSU, est venue soutenir la mobilisation lycéenne arlésienne, ce mardi. Il y avait déjà du monde au départ, à 10h, devant la Bourse du travail d’Arles. Le cortège a rejoint la sous-préfecture, où une délégation de lycéens et de syndicalistes enseignants a été reçue. Au plus fort de la mobilisation, les organisateurs ont compté 1 100 participants, contre 530 selon la police.

    Le cortège mêlant lycéens, professeurs, syndicalistes et parents était accompagné par un fort dispositif de service d’ordre de la CGT, les chasubles rouges de l’hôpital d’Arles et des dockers ouvrant et fermant la marche. « Notre présence dans leur manif, c’est pour que tout se passe bien, ces jeunes veulent être écoutés et la violence est tout ce qu’ils trouvent à la fin », explique Magali Raffin, professeure en lycée pro et militante de la CGT Éduc’action.

    Tout part de la Bourse du travail

    Tout est parti d’une rencontre. « Des élèves du lycée Pasquet sont venus nous rencontrer à la Bourse du travail pour nous demander de l’aide et du soutien. On leur a proposé d’organiser une AG et cette manif », détaille Magali Raffin. « C’est un symbole énorme » pour cette dirigeante de l’Union locale CGT en lutte pour garder son local à la Bourse du travail.

    Ce soutien est bienvenu pour les lycéens. Amaury Stantina rappelle que la semaine dernière, lors du blocage du lycée Pasquet, « la police était des deux côtés de la rue, ne laissant aucune fuite possible, et gazait sans sommations ». Il estime qu’« il est nécessaire que les syndicats de travailleurs et de lycéens se retrouvent pour demander un changement de politique » face à « la violence systémique et le manque d’argent partout ». Et illustre : « Ça fait une semaine qu’on est dans la rue et là, on voit 500 millions d’euros en moins pour l’éducation nationale » dans le projet de budget du gouvernement. « Un foutage de gueule » assène-t-il.

    Pour la Bourse du travail, comme pour les profs et les élèves, il s’agit d’un « rendez-vous de convergence des luttes ». Une convergence dont Lucile Venet et Amaury Stantina espèrent qu’elle sera victorieuse.

  • À Toulon, lycéens et syndicats dénoncent le dédain de la préfecture

    À Toulon, lycéens et syndicats dénoncent le dédain de la préfecture

    Pas de grasse matinée pour les lycéens toulonnais. Dès 7h, nombre d’entre eux, en provenance de plusieurs établissements de la ville, se sont réunis devant le lycée Bonaparte, bloqué pendant une partie de la matinée. Entourés de militants syndicaux (CGT, FSU, FO, Solidaires), ainsi que de nombreux parents et enseignants venus les soutenir et les protéger, ils se sont ensuite mis en marche aux alentours de 9h.

    « Sarcastiques et dédaigneux »

    En tête de cortège, Denis Sincu, élève en terminale au lycée Bonaparte, leader de la mobilisation, haranguait une foule d’environ 2 000 personnes, déterminée, mais respectueuse du cadre de la manifestation, autour d’une revendication : être entendue. Une délégation composée de représentants syndicaux, de professeurs, de lycéens et d’étudiants, dont il faisait partie, a été reçue en fin de matinée par le préfet et le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen). « On veut demander au préfet qu’il nous ouvre une porte de dialogue avec les institutions », clamait-il avant ce rendez-vous. Derrière cette demande, des revendications précises : la fin de Parcoursup, des bâtiments rénovés, des outils numériques fonctionnels, du personnel enseignant en nombre suffisant et des emplois du temps cohérents.

    Mais à l’issue d’une réunion qui a duré un peu plus d’une heure, c’est la colère qui dominait parmi les principaux concernés. « Ils ont été sarcastiques et dédaigneux. C’est un manque de respect envers la jeunesse, qui a le droit de s’exprimer », s’indigne Camille, membre du conseil de la vie lycéenne du lycée Bonaparte. « Ils parlent de dialogue social, parce qu’ils ont reçu une délégation d’étudiants et de syndicats, mais il n’y a pas de réponse, c’est de l’enfumage. Ils se renvoient la balle sur les responsabilités », dénoncent les syndicats, qui se disent prêts à soutenir la prochaine mobilisation, annoncée pour le 15 octobre.

  • Alternative progressiste pointe l’inertie du RN sur les dossiers clés

    Alternative progressiste pointe l’inertie du RN sur les dossiers clés

    Après le conseil municipal de mardi, nous retrouvons aujourd’hui les conseillers municipaux d’opposition de gauche dans le centre-ville de l’ex-cité des Chantiers pour une analyse de la gestion par l’extrême droite de la commune ces six premiers mois.

    Concernant le volet des écoles, dont le maire Dorian Munoz affirme avoir fait sa priorité avec la sécurité, l’enseignant Cédric Turco (PCF) explique que, mis à part quelques travaux engagés, la rentrée s’est effectuée dans des conditions totalement insatisfaisantes. « Dans la deuxième ville du Var, on a des écoles dans un état lamentable. On est loin d’être à la hauteur des besoins », affirme-t-il. Et donc l’absence d’avenant budgétaire pour répondre à l’urgence dénote une absence de volonté politique malgré l’affichage, pointe l’élu.

    Et de poursuivre : « Les préfabriqués de l’école Victor Hugo sont amiantés et sont de vraies passoires thermiques : c’est irrespectueux pour les enseignants, pour le personnel municipal et pour les élèves de travailler dans ces locaux ».

    L’occasion aussi de rappeler que le groupe Alternative progressiste ne lâchera rien à propos de la construction du nouveau groupe scolaire Verne-Mabily qui aurait dû accueillir les élèves depuis 2021. Un projet que la droite précédemment aux manettes a jeté aux orties sans autre forme de procès. En attendant la solution trouvée n’a apporté aucune amélioration, explique-t-il. Au contraire même, puisque « le fait que la maternelle Mabily partage les locaux avec la maternelle Cotton engendre de gros problèmes au niveau de l’organisation ». Sans compter que « l’école Verne est amiantée du sol au plafond ».

    L’autre point noir dénoncé réside dans le manque de transports scolaires. Et l’embauche d’un chauffeur de bus contractuel risque de ne pas suffire. Pour la gauche, « une sortie scolaire annulée, c’est une activité pédagogique qui disparaît, et un enfant qui ne peut pas partir en sortie parce que la collectivité n’a pas les moyens de l’y emmener, c’est aussi une inégalité d’accès aux activités scolaires ».

    Écoles délabrées

    Cédric Turco rappelle également que l’apprentissage de la natation obligatoire pour les élèves de la maternelle au CM2 n’est toujours pas assuré faute de piscine.

    « C’est une obligation légale pour les communes de plus de 30 000 habitants », insiste Stéphane Sacco (GRS).

    Concernant, leur présence aux côtés des personnels de l’hôpital de La Seyne mobilisés pour que continue de vivre le service psychiatrique, les élus de gauche rappellent qu’ils ont été les seuls à les soutenir et à participer à tous les rassemblements devant l’établissement.

    « Nous avons contacté nos élus parlementaires et il y a eu une question écrite posée au gouvernement », précise Brigitte Cheinet (PCF). Et de poursuivre : « On a pu obtenir la mise en place temporaire pendant l’été d’un certain dispositif et il avait été annoncé la venue d’un professeur, le professeur Diaz, avec des internes pour faire vivre ce service. Donc nous, on ne lâche pas ce dossier, on le suit de très près ».

    Autres sujets sur lequel Alternative progressiste souhaite intervenir, celui de la traversée du port de La Seyne et le projet de réhabilitation de la corniche de Tamaris qui s’enlise.

    « Sur le centre-ville, Monsieur Munoz est dans les pantoufles de Minniti [l’ancien maire de droite, ndlr] et poursuit des opérations qui étaient déjà préparées », déclare Stéphane Sacco.

    Et de préciser : « Pour nous, la priorité dans la rénovation du centre-ville, ce n’est pas simplement de refaire des places ou de déplacer du mobilier urbain mais de réhabiliter le logement existant, permettre à de nouvelles familles, à des jeunes actifs de pouvoir s’y installer. C’est comme cela que nous créerons de la mixité sociale tout en préparant les mobilités de demain ».

    Concernant la corniche, l’élu interroge : « On nous avait notamment annoncé des travaux qui devaient commencer et même une réalisation à l’horizon 2026, or ils n’ont toujours démarré. Où en est réellement ce projet ? ».

    Concernant ensuite le tunnel sous le port que la droite avait présenté comme une solution pour désengorger la traversée du centre-ville, Alternative progressiste ne se dit pas surprise par les premières conclusions de faisabilité. « Pendant la campagne, nous avions déjà expliqué que ce projet posait des problèmes techniques importants, notamment au niveau des accès et des sorties du tunnel, avec des conséquences sur les secteurs concernés », détaille Stéphane Sacco.

    La gauche insiste sur le fait que la solution à adopter ne devra pas faire l’impasse sur l’arrivée du BHNS comme c’est le cas aujourd’hui.

  • [Université] À Aix, la riposte au décret s’organise

    [Université] À Aix, la riposte au décret s’organise

    « Avec ce décret, c’est la capacité et le droit d’exonération qui était celui des universités qui sont contraints et nettement limités, recontextualise Valérie André, vice-doyenne aux relations internationales de l’UFR ALLSH (arts, lettres et langues et sciences humaines). On est en train de recenser les étudiants extracommunautaires qui se trouvent en situation critique pour pouvoir appuyer, si on nous y autorise, leurs demandes d’exonération. »

    à l’unanimité, le conseil de l’UFR ALLSH estimait, à l’issue d’une séance tenue le 12 mai, que le décret mettait en œuvre une « sélection sociale drastique » et en demandait le retrait. « Trouvez vos emplois du temps, allez en cours, informez vos profs, faites-nous remonter les informations sur ce que vous fait remonter la scolarité. On doit aussi exiger absolument une extension des délais pour le paiement des inscriptions (différenciés) », lance Armand Aupiais, pour le Réseau université sans frontières (RUSF). Parmi les participants, certains appellent à « massifier le mouvement ». « Derrière se joue la casse du service public, le désengagement total de l’état, estime Mohammed Ouerfelli, secrétaire du Snesup. Il faut que l’on se mobilise tous ! »

    Des discussions sont lancées pour rejoindre l’appel à la mobilisation du 17 octobre. E.B.-G.

  • Des outils pour débattre de la place de l’animal et du vivant

    Des outils pour débattre de la place de l’animal et du vivant

    Des questions récentes débattues dans un espace plus solennel. Dans l’un des bâtiments de la fac de droit d’Aix, les premières tables rondes du Festival de sciences et des arts sont lancées. Imaginé, puis pérennisé depuis 2019 par l’Université d’Aix Marseille (AMU), particulièrement par Maryline Crivello, vice-présidente du conseil d’administration d’AMU, en charge de la stratégie interdisciplinaire, la programmation 2026 a, comme fil rouge, notre lien aux animaux. « Une aventure commune ? » interroge cette nouvelle édition. Après un lancement à Arles, mardi matin, c’est à Aix que deux conférences proposent de se mettre dans le bain en interrogeant la « condition juridique de l’animal ». Jusqu’à vendredi soir, entre Marseille, Aix, Arles et Aubagne, des centaines d’intervenants issus de 40 disciplines proposent un vaste panel de formats pour repenser notre lien à l’animal et sa place dans nos sociétés. Les racines de ce thème naissent de questionnements récurrents autour de l’expérimentation animale en médecine, les interrogations éthiques et juridiques qu’elle suscite.

    « Cartes sur table »

    « Il est impossible, sur ce sujet, de vouloir se faire une opinion ou un avis sans avoir des éléments de connaissance et de savoir sur ce qu’il se passe vraiment et quels sont les points de vue à la fois juridiques et médicaux associatifs. Si on n’a pas un vrai débat, avec tous les acteurs qui participent à cette réflexion, chacun reste dans son coin. Mettre carte sur table un sujet pareil n’est pas simple », retrace Maryline Crivello. Second constat ayant motivé le choix du thème, celui « d’une sensibilité de nos étudiants à la question du vivant ». Et la place de l’art dans le festival ? « Les artistes comme les scientifiques, transmettent des connaissances, touchent un public différemment », précise Maryline Crivello. Si les thèmes varient chaque année, un fil relie chaque édition du festival : réaffirmer la place de la science et de l’université dans un contexte où toutes deux sont, peuvent être contestées. La multiplication des opinions, notamment sur les réseaux sociaux, tend à brouiller la frontière entre savoir et conviction, pointe l’enseignante. Or, pour Maryline Crivello, la science ne se construit pas dans la certitude : « le doute est fondamental ». En « ouvrant ses portes », l’université entend rendre visibles ses méthodes, ses recherches.

  • [Grand entretien] Florent Dasque : « On va passer un beau moment de partage »

    [Grand entretien] Florent Dasque : « On va passer un beau moment de partage »

    La Marseillaise : Votre nouvel album s’intitule « Je rentre à la maison ». Que signifie la maison pour des artistes qui partent régulièrement en tournée comme vous ?

    Florent Dasque : C’est un sujet qu’on interroge tout au long de l’album, notamment dans une chanson qui s’intitule elle-même « Je rentre à la maison ». Dans la chanson, notre personnage part de chez lui et repense à l’endroit où il a grandi, à tous ceux qu’il laisse derrière lui. Il doit se reconstruire ailleurs. C’est une question très présente chez les artistes : on vit dans les tourbus, on se reconstruit un peu à chaque endroit où l’on se produit. On a choisi ce thème en le laissant ouvert à toute interprétation, parce que c’est très difficile de définir ce qu’est une maison. Ce n’est pas une maison maçonnée, avec quatre murs et un toit. C’est un refuge intérieur, invisible, dans lequel on peut enfermer des visages, des souvenirs, des paysages, des couleurs, des saveurs, une langue, une région, un pays, peu importe. Notre identité transite dans notre maison au fil de la vie.

    Cette réflexion s’accompagne d’un projet pédagogique et culturel inédit. En quoi consiste-t-il ?

    F.D. : Ça fait des années qu’on est sollicité pour rendre visite à des publics scolaires ou associatifs, ces échanges nous plaisaient tellement qu’on s’est dit qu’il fallait leur consacrer davantage de temps. On s’est donc entourés d’enseignants, de chercheurs et de formateurs, qui ont créé des fiches pédagogiques autour des questionnements sur l’identité. C’est devenu un espace d’expression pour les scolaires, mais aussi pour n’importe quelle association, des personnes en situation de handicap, des foyers, etc. Aujourd’hui, n’importe quel enseignant ou éducateur peut trouver ces fiches sur le site du ministère. Ce sont des déroulés de séances adaptés pour des enfants de 8 ans jusqu’à des ados de 18 ans, voire des publics de 30 ou 40 ans. Il y a des exercices qui posent des questions comme : Qui suis-je ? Qu’est-ce qu’il y a dans ma maison ? Peut-on avoir plusieurs maisons ? Peut-on reconstruire une maison quand on a quitté la sienne ? C’est un support qui s’adresse à des publics très divers, pour que chacun, peu importe son parcours, d’où il vient, où il va, puisse réfléchir à ce que représente la maison pour lui. L’an dernier, avec l’aide du ministère de l’Éducation Nationale, on a récolté des milliers de projets de jeunes sur ce sujet. À chaque concert, on a réservé nos premières parties aux projets qui nous ont le plus interpellés, que ce soit de la poésie, du slam, de la lecture, de l’art plastique, de la musique… On a par exemple reçu des réécritures de couplets de « Je rentre à la maison » en roumain, en arabe ou en suédois. C’était une façon pour ces jeunes qui parlaient une langue différente chez eux de se rapprocher d’une maison qui leur ressemble et qui les rassure. Beaucoup de projets portaient aussi sur la lutte contre le harcèlement scolaire. Chez les plus grands, on a eu des réflexions plus philosophiques sur la quête d’identité, en perpétuelle construction tout au long de la vie. C’est un grand projet culturel qu’on mène depuis un an maintenant, on le reconduit à la rentrée avec l’Éducation nationale.

    Partager autant avec le public, notamment avec les jeunes, a-t-il influencé votre rapport à la musique ?

    Initiales : On dit souvent que Boulevard des Airs a été créé pour être sur scène, pour partager avec les gens. Effectivement, ce projet était aussi un prétexte pour aller à la rencontre d’un public nouveau, de faire de la musique différemment et ne pas s’enfermer entre concerts, tournées et studios. Ça a donné beaucoup de sens à notre démarche d’artiste et à cet album. Et puis les jeunes, c’est un public qu’on adore. À cet âge-là, il n’y a pas de filtre. Se poser des questions aussi intimes que les questions sur l’identité, qui interrogent en profondeur le parcours des gens, ça soulève des réflexions très intéressantes et très inspirantes pour nous.

    C’est la première fois que vous vous produisez à Ici Live La Ciotat. Pourquoi être présents cette année ?

    F.D. : On est un groupe qui vient du sud de la France, on a collaboré avec plein d’artistes du sud, notamment Carbonne. Donc on a hâte d’y être pour partager avec le public. En plus, l’endroit est superbe, avec la scène sur l’eau. On va passer un beau moment de partage ! C’est toujours un plaisir d’aller à la rencontre de nouvelles personnes, de nouveaux endroits et de nouvelles équipes.

    Après la tournée des festivals, vous avez prévu un voyage aux États-Unis. À quelle occasion ?

    F.D. : Notre projet pédagogique autour de l’album s’est largement exporté puisque l’on part à la rencontre de jeunes américains mais aussi de jeunes d’autres horizons en fin d’année. On va sur une dizaine de villes de la côte ouest pour faire de la musique autrement, avec un public différent. Ce projet a énormément grandi, il n’avait pas du tout vocation à devenir ce qu’il est aujourd’hui ! C’est vraiment une réussite pour nous de pouvoir prendre conscience des questionnements sur l’identité qui ont lieu ailleurs que chez nous. À notre retour, on réattaque la tournée des salles début 2027. On est déjà en train d’écrire la suite, donc on a hâte de continuer notre histoire avec le public.

    Propos recueillis par Andréa Goyard-de castro