Tag: Femmes solidaires

  • Vers une rentrée sociale de haute volée

    Vers une rentrée sociale de haute volée

    C’est le mouvement féministe qui va débuter les hostilités face au pouvoir en place avec le retour des rassemblements devant les tribunaux dès le 7 septembre. S’ensuivra une journée de grève et de manifestation concernant plusieurs secteurs sensibles : les travailleurs de la santé, des industries électriques et gazières, de l’enseignement supérieur avec le soutien des étudiants, le 15 septembre. Et le rythme
    va monter crescendo jusqu’à la fin du mois avec
    la date du 26 septembre dans le viseur. Avant une journée qui va faire office de point d’orgue avec
    un appel intersyndical dans la fonction publique
    et une grande manifestation des sapeurs-pompiers à Paris, le 29. Septembre s’annonce chaud !

    7 septembre

    Retour féministe devant les tribunaux

    La mobilisation pour avoir une loi-cadre contre les violences sexuelles et sexistes sur les femmes et les enfants a été suspendue pour l’été, le 7 juillet, on va donc reprendre dès ce 7 septembre », explique Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille.

    Un appel lancé par « l’ensemble des forces qui constituent la coalition ». Coalition qui rassemble 150 organisations et associations féministes à l’origine de la mobilisation devant les tribunaux notamment lancée suite à l’affaire Lyhanna. « On veut maintenir la pression et relancer la mobilisation au plus tôt ! C’est à partir de là que la loi peut être discutée au Parlement », développe la militante féministe. En clair, la coalition espère que la pression sur le terrain appuie ses revendications et permette ainsi qu’elles soient reprises par le Parlement. « On réclame 3 milliards d’euros par an, on propose 140 recommandations, la balle est dans le camp du gouvernement. Et vu les mobilisations qu’il y a eues entre le féminicide de Lyhanna et début juillet, le gouvernement a été obligé de nous entendre », insiste Annick Karsenty. D’où l’intérêt de poursuivre la mise sous pression.

    15 septembre

    Un mouvement électrique et une grève massive dans le secteur de l’énergie

    On s’attend à des taux de grévistes jamais vus dans le secteur. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, est plus que confiant sur l’ampleur de la mobilisation à venir chez les travailleurs du secteur de l’énergie.

    L’intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, CFDT…) des agents des industries électriques et gazières (IEG) appelle à une journée de grève ce 15 septembre et elle promet d’être suivie. « On fait face à une attaque généralisée, avec en ligne de mire la fin du «tarif agents« suite à un rapport de la Cour des comptes », explique le syndicaliste marseillais.

    Concrètement, le gouvernement veut rompre avec ce tarif préférentiel sur l’électricité et le gaz pour les travailleurs du secteur et prévoit tout un panel de mesures austéritaires pour les petites mains de l’énergie en France. « On est dans la poursuite de la doctrine de ce gouvernement : appauvrir les travailleurs et enrichir le capital », résume Renaud Henry. Autant dire que cela ne passe pas. Et cela passe encore moins lorsqu’on sait que cette même profession était déjà mobilisée pour des augmentations salariales, l’an dernier à la même époque.

    Leur mouvement avait lancé la riposte sociale de la CGT en 2025, les électriciens et gaziers sont donc bien partis pour redevenir la locomotive du monde du travail en 2026. « C’est insupportable pour les agents : l’année passée nous avons fait grève car notre grille de salaires débute en dessous du Smic et aujourd’hui on a la présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, une ancienne ministre qui a participé aux 1 000 milliards de dettes qui vient donner des leçons à des travailleurs qui ont du mal à finir le mois. »

    De quoi surtout reposer dans le débat public la question du pouvoir d’achat et des augmentations salariales qui ne suivent pas l’inflation. « Cela fait 15 ans qu’on a des augmentations salariales entre 0,5% et 1,5%, voire 2% les grandes années où l’on faisait des grèves pour avoir un peu plus… Mais la Cour des comptes demande l’arrêt des augmentations pour le secteur », dénonce Renaud Henry. Preuve que la colère est réelle, ce sont les quatre organisations représentatives du secteur qui sont dans le coup. « Même les cadres poussent à la mobilisation », assure Renaud Henry. Avant de glisser : « La question de la reconduction de la grève se pose déjà. » Les agents comptent envoyer un message limpide au patronat et au gouvernement.

    15 septembre

    Étudiants, enseignement supérieur et santé dans la bataille

    Si ce sont les agents de l’énergie qui montent au créneau en premier lieu ce 15 septembre, ils sont loin d’être les seuls travailleurs à se mobiliser à cette date. Plusieurs autres fédérations de la CGT appellent à la grève le même jour, à l’instar de la Fédération nationale des industries chimiques (Fnic-CGT).

    Cette dernière entend pousser pour des augmentations salariales à la hauteur de l’inflation et s’opposer plus globalement au projet de budget austéritaire que prépare le gouvernement : « Sans riposte d’envergure, nous serons condamnés à vivre ou à revivre les heures les plus sombres de notre histoire sociale. » Même analyse pour la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale qui dénonce les mesures à venir avec un appel à la grève également, qui concerne toutes les structures du secteur de la santé et du médico-social : « De nouvelles dégradations s’annoncent pour les budgets de l’État et de la Sécurité sociale : restriction d’accès aux soins, suppression de personnels, augmentation du reste à charge pour les patients… »

    Ajoutons à cela l’intersyndicale de l’enseignement supérieur (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires…) qui prévoit aussi une large mobilisation, là encore contre le budget à venir. Les travailleurs de la recherche pourront aussi compter sur le soutien des étudiants puisque plusieurs organisations de jeunesse appellent aussi à la riposte. De quoi faire du 15 septembre un moment de convergence.

    26 septembre

    Culture, climat et paix au programme

    La CGT Spectacle et plusieurs organisations progressistes du monde de la culture, appellent à « une semaine d’actions à partir du 21 septembre avec comme point fort le 26 septembre » avec le mot d’ordre : « Organisons une rentrée sociale. »

    Au programme : toujours la défense des droits des intermittents notamment, avec en ligne de mire les négociations autour de l’assurance chômage. Mais aussi l’opposition aux baisses de dotations des collectivités locales qui impliquent une baisse des subventions pour les structures artistiques. Ce timing tombe à pic puisque deux dates encadrent cette semaine d’actions. Dont le 21 septembre qui marque la journée mondiale pour la paix. « Il va y avoir une série d’initiatives dans plusieurs villes. On réfléchit à un rassemblement à Istres où se trouvent des armes nucléaires », explique Michel Dolot, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Son organisation a aussi dans le viseur son congrès national à Port-de-Bouc, en octobre.

    Et le 26 septembre s’annonce aussi comme un temps fort avec l’organisation de « marches pour le climat, la paix et les solidarités » dans plus de 50 villes en France.

    29 septembre

    La fonction publique contre le budget

    La date du 29 septembre s’annonce comme l’autre temps fort de cette rentrée sociale avec un appel à la grève de l’intersyndicale de la fonction publique au complet (CGT, FSU, FO, Unsa, Solidaires, CFDT et syndicats autonomes). « Les agents de la fonction publique que nous représentons ont toutes les raisons de se mettre en grève et de pouvoir exiger justement un autre budget puisque le lendemain le 30, Sébastien Lecornu fera ses annonces budgétaires », explique Virginie Akliouat, secrétaire de la FSU 13. Des manifestations vont avoir lieu dans plusieurs villes de la région Sud avec toujours l’objectif de faire plier le gouvernement. « Cette mobilisation est là pour influer sur les arbitrages qui vont être rendus et peser sur le débat qui va s’ouvrir pour obtenir un nouveau budget », développe la syndicaliste.

    Outre la large unité syndicale sur le sujet, qui englobe d’ailleurs les trois pans de la fonction publique, plusieurs organisations de la CGT entendent faire convergence avec les fonctionnaires, comme l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône. Cette dernière relaie la dernière communication du Comité confédéral national (CCN) de la CGT, l’une des instances décisionnaires de la centrale syndicale : « Rejoignons-les et faisons du 29 septembre une grande journée de grèves et de manifestations pour les services publics et l’augmentation des salaires. »

    Une manière d’enfoncer le clou après le 15 septembre et peut-être de préparer de nouvelles dates de mobilisations interprofessionnelles en octobre ? En tout cas, tous les mouvements sociaux de septembre s’accordent sur un fil rouge : l’opposition au budget austéritaire en préparation.

    29 septembre

    Les pompiers montent à Paris

    Plus qu’un symbole, l’ensemble des syndicats de pompiers appelle à une manifestation à la capitale ce 29 septembre après un été plus que rude pour leur profession. « Il va y avoir du monde à Paris, des sapeurs-pompiers de toute la France et des personnels administratifs », assure Laurent Guilloteau, pour la CGT Sdis et pompier des Bouches-du-Rhône. Pour faire monter la pression en amont, l’intersyndicale a justement déposé un préavis de grève dès le 8 septembre jusqu’au 20 octobre.

    Et aussi

    8 septembre. Grève dans les librairies à l’appel de la CGT et SUD de la profession à l’occasion de négociations dans le secteur sur les salaires.

    10 septembre. Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT va être dans le Var, le 10 septembre. Une visite pour préparer les élections professionnelles dans la fonction publique mais pas uniquement puisqu’un passage à l’arsenal de Toulon est aussi au programme.

    7 au 11 septembre. La Confédération nationale des buralistes annonce des mobilisations du 7 au 11 septembre avec un rendez-vous à Salon-de-Provence, le 9 septembre.

    15 septembre. Le secrétaire général de Force ouvrière, Frédéric Souillot, sera à Marseille, ce 15 septembre, pour un meeting de rentrée de l’Union départementale FO des Bouches-du-Rhône.

    20 septembre. Manifestations prévues dans plusieurs villes contre la loi dites du « permis de tuer ».

    28 septembre. De nombreuses associations féministes appellent à la mobilisation dans le cadre de la journée mondiale pour le droit à l’avortement.

  • [Entretien] Julie Bonato Dallet : « Le féminisme, c’est la remise en cause d’un système de dominations »

    [Entretien] Julie Bonato Dallet : « Le féminisme, c’est la remise en cause d’un système de dominations »

    La Marseillaise : À peine élue présidente, l’actualité est marquée par des violences faites aux femmes et aux enfants. Comment l’affrontez-vous ?

    Julie Bonato Dallet : Ces violences trahissent un système de domination. Le patriarcat, qui en découle, crée ces violences dont nous parlons un peu plus depuis #MeToo. Il faut aussi noter que le système juridique n’aide pas les enfants et les mères protectrices. Il y a de quoi être en colère quand Emmanuel Macron parlait de grande cause nationale et qu’en réalité la parole est toujours écrasée. J’espère que nous sommes à un point d’étape de la mobilisation. Avec notre coalition locale, composée d’Osez le féminisme ! et de Femmes souveraines, nous allons passer l’été avant de reprendre de plus belle à la rentrée, avec l’appel à la grève du 7 septembre, dans la lignée des manifestations du lundi au tribunal de Tarascon, et pour préparer l’examen de la loi globale promise par la présidente de l’Assemblée nationale.

    Quel est le rôle de Femmes solidaires dans ce combat ?

    J.B.D. : Nous sommes une association populaire qui inclut la lutte des classes dans sa lutte contre les dominations. L’un ne va pas sans l’autre car, en leur absence, nous resterions dans un système de domination. Je me retrouve dans cette association justement pour ce message politique assez fort. Femmes solidaires est née de l’Union des femmes françaises (UFF), créée dans l’après-guerre par des femmes résistantes, dont certaines étaient communistes. Leur leitmotiv était : plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme. Nous avons d’ailleurs fêté les 80 ans de l’association l’année dernière. Cela me touche d’être dans la lignée de leurs grands combats.

    Il y a pourtant des femmes d’extrême droite qui se revendiquent féministes. Est-ce un combat commun ?

    J.B.D. : Ce sont des impostures ! Ces mêmes femmes d’extrême droite, dont celles de la mouvance tradwife [mouvement prônant le retour d’un rôle de la femme au foyer, Ndlr.], partagent des messages d’enfermement en mettant de côté tous les autres combats. Ce sont souvent des petites bourgeoises d’un bon niveau social, blanches… La femme de Charlie Kirk en est un exemple, à travers ses discours prônant le fait de s’occuper de son mari et de ses enfants. C’est à contre-courant de nos combats. Il y a une bataille culturelle avec les fémonationalistes. Une maman m’a récemment dit qu’elle s’identifiait à Némésis [collectif d’extrême droite qui se revendique féministe, Ndlr.]. Ces mouvements arrivent à faire croire que leur courant de pensée va dans le sens de nos batailles en mettant systématiquement en avant la nationalité d’un violeur, quand il est racisé, au lieu de dénoncer le patriarcat comme système de domination.

    Comment combattre ces idées ?

    J.B.-D. : La loi intégrale que nous voulons comporte ce versant de prévention scolaire. En tant qu’association, nous pouvons sensibiliser les jeunes à la vie affective, au consentement, aux dangers du masculinisme. Expliquer aussi que le masculin ne l’a pas toujours emporté en français. Ça ne semble pas évident, mais c’est aussi une violence sexiste. Ma fille de 10 ans était scandalisée quand on lui a appris : « Et pourquoi, en fait ? » La féminisation des noms de rues et des métiers permet aussi aux jeunes filles de s’identifier, d’avoir plus d’ambition, de pouvoir se projeter… Lors d’une conférence, une neurophysicienne nous a expliqué qu’à partir d’études sur la perception des couleurs, on détermine que la perception que l’on a du monde influe sur notre capacité à nous projeter. On peut en déduire que la perception d’un métier comme masculin influe sur la légitimité des filles à le faire. Cela fait partie de nos combats.

    Les réactions des hommes sont très diverses face à votre lutte. Quel est votre message à leur égard ?

    J.B.D. : Le féminisme n’exclut pas les hommes, ils peuvent nous soutenir. La société patriarcale impacte les femmes, les hommes, et ils sont aussi parfois victimes de cette société quelque part. Au contraire, on déplore qu’il n’y ait pas plus d’hommes dans nos mobilisations, surtout quand cela concerne aussi les enfants. La déconstruction du patriarcat se fera sur des générations, par l’éducation, la discussion, la sensibilisation. Le combat contre les stéréotypes de genre, qui sont des constructions sociales, est commun.

  • [Contre les Violences faites aux mineurs] À Marseille, associations, collectifs et citoyens ne lâchent rien

    [Contre les Violences faites aux mineurs] À Marseille, associations, collectifs et citoyens ne lâchent rien

    Un long cri poussé devant les grilles du Palais de justice de Marseille comme un symbole de leur détermination. Représentants d’associations, de collectifs, élus et citoyens sont réunis ce lundi 15 juin pour rappeler au gouvernement qu’il est plus que temps d’agir après la mort de la petite Lyhanna. « Nous sommes à un tournant, il faut transformer cette colère en action, on sent que ça bouge, il ne faut pas lâcher », analyse Nathalie Tessier (PCF), adjointe au maire de Marseille en charge du droit des enfants.

    Au micro, Annick Karsenty, présidente de Femmes Solidaires Marseille, une des 150 associations de la coalition féministe et enfantiste, prévient : « Tant que la loi intégrale et les moyens ne seront pas votés, tant que continuera l’impunité, nous n’arrêterons pas. » Elle rappelle l’existence de cette proposition de loi issue du travail de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), qui « prévoit des mesures contre la pédocriminalité en ligne, le renforcement des moyens et détections, des mesures prises en réponse au signalement, le suivi et l’accompagnement des victimes dès le signalement, la création d’une juridiction spécialisée dotée de moyens financiers et humains. » Ne reste plus qu’à la voter.

    Pas de démagogie

    Pour Anne-Cécile Mailfert, présidente fondatrice de la Fondation des Femmes, également présente, le constat « implacable » ne fait que renforcer la détermination. « Notre colère n’est pas de la démagogie, c’est le refus de l’habitude », insiste Stéphanie, du collectif enfantiste 13. Promettant de se rassembler tous les lundis, les manifestants prévoient une grande manifestation le 4 juillet.

  • Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Marseille

    Lundi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de Justice pour rendre hommage à Lyhanna et dénoncer ce que beaucoup perçoivent comme une « impunité » face aux violences « à répétition ». Banderoles et panneaux : plusieurs structures telles que le Collectif enfantiste, Femmes solidaires ou Sud Éducation manifestent à l’unisson. Sur la place, les cris de « Justice pour Lyhanna ! » ont rythmé le rassemblement.

    « J’ai peur pour mes enfants », confie Rosanna pour qui ces actes ne sont « ni une erreur, ni un manque de moyens, c’est juste un manque de considération de la part des politiques actuels ». Élodie Boussarie, enseignante à Marseille et militante au syndicat Sud Éducation, partage, elle aussi, ce sentiment d’écœurement : « Je suis présente pour témoigner de ma colère envers le gouvernement qui détruit les services publics et qui aujourd’hui a l’air de s’offusquer qu’il y ait des dysfonctionnements au sein de l’Éducation nationale et de la Justice. » Cette enseignante souhaite que les financements de ces services soient optimisés afin de former tous les professionnels à ces sujets. Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille et déléguée à l’Éducation, rappelle que « nous sommes là pour Lyhanna, mais aussi pour toutes les Lyhanna. Car le sujet des violences sexistes et sexuelles est fondamental ». C’est pourquoi, « la Justice devrait se saisir rapidement des faits et instaurer une relation avec les autres corps de métiers, afin qu’une liste noire existe et que les personnes suspectées ne soient pas réembauchées dans d’autres établissements, au contact des enfants », avance l’adjointe au maire. « Ce n’est pas l’histoire d’un homme mais bien celle d’une société qui peine à écouter ses enfants », rappelle la représentante de Sud éducation lors de sa prise de parole.

    Aix-en-Provence

    Colère dans la foule. « Il aura fallu quoi, qu’une petite meure, dans des conditions que j’imagine atroces, pour qu’on réalise que ce gars-là était dangereux. Il faut que nos enfants meurent ? » s’indigne Laura. Cette mère de deux enfants, belle-mère de deux autres, vient faire entendre sa colère, comme les centaines d’autres personnes rassemblées sur le parvis du palais de Justice. L’appel a été lancé par l’association Mouv’Enfants. Ils sont pères, mères, sœurs, grands-parents. « Je suis contente de voir qu’il y a des hommes ce soir. J’avais peur que le combat ne soit que féminin. Ça manquait cruellement. » Pendant près d’une heure, la foule compacte s’est rassemblée pour rendre hommage à Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé à Fleurance, dans le Gers. Son assassin présumé, est désormais visé par neuf affaires. De quoi cristalliser l’indignation de la foule. « C’est à se demander pourquoi il faut autant de cas de plaintes. Pourquoi la justice ne met rien en action ? Ce n’est pas possible de ne pas protéger les enfants, qui sont l’avenir. On veut briser l’avenir ? » demande Julien. Pour Amandine, c’est une première manifestation, motivée par le « on n’en peut plus. Ma fille a 11 ans. Je n’ai pas besoin d’en dire plus ». À côté d’elle, Nelly regrette que la mobilisation ne soit pas plus forte. « Notre société n’a pas conscience de l’enjeu de protéger nos enfants. » La mobilisation, silencieuse, jusqu’à une minute de silence, a rapidement laissé place à l’indignation générale. « Darmanin, dehors ! », se lance la foule. Et entonne, en huant : « Victime, on te croit. Violeur, on te voit ! »

    Martigues

    « Pour celles qui prennent la plus lourde des peines, pour les victimes de ton système, je t’accuse et j’assume. » Les paroles de Suzanne entonnées par la chorale du collectif féministe l’Émeute rieuse prend tout son sens à Martigues ce lundi soir, où un féminicide a eu lieu quelques jours plus tôt.

    Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal. Plusieurs pancartes ont été réalisées pour l’occasion. Des politiques, comme « Lyhanna ne serait pas morte si la protection de l’enfance avait de vrais moyens », « protégez les enfants et les femmes, écoutez, subventionnez, formez, abritez… » ou plus confus, comme « l’inaction judiciaire tue », ou encore « justice complice ».

    « Ces horribles féminicides de Lyhanna nous ramènent toujours à la réalité de cette société patriarcale qui excuse les violences sexistes et sexuelles et ne protège pas ses enfants » recentre le conseiller départemental (PCF) Gérard Frau, arrivé en avance. « Je ne supporte pas que Macron et Darmanin disent que ce n’est pas une question de moyens. Mais forcément qu’il y a des erreurs quand les services publics sont pressurisés ! » tance l’élu, assurant que « la solution est de faire voter la loi-cadre portée par les associations féministes, réclamant 2,6 milliards d’euros pour des tribunaux dédiés et la formation des agents au contact ».

    Le maire (PCF) Gaby Charroux, venu avec son équipe municipale, demande cette « loi qui protège ». Mais aussi de « démarrer l’éducation des petits garçons dès la maternelle, le plus tôt possible, pour arrêter cette domination de l’homme sur la femme ».

    Avignon

    Un peu plus de 200 personnes étaient mobilisées ce lundi 8 juin devant le tribunal d’Avignon pour rendre hommage à Lyhanna.

    À l’ombre des remparts de la cité des Papes, les pancartes avec des messages de « ras-le-bol » ou « un enfant n’est jamais consentant » se mêlaient à d’autres plus provocatrices telles que « la justice est du côté des violeurs » ou « moins de Darmanin, plus de moyens ». C’est avec émotion que Sara et Darla, responsables du Collectif Enfantiste de Vaucluse, ont pris la parole conjointement pour dénoncer les « défaillances de la société » tout en pointant du doigt l’enceinte du tribunal. « L’enfant devrait représenter l’avenir. Nous refusons que l’émotion et l’action s’arrêtent là. Chaque enfant mérite protection et que son intégrité soit reconnue », poursuivent-elles. Ce, juste après que Muriel Trichet, du collectif féministe Nous Toutes 84, a tenu à préciser que les organisations présentes « sont contre la peine de mort » et que « les appels à tuer les gens ne seront pas acceptés ».

    Dans la foulée de ces prises de parole, les participants se sont empressés de traverser la route afin de se rassembler devant les portes du tribunal dans la fumée de quelques fumigènes. « Comment accepter un tel bide, un tel abandon. Il n’y a aucun mot pour décrire un tel deuil » pointe les responsables associatives. « Il faut vraiment que le gouvernement prenne compte l’ampleur de ce qu’il faut faire. Plus de 100 000 cas de violences sexuelles par an. Il faut qu’il s’en empare comme cela a été fait avec le terrorisme » pointe Julien Gélas, venu manifester avec ses enfants.

    Toulon

    « Lyhanna, où que tu sois on t’aime ! Tu n’es pas morte pour rien ! » Le cri du cœur de cette maman, saisie d’un admirable courage pour témoigner des violences subies par sa fille et qui attendent encore une réponse pénale trop longue à venir, embue les yeux des quelque 500 Toulonnais et Toulonnaises venus dire leur colère devant le tribunal judiciaire lundi soir. Ce sont aussi eux qui ont donné la force, dans un élan de solidarité trop rare en cette période de désunion, à celles et ceux qui ont, comme elle, dans un mégaphone, osé se libérer d’un fardeau si lourd à porter. « Car comme l’a dit le maire de Fleurance, ce n’est pas la goutte d’eau qui fait déborder le vase, mais celle qui le renverse ! », clame Marie Giudicelli, du collectif féministe toulonnais la Raje.

    Chacun avait une bonne raison d’être là. Sur le t-shirt de Maéva, il est écrit « 1 enfant sur 5 ». Comme l’effroyable proportion de victimes d’inceste, un crime qu’elle a elle-même subi. « Je me mobilise pour mes enfants comme pour les autres. » Flore, elle, n’est pas une habituée des rassemblements populaires. « Mais la vie se charge de savoir nous abandonner. Ma conscience m’a portée jusqu’ici », affirme-t-elle.

    Les couleurs politiques, elles, n’existaient plus. Pendant 1h30, le consensus les a effacées. Celui qui appelle à « exiger une justice qui a les moyens de faire son travail et une loi qui nous protège », s’époumone Marie Guidicelli. Car « ce que les responsables politiques appellent dysfonctionnement, c’est un système de domination patriarcale ! » Un système qui a laissé périr une victime de trop.

    Digne-les-Bains

    Près de 200 personnes se sont rassemblées lundi soir devant le tribunal de Digne pour exprimer leur soutien à la famille de Lyhanna et demander que le gouvernement prenne ses responsabilités et promulgue une loi intégrale sur les violences.

    La présidente de l’association des élues des Alpes-de-Haute-Provence s’est interrogée sur « comment détecter et venir au secours de ce système qui s’essouffle par manque de moyens financiers ». « Les dossiers sont mis dans des armoires, classés sans suite pendant que des enfants meurent et sont violés », a déploré Audrey, professeure.

    « Nous n’acceptons plus que les noms de ces enfants deviennent de simples faits divers et que l’on oublie jusqu’au prénom suivant. Nous refusons le cycle de larmes, de déclarations et d’inaction », a lancé Philippe Bekalarek, militant venu de Château-Arnoux-Saint-Auban. « Combien d’enfants ont souffert pendant que les adultes détournaient le regard ? », s’est-il interrogé, exigeant « des peines réellement exécutées » et « un suivi strict des délinquants sexuels ». « L’État doit agir avant le drame et pas après les obsèques », a-t-il conclu.

    Plusieurs élus de Digne et de Sisteron étaient présents. Interrogé par une manifestante à ce sujet, le maire de Digne a répondu que la ville avait conventionné avec l’association les Papillons pour prévenir les violences sur les enfants.

  • Terrorisme domestique

    Terrorisme domestique

    Si à chaque féminicide perpétré en France, les parlementaires avaient l’obligation d’observer une minute de silence à l’Assemblée nationale et au Sénat en mémoire de la femme tuée, ils devraient se lever et se taire trois fois par jour. Peut-être qu’à force de silences répétés, l’exercice deviendrait insupportable jusqu’à l’absurde. Jusqu’à la nausée. Ces cérémonies quotidiennes seraient bien sûr diffusées à la télévision et sur tous les réseaux sociaux. Des féminicides à la Une, trois fois par jour. Cela réveillerait peut-être les consciences, la société.

    Dénoncer dans l’espace public

    Dystopie ? Non. C’est la réalité : chaque jour en France, trois femmes sont victimes de féminicides directs ou indirects. Leur conjoint les a harcelées, violentées, physiquement et psychologiquement ; les a, pour certaines, poussées au suicide. S’en est pris aux enfants, victimes collatérales de la violence domestique. Ce terrorisme intime qui ne dit pas son nom.

    Si, depuis trente ans, l’arsenal législatif a été renforcé pour punir les auteurs de violences conjugales et protéger les femmes, l’explosion des féminicides démontre, malheureusement, que cela ne suffit pas. La dénonciation, dans l’espace public, de ces actes est impérative. C’est le sens du rassemblement organisé ce mercredi soir à Marseille par Femmes solidaires et le collectif Droits des femmes 13. La peur doit changer de camp et les femmes être soutenues, accompagnées, soignées, reconnues. La justice doit passer, mais les dispositifs pour prévenir les violences, sortir de l’emprise, doivent être multipliés. Pour cela, il faut des moyens et la mobilisation de tous.

  • Femmes solidaires, 80 ans auprès des plus précaires à Avignon

    Femmes solidaires, 80 ans auprès des plus précaires à Avignon

    Dans un communiqué, elle confirme la relance de sa collecte de produits d’hygiène et de protection au profit du Secours populaire et des étudiantes. Jusqu’au mois de mai, le dépôt de produits ou de chèques se fait au local, 6 place Michel-Goutier à Avignon. Mais aussi, à nouveau, des ateliers de lecture les troisièmes mardis du mois, des ateliers d’écriture les vendredis 20 février et 20 mars, ou encore une discussion sur le thème du choc des générations le 7 février prochain. Actualité à suivre sur la page Facebook Femmes Solidaires Avignon.

  • Femmes solidaires, 80 ans de combats

    Femmes solidaires, 80 ans de combats

    Une vieille dame, toujours bien alerte. Femmes solidaires, digne héritière de l’Union des femmes françaises (UFF), a fêté cette année ses 80 ans, l’occasion de revenir sur une histoire de luttes et de conquis pour les droits des femmes ce samedi 6 décembre à l’Afriki Djigui Theatri (1er). Notamment avec une exposition proposée par le comité nîmois et un film revenant sur des dates importantes. Comme le premier congrès fondateur de l’UFF, le 17 juin 1945 à Paris, au Palais de la Mutualité, avec 2 377 déléguées venues de toute la France, tout juste sorties de la Résistance ou rentrant de déportation. Elles défendront leur droit au travail « à salaire égal » avec les hommes, rappelle Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille, se battront pour obtenir des crèches et des garderies pour que les enfants ne soient pas dans la rue.

    Mobilisées pour la paix

    Elles se mobiliseront aussi pour la paix, contre la guerre en Indochine et contre la colonisation défendant le droit des Algériens à l’indépendance. Jusqu’à en perdre la vie pour deux d’entre elles, le 8 février 1962, lorsque des partis et des syndicats appellent à manifester contre l’OAS et que les manifestants sont durement réprimés à l’entrée du métro Charonne.

    Puis « nous sommes passés des combats féminins aux combats féministes », explique Annick Karsenty pour qui rien n’est gagné. Prochaine date cruciale, le 6 février, journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Depuis plus de 10 ans, Femmes solidaires travaillent avec les femmes Afars en Éthiopie pour éradiquer l’excision, et les mariages forcés au sein du projet Kimbidalé.

    Pour en savoir plus : « 80 ans
    de la vie des femmes, de l’UFF
    à Femmes solidaires
     », ouvrage collectif, 45 euros.

  • « Femmes solidaires marque un changement »

    « Femmes solidaires marque un changement »

    La Marseillaise : Exposition, repas, que propose Femmes solidaires pour cet anniversaire ?

    Annick Karsenty : D’abord de revenir sur notre histoire depuis la fondation de l’Union des femmes françaises (UFF) en 1945 avec une exposition faite par nos amies de Nîmes, avec de nombreux panneaux explicatifs. Elles ont été chercher les événements, les lois, les bagarres… Il y aura aussi la projection d’un film et une table ronde avec deux anciennes qui l’ont vécu, cette histoire, pour qu’elles nous racontent ce que nous, nous n’avons pas connu.

    Comment mesurez-vous le chemin parcouru en 80 ans ?

    A.K. : On peut dire qu’il y a vraiment eu un changement d’orientation, une évolution dans la décennie 1984-1992, une évolution quand nous avons changé de nom. En 1992, le 17e congrès de l’UFF porte le slogan « femmes solidaires pour défendre nos droits et la paix » et on passe d’une association féminine et familiale qui portait des revendications sur notamment le droit au travail des femmes à un mouvement féministe solidaire. On commence à parler de loi anti-sexiste, de culture du viol. On passe à des questions plus sociétales. On avance aussi un mot d’ordre contre la féminisation de la pauvreté. Après il va y avoir la participation à la conférence mondiale des femmes de Pékin [en septembre 1995 Ndlr]. On intervient également au niveau de l’Afghanistan, où nous allons financer des écoles clandestines pour les petites filles et nous faisons la connaissance de Shoukria Haidar [présidente fondatrice de l’association Negar-Soutien] qui participera à la création du RIFL, notre réseau international féministe et laïc. En 2004, on obtient aussi le statut international spécial à l’ONU dans lequel on siège toujours.

    Et quel chemin reste-t-il selon vous à parcourir ?

    A.K. : Beaucoup de choses restent à faire. En particulier sur les violences dans la famille. Au niveau des féminicides, le chiffre ne descend pas. Avec les suicides forcés, on en est à trois femmes par jour qui décèdent. Il y a aussi le retour des masculinistes qui font que nous retournons en arrière. On le voit bien quand nous intervenons dans les salles de classe. Les garçons portent des propos de recul… Même si les filles se rebiffent et c’est aussi à prendre en compte. La loi de 2016 qui fait que la France est un pays abolitionniste de la prostitution est menacée aussi et il y a tout le combat contre le courant transactiviste qui vise dans tous les domaines à gommer le mot femme…

  • Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    « Je vous attends nombreux. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple. » On aurait pu croire Amine Kessaci définitivement anéanti par l’assassinat de Mehdi son frère, un très probable « crime d’avertissement » selon le ministère de l’Intérieur, alors que le militant écologiste, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic et sous protection policière, avait reçu des menaces. Mais c’était mal le connaître.

    Dans un message sur les réseaux sociaux ce mercredi 19 novembre, il appelle au rassemblement ce samedi à 15h pour une grande marche blanche au départ du lieu du crime. Plus tôt dans la matinée, il a signé dans le journal Le Monde une tribune aux mots dont on devine qu’ils ont été soigneusement pesés. Un uppercut à destination de ceux qui ont tué son frère, de l’État dont il dénonce les carences, insistant sur « les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées ».

    Un texte qui dénote un courage admirable face à l’horreur, a réagi Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille, parmi les premières signataires de l’Appel de Marseille. Lancé en janvier 2024 à l’initiative du PCF 13 il entendait enrayer la spirale de violences du narcotrafic et a été depuis soutenu par des milliers de citoyens, élus, acteurs de la culture, du sport, du secteur associatif et syndical… Dont Amine Kessaci. Une démarche qui dans ce contexte, prend un sens tout particulier.

    « La terreur n’aura pas de prise, il faut qu’il y ait du monde à cette marche blanche », estime la militante associative. Même s’il faudra mener « une lutte de longue haleine », pour « rétablir les services publics dans les quartiers, les écoles » et « faire en sorte que les quartiers ne soient plus dans l’abandon », estime-t-elle.

    Déplorant une « situation effroyable », Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Port, également parmi les premiers signataires, considère que « l’Appel de Marseille a été quelque part précurseur pour essayer d’interpeller tout le monde, et malgré les engagements, les actes concrets ne sont toujours pas au rendez-vous ». Et ce ne sont pas les « quelques coups d’éclat du gouvernement » qui vont remplacer un nécessaire « travail de fond » pour « qu’on reprenne possession de nos quartiers et qu’on arrive à éradiquer ces trafics », s’indigne le responsable syndical. Et d’insister : « Ce problème concerne tous les Marseillaises et les Marseillais et au-delà, on n’a pas d’autre choix que de s’en emparer. On sera là samedi. »

    Un minimum aussi pour Vincent Moutardier, chirurgien dans les quartiers Nord, aussi engagé dès le début dans l’Appel.

    « Un sursaut populaire »

    « Il n’y a plus de limites, c’est très impressionnant », nous confie-t-il entre deux opérations au bloc, toujours bouleversé. « On ne peut pas rester silencieux, c’est un problème de société majeur dont j’avais moins conscience il y a un an », reconnaît-il, faisant part de ses doutes. « Que faire à mon niveau ? La marche blanche évidemment mais la prise de conscience n’est pas encore là », analyse le chirurgien pour qui un « sursaut populaire » s’impose néanmoins.

    Pour crier sa colère et son espoir, Joël Dutto, secrétaire de la section PCF Marseille 15e et aussi partie prenante de l’Appel, avait pris la plume deux jours après l’assassinat. Une manière « d’inciter les gens à parler », explique-t-il, se souvenant des réticences des habitants à signer le texte de leur nom. « Beaucoup l’ont fait, ce n’était pas facile, on était là avec nos stylos à deux pas du réseau, à la Solidarité », raconte le militant communiste pour qui l’État n’agira que « si ça monte d’en bas ». Et si Mehdi est mort, analyse-t-il, c’est aussi que les trafiquants « ont peur pour leur empire ». Il appelle à dépasser le choc. « La République ne peut pas perdre face au narcotrafic, c’est ce que dit Amine », insiste Joël Dutto.

    Samedi, « il faut que toute la ville soit présente », exhorte Anthony Gonçalvez, oncologue à l’Institut Paoli Calmettes mais aussi chef de file des communistes de Marseille pour les municipales, « ce que l’on disait lors de l’Appel résonne d’une plus grande acuité encore ». Il en rappelle les termes et les propositions : s’attaquer au trafic de manière immédiate en venant en aide aux familles de victimes, « avec des moyens radicaux et des renforts de police, de douanes », mener un travail de long terme pour démanteler les réseaux, s’attaquer au blanchiment, apporter une réponse « sociale et de justice » à des quartiers délaissés. Il faut aussi « que ces questions de narcotrafic soient identifiées par le mouvement social et populaire comme une priorité », estime-t-il, quand « souvent à gauche on les a laissés aux fascistes, aux populistes alors que c’est une des manifestations de l’affrontement de classes, ces violences ne sont jamais que les conditions d’un capitalisme primitif ».

    Samedi 22 novembre, à 15h, rond-point Claudie-Darcy

    ET AUSSI

    Minute de silence

    Au Sénat le président Larcher (LR) a demandé un « moment de recueillement » en hommage à Mehdi Kessaci.

    Tondelier et Faure

    Les leaders du PS, Olivier Faure, et des Verts, Marine Tondelier, ont annoncé leur participation à la marche blanche de samedi.

    Stand-by

    Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a indiqué qu’elle serait présente samedi lors du rassemblement. Ses équipes ont annoncé mettre la campagne pour les municipales en stand-by jusqu’à la fin de la semaine.

    Plateforme

    La droite marseillaise a lancé une plateforme (Marseille-republicaine.fr) anonymisée où tous les Marseillais qui luttent « contre le crime, ce cycle de violence et de mort » peuvent exprimer leur soutien.