Ils sont une dizaine à scruter les allers et retours sur le Boulevard Carnot, à entourer le groupe de lycéens postés sur les marches du lycée Vauvenargues. Tissu blanc autour du bras comme signe distinctif, plusieurs parents d’élèves se sont mobilisés, ce vendredi matin, pour accompagner et encadrer le blocus des lycéens. Vers 8h30, une dizaine de camions CRS longent l’axe. Une poubelle finit de brûler. Des interpellations viennent d’avoir lieu. Une demi-heure avant, plusieurs lycéens étaient regroupés devant l’établissement, avant d’être dispersés.
« Quand d’autres parents nous contactent on les met au courant de ce qu’il se passe, explique l’un d’entre eux, téléphone en main. Il y a une messagerie où l’on est maintenant 35. Comme on avait peur qu’il y ait un vrai blocage aujourd’hui, ça s’est organisé hier soir. » Le lycée Vauvenargues ferme ses portes pour la journée suite au blocus. « Il y avait un exam ce matin, il est content ! », poursuit ce parent en parlant de son fils. Dans le groupe qui fait les cent pas, on s’inquiète aussi de l’impact sur les résultats scolaires. « Bon les jeunes, vous avez prévu quoi la semaine prochaine ? » leur lance Habiba, parent délégué du lycée. Et d’échanger avec le groupe de lycéens qui soumet ses idées.
« J’ai posé ma journée aujourd’hui pour venir protéger les enfants des autres. Au moment où ça a été un peu chaud, il y avait plein de petits collégiens, du Sacré-Cœur, qui devaient juste faire 500 mètres, qu’on a retenus. Après le feu de poubelle, je les ai escortés jusqu’au collège. Je me sens utile ce matin », raconte Fanny, maman d’un élève, lui, inscrit dans le privé. « C’est une façon d’être constructif, chacun a sa part. C’est un mouvement qui est très réprimé, on est là pour protéger nos gamins et ceux des autres ».
Ce vendredi matin, la matinée a été agitée en centre-ville et d’importantes dégradations ont été commises. Des lycéens et des étudiants ont été placés en garde à vue. Ils ont reçu la visite du député Marc Pena (PS) qui a notamment vérifié que tous leurs droits étaient respectés. Le conseiller municipal communiste David Tessier était également présent. Il a réaffirmé qu’il était « urgent d’entendre la colère et les aspirations de la jeunesse » et que « si toutes les violences étaient condamnables, la répression ne pouvait constituer une réponse politique ».
Un cortège de jeunes s’est rendu à 15h, devant le commissariat, pour demander la « libération des camarades ».

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