Il n’y a pas de circulation des virus du Chikungunya, de la Dengue ou du Zika actuellement en France, mais seulement des cas importés, c’est-à-dire des personnes ayant contracté la maladie lors d’un voyage. Afin de maintenir cette situation, l’Agence régionale de santé (ARS) vient donc de lancer son dispositif de surveillance renforcée, du 1er mai au 30 septembre. L’objectif : éviter la mise en place d’un cycle de transmission « autochtone » de ces maladies, c’est-à-dire des cas de personnes n’ayant pas voyagé mais étant contaminées via la piqûre d’un moustique tigre infecté en métropole.
Il faut dire que l’année 2025 a été une année record pour la transmission du chikungunya en Occitanie, avec 113 cas importés (contre 3 en 2024) et 89 cas autochtones (contre 0 en 2024). « Le moustique tigre a la particularité de ne pas transmettre le virus à ses œufs, explique Isabelle Moussion, ingénieure santé et environnement à l’ARS Occitanie. Ainsi, au printemps de chaque année, les œufs qui éclosent sont sans virus. Cependant, il faut comprendre que quand un Moustique tigre pique une personne porteuse du virus, celui-ci se multiplie à l’intérieur de l’insecte et toutes ses futures piqûres vont contaminer. C’est ainsi que si une personne rentre de voyage en étant contaminée et qu’elle est piquée par un moustique tigre, le virus peut alors se transmettre sur le territoire métropolitain et créer des cas autochtones. C’est ce qu’il s’est passé l’année dernière, parce qu’il y a eu une grosse épidémie de chikungunya à La Réunion. »
Les acteurs principaux de la surveillance renforcée sont les professionnels de santé, qui doivent déclarer chaque nouveau cas d’infection. L’ARS peut ensuite faire intervenir un opérateur pour vérifier la présence du vecteur dans le secteur où la personne se trouvait quand elle était malade. S’il y a des traces d’activité, l’ARS demande un traitement pour tuer les moustiques adultes dans un rayon de 150 mètres et ainsi éviter la propagation de cas autochtones. Isabelle Moussion précise cependant que la population dans son ensemble doit rester vigilante : « Les particuliers peuvent aussi mettre en place des gestes de prévention pour diminuer la densité des moustiques chez eux. Par exemple, en éliminant les endroits où l’eau peut stagner ou en couvrant les réservoirs d’eau. Par ailleurs, il y a une épidémie de dengue cette année en Martinique. On sait qu’il y a beaucoup de cas qui reviennent en métropole, donc si on revient d’un voyage en Martinique, il faut continuer d’éviter de se faire piquer pendant au moins une semaine, en utilisant des répulsifs par exemple. » En France métropolitaine, l’Occitanie a été la deuxième région colonisée par le moustique tigre et aujourd’hui, plus de 90% de sa population se situe donc en zone contaminée.

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