La Marseillaise : On a découvert jeudi dernier avec surprise
que vous n’étiez pas sur la liste
de Martine Vassal…
Sabrina Agresti-Roubache : Personne ne m’a écarté de nulle part. C’est moi qui ait dit à Martine Vassal il y a trois semaines que je n’irai pas avec elle sur ces élections.
… Pourquoi ?
S. A.-R. : Ce que j’avais envie d’incarner sur cette liste n’allait pas être représenté à mes côtés. Mais il y a aussi des raisons personnelles, je ne fais pas partie de cette génération de politiques qui a besoin de beaucoup de mandats pour s’engager. Mes engagements ne se résument pas à la politique, donc la décision n’était pas si difficile pour moi à prendre. D’ailleurs, je n’étais pas là depuis le début de la campagne, je ne me suis pas affichée. J’ai été très honnête avec Martine Vassal. On a pris le thé à la maison chez elle, j’ai dit : Martine, je ne viendrai pas avec toi, je ne me sens pas à l’aise, ce n’est pas mon élément. Je suis une macroniste de la première heure, ce qui présageait de la liste ne correspondait pas forcément à mon ADN. Ce qui n’empêche pas que j’y ai des amis que je soutiens, et je mettrai mes réseaux à leur service. J’ai poussé pour que Sandra Blanchard soit 13e dans la liste, par exemple, parce que s’il faut renouveler la classe politique, il faut regarder les profils émergents de talent comme elle.
Ces «amis» justement, ils ne sont pas assez nombreux sur la liste pour vous ?
S. A.-R. : Renaud Muselier est le président de Renaissance dans la région. C’est lui qui a mené ces négociations avec Martine Vassal, qui a soutenu Martine Vassal avant qu’elle ne soit investie par Renaissance. C’est à lui de dire si cette liste correspond à ce pour quoi il s’est engagé au côté de Martine Vassal. C’est plutôt moi qui pose la question ! J’ai des exigences sur les valeurs, pas sur les personnes, ni sur les nombres !
Pour ces valeurs, vous aviez alerté en réclamant un arbitrage de Gabriel Attal…
S. A.-R. : Sur le RN j’ai toujours été très claire. On peut tout me reprocher, sauf ça. Je vais aller droit au but. Il ne faut pas se tromper d’adversaire. Moi mon adversaire, c’est le RN et je continuerai à le combattre jusqu’au bout. Aujourd’hui dans les sondages, ils font jeu égal avec Benoît Payan. Alors quel que soit celui qui finit deuxième ou troisième, quoi qu’il arrive, je prendrai mes responsabilités comme d’habitude pour appeler à battre le RN. Quoi qu’il arrive.
Martine Vassal se distingue-t-elle assez du RN ?
S. A.-R. : Martine Vassal a toujours dit je suis de droite, moi j’ai toujours dit que j’étais une fille du centre. Mais la réalité, par expérience politique, c’est que l’on juge toujours les gens par leurs actes. Personne ne peut présager, en fonction des déclarations, ce qu’ils vont faire face aux événements.
Votre association politique
Avec Sabrina ! a été dissoute
le 15 décembre, vous n’avez plus du tout d’ambition élective à Marseille ?
S. A.-R. : Sur les municipales, j’ai pris cette décision, qui est importante dans un chemin de vie. J’ai été conseillère régionale, députée dans une circonscription difficile, ministre un an après. J’ai considéré que dans le moment politique où l’on se trouve, je ne m’y retrouvais pas. Mais cela ne veut pas dire que j’abandonne toute ambition politique ! Ni pour Marseille, ni pour mon pays. Ce n’est pas parce qu’on ne s’implique pas dans une élection qu’on ne s’implique pas dans la vie de la cité. Je crois à l’engagement, à la société civile.
Quelle forme va prendre cet engagement maintenant ?
S. A.-R. : J’ai décidé de beaucoup m’impliquer auprès du collectif des familles de victimes. Je viens de là, Aïcha [membre du collectif, Ndlr] c’est mon amie d’enfance. J’ai vu trop d’enfants mourir. J’étais encore hier [lundi] matin avec la maman du petit Abderrahim [âgé de 15 ans, il a été retrouvé mort le 28 novembre dernier, Ndlr] qu’on a dépaysée. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir comment tu aides ces familles sur le plan accompagnement psychologique, relogement, mise à l’abri de nos jeunes. Quand tu permets à un jeune de quitter Marseille parce que tu sais qu’il risque de tomber dans le narcotrafic, tu n’as pas l’impression d’avoir été utile ? Moi ce qui m’intéresse, c’est le terrain. Mon engagement prend cette forme-là. Pour le moment !

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