Quand, au cœur de l’été dernier, le nom d’Olivier Galzi a jailli comme possible candidat à la mairie, la circonspection dominait. Que vient faire cet ancien journaliste TV, passé ensuite dans le groupe d’ingénierie auprès de collectivités locales Edeis et qui possède aussi sa propre société de conseil en relations publiques ? S’il a passé une bonne partie de sa jeunesse à Avignon, Olivier Galzi ne s’était jusque-là jamais impliqué dans la vie locale au sens large. À l’instar de Patrick de Carolis à Arles, ex-PDG de France TV devenu maire en 2020, Olivier Galzi aura donc réussi son pari.
Novice en politique, sans soutien officiel de partis politiques, il insistait quelques minutes après s’être annoncé vainqueur sur le volet historique de sa victoire. « Le défi continue », commente-t-il, regardant dans le rétroviseur d’une demi-année, « où on est arrivé face à des partis structurés là depuis longtemps, qui avaient cultivé leurs réseaux et qui étaient persuadés de n’être jamais délogés ». Tout de même bien marqué à droite, avec une équipe de campagne ayant œuvré dans ces cercles-là et quelques colistiers aussi, Olivier Galzi a aussi profité de la défection, en novembre, de Julien Aubert (LR). Il a donc su aimanter et mobiliser l’électorat qui avait le plus envie de changement après douze ans de gestion de Cécile Helle (PS).
Après être arrivé en tête au 1er tour sans creuser de forts écarts, la différence s’est opérée dans l’entre-deux-tours, où il a clairement donné le tempo, invisibilisant Anne-Sophie Rigault (RN), en perdition de voix (-800 en une semaine), pour se poser en alternative la plus crédible à la liste d’union à gauche. À l’image de ce que sait faire la gauche quand elle appelle au vote utile et faire barrage à l’extrême droite, Olivier Galzi a utilisé la même recette en « jouant sur les peurs », selon Anne-Sophie Rigault, pour dénoncer « l’alliance PS-LFI de la honte ». Avec un rassemblement dit citoyen, jeudi dernier, dans la plus pure tradition de la gauche. Dimanche soir, au sein de la gauche candidate, bien qu’en déplorant « une campagne dégueulasse », on ne pouvait que s’incliner face à « une stratégie de com’ qui a bien fonctionné ».
Comme à Toulouse ou Limoges, où les listes PS et LFI ont fusionné, l’alliance n’a pas été couronnée de succès non plus à Avignon. Quasiment à égalité au premier tour (234 voix d’écart), David Fournier (PS, 19,89%) et l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) se sont rapidement mis d’accord pour poursuivre la campagne ensemble. Sur le papier, le cumul des voix pouvait permettre de nourrir de sérieux espoirs de victoire.
À l’arrivée, le calcul était plutôt bon, puisqu’en une semaine, la gauche progresse de 450 voix et récolte 38,01% des suffrages. Bien, mais largement insuffisant face au boom dix fois plus important d’Olivier Galzi (+4 454 voix), alors que la participation a cru de 3,6 points. Dimanche soir, personne ne remettait en cause cette stratégie d’union, préalable indispensable pour espérer l’emporter à condition qu’une dynamique s’enclenche. « Il y a eu des réflexes réactionnaires à l’œuvre », analysait David Fournier à chaud, faisant un parallèle au national avec Toulouse, Limoges ou Poitiers. Mais au-delà de cet entre-deux-tours, une partie de la défaite réside aussi dans une ambiance fin de règne, où la course à la succession de Cécile Helle a laissé des traces, tandis que les insoumis et leurs partenaires gagnaient aussi du terrain. Durant de trop longs mois, les habitants ont assisté au bal des prétendants, la situation ne se décantant vraiment qu’un mois avant le 1er tour, avec le renoncement de Paul-Roger Gontard. Pendant ce temps-là, Olivier Galzi a pu imprimer auprès de la population.
à revoir
Avec 51,25% de participation dimanche, Avignon enregistre un léger mieux de 3,6 points, soit quelque 2 000 votants de plus. Mais on reste très loin de 65,4% des municipales de 2014 ou des 60,7% du second tour des législatives de juillet 2024. C’est là aussi que la gauche a joué une partie de sa défaite en ne mobilisant pas assez les quartiers dits populaires. Par exemple, au groupe scolaire Louis-Gros, bureau le plus faible en votants (32,53%), David Fournier réalise 58,39%. Son plus gros score est à Saint-Chamand (65,95%), là où seulement 33,15% des inscrits se sont déplacés. Lors des législatives, la participation était presque de 54% dans ce bureau, qui avait alors très massivement voté pour Raphaël Arnault. À l’inverse, Olivier Galzi fait le plein en centre-ville, comme à l’école Bouquerie, où il enregistre son meilleur score (63,29%) dans le bureau qui a le plus voté (68%).

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