Tag: loups

  • [Week-end] Balade sur les traces des colporteurs

    [Week-end] Balade sur les traces des colporteurs

    De vallées en cols, de villages en hameaux, vous êtes attendus ces samedi et dimanche pour participer à La balade du colporteur aux côtés de Pierre Peyret, accompagnateur en montagne.

    Une balade et bivouac gratuit dans la vallée du Toulourenc, entre Saint-Léger-du-Ventoux, Brantes et Savoillans. « Nous allons parcourir une vingtaine de kilomètres sur deux jours et nous dormirons en forêt », explique PIerre Peyret. « C’est une balade accessible à partir de 12 ans de niveau moyen. Ce sera l’occasion de découvrir les jolis villages et hameaux du Vaucluse dans lesquels on pourra s’y arrêter un peu pour boire un café par exemple. »

    Un secteur aux multiples facettes

    L’objectif de cette sortie organisée dans le cadre des Rendez-vous du Parc Ventoux en ce début de période estivale et de donner envie aux participants de découvrir ce territoire qui recèle de nombreux secrets et merveilles. « C’est un secteur que j’aime personnellement et que j’aime faire découvrir aux gens. C’est aussi un moyen pour celles et ceux qui aimeraient faire du bivouac mais qui n’osent pas y aller seuls de découvrir que c’est possible. Il suffit de savoir où aller », continue l’accompagnateur. « Ce que j’affectionne également dans ce genre de sorties c’est qu’elle se fait sur deux jours, ce qui nous laisse le temps de parler, de nous découvrir et de partager de beaux moments ».

    Un autre versant
    du Mont-Ventoux

    Gourde, pique-nique, chaussures de marche et sacs de couchage seront de mise pour cette sortie qui, au-delà de vous faire découvrir de beaux paysages vous en apprendra davantage sur la faune et la flore du site, sur l’histoire du Ventoux mais aussi sur ces sentiers empruntés de manière ancestrale par les bergers et colporteurs. « Nous échangerons avec les participants sur tout ce qui touche au massif, on reviendra sur l’histoire de la paste en Provence aussi… », précise-t-il. Enfin, cette « randonnée belvédère » vous donnera l’opportunité de découvrir un autre versant du Mont-Ventoux. « Nous sillonnerons la face Nord du Ventoux, un côté que l’on a beaucoup moins l’habitude de voir et qui est beaucoup moins représenté aussi parce que l’image que l’on a du Géant de Provence c’est celle que l’on voit depuis Carpentras, Caromb ou Bédoin par exemple », poursuit Pierre Peyret. « Or là, c’est une nature beaucoup plus dure, brut qui s’offre à nous. L’occasion d’observer la faune qui peuple les lieux comme les chamois ou les loups par exemple et de parler du pastoralisme dans cette zone. »

    De samedi à 16h jusqu’à dimanche 16h. Balade gratuite.

    Réservation et inscription au : 04.90.63.22.74.

  • Une traque aux loups condamnée dans les calanques

    Une traque aux loups condamnée dans les calanques

    Le 6 septembre 2025 au matin, un cameraman était surpris par un garde du Parc national des Calanques, dissimulé derrière un filet de camouflage pour filmer des loups gris avec du matériel professionnel dans une zone de reproduction du loup. Pour le PNC, ce professionnel a perturbé la meute et ses louveteaux.

    Pièges photos et planque

    Alertés, des inspecteurs de l’environnement le contrôlaient. Il remettait son matériel après avoir conservé la carte SD. Plus tard, il montrait les images enregistrées le jour même où l’on voit des louveteaux, ainsi que des photos anciennes prises durant 15 jours en août grâce à des pièges photos. Ces « camtraps » étaient positionnés au cœur même du site d’élevage et de nourrissage de ces louveteaux nés en 2025.

    Une autorisation de tournage avait bien été délivrée à la société de production en vue d’un documentaire pour Arte sur les écosystèmes face au réchauffement climatique, mais elle avait expiré depuis un mois. Et surtout elle excluait explicitement les prises de vues de loups après refus catégorique et écrit du service d’instruction des autorisations du Parc en février 2024 : « S’agissant du loup, après discussion en interne, nous ne souhaitons pas qu’il y ait d’images de cette espèce. » La réalisatrice avait alors répondu : « C’est bien noté pour le loup, je transmets votre réponse à Arte. » Donc pas d’affût cinématographique du loup gris Canis Lupus.

    En audition, la réalisatrice a reconnu la frustration née de ce refus : « On était dégoûtés, toute la presse en parle et nous, on essaye de faire les choses correctement et on n’a pas le droit de parler de cette espèce. » D’ajouter : « On est tout le temps sur le fil entre l’envie de voir le loup et l’interdiction de le mettre dans le film. On espérait le voir. Pendant deux ans on n’a pensé qu’à lui. »

    Le tribunal a prononcé la relaxe du cameraman, de la réalisatrice et de la productrice du seul délit de « perturbation volontaire illicite d’une espèce protégée non domestique », estimant que la perturbation effective n’était pas caractérisée.

    Si un garde du Parc a témoigné que la meute de loups a délaissé le lieu de rencontre capté par l’opérateur trois ou quatre jours après et que les loups se sont alors déplacés près de la route de la Gineste, un louveteau ayant d’ailleurs été percuté par un véhicule, le garde a aussi précisé que ce déplacement pouvait s’inscrire dans le comportement normal des loups ou être causé par le passage d’un autre promeneur.

    L’intention de perturber est écartée au vu des nombreuses précautions professionnelles prises par l’opérateur qui s’était camouflé et qui gérait ses odeurs pour ne pas être détecté. Il indiquait avoir été à 150 mètres de la zone captée par le piège photo, correspondant au site de rendez-vous des loups, avoir estimé être à bon vent et avoir adopté des précautions olfactives. Il estimait avoir pris toutes mesures nécessaires pour ne pas perturber l’espèce.

    Pas d’autorisation

    En revanche, le tribunal a reconnu le chef opérateur et la réalisatrice d’exercice illégal d’une activité en cœur d’un Parc national. Les échanges d’emails et de messages sur WhatsApp prouvent qu’ils avaient bien conscience de l’expiration de l’autorisation et révèlent une stratégie pour filmer le loup en cachette afin de ne pas éveiller le Parc. Leurs intentions étaient d’intégrer le documentaire destiné à Arte.

    La productrice du documentaire est relaxée. Si la société était bien informée de l’interdiction globale du Parc, rien ne prouve qu’elle a participé aux échanges ni qu’elle avait validé ou rémunéré ce tournage avec des loups.

    Tenant compte de l’absence d’impact écologique direct des faits et de leur casier judiciaire vierge, l’opérateur écope de 2 000 euros d’amende avec sursis. Son matériel de tournage lui est restitué. La réalisatrice écope de 3 000 euros d’amende avec sursis. Une dispense d’inscription au bulletin n2 du casier judiciaire leur est accordée. En réparation de l’atteinte à sa mission statutaire et atteinte à son image, les deux condamnés devront verser 800 euros chacun au Parc national des Calanques. Constituées parties civiles aussi, quatre associations de protection de l’environnement (Aspas, Ferus, LPO Paca et One Voice) recevront chacune 1 000 euros en réparation de leur préjudice moral. Elles dénonçaient une « course aux images » aux conséquences dramatiques.

  • Des colliers à ultrasons pour protéger ses bêtes du loup sans lui tirer dessus

    Des colliers à ultrasons pour protéger ses bêtes du loup sans lui tirer dessus

    Après avoir subi plusieurs attaques et retrouvé de nombreuses de ses bêtes tuées par le loup, l’éleveur Romain Constans a trouvé une solution innovante pour se protéger du prédateur : des colliers qui détectent les mouvements de ses animaux, s’activent quand ils courent et émettent des ultrasons et des lumières clignotantes pour éloigner le loup.
    « Avant, je ne pouvais pas approcher mes vaches, elles étaient agressives, elles me faisaient sortir de leur enclos, elles pouvaient charger les promeneurs », stressées par le loup, témoigne-t-il. Elles s’étaient même déjà retrouvées dans le village voisin, effrayées et pourchassées par le prédateur. Depuis qu’il les a équipées de ces colliers, l’éleveur peut approcher, câliner et s’occuper de ses bêtes sans qu’elles ne bronchent.

    Cette solution reste « moins efficace que la carabine », lance l’éleveur, mais elle permet une cohabitation tout en préservant l’espèce, alors que cinq loups ont déjà été tués par les lieutenants de louveterie depuis le début de l’année, selon la préfecture. Les éleveurs de 40 troupeaux disposent d’une autorisation de tir. « On essaye de vivre avec », explique Romain Constans.

    232 animaux tués par le loup cette année

    Nombre de ses veaux, de ses brebis et de ses béliers ont été tués par le loup avant qu’il ne s’équipe de ces colliers. Au 13 mai 2026, 72 attaques de loup avaient été signalées sur 52 troupeaux dans le département, pour un total de 232 victimes recensées. Ces chiffres sont en baisse par rapport à l’année dernière, selon la préfecture. Une attaque a causé plus de 20 victimes cette année, contre trois l’année dernière. « Depuis que j’ai les colliers, je n’ai eu aucune attaque, aucun veau de perdu », se réjouit Romain Constans, alors qu’il en perdait auparavant « un ou deux par an ». « Comme c’est en pente, dès qu’il y a une attaque, c’est dévastateur. Il y a des pattes cassées. Pour une brebis tuée, il faut parfois en euthanasier 10 ou 15 », déplore l’éleveur. Il a même déjà retrouvé le loup avec son teckel dans la bouche.

    « Le risque zéro n’existe pas, mais ça dissuade. Même pour nous, éleveurs, cela nous apporte de la tranquillité », avance-t-il. « Ce qui freine, c’est le prix » : environ 240 euros hors taxes par collier, selon le gérant de la société qui les produit, Cyril Gautreau. Il faut compter environ un collier pour cinq vaches et un pour huit moutons. Romain Constans n’a pas pu acquérir assez de colliers pour ses 450 brebis. « Il faudrait 100 colliers pour bien équiper le troupeau ! », regrette-t-il. Il en utilise alors un pour ses vaches et deux pour ses béliers.

    En plus des colliers, l’éleveur fait appel à des éco-volontaires de l’association de défense du loup Ferus pour veiller sur ses bêtes pendant la nuit l’été. Ces bénévoles font des rondes, installent des tentes et dorment avec les animaux pour éviter les attaques en montagne.

    Romain Constans a également fait l’acquisition de chiens de protection, mais trouve les colliers plus efficaces. « Les chiens de protection, c’est ingérable l’été, avec les promeneurs, ils peuvent mordre quelqu’un », craint-il. De nombreux accidents ont été recensés dans le département. De plus, les loups sont si nombreux dans le département que, « quand un chien chasse un loup, un autre attaque ». « Les colliers, ça ne dérange personne, ça n’embête pas les randonneurs, et ça dissuade le loup », avance-t-il.

    Sa crainte reste que le prédateur s’habitue aux ultrasons et aux lumières du collier sur le long terme, « comme il s’est habitué au foxlight », ce flash lumineux conçu lui aussi pour repousser le prédateur. « Le remède miracle n’existe pas », conclut l’éleveur. Mais, « depuis que j’ai le collier, je n’ai plus de problèmes ». Son créateur, Cyril Gautreau, se félicite d’une efficacité « de 80% pour les moutons et de 95% pour les bovins ». « Il y a une explosion des ventes cette année et une possible rupture de stock », affirme-t-il.

  • Loup : la hausse des abattages ne satisfait personne

    Loup : la hausse des abattages ne satisfait personne

    Ce ne sont pas des grosses avancées… voire pas des avancées du tout », constate Rémy Marseille, responsable de la commission loup des Jeunes agriculteurs des Hautes-Alpes. Selon lui, les mesures d’assouplissements d’abattage du canidé sont trop timides. Fin février, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait pourtant annoncé une augmentation du quota d’abattage, réclamée par la majorité des syndicats d’agriculteurs. Désormais, 21% des individus présents sur le territoire, (on en estime environ mille), pourront être tués, contre 19% auparavant. Soit une augmentation de 200 à environ 220 individus abattus par an.

    Les conditions et critères de restriction des possibilités de tirs ont été également grandement simplifiés de manière à rendre plus souple la réactivité des éleveurs sur le terrain. En pratique, il y a désormais beaucoup moins de critères à remplir et de démarches administratives à effectuer avant de procéder à un tir de défense.

    Pourtant, cela n’est pas suffisant selon Rémy Marseille. « Les attaques augmentent et le front de colonisation aussi, la régulation est trop faible, déplore-t-il. On ne peut pas plus se protéger que ce que l’on fait déjà. D’autant qu’avant de demander à un sergent de louveterie de venir tirer, il faut attendre une deuxième attaque. Mais en une attaque, on peut perdre beaucoup de bêtes. » Bien que critiqués, les tirs restent selon lui la meilleure solution pour éviter les attaques. « Quand on abat un loup tôt dans la saison, cela peut stopper les attaques. Sur la commune d’Ancelles l’an dernier, il y avait eu beaucoup de pertes de bétail, trois loups ont été prélevés et le secteur a été épargné pendant les trois semaines suivantes. » Comme beaucoup d’éleveurs, il ne réclame pas une augmentation des quotas, mais leur suppression pure et simple.

    Les associations crient

    au non-sens

    Pour les associations de défense de l’environnement comme One Voice, cette politique est une impasse. « On essaie de les massacrer, mais ça ne marchera jamais. Ils reviennent depuis l’Italie où ils sont plus nombreux et mieux protégés qu’en France. Il y a d’ailleurs là-bas beaucoup moins de dégâts causés par les loups parce qu’il y a une réelle volonté de cohabitation », rétorque Muriel Arnal, fondatrice de One Voice.

    De l’autre côté des Alpes, où l’on compte environ 3 000 loups, il semble y avoir moins d’attaques par individu, et la coexistence électrise moins le débat, principalement en raison d’une organisation pastorale et d’un système d’aide aux bergers bien rodés, car habitués depuis longtemps à la présence de l’animal qui n’a jamais totalement disparu. Paradoxalement, l’Italie dépense pourtant moins que la France sur ce volet.

    Pour Muriel Arnal, c’est bien du côté italien que devraient regarder les autorités françaises. « Le préfet, au lieu de mettre en place des mesures de protection des troupeaux, élargit la possibilité de tuer, alors qu’on sait très bien que ce n’est absolument pas efficace. » Pour elle, il s’agit d’une « volonté électoraliste » qui « ne cherche pas à résoudre le problème sur le long terme ». Si l’efficacité des tirs est sujette à débat, leur augmentation ne menace pas directement la survie du loup. Selon les scientifiques, le paradoxe est plutôt que des tirs trop nombreux risquent de désorganiser les meutes… ce qui conduit à des attaques plus fréquentes.

  • Sébastien Lecornu est incité à autoriser l’abattage de davantage de loups

    Sébastien Lecornu est incité à autoriser l’abattage de davantage de loups

    Pour l’instant la loi autorise le « prélèvement » de loups à 19% de la population lupine dans tout le pays. À l’hiver 2023-2024, ils étaient entre 920 et 1 125 d’après un rapport de l’Office français de la biodiversité.

    80% des attaques de troupeau dans l’arc alpin

    À mi-2025, le préfet des Alpes-Hautes-Provence avait rapporté 87 attaques signalées pour 336 victimes et constatait des améliorations dans les mesures de protection des troupeaux, malgré la progression du loup dans le département. « Nous vous demandons instamment de valider le principe d’un prélèvement significatif dès 2026 à hauteur de 30% », écrivent, dans la lettre à Sébastien Lecornu les présidents des conseils départementaux de la région.

    Ce qui ferait passer pour 2026 le nombre autorisé de 205 loups tués en France à 325. L’immense majorité de la population lupine se concentre dans l’arc alpin, où sont répertoriées plus de 80% des attaques de troupeaux en France. « Ce fléau impacte durement nos troupeaux et engendre une vraie détresse morale et psychologique parmi les bergers », s’émeuvent les élus qui réitèrent une demande formulée de manière récurrente depuis 2023 mais restée sans réponse de la part des gouvernements successifs. « Loin de nous l’idée de vouloir préparer l’extinction de l’espèce lupine sur notre sol ! », plaident les élus des Départements, mais simplement de « tirer les conséquences » du déclassement récent du loup par l’Union européenne, d’« espèce strictement protégée » à « espèce protégée ».

  • Le département des Alpes-de-Haute-Provence valorise ses filières au Salon de l’agriculture

    Le département des Alpes-de-Haute-Provence valorise ses filières au Salon de l’agriculture

    Truffe, pommes golden, lavande, olivier, chèvres… Les différentes productions agricoles des Alpes-de-Haute-Provence seront représentées, fin février, au Salon international de l’agriculture. « Un rendez-vous majeur pour le monde agricole et les territoires ruraux », selon Eliane Barreille, présidente du Département, alors que l’agriculture reste un secteur très important, un « pilier structurant » pour les Alpes-de-Haute-Provence, qui comptent près de 2 000 exploitations.

    Les surfaces agricoles représentent 31% du département, en passant par les courges, les salades, les melons, le raisin, les agneaux ou encore le blé. 30% des exploitations sont spécialisées dans l’élevage ovin ou caprin, et 26% dans les grandes cultures. Le secteur emploie 3 770 personnes dans le département. Pour cette nouvelle édition du Salon, le Département a fait le choix de mettre l’accent sur l’arboriculture, troisième filière la plus importante dans les Alpes-de-Haute-Provence, qui est le troisième producteur national de pommes Golden.

    Les producteurs de pommes rencontrent cependant de nombreuses problématiques en ce moment, comme les ravageurs, les pucerons, le réchauffement climatique, la grêle, la sécheresse ou encore l’accès à l’eau pour irriguer.

    Premier producteur d’essence de lavandin

    Dans cette dynamique de valorisation du territoire sud alpin, une conférence départementale de l’agriculture a été organisée pour la première fois par le Département et la Chambre d’agriculture, en présence de Marc Fesneau, ancien ministre de l’Agriculture.

    Les Alpes-de-Haute-Provence restent le premier producteur national d’essence de lavandin, et forment 383 élèves et apprentis aux métiers agricoles. La filière agricole a favorisé l’émergence d’une filière cosmétique réputée à l’international, avec notamment l’Occitane, entreprise leader du marché. Cela permet aux entreprises locales de conquérir des marchés étrangers, notamment en Asie. 35% des surfaces agricoles cultivées du département sont par ailleurs engagées dans la production biologique.

    Le dynamisme agricole du territoire s’illustre également à travers de nombreuses fêtes locales, comme la fête de la lavande à Valensole, la fête du fromage à Banon, la fête de l’amande à Oraison ou encore le marché aux truffes à Montagnac. De nombreux marchés de producteurs et Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) permettent aux agriculteurs de vendre leurs produits dans tout le département.

    Le Salon se tiendra cette année dans un contexte de mobilisation agricole, alors que plus de 110 foyers de dermatose nodulaire ont été identifiés, et pour la première fois sans présentation de volailles, ni de bovins, en raison des crises sanitaires. L’agriculture départementale reste également menacée par la prédation du loup, qui a encore fait 1 450 victimes en 2025. Le département compte 35 élevages parmi les 200 les plus touchés en France.

    Salon international de l’agriculture 2026, du 21 février au 1er mars, au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris.

  • Le loup s’étend, et l’éleveur s’en défend

    Le loup s’étend, et l’éleveur s’en défend

    À la sortie du comité départemental du loup, Richard Logerot éleveur et membre de la Confédération paysanne estime que les mesures vont « dans le bon sens. Les mesures qui sont envisagées pour l’année 2026 sont encourageantes. Il y a des efforts de la part de l’État, et des entités représentées aujourd’hui, pour essayer de nous conforter ». Ce jeudi matin en sous-préfecture d’Aix, l’instance, créée en 2020, a réuni ses parties prenantes. Services de l’État, collectivités territoriales, représentants de la profession agricole et de l’environnement se sont rencontrés pour faire un point d’étape sur la présence du canidé dans le département, mais aussi un état des lieux des aides mises à disposition des élevages attaqués, au niveau local comme au national. Sur ces aides accordées aux éleveurs touchés, justement, depuis le 1er octobre, les pertes dites indirectes ont été revalorisées. « À effet immédiat, rappelle Mathieu Gatineau, sous-préfet de l’arrondissement d’Aix et référent loup pour le département. Au-delà des indemnisations, il y a la prévention (…) il y a à peu près 1,2 million d’euros de dépenses d’aides qui ont été versés pour la prévention dans les Bouches-du-Rhône l’année dernière. Cela concerne aussi bien le gardiennage que des chiens de troupeaux il y a en a 266 dans le département comme des mesures d’investissement liées à l’électrification ou la pose de clôture », poursuit le sous-préfet. Cette année, ce sont 72 attaques qui ont été recensées sur le département, pour un total de 150 victimes au sein des troupeaux ovins et caprins majoritairement. « Un chiffre globalement stable depuis 2022 », assure le sous-préfet. « On est sur un front de colonisation, ce n’est pas une nouveauté. La zone de présence du loup s’étend, ça ne veut pas dire qu’il y aura plus d’attaques ou que le loup sera plus agressif (…) » Aussi, il n’y a « jamais » eu de tirs enregistrés dans les Bouches-du-Rhône.

    Bovins, nouvelle cible ?

    « En 2025, le préfet a déjà accordé des tirs de défense simple, soit des autorisations de prélèvement pour des éleveurs qui auraient subi des dommages. (…) Jusqu’ici on avait accordé des tirs de défense, qui n’avaient pas donné lieu à des prélèvements : il n’y avait pas eu de loups tués (…) Le loup, même si son statut a changé, reste une espèce protégée et abattre un loup reste pénalement répréhensible [jusqu’à trois années de prison et 150 000 euros d’amende, Ndlr]. On est dans une approche graduelle et de bon sens », précise Mathieu Gatineau. Néanmoins, une nouvelle préoccupation émerge : celle des attaques lupines des élevages bovins. « Depuis 2024 on fait ce constat, qui ne fait que croître : le territoire est difficilement défendable. Le loup a analysé la façon dont on élève, il attaque, c’est un animal très intelligent, rapporte Juliette Fanot, éleveuse de taureaux à Istres et présidente de l’association Bovin13. La prédation n’est pas la même et l’Office français de la biodiversité (OFB) a du mal à faire des analyses et à déclasser les aides pour les bovins que nous n’avons pas encore en prévention, pas autant que le caprin ou le bovin. » Si ces attaques restent minoritaires : « Ce sont des situations qui vont être amenées à évoluer, au niveau de la prise en compte et charge des indemnisations, et c’est tout le travail que va faire le comité pour éventuellement adapter les conditions d’indemnisations sur ce type d’exploitations », assure Jean-Marc Fau, chef du service départemental de l’OFB. « Tout l’enjeu est maintenant de mobiliser l’ensemble des sachants et des organisations pros agricoles pour mieux comprendre ce phénomène », ajoute Charles Vergobbi, directeur adjoint de la DDTM des Bouches-du-Rhône. Selon le sous-préfet, le prochain comité loup devrait se tenir « sur le terrain, plutôt dans cette zone (ouest) du département ».

  • En Vaucluse, des attaques de loups mais pas d’urgence

    En Vaucluse, des attaques de loups mais pas d’urgence

    « Ce qu’on attend surtout en Vaucluse, c’est l’intervention rapide des lieutenants de louveterie. Jusqu’ici, c’était rare que quelqu’un intervienne tout de suite, on devait parfois attendre plusieurs jours », confie Nicolas De Cecco, éleveur ovin à Monteux et coprésident de la Fédération départementale ovine du Vaucluse, alors qu’il est questionné sur le projet du gouvernement d’autoriser les tirs de défense contre les attaques de loups.

    Il fait notamment écho à un incident évoqué quelques minutes plus tôt, lors de l’assemblée générale du syndicat ce jeudi 8 janvier. Pendant les fêtes de Noël, un troupeau d’ovins vauclusien a été attaqué par des loups. Pas de tirs de la part de l’éleveur, mais une réaction rapide des services de l’État avec l’intervention quasi immédiate d’un lieutenant de louveterie, qui s’est rendu sur place et qui est venu « assurer la protection du troupeau et, s’il y a une attaque, venir en défense », précise Yoann Toubhans, sous-préfet de Carpentras, qui a également assisté à la réunion.

    Quant au droit de tirer, le responsable syndical se montre un peu plus réservé, alors que des meutes ont été observées sur le mont Ventoux en novembre dernier. « Même si on aura le droit de tirer, je ne suis même pas sûr que ça arrive ici. Et garder le troupeau avec un fusil, ce n’est pas l’idéal », complète-t-il.

    Simplification administrative

    Le territoire n’est pas le plus touché par les attaques. Nommé le 8 décembre dernier, Yoann Toubhans avait été confronté à la problématique du loup dans ses précédentes fonctions en tant que sous-préfet de Toul en Meurthe-et-Moselle et sous-préfet chargé de mission auprès du préfet des Alpes-Maritimes, où l’animal est particulièrement présent. « Le Vaucluse est concerné par l’évolution, mais ce n’est pas le territoire au plus près des fronts de colonisation », assure-t-il.

    Ce dont on se réjouit le plus du côté des membres du syndicat, c’est la plus grande souplesse sur le plan administratif sur l’achat de matériel. « Ce sont des points qui s’améliorent. On investit par exemple dans des lunettes thermiques ou des drones. Car on ne peut pas tenir toutes les nuits à se lever dès que les chiens aboient », confie Nicolas De Cecco.

  • Dans les Alpilles, les éleveurs s’organisent face à la menace du loup

    Dans les Alpilles, les éleveurs s’organisent face à la menace du loup

    Le ronronnement de la machine à café couvre un instant les bruits de mastication. Tandis que les agneaux, déjà bien dodus bien que nés cet automne, engloutissent du foin, Lionel Escoffier et l’un de ses deux bergers, Aurélien, démarrent la journée autour d’un gobelet d’où s’échappent des volutes de fumée. Chacun son petit-déjeuner.

    Au Mas de la Tapie, le travail est exigeant mais le cadre est paradisiaque : les 430 hectares de prairies sont plantés au pied du massif des Alpilles. Le maire d’Aureille et ses deux associés, ses cousins, ont repris l’exploitation de leur grand-père il y a une trentaine d’années. Ils y produisent du foin de Crau et élèvent 1 600 brebis et près de 1 300 agneaux chaque année, « sans compter les béliers », précise Lionel Escoffier. Une affaire qui roule.

    Mais depuis 2020, une nouvelle problématique vient perturber cette paisibilité : le loup. Longtemps cantonné aux Apennins, en Italie, il a fini par franchir la frontière au début des années 1990. En 1992, un premier couple est observé dans le Mercantour. Ce n’est que deux ans après qu’un troupeau de l’éleveur subit un premier assaut à Colmars-les-Alpes, dans le Haut Verdon, lors de la transhumance. Mais « en montagne, à part une grosse attaque survenue il y a une dizaine d’années qui nous a coûté une quarantaine de brebis à cause de mauvaises conditions météorologiques, on a toujours eu de la chance », assure l’éleveur.

    Une meute identifiée

    Depuis, le loup a avancé vers l’Ouest. « Une meute a été identifiée sur Roquemartine et Eyguières grâce à des pièges photo posés par le Parc naturel régional des Alpilles, mais il y a aussi des loups solitaires qui cherchent de nouveaux territoires », analyse-t-il. Finalement, c’est à Aureille que les dégâts sont les plus nombreux. Depuis le début de l’année 2025, le Mas de la Tapie a connu trois attaques. Une au printemps, qui a coûté la vie à 17 brebis, et « deux, deux jours de suite au mois de décembre ». À chaque fois, la procédure est la même : « On fait un signalement à l’Office français de la biodiversité, qui envoie un agent. Il vient sur place faire des prélèvements, des mesures des crocs, des photos, puis le dossier remonte à la Direction départementale des territoires et de la mer, qui confirme ou non si l’attaque est causée par un loup. »

    Si la prédation lui est imputée, les animaux tués et blessés sont indemnisés par l’État « en fonction de leur âge et de leur race ». Malgré ça, les attaques peuvent avoir des effets pervers, selon Lionel Escoffier : « Si ça devenait régulier, il y a quelques éleveurs qui pourraient arrêter, ce qui pourrait entraîner une déprise de terres agricoles ici quand on sait la pression foncière qu’il peut y avoir sur certains terrains. »

    Pour épauler les éleveurs qui font face à ce nouveau phénomène, le Parc naturel régional des Alpilles a relancé sa commission pastoralisme, jusque-là « en sommeil ». « Il y a eu une première réunion en décembre. » L’objectif : assurer une meilleure circulation de l’information concernant les attaques de loups.

    D’autres précautions sont utiles, affirme Laurent Escoffier : « Si vous avez un berger et des patous qui font leur boulot et un parc de nuit, vous arrivez à limiter les dégâts. » S’agissant du décret autorisant les tirs de défense, l’Aureillois assure : « Même s’il est publié, ça ne va pas être simple. Pour tuer du loup il faut être très bon. C’est surtout une manière de dire aux éleveurs : “On vous entend, on vous écoute”. C’est une mesure diplomatique. »

  • Tuer le loup : une fausse bonne solution

    Tuer le loup : une fausse bonne solution

    Depuis les années 90, les loups sont de retour en France, dans les Alpes et le Sud-Est, alors que l’espèce avait disparu. à l’hiver 2023-2024, ils étaient entre 920 et 1 125 d’après un rapport de l’Office français de la biodiversité. Ce retour réjouit les associations de protection de l’environnement, mais la réapparition de ce prédateur inquiète les éleveurs, dont le bétail est de plus en plus attaqué. Pour répondre à ces inquiétudes, un arrêté national devait faciliter les tirs de défense et de prélèvement pour les éleveurs, mais sa publication a été repoussée.

    Le projet d’arrêté « fait l’objet de travaux interministériels supplémentaires, incompatibles avec une publication au 1er janvier 2026 comme prévu initialement », a indiqué le ministère de la Transition écologique à La Marseillaise. Cet arrêté devait aligner la réglementation française sur la décision de l’Union européenne (UE).

    Le 5 juin 2025, le Conseil de l’UE a adopté la révision du statut de protection du loup gris, affaiblissant la protection de l’espèce sur le sol européen, passant de « strictement protégée » à seulement « protégée, susceptible de mesures de gestion ». Un changement de statut que de nombreuses associations de protection de l’environnement ont contesté, en août, devant la Cour de Justice de l’UE. Cette modification, soutenue notamment par la France, a été saluée par la Région Paca. « C’est une victoire pour les éleveurs de la Région Sud », déclarait alors Renaud Muselier, président (Ren). Ce changement de statut au niveau européen justifie, selon l’état, cette baisse des réglementations.

    Simplifier les démarches

    Si le texte est publié, il permettra aux éleveurs des principales zones concernées par ces attaques de tirer sur les loups sans avoir le besoin de « démontrer l’épuisement d’autres solutions alternatives ou le risque de dommages importants aux élevages ». Aucune dérogation ne serait donc nécessaire. En dehors de ce cadre, tout abattage d’un loup resterait puni de 3 ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Pour le moment, en l’absence de publication de cet arrêté, c’est bien l’ancienne réglementation qui reste en vigueur. Ainsi, toute démarche de prélèvement de loup doit faire l’objet d’une dérogation que seuls les préfets peuvent délivrer.

    Développer les moyens de protection

    Dans un communiqué commun, France Nature Environnement et d’autres associations de protection de l’environnement, dénonçaient la proposition d’arrêté de l’État. Pour Justine Poncet, directrice du réseau Montagne Paca de FNE : « Cette réglementation ne changerait pas grand-chose sur le terrain car la plupart des éleveurs ont déjà des dérogations. » Pour elle, « il faut accompagner les éleveurs de ces zones, en faisant des efforts sur la cohabitation plus que sur la destruction ». Elle craint notamment que les éleveurs soient abandonnés à leur sort et que l’on reproduise les erreurs d’avant. « Les efforts ne sont pas mis là où il faut », conclut-elle.