Les discriminations dans le viseur de la fac et de la justice

Pas moins de 9 700 crimes et délits « à caractère raciste » recensés en 2025 par la police et la gendarmerie nationales en France, soit une hausse annuelle de 5%, certes moins importante que celle observée en 2024 (+ 10%)… Alors que le service de la statistique publique de la sécurité intérieure vient de publier les derniers chiffres sur le sujet, à l’invitation d’Aix-Marseille-Université (Amu) en partenariat avec la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a tenu ce mercredi 25 mars une conférence sur la politique pénale en la matière. Un rendez-vous qui vient clore toute une semaine d’éducation avec projections ou visites du camp des Milles.

« La lutte contre toutes les formes de discrimination ne relève pas seulement de l’émotion ou de l’indignation, elle exige une action collective et déterminée » a posé le président d’Amu, Éric Berton. Revenant sur le rôle éducatif de l’université, il rappelle que « racisme et antisémitisme ne sont pas des opinions, mais des délits qui portent atteinte au fondement même de notre République ».

Une politique pénale prioritaire

Cette politique pénale est d’ailleurs « devenue prioritaire » concernant ces affaires qui « peuvent paraître de faible intensité, mais porte atteinte à toute notre société », enchaîne le procureur de la République, rapportant que, le matin même, il avait appris que devant une synagogue marseillaise, un tag avait été retrouvé indiquant : « S’il y a encore des bombes sur les pays musulmans, on va faire comme en octobre, remember ». Le magistrat s’est emparé d’une circulaire qui donne « instruction aux parquets d’engager des poursuites dès lors qu’on était sur des phénomènes de racisme, d’antisémitisme et de discrimination ». Reste la difficulté de qualifier les faits. Quand des chercheurs font le lien entre antisémitisme et État d’Israël, ou quand CNews fait dans « l’islamophobie d’ambiance », soulève un enseignant.

Le président de la Licra Marseille et avocat, Serge Tavitian, constate lui « depuis le 7 octobre » une radicalisation aux effets délétères. « Lors du procès Soral où je plaidais contre lui, j’avais déjà pu constater qu’il avait réussi à fédérer des jeunes », explique-t-il. Et d’alerter, aujourd’hui, sur une menace d’extrême droite, mais aussi d’« extrême gauche » toute aussi préoccupante. S’il a impulsé cette conférence, c’est donc pour sensibiliser la jeunesse, déplorant une faillite éducative.

La question d’une étudiante demandant au procureur s’il n’y a pas une forme « d’acharnement » contre Tariq Ramadan, 18 ans de prison requis contre lui pour trois viols, entretenant une confusion victimaire, finira de le désarçonner…

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