Un plébiscite presque total amenant de nouvelles responsabilités. À quelques encablures du début de la saison de Pro D2 – ce sera ce jeudi soir contre Agen, à Maurice-David -, nos confrères de Midi Olympique ont dévoilé les favoris pour l’exercice à venir. Selon un sondage réalisé auprès des entraîneurs de la division, 14 d’entre eux (sur 16) ont fait de Provence Rugby leur champion 2026-2027. Pour traduire, la plupart des managers de l’antichambre du Top 14 voient les Aixois dominer le championnat comme l’avait fait Vannes l’an passé.
Ce statut est une première pour les Noirs, mais le président Denis Philippon assume pleinement ce rôle. « Effectivement, on est en train d’endosser le statut de favori. J’ai envie de dire que c’est une continuité de ce qu’on a bâti toutes ces dernières années aussi. Un statut, ça ne se déclare pas, ça se mérite. On le prend avec, non seulement beaucoup de sérieux, de modestie, d’humilité, mais aussi parce que c’est une de nos valeurs : avec ambition. »
Lundi soir, avant de présenter son effectif au public et aux partenaires, le manager Philippe Saint-André donnait ses clés pour atteindre l’objectif principal, c’est-à-dire la montée. « Le rugby, c’est une remise en question et c’est une humilité. Il va falloir être très humble parce qu’on sait que ce championnat, il est long, il est âpre, il est difficile. Il va falloir qu’on ait un état d’esprit incroyable, une solidarité totale et on aura aussi besoin de notre public », décrit l’ancien international français.
Deux mois et demi après avoir été si proche de valider son accession dans l’élite, Provence Rugby repart de l’avant dès cette semaine. Pour remplir l’objectif annuel, les Provençaux ont réalisé quelques modifications à leur effectif, staff compris. Une dizaine d’arrivées, sur toutes les lignes, dont les expérimentés grenoblois Thibaut Martel et Romain Trouilloud, deux joueurs de Castres, club de Top 14, ou encore le 3e ligne Etonia Waqa. Arrivé des Fijians Drua, le joueur est un monstre physique avec son mètre 96 et ses 98 kilos. Un groupe plus dense, qui doit permettre d’être plus régulier au cours de la saison et de pallier les blessures qui arriveront forcément un moment ou un autre.
L’encadrement a donc aussi subi un léger lifting. Entraîneur des avants, Sébastien Fouassier garde cette casquette et obtient celle de coach principal. « Certains joueurs ont demandé un référent lorsque j’étais absent donc c’était naturel que Sébastien soit l’entraîneur en chef », rapporte PSA. Jeune retraité, Jules Plisson s’occupe désormais de la technique individuelle, du développement et du jeu au pied des joueurs. Un kiné est passé à temps complet, renforçant aussi le secteur médical.
Les Aixois pointent en haut de tableau sur un autre classement sorti en ce début de semaine : celui des budgets. Provence Rugby est le numéro 1 cette saison avec 20 millions d’euros pour sa SASP. Brive vient 3 crans en dessous, puis Grenoble, Biarritz, Nevers, Oyonnax et Montauban naviguent entre 12 et 13 millions. Bref, les feux sont au vert à tous les niveaux du côté du stade Maurice-David.
Modification du règlement et challenge pour les staffs
Comme chaque année, le rugby modifie légèrement ses règles. En 2026, la Ligue Nationale de Rugby a abaissé le temps pour botter une pénalité, passant de 60 à 45 secondes. Philippe Saint-André lui-même en est à l’origine. Ensuite, l’autre évolution se situe autour de la règle des changements définitifs. En France, il était possible d’en faire 12 par match. Cette marque a été baissée à 8, pour s’aligner avec le rugby international. « Au niveau du coaching et du management des joueurs, ça va changer. Le profil des joueurs va changer puisque celui qui n’est pas capable de jouer 80 minutes a peu de chances d’être titulaire. Je pense que les 3 ou 4 premiers matches, il y aura beaucoup d’essais dans les 20 dernières minutes », explique Saint-André.

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