« Nous voulons ces trois milliards. » Devant les deux cents personnes qui se sont rassemblées devant le palais de justice à Marseille, Alexandra Brochus du collectif 13 droit des femmes, rappelle la nécessité d’avoir des moyens pour lutter réellement contre les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales. À l’appel de la coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale, les Marseillais sont venus ce lundi, « mettre la pression pour que la loi intégrale (lire l’article ci-dessus) passe », rappelle la féministe.
Dans une période où le gouvernement prône un budget d’austérité, les partisans de la loi ne craignent que l’article 68 soit amendé. Le paragraphe impose un budget pluriannuel de 3 milliards d’euros jusqu’en 2032, dédié à la lutte contre ce fléau. « Parce que c’est beau d’avoir une loi, mais si on a pas les moyens, ça ne sert à rien », souffle Florence, qui travaille dans l’administration d’un collège. Le manque de moyens financiers et humains, elle en fait les frais au quotidien : « Il y a trop d’élèves pour les enseignants, donc ils ne peuvent pas déceler les signaux faibles chez des enfants victimes, explique la syndicaliste à la FSU. Et on manque d’infirmières et d’assistantes sociales. Des postes sont fermés tous les ans », s’attriste-t-elle.
Un manque d’argent plus global que Léonor, venue participer à la manifestation déplore. « En termes de financement, il y a une marge de progression énorme, insiste-t-elle. Il en faudrait plus pour la justice, les services sociaux ou les associations. »
Pour cette mère de famille, qui est venue avec sa fille, ce manque de soutien financier marque les incohérences dans le discours du président de la République, qui affirmait vouloir faire de la lutte contre les violences faites aux femmes la grande cause du quinquennat. « On voit bien que les plannings familiaux ou les associations sont de moins en moins financés. Tout cela est menacé par la politique d’aujourd’hui, et peut être celle de demain. C’est pour cela qu’il faut rester mobilisés. »
« Rendez- vous lundi, prochain devant le tribunal à 19h mais plus nombreuses et nombreux », insiste Annick Karsenty membre de l’association féministe Femmes solidaires. Car tant que le texte n’est pas inscrit au journal officiel, le combat doit continuer pour ces militantes et militants. Car si la loi a été écrite par la société civile, la rue espère la faire voter.

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