Une rentrée universitaire toute politique

Ce mercredi 26 août France Universités a rassemblé une cinquantaine de présidents d’établissement à l’occasion de son assemblée générale de rentrée sur le campus de la Porte d’Italie.

L’occasion de mettre en avant les grands défis auxquels doit répondre l’enseignement supérieur français, mais aussi les investissements insuffisamment à la hauteur des enjeux pour y parvenir. Et de se projeter sur les mois à venir, avec notamment l’échéance de l’élection présidentielle.

« C’est aussi pour les universités l’occasion de réfléchir, de débattre de manière à pouvoir rencontrer les futurs candidats [à l’élection présidentielle, ndlr]. Et de voir comment ils se saisissent des propositions qu’on fera dans les prochaines semaines, dans les prochains mois », précise Lamri Adoui, le président de France Universités. Une démarche d’importance lorsqu’on sait qu’à l’extrême droite on en est encore à s’interroger sur le rôle de ces établissements supérieurs « bastions de la démocratie », et à les attaquer.

Et de poursuivre : « L’été a démontré combien on avait besoin finalement de sciences et quelque part d’université, que ce soit en recherche ou en formation ». Les phénomènes extrêmes auxquels on a assisté, comme les épisodes de canicule et les méga-feux ne pouvant que nous inciter à travailler sur les enjeux de ressources en eau et de transition écologique, explique-t-il. Et il en va de même en matière de cybersécurité, de souveraineté nationale ou de compétitivité économique.

« Il n’y a pas de puissance fondamentale telle que la France sans une recherche qui soit une recherche forte », insiste-t-il.

Des sujets éminemment politiques qui doivent faire vivre le débat et aider à déterminer les orientations de demain.

Quant à la question cruciale du financement ou plutôt du sous-investissement chronique des universités, le constat est clair : « la situation est préoccupante de façon générale et alarmante pour un certain nombre d’établissements », a rappelé le président de France Universités.

« Un choix de société »

Certes, les subventions augmentent – un tout petit peu – tous les ans, mais les transferts de charges supplémentaires sont tels qu’en réalité, les budgets sont à la baisse. Et de prévenir : « Si rien n’évolue dans les prochaines années, il est très clair que toutes les universités seront déficitaires à l’horizon 2030 ».

Et comme personne ne sait aujourd’hui de quoi sera faite la représentation nationale, et quel budget sera voté en 2027, ni dans quelles conditions il sera voté, mieux vaut continuer de marteler le message, poursuit Lamri Adoui, de manière à ce personne n’ignore les enjeux.

Parce que la seule solution, lorsqu’il n’y a plus de financements suffisants, « c’est de réduire les activités de formation et de recherche », prévient à son tour le président de l’université de Toulon Xavier Leroux. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la société que l’on veut construire. Et de préciser : « A Toulon nous ne sommes pas déficitaires, mais on a dû politiquement, stratégiquement faire des choix en interne que j’aurais voulu ne pas avoir à faire, mais il fallait les faire pour pouvoir continuer d’avancer ».

À travers le sort réservé à l’université, ce pilier de la démocratie, et à son 1,8 million d’étudiants, « c’est un choix de société » qui est en train de se dessiner.

France Universités qui prévoit de consacrer une partie de ses échanges de ce jeudi à l’élection présidentielle, indique que le 15 octobre prochain un grand colloque va porter sur la place de l’université dans la société. Et comment on pense son rôle dans le paysage de demain. « Ça sera pour nous l’occasion de faire connaître un certain nombre de nos propositions », conclut le président de l’association. De quoi nourrir la réflexion de cette rentrée étudiante et politique.

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