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  • À Pra Loup, les habitants privés d’eau potable

    À Pra Loup, les habitants privés d’eau potable

    Privés d’eau potable depuis plus de deux semaines à la suite d’intempéries d’une ampleur exceptionnelle, les vacanciers de la station de ski de Pra Loup et les habitants d’Uvernet-Fours vont encore devoir tenir une semaine avant de retrouver l’eau courante « en fin de semaine prochaine », selon la Saur, la compagnie des eaux.

    « Il y a eu des épisodes de sécheresse en amont, couplés aux événements orageux qui en montagne sont assez violents. Là, ils ont été très violents et très localisés. Ça a contribué à cette situation qui est exceptionnelle. On ne l’a jamais observée dans cette ampleur dans la région Paca », souligne Mélanie Teyssier, directrice régionale des exploitations Saur. « Il y a eu des intempéries d’une ampleur exceptionnelle et de très grosses crues, qui ont modifié le lit du Bachelard, qui a descendu de plus d’1m50. Cela a fait descendre les niveaux des nappes, et donc on n’arrivait plus à pomper », détaille Stéphane Bertin, chef de secteur pour la Saur. Le 9 août, au moment de l’orage, s’inscrit dans une période où la station de ski est particulièrement fréquentée par les touristes et les propriétaires de maisons secondaires marseillais, aixois ou encore parisiens. « On devait avoir entre 10 000 et 15 000 personnes sur Pra Loup, donc on avait une consommation journalière énorme. Les sources n’ont pas suffi », ajoute le chef de secteur.

    L’interdiction de boire l’eau du robinet « est une préconisation. Suite aux événements pluvieux, nous n’avions plus d’eau sur les forages, sur lesquels nous avons fait des travaux depuis. Pour pouvoir pallier le manque d’eau, on a ouvert un lac de retenue. Comme ce n’est pas la ressource habituelle qui est surveillée et maîtrisée, c’est un principe de précaution que l’ARS a mis en place », explique Mélanie Teyssier. Les habitants peuvent ainsi utiliser l’eau du robinet pour se doucher ou tirer la chasse, mais ne doivent pas la boire ou l’utiliser pour laver des nourrissons. « Pour pallier cette restriction, nous avons fourni des eaux en bouteille et mis des points de distribution pour que les gens puissent disposer d’une eau pour leur alimentation », détaille Mélanie Teyssier. Le taux de chlore a été augmenté pour dissuader de boire l’eau du robinet.

    « J’ai eu peur

    pour mon bébé »

    « J’ai eu peur quand, lors d’une distribution d’eau, on m’a dit de faire attention pour mon bébé et de ne pas le laver avec l’eau du robinet », confie Marion Marchetti, vacancière aubagnaise venue avec son mari et ses trois enfants, dont l’un n’a que 4 mois. « C’est quand même fou que cela dure autant », lance son compagnon, Luc Marchetti. Un avis partagé par une famille venue du Var dans leur maison secondaire : « On a du mal à comprendre pourquoi cela dure autant, et comment, en trois semaines, ils n’ont pas trouvé de solution. Tous les ans, il y a des orages, mais jamais de coupure d’eau potable aussi longue ».

    Malgré ces premières inquiétudes et incompréhensions, habitants et vacanciers restent relativement sereins et se sont habitués aux restrictions et aux allers-retours quotidiens pour se fournir en bouteilles d’eau à l’office de tourisme ou à la mairie.

    Patrick Beau, vacancier parisien venu avec sa compagne pour l’été, s’inquiète lui pour sa santé. « J’ai des problèmes rénaux, et, comme on n’a le droit qu’à un pack d’eau par jour, pour cuisiner, se laver et boire, je dois me restreindre et boire moins. Heureusement, on part dimanche ! », s’impatiente-t-il. « Ce qui est terrible, c’est qu’il n’y a pas de visibilité. J’ai l’impression que cela va durer », déplore le sexagénaire : si la Saur dit prévoir un retour à la normale en fin de semaine prochaine, ni les habitants, ni les élus n’en étaient informés jeudi. « Ce qui fait qu’on en parle, c’est que c’est arrivé le week-end du 15 août, un week-end d’affluence », pendant lequel la population a été estimée à 12 000 habitants par la préfecture, constate Arnaud Gaston, conseiller municipal. « Il y a vraiment un élan de solidarité », se réjouit-il, alors que de nombreux bénévoles ont prêté main-forte pour les distributions de bouteilles d’eau.

    Pour tenter de réalimenter la nappe phréatique, la Saur a construit une digue provisoire, « dans l’urgence », explique Stéphane Bertin. C’est ce type d’installations qui devrait permettre de rétablir l’eau potable la semaine prochaine. Sa consommation pourra à nouveau être autorisée ou pas en fonction des résultats des analyses de l’ARS, qui doit donner son feu vert. Le niveau du cours d’eau du Bachelard, qui alimente la commune, est pour l’instant encore très bas, et garde un aspect très trouble, couleur béton.

  • Premier cas autochtone de dengue confirmé dans les Bouches-les-Bouches

    Premier cas autochtone de dengue confirmé dans les Bouches-les-Bouches

    Transmise par les moustiques, cette maladie qui se manifeste habituellement par une fièvre brutale avec des douleurs et une éruption cutanée peut dans de rares cas susciter des complications graves, voire mortelles. « Des mesures de gestion ont été immédiatement engagées afin de limiter tout risque de propagation », précise le communiqué, avec des opérations de démoustication dans le voisinage. En complément, des visites seront réalisées par l’ARS et Santé publique France avec l’appui de la municipalité pour identifier de potentiels cas secondaires et sensibiliser les habitants. L’ARS invite à se protéger des piqûres, consulter immédiatement son médecin traitant, limiter ses déplacements en cas de symptômes.

  • L’allocation de rentrée victime de son succès

    L’allocation de rentrée victime de son succès

    « Sans cette aide, on n’y arriverait pas. » Safia, accompagnée de ses deux minots, Naël et Naïl, écume le rayon bureau du magasin Action du Centre Bourse à Marseille, ce mardi. Dans son caddie, on retrouve des cahiers, des stylos, des classeurs… En bref, l’ensemble de l’attirail nécessaire pour équiper les petits écoliers. « Avec mes deux enfants, j’en ai pour plusieurs dizaines d’euros juste en cahiers… Et je ne parle même pas du sac et des livres ! », développe la Marseillaise.

    Autour d’elle, plusieurs familles font de même et il faut parfois un peu jouer des coudes pour se frayer un chemin dans les travées. D’un côté, une mère questionne sa fille qui a la liste de courses à la main : « C’est bien un classeur avec 4 anneaux qu’il faut ? » De l’autre, un minot tire la manche de son père en direction des casques et autres souris pour jeux vidéo du rayon adjacent. Pas de chance, c’est bien pour la rentrée scolaire qu’ils sont venus et le petit polisson est vite rappelé à l’ordre.

    70 millions d’euros

    dans le département

    Car si le magasin fait le plein en ce 18 août, c’est notamment car l’allocation de rentrée scolaire (ARS) a été versée ce jour. Dans les Bouches-du-Rhône plus de 94 000 familles éligibles ont reçu cette aide qui oscille entre 426 et 466 euros par enfant, selon les chiffres de la CAF (Caisse d’allocations familiales) publiés ce mardi. Cette dernière rappelle justement qu’à « chaque rentrée scolaire, les familles font face à un surcroît de dépenses qui peut mettre en difficulté les plus modestes » et évoque une « aide indispensable aux familles modestes ».

    Safia, mère célibataire au petit salaire confirme : « C’est déjà compliqué de finir le mois en temps normal. Si l’allocation n’était pas là, on ne pourrait pas acheter tout ce qu’il faut pour l’école, ou alors il faudrait taper dans d’autres dépenses. » La CAF fait d’ailleurs écho aux propos de la Marseillaise dans son analyse : « Pour faire face à cette dépense supplémentaire les familles adoptent diverses stratégies comme la réduction des autres dépenses du foyer. Si elles n’avaient pas perçu l’ARS, elles auraient dû diminuer encore plus leurs autres dépenses. »

    Rappelons que l’ARS est versée, sous conditions, pour les enfants scolarisés de 6 à 18 ans selon les revenus de leurs parents. Dans le département, le montant total de l’aide s’élève à 70 548 129 euros. C’est dire les besoins… Et sur le terrain, elle est visiblement victime de son succès vu l’affluence au Centre Bourse. Juste à côté du magasin Action, on retrouve Chaussea d’où sort également une famille avec une paire de chaussures neuves pour sa minote. À l’étage du dessus, le rayon pour la rentrée scolaire de la Fnac attire aussi quelques familles. Bien loin donc des fantasmes d’achats de télé et smartphone relayés par certains médias…

    Emmaüs démonte les clichés

    Dans une enquête publiée ce mardi, Emmaüs France questionne « À quoi sert l’allocation de rentrée scolaire ? », en réponse aux clichés nauséabonds distillés dans certains médias relayant l’idée que l’ARS serve à payer des « abonnements Netflix ». Avec une série d’une vingtaine d’entretiens auprès de familles modestes, Emmaüs montre la réalité de l’utilisation de l’ARS : « Elle permet d’acheter des fournitures, des vêtements ou des équipements neufs, plus solides ou de meilleure qualité que ceux auxquels ces familles ont habituellement accès. » Et insiste : « Les enquêtes statistiques convergent sur un point : les dépenses supportées par les familles à la rentrée sont proches du montant de l’allocation. » Un lien direct entre rentrée scolaire et cette allocation donc.

    A.B.

  • Améliorer l’accès aux soins pour les détenus

    Améliorer l’accès aux soins pour les détenus

    En visite au centre de détention de Tarascon, Guillaume Piney, directeur interrégional des services pénitentiaires (DISP) et Yann Bubien, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur ont signé jeudi 6 août une feuille de route conjointe, « destinée à renforcer l’accès aux soins et la qualité de la prise en charge des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de la région » indiquent ARS et DISP dans un communiqué ce mardi 11 août.

    Le but affiché : « garantir un accès équitable aux soins, assurer la continuité de son parcours de santé et proposer une prise en charge adaptée aux besoins spécifiques des personnes placées sous-main de justice ».

    Si aucun détail chiffré n’est donné, les deux institutions promettent le « renforcement de l’offre de soins » avec le « déploiement de la téléconsultation et de la télémédecine » et de nouvelles prises en charge dans certaines unités sanitaires, comme la dialyse.

    Plus de télémédecine

    ARS et DISP souhaitent aussi « améliorer les parcours de soins afin d’éviter les ruptures de prise en charge ». Pour ce faire, les protocoles associant établissements pénitentiaires, hospitaliers et ARS seront « actualisés » par le biais d’une « meilleure organisation des extractions médicales – afin de réduire les annulations et les retards de soins qui en découlent – ainsi que par un renforcement de la coordination entre professionnels de santé et personnels pénitentiaires ».

    Autre priorité de cette feuille de route : faciliter l’intervention médicale en détention en dehors des horaires habituels de consultation, des partenariats restant à nouer avec les acteurs de médecine de ville, pour que les médecins interviennent en soirée et le week-end. Au-delà des moyens déployés, aucun délai n’est non plus clairement établi. En attendant, les conditions de détention se détériorent au point que le suicide est sept fois plus fréquent en prison qu’en milieu libre note l’institut national d’études démographiques.

  • À Oraison, l’Ehpad s’équipe face à la canicule

    À Oraison, l’Ehpad s’équipe face à la canicule

    « Beaucoup de résidents sont seuls, isolés, n’ont pas de famille. Beaucoup disent que leurs enfants les ont mis à l’Ehpad pour être tranquilles ». Ada Knol, retraitée néerlandaise installée à Puimichel depuis 36 ans, donne de son temps pour faire du bénévolat et passer du temps auprès des résidents de l’Ehpad public d’Oraison. « Certains perdent la mémoire. Le personnel n’a pas le temps de discuter avec eux. Être là, poser sa main sur leur bras, leur sourire, ça fait déjà tellement de choses, c’est très important ! », insiste la bénévole. « Il y en a qui me disent : “je dois rester ici jusqu’à ma mort, alors à quoi ça sert la vie ?” ».Cet isolement est d’autant plus accentué par la période de canicule, pendant laquelle les résidents ne peuvent que très peu sortir. « C’est encore plus difficile pour eux avec la canicule, ils souffrent plus, avec la fatigue, la déshydratation », constate Ada Knol.

    Face à la vague de canicule précoce, l’Agence régionale de santé (ARS) a débloqué des budgets pour acheter des climatiseurs, que l’Ehpad a pu disposer dans ses couloirs. Les chambres, elles, restent non climatisées. « Il fait chaud dans les chambres qui n’ont pas la clim. On vient plus régulièrement, on est plus vigilants pendant les périodes de forte chaleur », explique Audrey Llopis, qui vient tous les jours rendre visite à son père, atteint d’une maladie neurodégénérative.

    Pour faire face à la chaleur écrasante, l’établissement public a mis en place une procédure stricte : « on barricade, on ferme les volets dès qu’on peut », témoigne Amandine Bourjac, aide-soignante. « Avec l’âge, les résidents perdent la sensation de soif, alors on met en place des tours d’hydratation toutes les deux heures », explique-t-elle. « On a adapté les goûters : toute l’année, ils ont des gâteaux secs. Là, on leur donne des glaces et des fruits », ajoute Mylène Goudet Ramirez, cadre de santé. Le personnel surveille les résidents de près pour s’assurer qu’ils s’hydratent. « On essaie de le prendre à temps : si on a quelqu’un qui ne boit pas, qui est fatigué dans son lit, on va le perfuser et le lendemain, ça va mieux », explique Margot Mansuy, infirmière.

    Rompre l’isolement

    Pour pallier l’isolement des résidents sans famille, l’Ehpad a deux animatrices dédiées, une coordinatrice de la vie sociale et des bénévoles, détaille la cadre de santé. L’établissement accueille également des jeunes en service civique dont la mission est de rompre l’isolement. Des créneaux de visio sont aussi mis en place pour permettre aux résidents de rester en contact avec des proches éloignés. Une aide-soignante dédiée prend en charge les troubles anxieux. « Mes cinq enfants voulaient me prendre chez eux, mais je ne voulais pas être un poids pour eux », témoigne Yvette Robert, résidente aux Tilleuls. Son voisin, José Flores, orphelin espagnol, a quitté son pays pour fuir le franquisme, après le décès de son père à la guerre, qu’il n’a pas connu. « J’ai été hospitalisée à Marseille après une chute, puis mon fils, médecin à Manosque, m’a rapprochée ici », raconte Juliette Khatchian. Son fils l’appelle trois fois par jour pour vérifier qu’elle va bien. « On est bien, mais on n’est plus chez nous. Si j’avais la possibilité, je serais restée chez moi jusqu’à la mort, comme mes parents », regrette Juliette Khatchian.

    L’Ehpad compte une centaine d’agents, 80 résidents, et fait aussi de la prise en charge à domicile. « L’été, on signale les résidents aux mairies, les CCAS mettent en place des choses. Ils peuvent enfoncer la porte si on n’a plus de nouvelles », explique Mylène Goudet Ramirez. « On manque d’argent » pour avoir suffisamment de renforts pendant l’été, regrette la cadre de santé. « On est en déficit, on n’a pas l’argent à la hauteur de notre mission. On fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a » déplore-t-elle.

  • Des cas de dengue autochtone recensés cet été

    Des cas de dengue autochtone recensés cet été

    La dengue ou « grippe tropicale » est une maladie qui se transmet par l’intermédiaire de la piqûre d’un moustique tigre femelle (Aedes albopictus) préalablement infecté par le virus auprès d’une personne malade. Cette maladie se caractérise le plus souvent par une forte fièvre d’apparition brutale, souvent accompagnée de maux de tête, de nausées, de vomissements et de douleurs musculaires. Bien que la France ne fasse pas partie de la zone de circulation habituelle de ce virus, deux cas ont déjà été détectés cette saison.

    « Un cas est dit “autochtone” quand une personne contracte la maladie sans avoir voyagé en zone de circulation du virus dans les 15 jours précédant l’apparition des symptômes », précise l’ARS Occitanie. De plus, depuis le 1er mai et jusqu’au 16 juillet, 22 cas importés de dengue, 9 cas importés de chikungunya et 2 cas importés de Zika ont déjà été signalés à l’ARS Occitanie.

    Des mesures de prévention renforcées

    La dengue est apparue en France métropolitaine sous forme de transmission locale en 2010. Depuis, le nombre de foyers autochtones augmente progressivement, favorisé par l’implantation du moustique tigre et des conditions climatiques de plus en plus favorables à sa prolifération.

    En raison de sa capacité à transmettre des maladies telles que le Zika, la dengue ou encore le chikungunya, le moustique titre fait déjà l’objet d’une surveillance renforcée en France. Ce dispositif vise à réduire le risque de survenue de chaînes de transmission locale de ces virus.

    L’ARS Occitanie, Santé publique France, les professionnels de santé du territoire et l’opérateur de démoustication sont déjà mobilisés pour éviter toute transmission supplémentaire du virus. « La lutte contre le moustique tigre, qui est vecteur potentiel de maladies, s’appuie sur la mobilisation de chacun et l’adoption des bons réflexes pour éliminer les larves de moustiques », explique l’agence régionale de santé. Elle déploie donc des mesures de prévention sur tout le territoire, pour expliquer les bons réflexes aux citoyens. « Éliminer les endroits où l’eau peut stagner : changer l’eau des plantes et des fleurs au moins une fois par semaine ou, si possible, supprimer ou remplir de sable les soucoupes des pots de fleurs, vérifier le bon écoulement des eaux et nettoyer régulièrement les gouttières, regards, caniveaux, couvrir les réservoirs d’eau avec un voile moustiquaire ou un simple tissu, couvrir les petites piscines hors d’usage, mais aussi éliminer les lieux de repos des moustiques adultes en débroussaillant et taillant les herbes hautes et les haies, ramasser les fruits tombés et les débris végétaux, réduire les sources d’humidité », autant de mesures que les Français devront intégrer pour limiter la propagation de maladies jusqu’ici cantonnées aux régions tropicales.

  • La Région Sud débloque in extremis le volet foncier du nouvel hôpital d’Aubagne

    La Région Sud débloque in extremis le volet foncier du nouvel hôpital d’Aubagne

    Soulagement pour les défenseurs du projet du futur hôpital à Aubagne. Il y a une dizaine de jours, l’Agence régionale de santé (ARS) Paca révélait dans les colonnes de La Provence qu’une solution devait être trouvée pour l’achat du foncier, estimé autour de 3 millions d’euros, d’ici l’automne 2026. Faute de quoi le projet risquait de perdre une importante partie de ses financements, compromettant ainsi sa réalisation.

    Ce mercredi, c’est finalement une participation de la Région qui a débloqué la situation. « Nous avions un problème important de sécurisation des financements, avec un terrain qui devait pouvoir être acheté rapidement, a détaillé Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud. Nous avons décidé, dans un premier temps, que la mairie d’Aubagne en paie la moitié et que la Région paie l’autre, pour débloquer la situation au niveau de l’État et du directeur général de l’ARS ». La collectivité s’engage à une avance de 1,5 million d’euros pour compléter le financement du foncier, le reste étant à la charge de la Ville d’Aubagne. « Nous verrons, plus tard, avec un tour de table que nous n’avions plus le temps de faire, pour l’achat complet de ce terrain », poursuit le candidat aux sénatoriales.

    Initialement prévu à la seule charge de la Ville d’Aubagne, le financement de l’acquisition des terrains a connu plusieurs rebondissements ces derniers mois. Le conseil municipal avait, dès le 5 juin, appelé à la construction d’un « front territorial commun » pour défendre le projet du nouvel hôpital, tout en invitant les communes concernées à mettre au pot pour l’acquisition foncière. « Puisque cet hôpital dessert 19 communes, ces [dernières] doivent s’impliquer activement dans le projet, mais aussi dans son cofinancement ! Nous ne pouvons plus être les seuls à porter la charge financière d’équipements dont bénéficie l’ensemble du bassin de vie », avait alors déclaré Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne.

    Les maires en difficulté

    Début juillet, lors d’une réunion sollicitée par Stéphanie Luquet, directrice et représentante légale de l’actuel centre hospitalier de la ville, une demande concrète de participation avait été formulée aux 19 maires concernés. Une perspective accueillie diversement selon les municipalités. Nombre d’entre elles estimaient en effet ne pas être en mesure de contribuer financièrement, leurs budgets étant déjà fortement contraints.

    C’est finalement Véronique Miquelly, maire (LR) d’Auriol, qui a sollicité une réunion rassemblant la Région et les parties prenantes, craignant un abandon du projet. Ce qui a abouti, mercredi, à l’engagement d’1,5 million d’euros de la Région. « Les maires sont d’accord pour participer à l’achat du foncier. Le problème était l’urgence. Pour Auriol, c’était 360 000 euros à trouver en quelques semaines. C’est pour ça que j’ai sollicité le président de Région », a-t-elle souligné. L’avance financière de la Région doit permettre aux communes d’étaler leur participation.

  • Les syndicats alertent de la fermeture de l’hôpital privé Vert Coteau

    Les syndicats alertent de la fermeture de l’hôpital privé Vert Coteau

    « On est très préoccupés pour les salariés », martèle Karine Cheniclet, secrétaire médicale à l’hôpital privé Vert Coteau et déléguée syndicale centrale Unsa du groupe Sainte-Marguerite, ce jeudi. Les sept hôpitaux privés avaient été rachetés le 3 février 2026 par Almaviva. Cinq mois plus tard, les salariés ont appris le projet du groupe : fermer progressivement l’hôpital privé Vert Coteau d’ici juin 2027.

    Le risque de suppression d’emplois

    « Sur les 239 salariés, 80% seraient transférés à l’hôpital privé Beauregard », explique Sandrine Cartier, aide-soignante retraitée de Beauregard et élue CGT à Sainte-Marguerite. « Les 20 % restants seraient répartis dans les autres hôpitaux du groupe », ajoute-t-elle.

    Pour assurer le transfert des salariés, Almaviva doit obtenir une autorisation officielle de l’Agence régionale de Santé. « Le problème, c’est qu’ils ne l’ont pas », affirme Gaëtan Fine, préparateur en pharmacie et élu Unsa à Vert Coteau. Almaviva déclare attendre la fin du processus de consultation des instances représentatives du personnel avant de déposer le dossier à l’ARS.

    « Il y a une zone grise dangereuse pour les salariés », s’indigne Karine Cheniclet. Les délégués syndicaux craignent le pire pour les employés mais ils assurent souhaiter des réponses de la part de la direction. Almaviva affirme vouloir trouver « les meilleures solutions pour l’ensemble des salariés, quelles que soient les étapes à venir ».

  • La clim, une solution pour les Ehpad ?

    La clim, une solution pour les Ehpad ?

    Fini les ventilateurs et brumisateurs, place à la climatisation ! C’est le choix que vient de réaliser l’Établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Via Domitia, à Castelnau-le-Lez, près de Montpellier. Une aubaine tant pour les 48 résidents que pour le personnel, alors que périodes de canicule et pics de chaleurs apparaissent précocement cette année.

    Conséquence du dérèglement climatique, ces périodes vont être plus fréquentes et plus intenses, d’où la nécessité d’adaptation pour le personnel et les résidents. « C’est un peu la cerise sur le gâteau. Grâce à des excédents budgétaires réalisés ces dernières années, nous avons pu financer la climatisation sur nos fonds propres. Cela a représenté un investissement de 280 000 euros, mais cette climatisation peut aussi faire chauffage. Nous l’utiliserons donc aussi une partie de l’hiver », détaille Aurélie Colletto, directrice de l’établissement, qui reconnaît que « tous les établissements ne peuvent pas se le permettre ».

    Construit en 2010, l’Ehpad n’avait qu’un système climatisé au rez-de-chaussée ainsi qu’au deuxième étage, où logent 12 personnes handicapées vieillissantes. Conséquence : les patients étaient amenés en bas lors des journées chaudes pour être mis au frais, le mercure dépassant régulièrement les 30°C dans les chambres. « Nous avons ensuite équipé les couloirs, la partie de l’étage où il faisait le plus chaud », indique la directrice. Les 48 chambres ont ensuite été équipées d’une climatisation individuelle. Le thermostat est réglé sur 26°C et la climatisation fonctionne 24h / 24. Les chambres peuvent être réglées séparément, en fonction de l’envie du patient.

    Du sirop pour inciter

    à boire

    Les résidents sont ravis, à l’instar de Valérie, 59 ans. « Avant je n’avais pas le ventilateur, ce qui m’empêchait de dormir. Je sens la différence avec la clim et je dors mieux », livre la benjamine de l’établissement, arrivée il y a 5 ans. De meilleures nuits, et des effets secondaires liés aux fortes chaleurs atténués. « Cela permet d’éviter les malaises, les vomissements, les migraines. Certains n’avaient plus d’appétit du fait de la chaleur. Ils souffrent moins de déshydratation », énumère une infirmière. Pour les professionnels également, le travail se fait dans de meilleures conditions. « On subit moins, c’est plus supportable. Mais il fait toujours chaud », sourit une blouse blanche.

    L’installation de la climatisation n’est pas la seule mesure mise en place par l’établissement pour lutter contre les fortes chaleurs. « On fait boire les résidents plus souvent. Comme certains n’aiment pas trop boire de l’eau, on leur a mis à disposition du sirop, car ils sont attirés par le goût sucré », reprend Aurélie Colletto. Et si le sirop ne convainc toujours pas, la même opération est réalisée avec de l’eau gazeuse. « On leur donne beaucoup de glaces aussi », explique la directrice. Côté hygiène, les résidents prennent des douches tièdes.

    Des dispositifs à généraliser, à en croire l’ARS. « Chacun doit être conscient de ces chaleurs et les intégrer dans son budget. C’est du cas par cas, tout dépend de la situation budgétaire des établissements. Mais même avec la meilleure volonté, il est compliqué de tout prendre en charge dans un contexte budgétaire dégradé », observe Cédric Laperteau, directeur départemental de l’ARS de l’Hérault. La santé a-t-elle un prix ?

  • Le projet du nouvel hôpital d’Aubagne avance enfin

    Le projet du nouvel hôpital d’Aubagne avance enfin

    Première étape majeure pour le projet de nouvel hôpital d’Aubagne. La Déclaration d’utilité publique (DUP), a été signée vendredi par le préfet des Bouches-du-Rhône, marquant un tournant pour ce dossier évoqué depuis sept ans. La mairie va pouvoir se lancer dans l’achat du foncier et négocier avec les propriétaires, dans la zone des Gargues, où le futur établissement doit s’implanter.

    Si aucun compromis n’est trouvé, « grâce à cette DUP, on a une arme législative pour aller au bout », explique Mohammed Salem, délégué spécial auprès du maire chargé de la coordination du projet. Une avancée qui lui permet d’affirmer que « le projet est en marche ». « Je suis très confiant car tout le monde est d’accord », poursuit-il, rappelant l’urgence de concrétiser ce dossier : « Cela fait sept ans qu’on l’évoque. On ne peut plus attendre, on le doit aux soignants qui l’attendent avec impatience. »

    Le prochain défi est désormais de sécuriser les terrains et de réunir le financement. Une réunion regroupant les maires des 19 communes impactées par la construction de l’hôpital, se tient ce mercredi, pour débattre du volet foncier. Côté collectivités, la Région Sud, la Métropole Aix-Marseille et le Département des Bouches-du-Rhône se sont engagés à participer financièrement pour le nouvel équipement. Mais le calendrier se resserre. « L’Agence régionale de santé (ARS) a des limites pour conserver les financements de l’État déjà fléchés pour le projet », rappelle Mohammed Salem.

    Le déficit de l’hôpital pointé dans un rapport

    Pour respecter le calendrier, la municipalité prévoit un lancement des concours d’architectes en 2027, pour une livraison du bâtiment en 2032. De nombreuses étapes doivent encore être franchies d’ici là. « L’échéance la plus importante dans un futur proche, c’est novembre 2026. On devra y voir clair sur le foncier, négociations abouties ou expropriation », précise Mohammed Salem.

    Ce projet de nouvel hôpital connaît un coup d’accélérateur alors que la Chambre régionale des comptes a rendu, le 2 juillet dernier, son rapport sur la gestion de l’hôpital Edmond Garcin à Aubagne. Le texte pointe la situation financière « structurellement déficitaire » de l’établissement, avec un déficit du budget passé de 1,7 million d’euros en 2019 à 5,8 millions d’euros en 2024.

    « Le déficit est là depuis longtemps », balaie Mohammed Salem, ancien président du comité médical de l’établissement. Constat partagé du côté de la mairie : « Il n’y a rien de rédhibitoire. Le déficit est lié à une insuffisance de financement par l’ARS », insiste la Ville.

    Un plan d’efficience

    qui inquiète le personnel

    Autre dossier sensible qui arrive sur la table, celui du plan d’efficience demandé par l’Agence régionale de santé pour l’hôpital Garcin. De quoi susciter l’inquiétude des soignants, personnels et syndicats, mobilisés le 12 juin dernier, pour dénoncer « un plan d’austérité » avec, selon eux, « la suppression de 50 équivalents temps pleins ».

    Faut-il lier le destin du nouvel hôpital à celui de l’actuel et à ce plan d’efficience ? « Ce sont deux choses bien différentes », répond Mohammed Salem. Avant d’assurer : « Ce plan n’impactera pas, pour nous, le projet du nouvel hôpital. » Le chirurgien reconnaît toutefois « la grande inquiétude du personnel ». Du côté de la mairie, on abonde dans ce sens : « L’ARS fait un lien entre le plan d’efficience et le nouvel hôpital mais il n’y en a pas car ce plan existerait même sans le projet de nouvel hôpital ». La ville d’Aubagne considère d’ailleurs que « ce plan d’efficience ne va pas dans l’intérêt des agents et des patients ». Et d’affirmer : « On fait tout pour avoir le nouvel hôpital en 2032, mais on se bat aussi pour que l’hôpital actuel ait les moyens de fonctionner. »