Ce jeudi à 17h, rendez-vous aux Rotatives du journal La Marseillaise, Cours d’Estienne d’Orves, avec trois courtes conférences suivies d’une conversation. Ce plateau analysera le « tournant libidinal du capitalisme » avec les philosophes François L’Yvonnet et Françoise Gaillard et le journaliste Samuel Lacroix. Suite au Makeda (5e) à 20h pour voir Éros débarquer sur Mars. Une soirée en compagnie de quatre chercheuses : jouissance et ré-jouissances avec Laélia Véron, Myriam Bahaffou, Juliette Roguet et Raísa Inocêncio.
Tag: Capitalisme
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À Béziers, le PCF lancera la campagne de Roussel
C’est un heureux hasard du calendrier que les communistes du Biterrois comptent bien mettre à profit pour donner leur coup d’envoi symbolique de la campagne.
Dimanche 6 septembre (10h-18h) se tiendra, aux jardins
de la Plantade, la 43e fête* du PCF de l’ouest héraultais. Réunissant chaque année plus d’un millier de militants, sympathisants et curieux (l’entrée au parc est gratuite et ouverte à tous) autour d’un grand débat, d’un repas et d’animations, l’événement, qui constitue « la seule rentrée politique dans le Biterrois », insiste Nicolas Cossange, tombe cette année le jour de l’investiture PCF à la présidentielle.« On pourra encore voter le matin même à condition d’être à jour de cotisation depuis au moins 3 mois », précise l’ancien secrétaire du PCF 34, désormais à la tête de la section de Béziers. Autant dire qu’après avoir dégusté la paella, les communistes devraient apprendre pendant les animations musicales l’officialisation de la candidature de Fabien Roussel à l’Élysée, qui semble une formalité.
Changer de modèleÀ Béziers, l’issue du vote des adhérents PCF ne fait aucun doute. Même si les reproches de 2022 restent dans les esprits (il n’avait manqué que 400 000 voix à Mélenchon pour accéder au 2nd tour alors que Roussel en avait fait le double), une candidature communiste au 1er tour est jugée nécessaire pour porter les idées de rupture. « C’est le moment d’exposer ce que nous voulons : changer le fond des choses : passer de la social-démocratie au socialisme », pose Aimé Couquet.
Pour ce membre historique de la section, « il faut sortir du piège de la présidentielle ». « On ne divise rien du tout. En 1981, il a fallu un PCF à 15% pour que Mitterrand soit élu. Sans un PCF qui fait des voix au 1er tour, on [la gauche de transformation sociale, Ndlr] ne gagnera pas au second. » Nicolas Cossange va dans son sens. « Bien sûr que les communistes se posent des questions [vu le risque RN, Ndlr] mais on s’est doté d’un processus démocratique. C’est autre chose que de dire : je suis candidat, allez cliquer pour me soutenir », critique-t-il à l’égard de Jean-Luc Mélenchon.
Pour N. Cossange, le vrai problème c’est le poids de la gauche. « Tant qu’elle pèsera 30% toute mouillée… » Pour y remédier, quoi de mieux que de débattre pour expliquer en quoi « la société capitaliste nous mène dans le mur ». « Oui à la paix, non à l’austérité ! » sera d’ailleurs le thème du débat animé dès 11h par la secrétaire héraultaise, Clara Gimenez. Compte tenu du calendrier, il sera sans doute un peu question de Sénatoriales et de la séquence présidentielle/législatives de 2027. « Un débat, on sait comment ça commence mais jamais où ça finit », sourit N. Cossange.
Quoi qu’il en soit, les communistes n’ont pas l’intention d’être cantonnés au simple témoignage. « Entre la canicule, les incendies et maintenant la tempête, l’été nous a rappelé combien il est urgent d’agir, de planifier. La 7e puissance mondiale est tout à fait capable de produire ses propres Canadairs. Il y a d’autres choix que le tout militaire », harangue N. Cossange. Cela vaut aussi pour l’économie commandée par les forces de l’argent. « On a besoin de travailler la question des salaires et de réindustrialiser. On voit bien avec les taux de pauvreté d’Agde/Pézenas que même le tourisme de masse ne redistribue pas beaucoup de richesses. » Aimé Couquet abonde : « Un parc d’attractions comme celui de Macron et Mohammed Ben Salmane, ça ne produit rien du tout. Il faut faire revenir de la production dans notre pays et donner les moyens aux travailleurs de pouvoir organiser leurs entreprises ». En somme changer totalement de modèle. Un point sur lequel le PCF va sûrement plus loin que la France insoumise.
* 10h ouverture des stands
et du vide-grenier (inscriptions : 07.66.28.71.05). 11h débat. 13h paella (réservations 04.67.76.43.78.). 14h30 animations avec Sophie Pascual, conteuse (histoires cubaines) et Les Z’étourdis (chansons engagées). 18h : Tirage tombola et clôture. -
![[Entretien] Pascal Boniface : « Trump espère être au centre du monde le temps de la compétition »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/dc8bc5298c2b953eec4a01f1f618ea97.jpg)
[Entretien] Pascal Boniface : « Trump espère être au centre du monde le temps de la compétition »
La Marseillaise : Dans quel contexte s’ouvre cette Coupe du monde ?
Pascal Boniface : Le Canada regrette d’avoir candidaté parce qu’ils ont 13 matchs et aucun d’importance. La FIFA leur a imposé des conditions vraiment draconiennes dont l’interdiction d’organiser des spectacles pendant l’arrivée des matchs. Le Mexique a le match d’ouverture mais il n’a aussi que 13 matchs donc c’est avant tout une compétition aux États-Unis. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que lorsque le dossier de candidature a été déposé, Trump était déjà au pouvoir et il y avait déjà des relations très compliquées entre les pays. Depuis c’est pire, puisqu’il a carrément menacé d’annexer le Canada. Il faut aussi se rappeler qu’en 2019, lors de l’attribution de la compétition, Trump avait menacé de sanctions ceux qui ne votaient pas sa candidature. C’est la première fois dans l’histoire de la Coupe du Monde qu’un chef d’État menaçait les autres s’ils ne votaient pas pour lui. Et la FIFA n’avait pas réagi.
Trump n’est pas fan de football. Pourquoi a-t-il tant tenu à accueillir cette compétition ?
P.B. : Trump n’aime pas le football, ce n’est pas un fan, mais il aime bien les caméras. Il sait que le football, et la Coupe du Monde particulièrement, attirent les caméras donc il espère pouvoir être au centre du monde le temps de la compétition. Il risque de l’être pour des raisons négatives qui sont contraires à l’esprit du sport.
La politique de son administration sur la délivrance des visas illustre son racisme ?
P.B. : Il a voulu envoyer un message à son électorat, en disant que même s’il avait perdu la main en Iran et que les choses n’allaient pas aussi bien qu’il le disait et le voulait, il restait ferme sur la question des migrants. Et donc, il refoule un arbitre somalien, il refuse des supporters d’autres équipes, il accueille dans des conditions tout à fait épouvantables l’équipe du Sénégal qui a subi une fouille très intrusive sur le tarmac, qui n’aurait certainement pas été réservée à une équipe européenne.
Et la FIFA reste passive ?
P.B. : Son attitude est proprement scandaleuse. C’est un arbitre référent qui a été désigné par la FIFA comme le meilleur arbitre africain pour l’année passée. Le refus de Trump de le laisser rentrer est à la fois une insulte à la FIFA et à tout le continent africain. C’est la première fois dans l’histoire de la Coupe du Monde que le pays organisateur refuse l’arrivée d’un arbitre envoyé par la FIFA. C’est quelque chose qui est tout à fait hors normes que la FIFA n’aurait jamais dû accepter sans protester. Elle n’a même pas fait semblant d’être ulcérée par cette mesure qui est proprement raciste. On ne reproche rien de précis à cet homme sauf d’être somalien donc c’est bien en fonction de ce qu’il est et non pas de ce qu’il a fait qu’on lui refuse un visa. Trump avait tenu des propos extrêmement négatifs et vexatoires à propos de la Somalie en disant que c’est un pays horrible, particulièrement arriéré, dans lequel il n’y avait rien d’autre que des gens qui se battaient.
Certaines places affichent des prix exorbitants, ce qui contraste avec un sport censé être populaire ?
P.B. : C’est devenu la tradition qu’il y ait des places extrêmement cher payées par des gens qui ont les moyens ou par des sponsors. Mais il y a également une tradition qu’il y ait des places à des prix abordables, ce qui n’est pas du tout le cas là. À cela s’ajoute le prix des hôtels qui a augmenté ainsi que celui des transports urbains : il faut compter 100 dollars [au lieu de 12,90$, Ndlr.] pour aller de New York aux matchs à New Jersey. C’est l’offre et la demande, selon les règles du libéralisme américain. Ce capitalisme sauvage a pour conséquence des chambres d’hôtels vides et des stades où tous les sièges ne sont pas remplis, ce qui n’est pas étonnant.
Des stades autour desquels l’ICE menace ?
P.B. : Il y a d’une part des supporters de certaines équipes venant de pays considérés comme inamicaux ou suspects de la part de Trump qui n’ont pas eu leur visa. Et puis il y a effectivement notamment les Latino-Américains passionnés de football qui risquent de ne pas venir au stade de peur de subir des rafles de l’ICE comme ça s’est fait dans les compétitions nationales américaines.
C’est déjà arrivé que l’un des pays organisateurs d’une Coupe du monde soit partie prenante d’une guerre ?
P.B. : Jamais, parce que généralement quand il y a des guerres on arrête les compétitions. Le fait que le pays organisateur soit en guerre avec un pays qualifié, c’est là aussi une très grande première.
Trump espérait trouver un accord avant la cérémonie d’ouverture ?
P.B. : Il l’aurait certainement souhaité, mais il n’a pas la maîtrise des événements et il est dépassé par ces derniers. Il aimerait effectivement montrer qu’il a bien mérité le prix de la paix de la FIFA, en mettant fin à une guerre qui a lui-même déclenché par ailleurs.
*La géopolitique, les pieds dans le sable
Aux éditions Eyrolles.
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Xavier Niel livre sa conception de l’investissement et de l’IA
Au Pharo, face aux professionnels de l’information venus du monde entier, c’est un milliardaire qui a clos les grandes plénières, ce mercredi. Xavier Niel, fondateur de Free et actionnaire du Monde, s’est prêté au jeu du « coin du feu », un entretien animé par Lisa McLeod, directrice éditoriale de FT Strategies.
Xavier Niel entame la discussion en parlant, en anglais, de ses investissements dans les médias : « J’ai commencé à investir dans tous les services en ligne, y compris Mediapart, où j’ai fait cinq fois mon argent. » Sa version de l’entrée au capital du Monde, en 2010, semble presque altruiste : « Ils ont un énorme problème, ils vont finir en faillite. » Depuis, assure-t-il, il n’interfère jamais dans la ligne éditoriale. La preuve, selon lui : Le Monde Diplomatique, « très à gauche, contre le capitalisme », reste libre.
Sur l’IA, Xavier Niel se veut pragmatique : il faut vivre avec son temps et les technologies qui vont avec. Il dit avoir vite signé un accord (sur l’entraînement des modèles et les services) avec le géant américain, OpenAI, sans attendre ses confrères éditeurs. « Nous ne sommes peut-être pas de bons partenaires pour les autres éditeurs français », note-t-il, dans un sourire. Interrogé sur ce qui le « garde éveillé la nuit », le milliardaire répond la « polarisation » des médias. Il regrette que le New York Times ait été « trop contre » Donald Trump. Concentration des médias, précarité dans les rédactions et désinformation n’ont pas été évoquées.
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![[Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/3714de5bd1827e5f37f8d222aa96d64c.webp)
[Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »
La Marseillaise : Qu’aborde concrètement le livre « La matrice des classes sociales » de Vivek Chibber, dont vous avez écrit la préface ?
Florian Gulli : Déjà, il faut souligner que, malgré ce que pourrait suggérer le titre, il ne s’agit pas de dire qu’il faut revenir à la façon dont la gauche parlait de classes sociales dans les années 1950. L’ambition est d’intégrer toutes les critiques qui ont été adressées à l’analyse de classe pour proposer une version plus robuste du matérialisme.
Le cœur du livre part d’une question classique du marxisme. Karl Marx défendait que le capitalisme allait forcément s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions. L’idée est qu’il fait mécaniquement souffrir de plus en plus de monde et qu’il crée, du même coup, ses propres fossoyeurs. Mille fois, on a annoncé que le capitalisme allait s’effondrer. Ça ne s’est jamais produit. Pour le justifier, des explications ont commencé à émerger à partir de la Seconde Guerre mondiale avec l’idée que le non-avènement de la révolution résulterait de l’émergence de médias manipulateurs. L’aspect matérialiste a été progressivement abandonné, pour laisser place à une gauche plus élitiste, qui perd progressivement le lien avec les classes populaires. Ici, l’auteur tente de donner une explication de classe au non-effondrement du capitalisme.
Quelle explication propose-t-il ?
F.G. : Lui, en suivant le schéma classique du marxisme, dit qu’en effet le capitalisme nous paupérise, nous prolétarise et nous fait souffrir. Une situation qui produit effectivement une résistance, mais individuelle, pas collective. La thèse est que l’erreur de Marx et des marxistes a été de croire que le capitalisme produirait forcément une résistance collective. Les gens souffrent du capitalisme et essaient de s’en sortir, mais en tentant de grimper à l’intérieur de leur entreprise, pour obtenir une meilleure position. Donc, s’ils n’ont pas fait la révolution, ce n’est pas parce qu’ils ont été abrutis par les mass media mais parce qu’ils se sont résignés. Cette perspective est compatible avec une certaine bienveillance à l’égard des classes populaires. C’est un phénomène de résignation générale.
Comment expliquer l’émergence de cette résistance individuelle quand on sait qu’une résistance collective a pu exister ?
F.G. : Il y a eu des transformations des conditions historiques et sociales. Au début du XXe siècle, la grande industrie rassemblait 30 000 ouvriers au même endroit, ce qui facilitait de fait le militantisme. On touche 30 000 personnes avec un tract en une heure, quasiment. Alors que dorénavant, les unités sont beaucoup plus petites, tout est très déconcentré. Donc, forcément, c’est plus difficile. Vivek Chibber parle aussi de l’évolution des villes et de la disparition des quartiers ouvriers, où il pouvait se créer des sentiments de solidarité et de proximité. Tout ça a disparu. L’idée n’est pas de dire que tout est foutu, mais qu’il faut trouver un moyen de briser la résignation.
Et les partis et les syndicats sont dans ce cadre un outil indispensable pour l’auteur…
F.G. : La perte de crédibilité de la gauche auprès des classes populaires vient d’abord de l’abandon de la conception matérialiste, mais aussi de la disparition des partis dans le quotidien des gens, avec des cellules de quartiers, ce genre de choses. Lui suggère d’y revenir. En fait, tant qu’on n’a pas créé une culture de partis, ce n’est pas très rationnel de faire grève. Autant ne pas y aller et laisser les autres s’engager. S’ils gagnent un truc, tant mieux. S’ils perdent, je n’ai rien perdu. Le seul truc qui a permis de mettre un terme à la logique du « passager clandestin », ce sont les partis, qui lient les uns avec les autres par des liens moraux.





![[Entretien] Julien Bouillé (CGT) : « Le capitalisme se sert des guerres pour diviser »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/890f22916e27ac78b2689248d22c1cc6.jpg)