Tag: Renaissance

  • Renaud Muselier siègera dans le groupe Union centriste

    Renaud Muselier siègera dans le groupe Union centriste

    Fin du suspense. Vingt ans après avoir quitté l’assemblée nationale où il siégeait sur les bancs de l’UMP, Renaud Muselier ne siégera finalement pas dans le groupe RDPI où se retrouvent la plupart des sénateurs Renaissance même s’il conserve sa carte au sein du parti présidentiel.

    Élu sénateur des Bouches-du-Rhône dimanche, il a choisi de rejoindre les rangs du groupe de l’Union centriste et indépendants (UCI) au Palais du Luxembourg. Un groupe présidé par Hervé Marseille, dont le nom n’est pas sans résonance pour l’ancien président de la Région Sud.

    Il a annoncé son choix ce jeudi, peu avant la séance de rentrée de la chambre basse, chez nos confrères de Public Sénat, en rappelant son souhait de s’inscrire dans la majorité sénatoriale conduite par Gérard Larcher (LR). A cette heure, le groupe macroniste RDPI n’a toujours pas acté sa participation à la majorité sénatoriale, même s’il devrait s’y retrouver.

    Soutenu lors des sénatoriales par une coalition rassemblant Renaissance, l’UDI et Les Républicains, l’ancien député et ancien secrétaire d’État entend ainsi conserver une position transpartisane au Sénat.

  • Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Depuis Madrid, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l’État a dénoncé des propos « rapportés évidemment gravissimes et inacceptables ». Il a intimé aux « responsables politiques » du RN de « clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses ». Immédiatement, l’intéressé a répliqué. « Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui », a cinglé Jordan Bardella sur X.

    Emmanuel Macron s’était rendu à Jérusalem et en Cisjordanie le 24 octobre 2023, 17 jours après les attaques du Hamas contre Israël qui ont fait 1 221 morts. Il n’avait, en revanche, pas pris part à la marche contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre 2023 à Paris par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, arguant que son « rôle » était « de continuer à préserver dans cette période l’unité du pays et de ne jamais renvoyer dos à dos les uns et les autres ». Jordan Bardella s’est de son côté rendu en Israël en mars 2025, à l’invitation du gouvernement d’extrême droite israélien, pour participer à une conférence contre l’antisémitisme.

    Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait notamment écrit le futur président du RN qui conteste « formellement » en être l’auteur. Emmanuel Macron a également déploré « la violence langagière » de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à l’encontre de Mediapart. Une telle violence « conduit toujours après à une escalade et, même quand c’est métaphorique, ce qui doit accompagner un débat démocratique, c’est le respect », a réagi Emmanuel Macron. La veille Marine Le Pen a conseillé au site d’investigation de revêtir son « costard en Kevlar », la matière utilisée pour les gilets pare-balles. Une référence d’une « violence sidérante », a dénoncé Mediapart.

    Mais la macronie depuis son accession au pouvoir a contribué à l’intensification de ces attaques envers les médias. N’est-ce pas Emmanuel Macron lui-même qui en 2018, après les révélations autour de l’affaire Benalla, chargeait « une presse qui ne cherche plus la vérité ». Des médias qui, selon le chef de l’État chercheraient à se substituer au « pouvoir judiciaire » ? Une rhétorique reprise par la droite en la personne de Nicolas Sarkozy – pour ne citer que lui – à l’extrême droite.

    Philippe et Braun-Pivet

    se réveillent

    Il s’agit d’une crise de campagne majeure pour la candidate qui survole les sondages, dans laquelle d’autres candidats se sont également engouffrés mercredi. « Le RN prétend avoir changé mais, à intervalles réguliers, ses candidats et ses cadres expriment des opinions scandaleuses », a jugé Édouard Philippe (Horizons) dans le Parisien, en référence aux « brebis galeuses » que le RN se félicite d’exclure au premier signalement, lors de chaque séquence électorale (lire ci-dessous). Chez Les Républicains en revanche, le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a refusé à ce stade de réagir.

    Autre figure à s’insurger, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) qui a assuré mercredi n’avoir « jamais cru » que le RN soit devenu, comme il s’en enorgueillit, « le bouclier de la communauté juive ». Rappelant que le Front national a été fondé par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour négationnisme, elle a évoqué « les accointances de ce parti pendant des années avec toute la sphère antisémite et complotiste ».

    Et pourtant, c’est bien à l’issue d’un arrangement tacite avec le RN que le bloc central a pu faire réélire Yaël Braun-Pivet à la tête de l’hémicycle. En échange, les élus d’extrême droite ont obtenu des postes clés au palais Bourbon, dont deux vice-présidences. Réagissant à l’affaire, le sénateur communiste Ian Brossat insiste sur X : « tous les imbéciles qui ont donné des brevets de respectabilité au RN devraient mourir de honte ». Ils sont nombreux.

  • À Oraison, le photovoltaïque fait disjoncter la séance

    À Oraison, le photovoltaïque fait disjoncter la séance

    Jeudi, le maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Ren.), évacuait la salle du conseil municipal de tout le public et les journalistes présents, sans aucune concertation avec les conseillers municipaux. Agacé par le bruit et l’agitation provoqués par la vingtaine de militants présents pour protester contre la construction d’une centrale photovoltaïque, il déclarait d’office le huis clos à la fin du conseil, avant la délibération en question. La mise au vote est pourtant obligatoire pour décider le huis clos, comme l’indique l’article L. 2121-18 du Code général des collectivités territoriales : le conseil municipal doit « décider (…) à la majorité absolue (…) qu’il se réunit à huis clos ». « Sans ce vote préalable, la séance est irrégulière », selon un arrêt du Conseil d’État du 18 janvier 1967.

    « Cette situation soulève la question sur la régularité des délibérations adoptées ensuite qui pourraient être contestées et annulées par le juge. Il est également possible de saisir le préfet pour examen de la légalité », a réagi Isabel Gamba, à la tête de l’opposition DVC, qui avait voté contre la délibération. Elle attend des précisions et des réponses du maire « avant de décider des suites à donner ».

    Le collectif contre les centrales photovoltaïques qui a appelé à manifester pendant le conseil, Elzéard Lure en Résistance, indique également être en train d’étudier « toutes les suites juridiques possibles ». Le chef de file de l’opposition RN, Jean-Michel Angelvin, qui s’était abstenu, indique de son côté compter « sur la bonne foi du maire » et ne pas initier de démarche. Contacté, Benoît Gauvan n’a pas souhaité s’exprimer avant la conférence de presse qu’il organise ce lundi soir.

  • Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Ce devrait être le point d’orgue de la campagne Devésa-Muselier ce jeudi : la réunion publique du président LR du Sénat, Gérard Larcher, à Aix-en-Provence, pour appeler à serrer les rangs autour de cette liste officiellement investie par LR et la majorité sénatoriale. Un temps fort annulé le matin même en raison d’une réunion urgente qui a retenu le 2e personnage de l’État à Paris.

    Il n’en fallait pas plus aux listes concurrentes pour interpréter la nouvelle comme un acte de défiance à l’issue d’une campagne marquée par la désunion à droite où les listes de Valérie Boyer, sortante LR, et d’Hervé Granier, maire LR de Gardanne concurrencent celle conduite par Brigitte Devésa la sortante UDI avec le président de Région en deuxième position.

    « Je crois que le président Larcher n’a guère apprécié les prises de position Facebook de Brigitte Devésa sur les sénatoriales du Var où elle a soutenu en quelques jours la liste UDI puis la liste LR », souffle un proche d’une liste concurrente considérant que « les Bouches-du-Rhône, c’est un terrain miné, surtout depuis que Bruno Retailleau soutient à titre personnel Valérie Boyer. Gérard Larcher n’a pas voulu mettre les pieds dans la boue ».

    Le logo Renaissance est-il un repoussoir ?

    Dans l’entourage de Renaud Muselier on estime que « ces murmures sont de vastes conneries » en brandissant une lettre signée de la main de Gérard Larcher, « adressée à Brigitte Devésa et Renaud Muselier dans laquelle il explique son empêchement et confirme le soutien de la majorité sénatoriale et son soutien personnel à leur liste ».

    Parallèlement, depuis quelques jours, des grands électeurs ont reçu une lettre dans laquelle Valérie Boyer qui fait campagne en tant que « représentante de la vraie droite » est décrite comme plus que complaisante avec le macronisme.

    « Je ne sais pas d’où ça vient, peut-être de l’extrême droite », confie un élu centriste qui regrette, pour sa part, que le président de Région n’affiche pas l’étiquette Renaissance sur son bulletin de vote. « Pour moi ce n’est pas un repoussoir », déplore-t-il.

    Hervé Granier, ostensiblement poussé par la très macroniste Sabrina Roubache, se garde d’afficher toute appartenance partisane sur son matériel de campagne. « Je veux porter la voix des maires », martèle-t-il à l’envi.

    Valérie Boyer, quant à elle, arbore le logo LR alors même que la commission nationale d’investiture de son parti et la fédération LR des Bouches-du-Rhône soutiennent le tandem Devésa-Muselier. Pour ne rien arranger à la confusion, Catherine Pila, la rivale malheureuse de Ludovic Perney lors des élections internes à la présidence de LR 13 figure sur la liste de… Valérie Boyer. « Si Valérie fait son siège, Ludovic Perney devra rendre des comptes », prévient-on dans l’entourage de la sénatrice.

    L’annonce de la suppression de la gratuité des transports dans l’ex-Pays d’Aubagne par Nicolas Isnard le président LR de la Métropole, sans concertation avec les maires concernés, n’aide pas à éclaircir l’horizon. « Je soutiens la liste conduite par Brigitte Devésa et Renaud Muselier. Pour autant, j’ai beaucoup de sympathies pour nombre de candidats qui se présentent à cette élection aussi. Que le meilleur gagne dimanche », déclare-t-il. Sur la liste Devésa-Muselier, Véronique Miquelly, maire d’Auriol, commune touchée par l’abandon de la gratuité figure… en troisième position. « Ce choix aurait pu être évité ou au moins temporisé si chacun avait pris ses responsabilités lors du dernier conseil métropolitain à commencer par MM. Payan et Squillari », rétorque un soutien de la liste en question.

    Quelles conséquences sur les sénatoriales ? Verdict dimanche.

  • La perte du label du Parc de Camargue fait des remous

    La perte du label du Parc de Camargue fait des remous

    « Comment accepter que son Parc naturel régional n’ait aujourd’hui plus de charte pour fixer le cap des quinze prochaines années ? » s’émouvait l’élu d’Arles Nicolas Koukas (PCF) début août, à l’adresse de la vice-présidente de région et présidente du Parc depuis 2022 Anne Claudius-Petit (Ren.). Ceci « Alors que notre territoire est confronté à des enjeux qui ne peuvent plus attendre : réchauffement climatique, montée des eaux, risques inondations, érosion du littoral, risques d’incendies, préservation des écosystèmes », listait l’élu. En cause, l’échéance de la charte régissant le Parc en février 2026, non renouvelée à temps. Un retard causé par les difficultés du Parc ces dernières années, selon la présidente.

    L’ombre de la THT

    Mais voilà, alors que Nicolas Koukas demandait si « les positions successives du Président de région », Renaud Muselier (Ren.) étaient à l’origine des blocages, la Présidente explique à La Provence le 4 septembre que « La fin du mandat de Roland Chassain et celui de Patrick de Carolis ont posé des difficultés ».

    Le maire d’Arles Patrick de Carolis (Horizons) réfute toute responsabilité : « Surprenant d’expliquer ces difficultés par un mandat clos depuis plus de 4 ans ». « La procédure de renouvellement avait été actée par délibération du 14 avril 2022. La Région a retiré de son assemblée plénière du 24 juin la délibération de renouvellement de la charte » retrace Patrick de Carolis. L’intéressé a « rectifié » le propos de La Provence le jour même, en s’inscrivant « dans les réussites de mes prédécesseurs ». Mais au fond, le Parc restera sans label au moins jusqu’à fin 2029 tandis que les controversés projets de ligne Très haute tension et de contournement d’Arles restent en cours.

  • L’eurodéputé Renaissance Grégory Allione soutient Édouard Philippe

    L’eurodéputé Renaissance Grégory Allione soutient Édouard Philippe

    « Je suis convaincu que la France a besoin d’un leader d’expérience et d’une majorité de gouvernement capable de guider notre pays sur le chemin d’une France forte, souveraine, protectrice et confiante en son avenir », justifie celui qui affirme se reconnaître dans « une ligne de droite républicaine, sociale, exigeante et profondément attachée à l’autorité de l’État » et qui avait rejoint en 2025 le mouvement Populaires fondé par Gérald Darmanin, lequel s’est rallié le 17 août au maire du Havre. Et de former le vœu que ses idées « soient présentes au second tour de l’élection présidentielle et qu’elles puissent l’emporter ».

  • À Châteaurenard, Attal pointe « la démence normative » française

    À Châteaurenard, Attal pointe « la démence normative » française

    Après la Vendée, les Yvelines, la Savoie, le Morbihan où le Finistère, avec cette douteuse sortie médiatique sur les aires d’accueil des gens du voyage, la tournée estivale de campagne de Gabriel Attal, passait jeudi par les Bouches-du-Rhône et le Marché d’intérêt national (MIN) de Chateaurenard.

    à l’aube, entre deux cagettes de fruits et légumes, face aux agriculteurs, grossistes et acheteurs, le macroniste à la chemise blanche, aurait pu parler de la baisse annoncée de la production sous l’effet du dérèglement climatique. Il a choisi cette fois encore de gratter à sa droite en rappelant sa volonté de mettre fin à la « démence normative française », donnant l’exemple d’un agriculteur verbalisé car un salarié ne portait pas de chaussures de sécurité « en plein été ».

    « Ne pas avoir réussi à libérer toutes les énergies, tous ceux qui ont envie de faire et de travailler, c’est peut-être l’un des échecs de ces dernières années », note celui qui entend aller plus loin dans la destruction du modèle social français en promettant de « rapprocher le salaire net du salaire brut ». Caressant les agriculteurs en leur promettant de lutter contre la concurrence déloyale, il assure que leur revenu, et plus largement les salaires et les rémunérations français, sont une des quatre grandes priorités de son projet.

  • Vaucluse : au centre droit, ça se bouscule aussi pour les sénatoriales

    Vaucluse : au centre droit, ça se bouscule aussi pour les sénatoriales

    Combien de listes aux sénatoriales seront à la disposition des quelque 1 300 grands électeurs vauclusiens le 27 septembre ? Si les candidatures ne seront officiellement déposées qu’à partir du 7 septembre, les prétendants sont déjà en campagne. De manière officielle, comme les sénateurs sortants Jean-Baptiste Blanc (LR) et Lucien Stanzione (PS), ou encore en sous-main pour d’autres qui n’ont pas encore officialisé ou réfléchissent.

    Notamment au centre droit. Actuellement, l’espace se polarise autour de Jean-Baptiste Blanc, qui a reçu l’investiture LR, et rêve d’une « liste d’union sacrée » qui pourrait viser au moins deux sièges. Le sénateur discute toujours avec Olivier Glazi, maire (DVD) d’Avignon, qui compte « peser » dans la campagne. La majorité avignonnaise doit arrêter une position dans la semaine et valider la candidature de l’adjointe Anaïs Hausmann, compagne d’Olivier Galzi. Une rencontre Blanc-Galzi-Hausmann est prévue le 15 juin mais l’hypothèse d’une alliance n’est pas la plus épaisse.

    D’autres Vauclusiens sont tentés par un rapprochement avec Olivier Galzi. Comme Adrien Morenas, ex-député macroniste de la 3e circonscription jusqu’en 2022. « Je prospecte pour une liste d’union du centre, d’Édouard Philippe au centre gauche, confie l’ex-parlementaire, adhérent Renaissance, mais aujourd’hui sans mandat. Je discute avec des élus locaux, je suis en contact avec Olivier Galzi, sa méthode est intéressante, j’adorerai qu’il m’apporte son soutien, si j’y vais c’est pour mener la liste. » À ce stade, difficile d’imaginer le maire d’Avignon se ranger derrière un ex-député macroniste. « Soit je porte la liste, soit je n’y vais pas », assure Adrien Morenas.

    L’élue régionale Sylvie Viala « prépare une liste »

    S’il ne cherche pas le soutien de Renaissance, l’ex-présidente du parti macroniste en Vaucluse, Malika Di Fraja a, elle, fait acte de candidature à l’investiture. Et ce, il y a un mois dans un communiqué assez lunaire où elle se lance juste en réponse à la diffusion de « Maréchal nous voilà » dans les rues de Carpentras le 8 mai. Sollicitée, Malika Di Fraja est aux abonnés absents. Lors de la campagne des municipales, on l’avait aperçue à plusieurs reprises lors de meetings d’Olivier Galzi. Éric Bruxelle, adjoint au maire (Renaissance) à L’Isle-sur-la-Sorgue pourrait prétendre à l’investiture. Enfin, la présidente vauclusienne du Modem, Sylvie Viala, est aussi sur les rangs, sans exclusive de son parti. « Je prépare une liste et un projet mais il est trop tôt pour en parler », nous confie l’Avignonnaise, également conseillère régionale, donnant rendez-vous « à la fin du mois ». Tout en précisant qu’il n’y aurait « que des élus » sur sa liste. Fermant donc la porte à Adrien Morenas ou Malika Di Fraja.

  • [Sénatoriales] Dans les Bouches-du Rhône, des unions mises à l’épreuve

    [Sénatoriales] Dans les Bouches-du Rhône, des unions mises à l’épreuve

    « Cette fois, le scrutin se prête moins aux manœuvres qu’en 2020 », sourit-on dans les états-majors. À quatre mois des sénatoriales, les candidats multiplient les visites sur le terrain à la rencontre des élus du territoire, et de ces 3 600 grands électeurs du département des Bouches-du-Rhône qui auront à élire huit sénateurs, le 27 septembre prochain, alors que les regards se tournent déjà vers la présidentielle. Six ans en arrière, chaque camp était parti divisé. L’union de la gauche faisait face aux guérinistes, les Républicains et Renaissance faisaient bande à part. Mais le contexte politique a drastiquement changé, et les lignes de force ont bougé sur le territoire : en retrait dans le département, la gauche peut compter sur sa progression à Marseille, qui pèse pour un tiers des voix, tout comme l’extrême droite qui a aussi mis la main sur plusieurs municipalités.

    Reste à savoir si cette progression, moins importante que ce qu’escomptait le camp lepéniste, suffira à ouvrir les portes du palais du Luxembourg au RN. « Nous espérons bien faire deux sièges », avance son délégué départemental Franck Allisio, quand bien même il ne comptabilise que 400 grands électeurs dans son camp. Ce qui n’assure qu’une seule place au Sénat. « Systématiquement, les listes RN ont dépassé le nombre de grands électeurs du RN », argumente-t-il. Le parti d’extrême droite a ainsi misé sur une tête de liste confiée à une transfuge de la droite, la vice-présidente du conseil départemental Marie-Pierre Callet, pour grappiller ces voix (notre édition du 19/05). Un choix dans lequel beaucoup voient la main du vice-président du RN Sébastien Chenu, et dont s’est désolidarisé le député Romain Baubry. Mais il faudra composer avec une autre liste à l’extrême droite emmenée par le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier, qui risque de diviser les voix et coûter un deuxième siège. « Ça a toujours été convenu comme ça », assure Franck Allisio pour écarter tout soupçon de trahison après l’accord des municipales. Au-delà de ses proches élus à Marseille, le sénateur sortant avait déjà grappillé plus de 200 voix hors de son camp lors du dernier scrutin. De quoi réduire les marges de manœuvre à droite.

    Celle-ci compte pourtant bien réaliser « 3,75 sièges », calculait Renaud Muselier. « Il y a un rapport de force très majoritairement à droite », souligne la très droitière sénatrice LR sortante Valérie Boyer. Candidate à sa réélection en attendant la commission d’investiture de son parti début juin, elle assume l’union avec le président (Ren.) de Région, qui s’est déclaré début avril pour conduire une liste d’union. « Je prêche pour l’entente, c’est dans l’intérêt commun », défend aussi Valérie Boyer, en assumant qu’« une liste, ça représente des courants divers ». Mais tandis que la sénatrice UDI Brigitte Devesa annonçait ne pas vouloir descendre sous la quatrième place, elle avertit : « Le courant centriste est très faible. C’est bien d’avoir des grandes ambitions, mais il faut faire des sièges. » « Il n’y a aucune décision prise, Renaud Muselier avance et travaille avec Gérard Larcher et les élus locaux », explique son directeur de cabinet Romain Simmarano. Avec l’annonce vendredi du retrait de la course de la ministre déléguée Sabrina Roubache, officiellement pour se concentrer sur son action gouvernementale (notre édition du 23/05), « le jeu s’éclaircit un peu » estime-t-il.

    L’éclaircissement ne devrait pas tarder à gauche aussi. « L’idée, c’est d’avoir une union la plus large possible, dans la mouture de ce qui s’est fait la dernière fois », avance-t-on dans l’entourage du maire de Marseille. « Nous avons décidé de partir sur une liste commune, avec la même configuration et les mêmes candidats qu’en 2020 », complète le sénateur (EELV) Guy Benarroche. Les communistes doivent ainsi avaliser leur stratégie cette semaine, Marie-Arlette Carlotti tient la corde au PS. Mais chez les écologistes, ils sont quatre candidats face au sénateur sortant, dont l’adjoint des 2-3 Thomas Laffare et l’ancienne responsable de la tutelle des Écologistes Paca, Samia Lakehal. Élue suite à la condamnation de Jean-Noël Guérini qui avait conduit sa propre liste en 2020, Mireille Jouve (DVG) a de son côté entamé une tournée des élus du territoire. Au risque de diviser les voix à gauche, alors qu’à la tête de la municipalité marseillaise un veto est mis contre sa présence sur une liste d’union.

    Le 27 septembre prochain, quelque 63 départements – dont les six départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur – auront à renouveler 178 sièges au Sénat, la moitié de l’hémicycle. Au total, 87 000 grands électeurs devront élire leurs représentants, au nombre de 22 dans la région : un dans les Alpes-de-Haute-Provence ainsi que dans les Hautes-Alpes, élu au scrutin majoritaire, trois en Vaucluse, quatre dans le Var, cinq dans les Alpes-Maritimes et huit dans les Bouches-du-Rhône, élus au scrutin proportionnel. Un vote obligatoire, sous peine d’une amende de 100 euros. Première étape, les conseils municipaux éliront leurs délégués le 5 juin prochain, représentant seulement une partie des élus dans les communes de moins de 9 000 habitants, l’ensemble du conseil jusqu’à 30 000 habitants, et des citoyens supplémentaires au-delà, auxquels s’ajoutent les élus départementaux, régionaux et les parlementaires. Les listes devront être déposées du 7 au 11 septembre, avant le vote du 27 septembre.

  • Sabrina Roubache ne sera pas candidate aux sénatoriales

    Sabrina Roubache ne sera pas candidate aux sénatoriales

    Il n’y aura finalement pas de duel entre le président (Ren.) de Région Renaud Muselier et la ministre déléguée Sabrina Roubache pour les sénatoriales. Celle-ci a finalement décidé de ne pas se lancer dans la course pour le palais du Luxembourg, nous indique son entourage, confirmant une information du média Politico.

    Officiellement, la ministre déléguée n’a pas assez de temps à consacrer à une campagne de sénatoriales et préfère se consacrer jusqu’au bout à ses fonctions au ministère de l’Enseignement et de la Formation professionnelle.

    Si cette décision pourrait être liée au soutien du président de Région à la candidature de Gabriel Attal pour la présidentielle, on rappelle dans les rangs macronistes qu’elle est plus tenue par l’action gouvernementale que par le parti Renaissance lui-même.