Divines beautés en dialogue au Musée départemental Arles antique

On lui donnerait le bon Dieu sans confession, à cette statue qui défie le temps. Une greco-classiciste qui se déhanche et présente sa pomme, gracieuse comme le marbre. De retour à bon port (voir papier ci-contre), la Vénus d’Arles devient « l’épicentre », le temps d’une exposition et de son prêt par le Louvre jusqu’au 31 octobre, du Musée départemental Arles antique. Elle aimante à coup sûr les yeux du public, venu en nombre en ce vendredi d’ouverture de l’exposition « Le passage de Vénus ». Une déesse qui semble même charmer la Vénus de Botticelli détournée en 1984 par Andy Warhol, qui laisse planer son regard enamouré sur son antique beauté.

Métamorphoses

Sismographe s’il en est, la Vénus d’Arles a provoqué de nombreuses secousses artistiques dans le monde des arts à travers les époques, comme l’évoque « un cortège de chefs-d’œuvre, d’antiques Aphrodites ou de plus modernes, peintes par Gustave Moreau ou photographiées par Man Ray, illustrant le prestige persistant de Vénus et les pouvoirs qu’elle continue d’incarner », indique ce parcours, dont le commissariat a été confié à Romy Wiche, directrice du Musée départemental Arles antique, Ludovic Laugier, conservateur en chef du patrimoine au département des antiquités grecques, étrusques et romaines du Louvre, ainsi que Jean de Loisy, directeur artistique de la Fondation Van Gogh Arles. Tout au long de ce dialogue dense entre la Vénus d’Arles et 80 œuvres « dont 33 choisies parmi les collections du Louvre », le syndrome de Stendhal est assuré.

Aphrodite chez les Grecs, Vénus chez les Romains… Peu importe son nom, la beauté de la déesse fascine et inspire à travers tous les âges. Encore jusqu’à aujourd’hui, atteste par ailleurs une série d’œuvres disséminées dans les collections permanentes du Musée départemental Arles antique, parmi lesquelles La toilette de Venus après Velazquez sculptée en 2022 par Ali Cherri. Du culte du corps nu jusqu’à la déconstruction de certains canons de beauté, comme en font montre une Vénus de Nikki de Saint Phalle ou même une installation vidéo de Chantal Akerman. Avant que la petite ascension vers le 1er étage du Musée ne parachève le voyage des visiteurs en nous plongeant dans l’histoire de cette icône qui ne cessera jamais de nous fasciner.

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