À Gap, huit recrues chez les louvetiers

Vous êtes les gardiens d’un équilibre, un équilibre discuté, parfois difficile à expliquer. » En accueillant les huit nouveaux lieutenants de louveterie et en leur remettant leur médaille, le préfet des Hautes-Alpes, Philippe Bailbé, n’a pas éludé les aspects les plus délicats de leur mission. Dans un contexte où associations écologistes et éleveurs interpellent régulièrement l’État sur sa politique à l’égard du loup, jugée destructrice pour les uns, trop laxiste pour les autres, le préfet a salué cet engagement civique bénévole.

« Préserver notre élevage, qui fait notre identité rurale, est indispensable, mais le braconnage d’une espèce qui reste protégée n’est pas acceptable non plus », a rappelé Philipe Bailbé devant les 22 lieutenants et les huit nouveaux. « Ce n’est pas chose aisée de maintenir le dialogue, de mettre de côté la part d’émotion, même si elle est légitime, a-t-il rappelé. Parfois, je le sais, il peut y avoir des moments rugueux, mais je sais aussi combien les éleveurs vous sont reconnaissants et savent les nuits que vous passez dans la pénombre pour protéger leurs troupeaux. »

Le doyen médaillé

« J’ai souhaité augmenter le nombre de louvetiers et le nombre de sorties compte tenu de l’intensité de prédation du loup, pour le repousser vers ce qui doit être son habitat naturel », a expliqué Philippe Bailbé.

Les huit recrues ont reçu leur badge et signé la charte qui énumère leurs devoirs. Titulaires du permis de chasse depuis au moins cinq ans, elles devront suivre une formation, à la fois physique et théorique, avant d’être autorisées à porter une arme et, si nécessaire, à intervenir contre le loup ou le sanglier.

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