Tag: droit des femmes

  • Le récit glaçant et insoutenable de Laëtitia

    Le récit glaçant et insoutenable de Laëtitia

    «Il venait tous les lundis pour me frapper, m’humilier et prendre l’argent », a déclaré à la barre Laëtitia R, lundi. Aux côtés de plusieurs de ses proches, elle a détaillé les viols, violences et sévices qu’elle affirme avoir subis, ainsi que la relation de domination et de soumission imposée par Guillaume B., jugé jusqu’à vendredi. pour viols, torture, barbarie et proxénétisme.

    Selon les témoignages, cette mère de quatre enfants devait lui demander l’autorisation pour chacun de ses gestes : aller aux toilettes, utiliser son téléphone, manger, boire, fumer ou encore s’habiller.

    L’homme de 51 ans, originaire de Lille, divorcé et directeur d’une agence bancaire, à Manosque, aurait par ailleurs forcé son ex-conjointe à se prostituer et l’aurait livrée à de nombreux hommes qui la violaient et la violentaient, selon les déclarations de la partie civile. Pendant ces rapports sexuels tarifés, Guillaume B. était présent ou devait tout écouter par téléphone.

    Un épisode survenu au lac des Vannades, à Manosque, pendant lequel Guillaume B. aurait surpris Laëtitia avec un inconnu, avec qui il l’aurait forcée à avoir un rapport sexuel à travers la portière d’une voiture, a été évoqué à plusieurs reprises pendant l’audience. L’homme aurait par ailleurs contraint Laëtitia à se faire tatouer l’inscription dégradante « garage à bites » au niveau du pubis.

    L’enquête a été ouverte le 31 mai 2022 par un signalement d’une amie de Laëtitia R., Ophélie, à qui elle s’était confiée et qui craignait pour sa vie. La voisine de Guillaume B., chez qui Laëtitia R. a vécu pendant plusieurs années, a témoigné à la barre des cris qu’elle entendait régulièrement : « Elle le suppliait d’arrêter. Je devais monter le son de la télé pour que mes enfants n’entendent pas. »

    « Si tu refais ça, je te tue »

    Laëtitia R. aurait accepté de se prostituer, au début, pour subvenir aux besoins de ses enfants, pour lesquels elle se fournissait dans des banques alimentaires. Guillaume B. partageait initialement la moitié des revenus avec elle, puis en conservait la totalité par la suite.

    « Si tu refais ça, je te tue », a écrit l’accusé à Laëtitia après qu’elle a refusé une sodomie avec un autre homme en raison de douleurs. « Tu n’es qu’un trou, un vide couilles à mon service », « message du maître à son esclave : je veux que tu suces une queue avant ce soir », lui écrivait-il également. L’homme imposait par ailleurs à Laëtitia « de se pénétrer tous les jours avec un gode michet », ce qui lui a causé une incontinence anale et « une rupture complète du sphincter anal », a expliqué la présidente du tribunal.

    Au début de leur relation, Guillaume B. la forçait aussi à boire son urine « tous les matins ». « J’étais juste là à son service, je lui servais de défouloir, j’attendais de mourir, il m’a détruite », a déclaré Laëtitia. Pendant sa grossesse, elle aurait même eu des relations sexuelles avec trois chiens et un cheval, selon les éléments du dossier.

    Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé deux carabines et deux fusils à canon apposés contre le lit conjugal, ainsi que des vidéos zoophiles et sadomasochistes où figurent Laëtitia.

    « J’ai imposé mes règles en tant que maître, elle les a toujours acceptées », a tenté d’expliquer Guillaume B. L’accusé a reconnu avoir dit à la partie civile qu’elle « méritait » d’avoir été violée par son beau-père, à l’âge de 8 ans. « Elle n’avait pas le droit de dire stop, car cela faisait partie du dressage », a-t-il déclaré.

    Les avocats de l’accusé ont demandé le huis clos, voulant « protéger l’intérêt » de la fille de 7 ans que le couple a eu ensemble. L’avocat de Laëtitia a rétorqué que Guillaume B. essayait « encore une fois de reprendre le contrôle en instrumentalisant cette enfant qui se constitue partie civile contre lui dans ce dossier ».

    Le maire (DVD) de Manosque, Camille Galtier, a exprimé son soutien à la victime et a annoncé nommer « d’ici l’été une chargée de mission dédiée à la prévention et à la lutte contre les discriminations ».

    «Il venait tous les lundis pour me frapper, m’humilier et prendre l’argent », a déclaré à la barre Laëtitia R, lundi. Aux côtés de plusieurs de ses proches, elle a détaillé les viols, violences et sévices qu’elle affirme avoir subis, ainsi que la relation de domination et de soumission imposée par Guillaume B., jugé jusqu’à vendredi. pour viols, torture, barbarie et proxénétisme.

    Selon les témoignages, cette mère de quatre enfants devait lui demander l’autorisation pour chacun de ses gestes : aller aux toilettes, utiliser son téléphone, manger, boire, fumer ou encore s’habiller.

    L’homme de 51 ans, originaire de Lille, divorcé et directeur d’une agence bancaire, à Manosque, aurait par ailleurs forcé son ex-conjointe à se prostituer et l’aurait livrée à de nombreux hommes qui la violaient et la violentaient, selon les déclarations de la partie civile. Pendant ces rapports sexuels tarifés, Guillaume B. était présent ou devait tout écouter par téléphone.

    Un épisode survenu au lac des Vannades, à Manosque, pendant lequel Guillaume B. aurait surpris Laëtitia avec un inconnu, avec qui il l’aurait forcée à avoir un rapport sexuel à travers la portière d’une voiture, a été évoqué à plusieurs reprises pendant l’audience. L’homme aurait par ailleurs contraint Laëtitia à se faire tatouer l’inscription dégradante « garage à bites » au niveau du pubis.

    L’enquête a été ouverte le 31 mai 2022 par un signalement d’une amie de Laëtitia R., Ophélie, à qui elle s’était confiée et qui craignait pour sa vie. La voisine de Guillaume B., chez qui Laëtitia R. a vécu pendant plusieurs années, a témoigné à la barre des cris qu’elle entendait régulièrement : « Elle le suppliait d’arrêter. Je devais monter le son de la télé pour que mes enfants n’entendent pas. »

    « Si tu refais ça, je te tue »

    Laëtitia R. aurait accepté de se prostituer, au début, pour subvenir aux besoins de ses enfants, pour lesquels elle se fournissait dans des banques alimentaires. Guillaume B. partageait initialement la moitié des revenus avec elle, puis en conservait la totalité par la suite.

    « Si tu refais ça, je te tue », a écrit l’accusé à Laëtitia après qu’elle a refusé une sodomie avec un autre homme en raison de douleurs. « Tu n’es qu’un trou, un vide couilles à mon service », « message du maître à son esclave : je veux que tu suces une queue avant ce soir », lui écrivait-il également. L’homme imposait par ailleurs à Laëtitia « de se pénétrer tous les jours avec un gode michet », ce qui lui a causé une incontinence anale et « une rupture complète du sphincter anal », a expliqué la présidente du tribunal.

    Au début de leur relation, Guillaume B. la forçait aussi à boire son urine « tous les matins ». « J’étais juste là à son service, je lui servais de défouloir, j’attendais de mourir, il m’a détruite », a déclaré Laëtitia. Pendant sa grossesse, elle aurait même eu des relations sexuelles avec trois chiens et un cheval, selon les éléments du dossier.

    Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé deux carabines et deux fusils à canon apposés contre le lit conjugal, ainsi que des vidéos zoophiles et sadomasochistes où figurent Laëtitia.

    « J’ai imposé mes règles en tant que maître, elle les a toujours acceptées », a tenté d’expliquer Guillaume B. L’accusé a reconnu avoir dit à la partie civile qu’elle « méritait » d’avoir été violée par son beau-père, à l’âge de 8 ans. « Elle n’avait pas le droit de dire stop, car cela faisait partie du dressage », a-t-il déclaré.

    Les avocats de l’accusé ont demandé le huis clos, voulant « protéger l’intérêt » de la fille de 7 ans que le couple a eu ensemble. L’avocat de Laëtitia a rétorqué que Guillaume B. essayait « encore une fois de reprendre le contrôle en instrumentalisant cette enfant qui se constitue partie civile contre lui dans ce dossier ».

    Le maire (DVD) de Manosque, Camille Galtier, a exprimé son soutien à la victime et a annoncé nommer « d’ici l’été une chargée de mission dédiée à la prévention et à la lutte contre les discriminations ».

    DES MANIFESTANTES SOUTIENNENT LAËTITIA

    Carmen Buelga, membre du CIDFF

    Les violences faites aux femmes et aux enfants sont l’objet même du CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles). C’est une réalité très malheureuse qui occupe nos pensées, c’est une réalité dans notre pays et dans le monde entier. C’est important de soutenir cette femme qui a subi pendant des années. Ce procès va être compliqué, il faut qu’elle sache qu’on est derrière elles. Il y a une double peine pour les victimes à qui on reproche souvent plein de choses. On est solidaires. »

    Léa, membre du collectif féministe départemental

    « C’est important d’être là parce qu’on salue la démarche de Laëtitia qui a demandé la levée du huis clos. C’est aussi important dans nos territoires ruraux : les statistiques montrent qu’il y a plus de féminicides en ruralité, les mouvements féministes sont plus présents en ville. Les femmes ont plus de mal à se faire entendre en ruralité. Les structures qui prennent en charge les femmes victimes de violences sont beaucoup plus rares en ruralité. »

    Marie-Claire Bataille, membre du collectif « 8 mars toute l’année »

    « Il nous a semblé totalement normal et plus que légitime d’être là pour Laëtitia, d’être présentes pour la soutenir.

    On est sur de la barbarie, au-delà du patriarcat et de la puissance masculine. On est essentiellement là pour la soutenir. On la croit, on reconnaît ce qui lui est arrivé et on la soutient. »

  • [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    Forte de 54,34% des suffrages, la nouvelle majorité du Printemps marseillais s’assure une avance confortable avec 73 élus sur les désormais 111 sièges du conseil municipal, version réforme de la loi PLM, soit 10 de plus qu’en 2020. Pour mémoire il y a 6 ans, en pleine crise sanitaire, il avait fallu ferrailler dur pour que l’écologiste Michèle Rubirola prenne la tête de la Ville, avec le soutien de Samia Ghali (DVG) qui briguait elle aussi le poste dans un premier temps.

    Devenue finalement maire adjointe, cette dernière a désormais intégré le Printemps marseillais et fait partie des piliers sur lesquels s’appuie le Printemps nouvelle mouture. Tout comme Pierre Huguet (G.s), ex-adjoint à l’Éducation, Éric Méry, ex-adjoint à l’Urbanisme, le député PS Laurent Lhardit, les socialistes Joël Canicave, ex-adjoint aux Finances, Anthony Krehmeier, maire des 2-3 réélu, ou encore Yannick Ohanessian ex-adjoint en charge de la Tranquillité publique. Jusqu’alors en charge du Logement, Patrick Amico (GRS), bien que 71e sur la liste, est aussi de retour.

    On retrouve également les communistes, Audrey Garino, Jean-Marc Coppola, Nathalie Tessier, respectivement en charge de la Solidarité, la Culture et le Droit des femmes dans la mandature écoulée. Rangs du PCF qui se trouvent renforcés avec Anthony Gonçalves, oncologue et chef de file du parti pour ces municipales, Mohamed Itrisso, militant des quartiers nord et cofondateur du collectif SOS Comores et Ibrahim Mze, responsable du collectif fédéral du logement du PCF 13.

    Troisième de la liste, le militant écologiste, Amine Kessaci, devenu symbole national de la lutte contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, va également peser dans l’hémicycle.

    Une opposition RN

    Il y a aussi les petits « nouveaux » qui ne le sont pas vraiment, ayant déjà fait leurs preuves dans les secteurs ou à la métropole, comme Emilia Sinsoilliez, ex-première adjointe au maire des 2-3, Enda Amraoui, présidente du collectif pour une société plus inclusive, « Plus jamais sans nous » et ex-adjointe à la mairie des 4-5, Juliette Masson, ex-déléguée aux Écoles dans les 6-8 ou Jean-Marc Signes, ex-conseiller métropolitain écologiste, élu dans les 11-12. Côté société civile, Karim Touche, directeur général de la Ligue de l’enseignement 13 ou Yahya Güngörmez, représentant du Conseil démocratique kurde à Marseille font leur entrée.

    En face l’extrême droite. Franck Allisio, ayant totalisé 40,29% des voix, se pose en leader d’une opposition passée de 9 à 34 élus. Cumul des mandats oblige, il devra sans nul doute démissionner de la Région. Il s’appuiera sur des historiques comme Jean-Marc Graffeo, responsable départemental de Reconquête !, la députée RN Gisèle Lelouis ou Eléonore Bez, conseillère régionale. Il pourra compter sur une ribambelle d’ex-élus de secteur, Sophie Arrighi, Thibaut Charpentier, Jessy Nakache, ou Gérard Audibert. Figure aussi Jean-Baptiste Rivoallan, ancien président du groupe de la droite marseillaise à la métropole.

    Droite marseillaise atomisée avec 4 élus seulement dont Martine Vassal (DVD), présidente du Département, son bras droit Romain Simmarano (Ren.), Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille et Stéphane Pichon, président du Conseil régional de l’ordre des pharmaciens.

  • À Avignon, des associations toujours inquiètes

    À Avignon, des associations toujours inquiètes

    Avignon, ville où s’est tenu le procès des « viols de Mazan », est-elle irréprochable en matière de droits des femmes ? Des projets, il y en a eu. Comme l’annonce qui avait fait grand bruit fin 2022 de la création de cinq logements pour les femmes victimes de violence. Mais celui-ci est tombé à l’eau par la suite. L’association Rhéso, qui devait gérer le projet, avait été placée en redressement judiciaire et les logements ont finalement servi à une autre structure. En dehors de ça, les projets n’ont pas réellement fleuri, tout en sachant que le tissu associatif est bien fourni localement en la matière. Tissu dont on peut imaginer qu’il s’est étoffé suite au procès ultra médiatisé où Gisèle Pelicot est devenue une figure de la libération de la parole. Mais ce n’est pas vraiment le cas d’après les associations qui constituent le collectif Droit des femmes 84. « On n’a pas vu de gros changements. Cela fait même plusieurs mois que l’on entend que le maintien des subventions va être difficile », glisse Karine Malaval, militante du mouvement Le Nid.

    Bouton d’alerte et lutte contre

    les discriminations

    « Depuis 2014, la cause des femmes est une priorité pour la majorité municipale : la toute première mesure prise par Cécile Helle a été, dès son arrivée, de nommer une conseillère municipale, déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations » pose la municipalité en place, une nomination « qui permet une action continue en direction du public féminin. »

    Dans les programmes des candidats à la mairie, le sujet est abordé à différents degrés. L’insoumise Mathilde Louvain dédie tout un pan à « combattre le patriarcat sous toutes ses formes ». Du côté de David Fournier (PS), on évoque le renforcement de structures d’aide et une lutte « contre toutes les formes de discrimination », sans réellement évoquer la question des femmes en tant que telle. Olivier Galzi (DVD) soumet l’idée d’une application avec un « bouton d’alerte » pour les personnes âgées et les femmes, sans plus. Pas de mention particulière dans celui de Stephan Fiori (DVD). Toutefois, l’association les Resi-liantes, membre du collectif Droit des femmes 84, assure que le dernier nommé s’est rapproché d’elle pour s’informer sur la question. Tout comme Mathilde Louvain. Cette même association a d’ailleurs fait circuler un questionnaire sur la question, auquel ont répondu Stephan Fiori, Mathilde Louvain et David Fournier. « Et les réponses nous conviennent. Mais on verra si ce sera le cas après les élections », glisse Sabah Boutahar, membre de l’association.

  • Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Épinglé mauvaise élève en matière de droits des femmes par le rapport d’Oxfam, la municipalité toulonnaise ne dispose d’aucun adjoint chargé de l’égalité pas plus que de délégation. Or, dans le cadre de la campagne, la présence des femmes en tête de liste atteint des sommets avec 4 sur les 6 principales emmenées par des candidates.

    En lice, Magali Brunel (PS) pour une liste d’union à gauche, Josée Massi (DVD), maire sortante, Isaline Cornil (LFI) et Laure Lavalette pour l’extrême droite, avec des programmes diamétralement opposés en matière de droits des femmes et d’égalité. La première souhaitant justement mettre en place une délégation, augmenter le budget alloué à un planning familial en grande difficulté car confronté à une baisse de subvention qui met en péril 40% de ses lieux d’accueil (notamment dans la Provence verte). Magali Brunel promet aussi un soutien financier au CIDDF (Centres d’information sur les droits des femmes et des familles).

    L’insoumise Isaline Cornil dénonce elle aussi les coupes budgétaires, estimant que les droits des femmes passe par le maintien des services publics de santé de proximité. Elle propose un accompagnement social renforcé et un soutien aux associations locales qui œuvrent en la matière.

    À droite, Josée Massi résume elle la question à la petite enfance, l’aide aux familles et à l’accompagnement social. Elle entend également mettre le paquet sur la « tranquillité publique » pour permettre aux femmes d’occuper l’espace public.

    Engagée dans les mouvements pro-vie, la députée RN Laure Lavalette a elle voté contre l’inscription du droit à l’IVG dans la constitution en 2022 et prévoit de confier en cas de victoire à Mélanie Auzoux, Miss Var 2025, la vie étudiante, de la jeunesse et des droits des femmes.

    Plus de féminicides

    dans le Var qu’ailleurs

    Plus largement, dans un département particulièrement touché par les féminicides, avec des chiffres 7 fois et demie plus importants que dans le reste de la France en 2024 s’inquiétait dans nos colonnes la directrice générale de l’association AFL-Transition et 5 070 victimes de violences intrafamiliales dont 75 % des femmes en 2025, la question reste cruciale.

    Des maisons des femmes santé ont vu le jour, dont une à Toulon en janvier 2024 après celle de la Seyne en 2021. Plus d’une centaine de femmes ayant été accueillies sur les sites de Sainte-Musse et de l’hôpital George Sand. Deux maisons de protection des familles (MPF) ont également été créées à La Valette et à Draguignan, plus de 1 700 policiers et gendarmes ont été formés à l’accueil des victimes de violences intrafamiliales dans le Var.

  • Hautes-Alpes : la CGT lance de faux billets pour un vrai combat

    Hautes-Alpes : la CGT lance de faux billets pour un vrai combat

    Si vous trouvez un billet de 20 euros par terre dans un couloir de votre entreprise, n’allez pas le dépenser trop vite, retournez-le d’abord. Il y a fort à parier qu’il s’agisse en réalité d’un tract de la CGT. « On les froisse, on les passe à la machine, on les abîme pour qu’ils soient le plus réaliste possible, explique Alexandra Pourroy, cosecrétaire de la CGT 05, à l’origine de cette campagne. Le but, c’est de rappeler que cette somme, c’est ce que gagne en moins chaque jour, en moyenne, les femmes par rapport aux hommes, à poste équivalent. »

    Plus de « 50% de la population discriminée »

    Le but de la campagne est donc d’alerter, de façon ludique sur ces inégalités pourtant interdites par la loi. « La plupart des entreprises jugent peu important que 50% de la population soit discriminée. Au rythme actuel où elles résorbent l’écart, on estime qu’on sera à l’égalité dans 160 ans, dénonce Alexandra Pourroy. Quant à l’État, il ne se donne pas les moyens de faire appliquer la loi, très peu d’entreprises sont sanctionnées. » La différence de salaire à poste et durée de travail identiques, est d’environ 15% selon l’Insee. Cette différence correspond à environ 20 euros par jour que les hommes gagnent en plus pour le même travail. Pire, la réduction de ces inégalités ralentit : l’écart de salaire n’a diminué que de 0,4 point en 2024, contre 0,9 point par an en moyenne entre 2019 et 2023, toujours selon l’Insee.

    Ce tract rend donc palpable cette inégalité, quitte à créer un (léger) faux espoir. « Quand on tombe dessus, on se dit “Super j’ai gagné 20 euros !” Et on réalise que c’est ce que gagnent en moins chaque jour les femmes en le retournant. Au final, c’est assez ludique et les gens se prennent au jeu, on en retrouve un peu partout dans les entreprises. » Pour participer à son échelle à cette campagne, il est d’ailleurs possible de contacter la CGT Fapt 05 pour se procurer les tracts… et les laisser traîner à son tour sur son lieu de travail.

    Contactez la CGT FAPT pour vous procurer les tracts : cgt.ptt.05@wanadoo.fr

  • [Spectacle] Un voyage à travers l’histoire des femmes et de leurs droits

    [Spectacle] Un voyage à travers l’histoire des femmes et de leurs droits

    « Plus qu’un spectacle féministe, nous avons voulu faire un spectacle humaniste », assure Lydie Belmonte.

    Née à Marseille, dans une famille d’origine arménienne – ses grands-parents ont survécu au génocide –, Lydie Belmonte, en plus d’être historienne, est autrice, interprète de jazz, actrice, danseuse. Sacrées F’Ames* est un spectacle qu’elle a écrit, mis en scène et qu’elle interprète avec Alina Jamgotchian, Nicole Moreno et Lady Lou, danseuses et chorégraphes, accompagnée par trois musiciens, José Assa (piano), Rémy Chaillan (batterie), Franck Blanchard (contrebasse). Le spectacle est composé de douze tableaux qui campent douze archétypes féminins. Créé en 2021 à Marseille, Sacrées’F’Ames a été joué au festival Off d’Avignon, l’été dernier.

    « J’évoque la déesse, la mère, la femme et le cycle de la lune, la jeune fille, la femme amoureuse, la femme de pouvoir, la sorcière, la sainte, la femme de lettres, la femme mariée, la séductrice, la fille de joie, la femme emprisonnée, la femme libre, la guerrière », retrace Lydie Belmonte. Le spectacle aborde la transmission des droits des femmes et la lutte contre les violences qui leur sont faites, tout en conservant une dimension sensible, poétique et parfois pédagogique.

    Hommage à Joséphine Baker

    L’autrice s’appuie sur l’histoire de femmes qui ont marqué leur époque. Par exemple Hildegarde de Bingen (XIIe siècle), thérapeute, médecin, poétesse, compositrice. Ou Suzanne Valadon, d’abord modèle pour des peintres comme Renoir, Puvis de Chavanne, et qui deviendra peintre. Mais aussi Joséphine Baker, Mélinée Manouchian… Dans Sacrées F’Ames, Lydie Belmonte incarne ces différents « visages » de la femme, par le jeu, le chant et la danse, entourée de danseuses.

    Elle-même marquée par une histoire douloureuse, Lydie Belmonte confie : « à travers ce spectacle, je voulais honorer le combat au quotidien de toutes ces courageuses et leur donner peut-être un peu d’espoir. Malgré le temps et l’espace, il existe une sororité. J’aime bien ce terme. Ce spectacle rend hommage aux porteuses de l’humanité, à toutes les guerrières d’hier et d’aujourd’hui, connues ou inconnues, ici et ailleurs, qui se sont battues, et se battent toujours, pour leur liberté, leur indépendance, leurs droits civiques, économiques et leur droit d’exister. » Elle continue : « “Sacrées F’Ames” vise aussi à dénoncer cette violence physique et psychologique des hommes à l’encontre des femmes. »

    Lydie Belmonte a dédié Sacrées F’Ames à la soldate Anush Apétyan. Cette mère de trois enfants, militaire dans l’armée arménienne, a été capturée en 2022 près de Djermuk par les Azéris, et torturée à mort. Les tortionnaires ont diffusé les images de leurs actes barbares sur les réseaux sociaux…

    * À 20h30, 200 rue Jean-Ferrat. Tarif : 15 euros. Détails au 04.84.83.07.43.

  • Les droits des femmes revendiqués et réaffirmés dans la région

    Les droits des femmes revendiqués et réaffirmés dans la région

    Le droit des femmes à vivre dans un monde égalitaire et pacifié est un ouvrage à remettre sans cesse sur le métier. Les organisations féministes et syndicales, les artistes, mettent en garde contre la menace de la montée de l’extrême droite, en Europe comme aux États-Unis.

    « C’est dans un contexte trouble et exacerbé par l’émergence de suprémacistes comme Némésis qu’il nous faut défendre nos droits », estime Alexandra Brocchus, du Collectif 13 Droit des femmes, qui installera, dimanche 8 mars, un village de paix et de sororité place Général-de-Gaulle à Marseille, où sera réaffirmé à 12h que « le féminisme est fondamentalement antifasciste ». La militante précise : « Nous avons encore à gagner et beaucoup à perdre si l’extrême droite passait au pouvoir car nous serions les premières impactées avec des subventions coupées, la remise en cause du droit à l’IVG… » Le rendez-vous y est donné dès 10h avec un appel à la grève domestique. Le collectif sera rejoint par les syndicats FSU, SUD et CGT qui se rassemblent devant le Médef à 11h pour « imposer un véritable rapport de force face aux politiques sexistes et austéritaires ».

    Toujours à Marseille, de 14h à 16h, Marseille 8 Mars prend ses marques sur le Vieux-Port avec une zone d’occupation féministe suivie d’une manifestation à 16h. À noter que la municipalité a aussi choisi de mettre à l’honneur le 8 mars et les associations locales qui mènent la lutte, à travers un mois de rencontres, projections, soirées, ateliers et nombreuses expositions, dont le programme est disponible sur son site.

    En région

    Pour les mobilisations, la CGT de Draguignan prend de l’avance dans le Var avec une prise de parole le samedi 7 à 10h30. Le jour J, à Martigues, c’est une Grande marche pour l’égalité qui démarre à 11h au jardin de Ferrières. Dans le Pays d’Aix, le Carrefour citoyen se rassemble à 11h, devant la mairie de Venelles, en soutien aux femmes victimes de violences.

    Education et culture

    Pour continuer à porter les revendications d’égalité salariale et de solidarités avec celles « qui luttent partout dans le monde contre les guerres, les occupations, les régimes autoritaires et obscurantistes », le Snes-FSU donne plusieurs rendez-vous, le 8 mars, dans l’Académie Aix-Marseille. À Arles, à partir de 10h30 au kiosque à musique de l’esplanade Charles-de-Gaulle, un run de 6 km ou une marche de 3 à 4 km sera proposé. À 11h20, les runneuses seront accueillies avec un apéritif d’arrivée. Le rassemblement prévoit des lectures et prises de paroles avec un final en musique à 12h, avec la rappeuse LO-DY. À Avignon, la manifestation féministe partira du tribunal à 15h.

    Dans les Alpes-Maritimes, à Digne, la CGT installe une exposition féministe dans le hall de l’hôpital, le 9 mars, toute la journée. C’est encore à l’hôpital de Manosque qu’elle invite à un petit-déjeuner informatif à partir de 6h. À Saint-Auban, le syndicat et le collectif « 8 mars toute l’année » donnent rendez-vous le 8 mars de 10h à 12h sur la place Péchiney, puis de 12h à 16h à la Maison commune, 17, avenue Balard.

    À Aubagne, le festival des Indociles célèbre la lutte samedi 7 mars à 18h, avec Carine de Poizereau en solo. Et à 19h, avec le groupe Bibiche au Cercle de l’harmonie pour un concert post-punk et un Jam des femmes, à partir de 20h.

    À Vitrolles, du 9 au 13 mars, la Maison du droit-point justice retrace le parcours de Gisèle Halimi aux côtés d’autres figures emblématiques. Du 9 au 4 avril, l’École municipale d’arts plastiques met en valeur des portraits de femmes inspirantes à travers des œuvres originales.

    À Martigues, cap sur l’inventivité avec « art et sciences : elles ont changé nos vies » avec une inauguration le vendredi 6 à 16h30 dans le hall de l’hôtel de Ville, par Femmes ici et Ailleurs. La science est aussi à l’honneur à Septèmes-les-Vallons, avec la projection du film Les figures de l’ombre, dimanche 8 mars à 17h, à l’espace Jean-Ferrat.

    À Marseille, piqûre de rappel historique à 17h30 dans l’amphithéâtre de la mairie des 1er et 7e arrondissements. Colette Drogoz et Gérard Leidet, historiens et membres de Pomemo, tiendront une conférence sur les femmes de la commune de Paris avec une mise en perspective de leur importance dans les journaux et sur les barricades. Le 5 mars, le Cabaret-théâtre l’Etoile Bleue invite à la première Nuit des Louves avec des prises de paroles engagées contre les violences sexistes et des témoignages, à partir de 19h.

  • Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    « L’emprise économique est un vrai sujet dans les cas de violences conjugales », rappelle Clara Agnello, coordinatrice de projet chez Une voix pour elles. Face à cette problématique, le Crédit municipal de Marseille a décidé de s’emparer du sujet en rencontrant, ce jeudi à Marseille, de nombreuses associations d’accompagnement d’aide aux victimes de violences conjugales.

    Avec 90% de clients qui sont des clientes, « cette démarche est en cohérence avec notre public, explique Christelle Gerlier, directrice générale déléguée du Crédit municipal de Marseille. Et on sait qu’avec notre structure on peut répondre aux problèmes financiers que connaissent certaines femmes victimes de violences ». En effet, 20% des femmes victimes de violence ayant appelé le 3919 sont en situation de dépendance économique.

    Le Crédit municipal de Marseille, créé il y a plus de 300 ans, permet aux personnes exclues du système bancaire, d’avoir accès aux crédits. Les outils de l’établissement bancaire, comme les microcrédits accompagnés, le prêt sur gages ou encore le placement de petites sommes, peuvent donc être des solutions face à cette violence économique.

    « Une aide dans l’urgence »

    Le prêt sur gage a particulièrement interpellé Nada Baher, directrice adjointe du planning familial 13. Autorisé seulement dans les crédits municipaux en France, ce type de prêt permet à n’importe qui, sous réserve d’avoir une pièce d’identité et un justificatif de domicile, d’échanger un objet contre une somme d’argent. « C’est vrai que beaucoup de personnes peuvent avoir un objet de valeur. C’est donc quelque chose qui peut débloquer de l’argent rapidement et être une aide dans l’urgence. » Pour l’association Les Louves d’accompagnement de victimes, c’est plutôt le microcrédit accompagné qui a intéressé. Ils pourraient couvrir les frais juridiques que ces femmes doivent engager lors de divorce ou de dépôt de plainte.

    Des outils qui restent toutefois à affiner selon les besoins des associations. « Le but, ce n’est pas de réfléchir seuls à des solutions, mais avec les professionnels de terrain pour répondre au mieux aux différentes problématiques de ces femmes », explique Christelle Gerlier. Pour la directrice du centre d’information sur le droit des femmes et de la famille, Marielle Vallon, il reste par exemple « des interrogations sur la façon de sécuriser les demandes de papiers administratifs, pour que le conjoint ne soit pas au courant. Nous avons des choses réciproques à s’apprendre ». Des projets à coconstruire, entre réalité du terrain et moyens du Crédit municipal.

  • La situation au Rojava mobilise 150 personnes à Avignon

    La situation au Rojava mobilise 150 personnes à Avignon

    Devant la cité administrative d’Avignon, alors que le soleil s’est couché depuis quelques minutes, ce sont les drapeaux jaune, rouge et vert du Rojava, zone autonome kurde du nord-est de la Syrie, et du PYD (Parti de l’union démocratique kurde-syrien), qui ont illuminé la place. 150 personnes se sont rassemblées en soutien au territoire qui subit, ces dernières semaines, des attaques du régime syrien dirigé par Ahmed al-Charaa, ancien combattant d’Al-Qaïda et de Daech.

    « Il faut mettre la pression sur l’État français et ses politiques pour qu’ils empêchent tout ça, clame Mehmet Ceri, représentant du Centre démocratique kurde d’Avignon. La première chose que les dirigeants syriens exigent, c’est l’arrêt de l’armée des femmes. Une défaite serait aussi un énorme revers pour le droit des femmes. » Pendant que le cortège remontait la rue de la République en direction de la place de l’Horloge et que des militants distribuaient des tracts expliquant la situation aux passants, des « Erdogan terroriste » résonnaient à travers la tranchée haussmannienne de la cité des Papes. Il est reproché au dirigeant turc de soutenir l’offensive des factions syriennes contre le Rojava.

    « Pour le peuple kurde, il s’agit clairement d’une guerre de survie face à un État islamiste. La révolution du Rojava porte nos espoirs à tous et toutes d’une société égalitaire véritablement démocratique », lance Pierre, militant du collectif No Pasaran 84, qui a coorganisé cette manifestation.

    Fumigènes interdits

    Le rassemblement s’est tenu dans le calme, avec une mobilisation policière conséquente, notamment devant le conseil départemental. La préfecture de Vaucluse avait notamment publié, ce mardi 27 janvier, un arrêté portant sur la « réglementation de l’achat, de la vente, de la cession, de l’utilisation, du port et du transport des artifices de divertissement et des articles pyrotechniques ». Ceci « afin de prévenir les débordements de voie publique à l’occasion de la manifestation revendicative », justifié à la fois par des tirs de mortiers survenus ces derniers mois dans plusieurs villes du département et par les incidents ayant émaillé la manifestation de Marseille du jeudi 22 janvier, au cours de laquelle des individus masqués avaient tiré sur les forces de l’ordre avec des mortiers d’artifice (lire notre édition de vendredi). Ces actes avaient été condamnés « avec la plus grande fermeté » par les organisateurs. À Avignon, le samedi 24 janvier, « une dizaine de participants » auraient également « tiré des fusées d’artifice ».

  • Question de vie ou de mort

    Question de vie ou de mort

    Terrible constat : selon les derniers chiffres officiels publiés jeudi par la Mission interministérielle pour la protection des femmes, le nombre de féminicides conjugaux a augmenté de 11% entre 2023 et 2024, avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Alors que l’année 2025 n’est pas encore achevée, les associations féministes ont déjà dénombré 151 femmes ou filles tuées dans un contexte de violence misogyne.

    Ce n’est pas une addition de drames isolés, mais un fait social, le reflet de la violence que notre société laisse s’exprimer à l’égard des femmes.

    2,6 milliards

    C’est dans ce contexte, à la veille de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qu’une proposition de loi transpartisane a été présentée à l’Assemblée nationale. En réponse, la ministre chargée du dossier, Aurore Bergé, a annoncé de son côté un projet de loi-cadre sans être en mesure de préciser une date pour son examen ni de chiffrer son financement.

    Comme toujours, c’est là que le bât blesse. Pourquoi ce qu’il a été possible de faire dans une Espagne profondément marquée par le patriarcat, n’est pas possible en France ? De l’autre côté des Pyrénées, une loi-cadre dotée de financements conséquents a permis de faire reculer de 35% les féminicides.

    Oui, mettre les moyens pour protéger les femmes est une question de vie ou de mort.

    La Fondation des femmes estime à 2,6 milliards par an le budget minimum que l’État devrait consacrer
    à la protection des victimes de violences conjugales, sexistes et sexuelles en France, « soit 0,5% du budget de l’État ». Aux actes !