C’était une demande forte des Festivals In et Off d’Avignon : permettre au public d’éviter au maximum de prendre la voiture pour se rendre aux spectacles pendant les trois semaines de festival. En 2024 et 2025, la Région Sud a entendu le message, mettant en place une offre de TER nocturne renforcée, avec des départs jusqu’à 23h30 depuis la gare d’Avignon centre. « Avec les transports ZOU !, des horaires adaptés pour se rendre à Avignon : pour Arles, Cavaillon, Carpentras ou Orange, derniers retours depuis la gare d’Avignon centre à 23h30 », se félicitait Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région, lors de l’ouverture du Festival, l’an dernier.
Un satisfecit qui a mal vieilli. Car, pour l’édition qui se profile (4-25 juillet), fini cette offre nocturne, a appris La Marseillaise. Sollicitée, la Région confirme la fin de cette « expérimentation » : « Le bilan 2025 a montré les limites du dispositif : un taux de remplissage trop faible, autour de 18%, un niveau d’utilisation insuffisant pour reconduire l’offre à l’identique. » La collectivité « propose d’ajuster le dispositif, en réduisant la voilure tout en maintenant une offre adaptée pour répondre aux besoins des festivaliers et des usagers ».
que le Festival ?
Selon la Région, « la desserte d’Avignon reste particulièrement étoffée, avec une combinaison de solutions ferroviaires et routières ». Mais les derniers départs depuis la gare centre sont très largement avancés par rapport aux deux dernières éditions : 19h53 vers Orange en semaine (20h17 le week-end), 20h21 vers Carpentras (22h21 le dimanche), 18h51 vers (20h28 le week-end) et 21h11 vers Arles (19h41 le week-end en raison de travaux). Bref, des horaires loin d’être compatibles avec des spectacles en soirée pouvant s’achever après 23h. Et si la Région parle « d’une offre routière renforcée » avec les lignes de bus, aucune ne se poursuit après 20h10.
Un choix que déplore la CGT cheminots de Vaucluse. « À l’heure où on parle d’écologie et de décarbonation, le festival d’Avignon est une vitrine extraordinaire dont l’on se prive », regrette Loïc Guigou, secrétaire du syndicat, qui y voit surtout d’autres choix budgétaires vers une autre vitrine, « la ligne des Alpes pour les Jeux d’hiver 2030 ». Contactée, la direction du Festival renvoie à sa feuille de route 2026-2030, où « encourager l’usage du train et du TER » est au programme. « Soutenir une mobilité écoresponsable en soirée en période de fréquentation touristique et festivalière intense, c’est contribuer à la vitalité économique de tout un territoire de manière vertueuse, répond le Festival. Nous espérons que les autorités organisatrices de la mobilité joueront pleinement leur rôle dans l’évolution nécessaire des mobilités du public. »

Leave a Reply