Tag: Discriminations

  • Harcèlement de rue : les élus nîmois ouvrent l’enquête

    Harcèlement de rue : les élus nîmois ouvrent l’enquête

    « On trouve insupportable que les femmes se sentent restreintes dans leurs activités quotidiennes », lance Marianne Bernede, adjointe à la ville de Nîmes pour l’égalité et contre les discriminations. Alors, face au harcèlement de rue, un groupe d’élus principalement composé de femmes a tenu à prendre le problème à bras-le-corps. Le 27 juillet dernier, une enquête concernant ces comportements a été lancée, appelant les femmes nîmoises à témoigner. En seulement deux jours, l’enquête a atteint les 700 entrées, « ce qui n’était jamais arrivé pour une enquête sur le site de la ville », explique l’adjointe.

    Élaborée par plusieurs élus, cette enquête vise avant tout à mettre la lumière sur ce fléau. « L’idée, c’est qu’on en parle, sourit Marianne Bernede. Parce qu’avant d’être un problème de sécurité, c’est un problème de société. »

    Selon les données fournies par l’application anti harcèlement de rue, Umay, la période estivale est propice à une augmentation du nombre de ces atteintes. L’application en enregistre 30% de plus à l’approche des chaleurs de l’été, « lorsque les femmes ont l’outrecuidance de porter des petites robes légères », ironise l’élue. L’enquête vise donc également à faire le point à Nîmes, avant d’envisager de « répondre localement », ajoute-t-elle.

    Rentrer sans crainte

    Grâce aux réponses données dans le cadre du questionnaire, l’équipe municipale compte mettre en place un dispositif de raccompagnement, permettant aux femmes de ne plus avoir peur de sortir le soir.

    Des bus à horaires fixes en soirée ou encore des taxis collectifs, les modalités d’un tel dispositif ne sont pas encore fixées. La municipalité compte d’ailleurs sur les Nîmoises volontaires pour prendre part à des ateliers de réflexion autour de la question. « Nous, ce qu’on veut, c’est écouter les gens », complète l’élue.

    Après l’instauration du dispositif Angela en 2021, la Ville de Nîmes souhaite élargir la protection des femmes sur son territoire. « On veut que ça puisse aider les femmes au quotidien à se sentir plus à l’aise dans leur ville », conclut l’élue. L’enquête est disponible sur le site je-participe.nîmes.fr et se poursuit jusqu’au 27 septembre prochain.

  • Dans l’Hérault, SOS Racisme épingle une boîte de nuit et une plage privée

    Dans l’Hérault, SOS Racisme épingle une boîte de nuit et une plage privée

    Depuis 2024, l’association SOS Racisme applique une technique venue des États-Unis pour mettre en évidence la persistance de pratiques discriminatoires, pourtant prohibées par le droit pénal, dans l’accès aux loisirs.

    Différents groupes d’âges similaires, vêtus de la même manière, se présentent à l’entrée de plages privées ou d’établissements de nuit. Seule différence : leur identification comme personnes noires, blanches ou d’origine maghrébine. Cette année, deux des sept établissements testés à Montpellier, Palavas-les-Flots et La Grande-Motte ont appliqué des différences de traitement discriminatoires au cours de ces opérations : une discothèque à Montpellier et une plage privée à la Grande Motte. « Par exemple dans une boîte de nuit à Montpellier, le groupe perçu comme noir s’est vu refuser l’entrée au motif que l’établissement était complet. Les groupes perçus comme arabe et blanc, arrivés ensuite, ont pourtant été acceptés », précise SOS Racisme dans le compte-rendu de cette opération.

    « Il y a derrière ces testings un objectif de médiatisation de la problématique des discriminations : rappeler aux gens que ça existe encore aujourd’hui », précise Dina El Sayed, militante et chargée de développement au sein de l’association, qui était sur place au moment de ces tests. Malgré la réitération de ces missions et leur médiatisation depuis plusieurs années, la militante confesse que la tendance observée reste malheureusement la même. « À Montpellier, les chiffres qu’on a eus cette année correspondent à peu près à ceux des années précédentes : une plage sur trois et une boîte de nuit sur quatre qui discriminent », affirme-t-elle.

    Une plainte déposée

    Au lendemain de cette vague de tests, une plainte a été déposée par des groupes militants victimes de ces discriminations. « Ils se sont rendus au poste de police et ont reçu un accueil pour le moins questionnable », déplore Dina El Sayed. « Ils ont été accueillis avec une forme d’inversion de la culpabilité, et une tentative des forces de l’ordre de les décourager de porter plainte en affirmant qu’en l’absence d’insultes racistes explicites, les faits ne constituaient pas une infraction pénale. » Bien au fait de leurs droits, les militants ont tout de même réussi à déposer plainte contre les établissements en question et sont en attente des suites de l’enquête.

    Ces opérations menées par SOS Racisme sont pourtant reconnues comme preuve recevable par les cours de justice. Plusieurs paramètres sont en effet appliqués pour ne laisser aucun doute quant à l’exercice d’une pratique discriminatoire : les groupes se présentent tous à la suite, dans un laps de temps très court, sans qu’il n’y ait d’autres entrées ou sorties dans l’établissement testé afin d’éviter qu’il ne soit plaidé une sortie soudaine de visiteurs qui aurait libéré de l’espace. Ces techniques ne laissent que la couleur de peau comme critère de différenciation possible. « C’est pour ça aussi qu’il y a des vidéos qui sont prises en caméra cachée, pour qu’il puisse y avoir ensuite une analyse réalisée par les autorités compétentes », rappelle la militante Dina El Sayed.

    SOS Racisme a, cette année, testé 23 plages entre Nice, Marseille et Montpellier, mettant en évidence des pratiques récurrentes de discriminations. L’association continue d’appeler les pouvoirs publics à réagir.

  • La riposte des gens du voyage à une loi liberticide et stigmatisante

    La riposte des gens du voyage à une loi liberticide et stigmatisante

    Le texte « fourre-tout » adopté le 21 juillet est censé apporter des réponses immédiates aux troubles à l’ordre public. Sont ciblés, rodéos urbains, free party, protoxyde d’azote et… Gens du voyage.

    « Français, nous avons des droits et des devoirs. Ce texte fait des amalgames intolérables, nous considère comme une sous-catégorie de citoyens et condamne le mode de vie itinérant », réagit le varois Sacha Zanko, de l’Association nationale des gens du voyage citoyens. « On nous reproche d’occuper des terrains de façon illicite. C’est criminaliser la conséquence du défaut d’accueil ». Depuis 26 ans, sur 95 concernés par la loi Besson seuls 12 départements respectent l’obligation de création de lieux adaptés.

    Un texte scélérat

    « Où devons-nous nous arrêter lorsque les lieux autorisés n’existent pas ? », interroge la tribune. On laisse ainsi se répéter des tensions avec les communes et les expulsions. Victimes de l’incurie de l’État, ils sont désignés comme « problème à l’ordre public ». Cette loi qui punit, amende, contrôle et traque, marque une nouvelle étape dans le harcèlement institutionnel des voyageurs. Avec en fond, le risque de voir ravivées de sombres pages de l’Histoire, rappellent les associatifs : « éradiquer un mode d’habiter trouve ses racines dans les lois racistes de la seconde Guerre Mondiale ».

    Par ailleurs ce texte ne propose aucune solution. « Il fallait un texte qui renforce la loi Besson. Si les schémas étaient respectés, ces déplacements ne poseraient plus de problème », estime Yohan Salles, président du Comité des Tziganes de Paca. Mais c’est jusque dans l’hémicycle que les représentants associatifs ont été bannis du débat. Les signataires demandent l’abrogation des articles 19 à 22 de la loi.

  • La prévention du sexisme est un sujet pour les Fadas

    La prévention du sexisme est un sujet pour les Fadas

    La base nautique de Tholon s’est mise aux couleurs du village des Fadas du monde depuis mardi. Chaque jour, concerts, spectacles, ripaille les pieds dans l’eau et trinquées à la buvette des Amis de la fête ponctuent les jours comme les nuits. Au cœur de la fête, habillées d’une chasuble sur lequel figure un œil bleu, certaines personnes vont à la rencontre des festivaliers pour parler prévention.

    Il s’agit des bénévoles du dispositif Safer, ou « plus sûr ». Sur leur stand, des informations et des outils pour comprendre, prévenir et traiter les violences sexistes et sexuelles. « On est une organisation spécialisée dans le milieu festif pour répondre au sentiment d’insécurité des femmes » explique Ange, coordinatrice du dispositif sur le village des Fadas. Sur la table, il y a notamment le violentomètre. « C’est un outil qui fonctionne très bien pour sensibiliser les victimes et les auteurs de violences » explique la coordinatrice, prenant l’exemple d’« un garçon venu nous voir sur un autre festival, persuadé que c’était de sa faute de s’être fait violer car il avait trop bu ». « Il a réalisé que ça n’était pas normal », insiste Ange.

    Liberté ou non-droit ?

    Selon la militante, la fête n’est « pas forcément plus propice aux violences que le travail ou la rue », mais reste pour beaucoup « un moment ou un espace synonyme de liberté, voire de zone de non-droit ». Selon l’étude menée avec l’institut Gece sur 7 festivals et leurs 10 000 participants, « 75 % des personnes interrogées estiment que les violences, discriminations et VSS se produisent fréquemment en festival », resitue la coordinatrice.

    Ce sentiment de liberté est notamment renforcé par la consommation d’alcool. « Cela crée une désinhibition et la foule peut aussi indure ce sentiment d’impunité » appuie Ange. Pour répondre à ces situations, plusieurs solutions. Comme des petites cartes en papier, marquées « t’es relou » ou « quand c’est non c’est non ». Ces cartes ont au verso une explication simple de pourquoi elles ont été données et renvoient vers un site internet contenant des fiches pédagogiques. L’idée étant de « ne pas faire reposer la charge éducationnelle sur les victimes » selon le site internet.

    Au besoin, le dispositif peut aussi et surtout accueillir les victimes. « On peut venir discuter au stand, ou bouger ailleurs. On est une bulle de bienveillance et de repos pour redescendre de ses émotions et envisager un après, comme plainte ou pas », décrit Ange.

    Le dispositif est en lien étroit, comme la Ville de Martigues, avec Solidarité femmes 13. « Ce sont des professionnels capables de sécuriser les personnes au plan psychologiques et assurer un suivi », détaille la coordinatrice, également « formée aux premiers secours en santé mentale », utile en cas « de crise d’angoisse » notamment.

    Le dispositif Safer sensibilise aussi les autres acteurs du festival. « Ils nous ont proposé une mini-formation avec la Ville en tant que responsables de la buvette », indique Marianne Bocca, de l’association des Amis de la fête. « Nous sommes attentifs à l’exagération sur l’alcool, mais il n’y en a pas encore eu » remarque-t-elle. Sur le comptoir en bois, des autocollants aux couleurs du dispositif ont été posés. « L’ambiance est bon enfant, je ne me sens pas en insécurité. Mais ça peut quand même arriver et on a été formés pour savoir quoi faire et à qui s’adresser », affirme la responsable. La Ville de Martigues a également distribué des tracts sur lesquels figurent des numéros de services d’urgence et d’accompagnement. « Toutes ces initiatives contribuent à dissuader les mauvais comportements » assure Ange, de Safer. Et que la fête profite à tout le monde.

    « Safer dissuade
    de mal
    se comporter »

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Concert de rap, documentaire sur le racisme, atelier pour sensibiliser les adolescents aux discriminations… Une programmation riche et variée est prévue pour le festival d’éducation populaire Regarde sous tes fenêtres, qui se tiendra aux alentours de la place Pechiney de jeudi à samedi. « C’est important pour nous que ce festival se déroule dans l’espace public et qu’il soit gratuit, accessible à toutes et tous », explique Julie Vuoso, fondatrice et programmatrice du festival.

    Jeudi, le festival commencera avec un apéro d’ouverture, suivi d’un spectacle jeune public, d’un repas de soutien au festival à prix libre, puis d’une soirée de projection de films. Ce sera d’abord un documentaire sur le racisme dans la cité minière qui sera projeté, réalisé spécialement pour le festival par Maya Perusin Mysorekar, artiste en résidence à Château-Arnoux-Saint-Auban. « Le festival est né de l’histoire de la cité ouvrière. à Saint-Auban, tout a été construit par l’usine et pour l’usine. Le passé industriel de la ville fait qu’il y a eu beaucoup d’immigration depuis toujours. Le festival permet de faire de ce passé migratoire une richesse », avance Chloé Droulin, coordinatrice de la Maison commune, qui coorganise chaque année le festival avec la MJC. « En 2006, il y a eu la délocalisation de l’usine, et un abandon de l’espace commun de Saint-Auban. On a voulu proposer un événement dans la rue pour faire revenir la vie collective », explique Julie Vuoso. « Il y avait très peu de commerces, donc l’idée est aussi d’animer la vie locale. C’est un choix, par exemple, de ne pas proposer de nourriture pour le festival, mais que ce soit pour les commerçants, et que l’événement serve à tout le monde sur la cité, que les gens qui travaillent toute l’année puissent s’y retrouver », avancent les deux organisatrices.

    « Un espace inclusif »

    « L’idée du festival, c’est aussi de créer dans notre programmation un espace inclusif où tout le monde est représenté, de ne pas faire une programmation où il n’y a que des personnes blanches, des hommes », ajoute la programmatrice.

    Le film Pédale Rurale, qui raconte l’organisation de la première Pride à la campagne, sera ensuite projeté. « L’idée a toujours été de proposer une programmation pluridisciplinaire, avec de la danse, du théâtre, de la musique, des films », explique Julie Vuoso. Vendredi, Myriam Soulanges proposera « un récit chorégraphique qui interroge les héritages de la domination patriarcale et de l’histoire coloniale guadeloupéenne ».

    Le festival est financé par la mairie, le Département, la Drac et la Dilcra. Le théâtre Durance prête son matériel, essentiel pour mener à bien le projet. Des mineurs étrangers non accompagnés viennent également de Digne pour prêter main forte à titre bénévole.

    Programme : rstf.fr/programme.html

  • [Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »

    [Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »

    La Marseillaise : Comment vous êtes-vous lancée dans la musique ? Est-ce que ça a toujours été une passion pour vous ?

    Mélissa Laveaux : Non. Je voulais être médecin, puis peintre et ballerine. Je me suis mise à faire de la musique pour soutenir des associations pour lesquelles j’étais bénévole, comme des associations féministes d’Ottawa, la ville où j’ai grandi, qui soutiennent les femmes qui sont victimes de violences sexuelles, des associations punk. C’était mes communautés et c’est pour ça que je me suis lancée dans la musique. Tout le monde m’a dit qu’il fallait que je mette ma musique sur Myspace. Cela fait plus de 20 ans que je fais de la musique, donc Spotify n’existait pas encore. Pas mal de gens m’ont découverte sur Myspace, et c’est là où mon ancien label m’a repérée. Maintenant, je suis devenue une artiste indépendante et autoproduite.

    La Marseillaise : Vous chantez en plusieurs langues, mais plus en français. Pour quelle raison ?

    Mélissa Laveaux : Je chantais en français, mais on m’a dit que mon français n’était pas correct, alors que je suis francophone, c’est ma langue maternelle. Du coup, j’ai arrêté de chanter en français en France. Je l’ai vraiment pris comme une insulte personnelle. Je refuse de chanter en français en France. J’ai perdu l’envie. Par contre, je chante en français au Québec. Et je chante en créole parce que physiquement, sensoriellement, c’est hyper délicieux. C’est comme manger un bon dessert. Je compose par rapport au goût.

    La Marseillaise : Quelles sont vos inspirations musicales ?

    Mélissa Laveaux : J’aime beaucoup le groupe écossais Young Fathers. J’ai toujours aimé Nina Simone. Après, il y a une énorme panoplie de chansons qu’on m’a fait écouter quand j’étais plus jeune. J’étais beaucoup inspirée par la Tropicalia brésilienne, par des artistes cubains, des femmes à la guitare. C’est ce qui m’intéresse beaucoup.

    La Marseillaise : Vous vous considérez comme un ovni ?

    Mélissa Laveaux : Oui. J’aimerais beaucoup qu’il y ait d’autres personnes qui fassent de la musique bizarre. Je trouve que je fais de la musique bizarre parce que j’écris pas de chansons d’amour. J’écris des chansons sur la mort, sur la maladie, sur la destruction de la planète. Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je chanterais des chansons d’amour et je me tairais politiquement.

  • 2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    Une vague arc-en-ciel a déferlé dans les rues de Toulon samedi après-midi, à l’occasion de la 7e édition de la Marche des fiertés. Près de 2 000 personnes se sont offert un shot de couleur et de bonheur qui a largement dépassé les frontières du cortège. Le point d’orgue d’une après-midi festive et militante, débutée dès 13h place d’Armes, où était installé le Village des fiertés, animé par des associations LGBTQIA+. De quoi faire monter la température avant le départ de la Marche vers 17h.

    Chacun avait une bonne raison d’être là

    Cette année, le mot d’ordre de la Quinzaine des fiertés était « Être soi-même est un droit, pas un privilège ». Un slogan qui fait écho « aux lois votées sans être appliquées et aux discriminations subies par les personnes LGBT », explique Bruno Savian, président du collectif Fiertés Toulon. Chacun en a fait sien et a su trouver sa place en ce moment de communion, à l’image de Johanna, venue, avec sa fille de 10 ans, soutenir son fils, Tony, dans son parcours de transition : « Trop peu de parents le font », déplore-t-elle.

    Pour Élodie, c’était une première : « Je me suis renseignée sur l’événement et le contexte m’a beaucoup plu. » Et l’occasion d’inculquer à son petit garçon « qu’on est tous égaux, peu importe qui on est ». Stéphane et Yann, tous deux Seynois, sont des habitués. Dans une ville où le RN gagne du terrain, « il faut se faire entendre, à Perpignan aussi, par exemple, et dans toute la France ». Et ne plus avoir peur d’être soi : « Sortez du placard ! », s’exclame Yann. « Aujourd’hui, il y a des familles, des personnes handicapées… Cette Marche montre aux gens qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont représentés. »

    Eva, elle, tient à rendre hommage « aux personnes qui sont mortes pour nos droits, pour pouvoir s’aimer ». Pour la jeune femme, il n’y a qu’un moyen de le faire : « Aimez-vous et ne le cachez pas. » Un message simple, pour une idée nécessaire.

  • Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    C’est demain sur le pavé toulonnais que la nouvelle édition de la Marche des fiertés est attendue. Le principe est simple : rendre visibles celles et ceux qui ont longtemps été contraints au silence à cause de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, victimes de rejets et de violences ou de stigmatisations sociales.

    Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il reste encore du boulot, d’autant plus dans la Var, où l’extrême droite exerce de plus en plus son emprise sur les consciences. Rappelons que la députée RN Laure Lavalette avait dénoncé la programmation du Théâtre Liberté sur la thématique du genre avec ce type de propos : « Non, nous ne sommes pas tous concernés par ces théories nauséabondes… propagande LGBTQI avec l’argent du contribuable. »

    Raison de plus pour venir se mobiliser dans l’espace public et dire non à toutes les discriminations qui demeurent encore hélas une réalité dans de nombreux domaines.

    Festive et revendicative

    Et toutes les avancées obtenues ont été arrachées comme toujours par la lutte et la mobilisation. La Marche des fiertés s’inscrit dans cette tradition de lutte collective.

    L’occasion aussi d’alerter sur les violences homophobes et transphobes qui continuent.

    Une Marche des fiertés revendicative donc qui n’en oublie pas pour autant la dimension festive. La joie, la créativité et l’expression collective devenant alors aussi des moyens de résistance aux passions tristes exacerbées par les réactionnaires de tout crin.

    Rendez-vous donc ce samedi 13 juin dès 13h sur la place d’Armes.

    Pour ce qui est du programme, la journée sera marquée par plusieurs temps forts politiques et associatifs. Ainsi de 14h45 à 15h15, les associations prendront la parole afin de rappeler les réalités vécues par les personnes LGBTQIA+, les combats encore nécessaires et l’importance d’une mobilisation collective face aux discriminations.

    À noter également parmi les prises de paroles annoncées, la présence du premier adjoint à la mairie de Toulon, Julien Orlandini, ainsi que de Patrice Cazaux, adjoint à la Citoyenneté. Un signe fort envoyé par la municipalité à toutes les minorités.

    Vers 17h15, le cortège aura rejoint l’avenue de la République où un discours militant sera prononcé par le Collectif Fiertés Toulon et l’association Trans-mission Var. Afin de rappeler que « la République doit protéger tous ses enfants, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre ».

    Chacun devant prendre sa part dans la construction d’une société réellement égalitaire.

    La journée se terminera par la fête de 19h30 à 00h avec DJ Set sur la place de l’Equerre.

  • À Nîmes, la gauche imprime ses premiers choix

    À Nîmes, la gauche imprime ses premiers choix

     Grands électeurs

    et nouvelle adjointe

    Premier temps fort, très procédural mais politiquement décisif : la désignation des délégués appelés à voter aux sénatoriales. À l’issue du scrutin, la majorité Nîmes en commun obtient 109 délégués supplémentaires, auxquels s’ajoutent les 42 élus municipaux. Le groupe RN-UDR décroche 28 délégués, tandis que les deux groupes de droite, partis cette fois sur une liste commune, en obtiennent 15.

    Dans la foulée, le conseil a élu Agnès Charaix-Py comme adjointe au maire, en remplacement de Sibylle Jannekeyn, contrainte par les statuts des Écologistes de choisir entre son poste municipal et sa vice-présidence à Nîmes Métropole. L’élue conserve l’Agglo, sa camarade hérite de la délégation à la végétalisation et à la renaturation. Un symbole dans une ville minérale, où l’adaptation au réchauffement climatique ne pourra plus rester un supplément d’âme.

     La tribune vide du RN

    Le débat s’est vite crispé autour du nouveau règlement intérieur. En cause : la répartition des tribunes politiques dans Vivre Nîmes, avec 400 signes garantis à chaque groupe, puis une part proportionnelle au nombre d’élus. En l’absence de Julien Sanchez, pourtant prompt à dénoncer la moindre « confiscation démocratique » depuis ses réseaux sociaux, c’est Sylvie Josserand qui est montée au créneau pour le groupe RN-UDR. Elle dénonce « l’indécence démocratique » ainsi qu’un cadeau à la droite minoritaire. Julien Plantier lui a répliqué que le RN n’avait même pas utilisé sa tribune dans le dernier numéro : « Utilisez votre espace avant de donner des leçons. » L’image clôt le débat.

     Les comptes de l’ère Fournier

    Le rapport de la Chambre régionale des comptes, portant sur la gestion 2019-2024 de la Ville et de Nîmes Métropole, n’a pas provoqué le grand déballage. Le maire a reconnu qu’il ne contenait pas de révélation « sensationnelle », tout en relevant les alertes sur le recours accru aux contractuels et vacataires. La majorité promet une démarche de « déprécarisation ». Sur les finances, Gilles Guillaud a pointé une épargne nette en recul, de 22 millions d’euros en 2024 à 16,8 millions en 2025, malgré un niveau d’investissement élevé. La droite, elle, revendique l’héritage Fournier : dette maîtrisée, équipements soutenus, finances solides. Le vrai test, lui, est déjà renvoyé au budget 2027.

     Laïcité, fiertés et lignes rouges

    La fin de séance a pris une couleur plus idéologique. Le RN s’est abstenu sur une subvention de 500 euros à l’association organisatrice de la Marche des fiertés, destinée à financer des ateliers de lecture théâtralisés pour le jeune public. Marianne Bernède, adjointe à la lutte contre les discriminations, a rappelé l’urgence d’éduquer contre les haines, après la mort récente d’un jeune homme de 19 ans à Metz à la suite d’une agression homophobe.

     L’apéritif de la discorde

    Le moment le plus chaud de la journée est venu en toute fin de séance. L’élu RN Titouan Thomas s’étonne de l’absence, cette année, de l’apéritif de convivialité offert depuis vingt-cinq ans par la ville à l’issue de la messe folklorique de Pentecôte pendant la feria : une tradition qui avait traversé toutes les alternances, y compris celle du communiste Alain Clary. Nicolas Cadène, élu de la majorité et ancien rapporteur de l’Observatoire national de la laïcité, est précis : une dépense publique directement attachée à une cérémonie religieuse contrevient à la loi de 1905. Même raisonnement pour la cérémonie de Jeanne d’Arc.

    Franck Proust a dénoncé une « laïcité négative qui divise ». Avant de conclure, Cadène glisse un rappel à l’attention du RN, qui partageait pour l’occasion les mêmes indignations que la droite : le groupe accumule les condamnations pour violation de cette même loi de 1905 qu’il prétend défendre. À Nîmes, la nouvelle majorité veut marquer sa différence : respecter les traditions, oui, mais sans confondre patrimoine, culte et argent public. Un équilibre délicat, qui dit déjà beaucoup du mandat qui s’ouvre.

  • La CGT fait bloc contre la discrimination syndicale

    La CGT fait bloc contre la discrimination syndicale

    « Pressions », « menaces » ou « procédures disciplinaires » à l’intention de délégués CGT ou de salariés syndiqués… L’Union locale (UL) de la CGT Timone-Capelette a dénoncé, mardi, les pratiques de plusieurs structures qu’elle soupçonne de recourir à une forme de « discrimination syndicale ».

    « Depuis plusieurs mois, les organisations composant notre Union locale constatent une multiplication de situations préoccupantes visant des militants, élus et syndiqués CGT engagés dans la défense des salariés et l’amélioration de leurs conditions de travail, note François Batista, secrétaire général de l’UL. Nous nous réunissons aujourd’hui pour rendre visibles ces éléments, mais aussi pour envisager des initiatives qui puissent nous permettre d’inverser la situation. » Parmi les structures pointées du doigt : l’Amicial, association d’aide à domicile. L’une de ses salariés, déléguée syndicale et élue au CSE, serait, d’après l’UL, actuellement en arrêt de travail des suites d’une « agression verbale » de la part de sa direction. Elle serait également « l’une des seules employées toujours sous-classée au regard de son ancienneté et de ses diplômes ». L’UL insiste sur la multiplicité des cas identifiés qui « interrogent sur des pratiques patronales qui tendent à fragiliser l’exercice des libertés syndicales ». Ces revendications seront portées lors de la mobilisation prévue le 25 juin, à l’appel de la CGT Santé et action sociale, pour défendre les salaires et les conditions de travail.