Comment faire l’impasse sur l’inénarrable cas orangeois ? Ancien maire de la cité des Princes entre 1995 et novembre 2021, Jacques Bompard (Ligue du sud), 83 ans, brigue un 6e mandat dans dix jours. Il postule après avoir purgé une peine d’inéligibilité – raccourcie – pour prise illégale d’intérêts. Jacques Bompard compte donc reprendre la main à son fils maire, Yann, lui aussi condamné pour emploi fictif fin janvier et déclaré inéligible. Une sanction qui frappe également la députée RN Marie-France Lorho, conseillère municipale sortante, qui ne peut figurer sur les listes.
Mais au-delà de ces cas médiatiques, d’autres profils, pas forcément condamnables judiciairement, éclairent sur le côté très réactionnaire du parti. À Morières, après avoir été directeur de cabinet du maire RN Grégoire Souque, Joris Varjabédian est cette fois candidat sur la liste [en 2020, il l’était aussi mais à… Marseille dans les 11-12, sur la liste de Stéphane Ravier]. Un homme à la forte conviction royaliste, le collectif No Pasaran épinglant ses publications à la gloire de Louis XVI. En véritable nostalgique de l’ancien Régime, chaque 21 janvier, il regrette la décapitation de l’ancien roi. « Depuis, la France continue de purger sa peine pour l’assassinat de ce monarque innocent », écrit-il en 2019. Contacté, il assume son opinion : « Je n’ai strictement rien à me reprocher. Si déplorer la décapitation d’un homme relève du fascisme, je laisse ces admirateurs de Robespierre à leurs délires », réagit Joris Verjabédian renvoyant No Pasaran à son soutien à la Jeune garde. « Plutôt que de décréter de véritables fatwas contre ceux qui ne pensent pas comme eux, ces gens-là feraient donc mieux de balayer devant leur porte et de faire profil bas », pique-t-il.
Dans la ville centre d’Avignon, certains profils interrogent aussi. Comme celui de Clément Gautier. S’il n’est pas candidat sur la liste RN d’Anne-Sophie Rigault, il la soutient ardemment. « Avignon mérite la droite. Sus aux gauchistes », écrit-il sur son profil Facebook toujours actif, au sujet d’une réunion publique d’Anne Sophie Rigault mi-février. Un style trivial pour ce membre influent de l’Action française, dont il dirige l’une des éditions. Après la mort du militant identitaire Quentin Deranque, il relaie une réaction de l’Action française, estimant que « l’heure est à la réaction française et populaire contre l’engeance gauchiste, par tous les moyens, même légaux ». Et conclut « à bas les rouges ».
Caroline Lopez est, elle, en revanche candidate (25e position). « Employée de pharmacie, artiste peintre, défenseure des animaux », présentait Anne-Sophie Rigault, vendredi soir lors d’un meeting dévoilant sa liste. Elle aurait pu ajouter : appel à la sédition par la violence. Dans des publications sur Facebook, supprimées depuis, elle enjoint à défendre la France par les armes ou relaie des pseudo-blagues racistes. Rappelons qu’elle a été candidate FN aux départementales 2015 sur le canton de Pernes, accédant au second tour.

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