Une menace d’amende administrative pouvant s’élever jusqu’à 45 000 euros sous le sapin. En ce début de mois de décembre, les services de l’État ont adressé une mise en demeure à Auchan pour lui imposer la réalisation de prélèvements et d’analyses de ses tours aéroréfrigérantes, dans son hypermarché de la Valentine dans le 11e arrondissement de Marseille, afin de détecter la potentielle présence de légionelles.
C’est que les agents qui ont contrôlé l’hypermarché de quelque 14 000 mètres carrés, le 23 septembre dernier, n’ont pu que constater que contrairement aux règles en vigueur, « suite au redémarrage saisonnier des tours aéroréfrigérantes en mai 2025, aucune analyse en legionella pneumophilia n’a été réalisée dans un délai d’au moins quarante-huit heures et d’au plus une semaine », relève l’arrêté préfectoral. C’est que les dernières analyses remontaient au 4 mai 2024. Soit depuis la fermeture de l’ancien Casino, repris par le groupe Mulliez. Or, cette bactérie qui se développe dans les circuits d’eau peut causer de sévères infections respiratoires, avec un taux de mortalité de l’ordre de 10%. En 2023, quelque 223 cas de légionellose ont été référencés en région Provence-Alpes-Côte d’Azur selon Santé publique France. De quoi justifier la mise en demeure, avant que la climatisation de l’immense hypermarché ne soit remise en service, pour le mois de mai prochain, même si les analyses réalisées le 16 septembre ne relevaient aucun risque.
Mais le géant de la grande distribution n’est pas le seul à être visé. À Vitrolles, la société Provence huiles a reçu au début du mois une mise en demeure similaire, après une inspection réalisée le 30 septembre dernier, faute d’avoir révisé son analyse méthodique des risques de prolifération de légionelles depuis… quinze ans.
C’est que la préfecture a voulu taper du poing sur la table. Une campagne de sensibilisation a ainsi été lancée cet été, sous l’égide de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), expliquent les services de l’État par communiqué ce mercredi. Près de 200 établissements ont ainsi été contactés au mois de juin, avant une opération de contrôle de grande ampleur pour 70 d’entre eux en septembre. « Plus de la moitié présentaient des non-conformités », pointe l’État. Avant de rassurer sur « une maîtrise globalement satisfaisante du risque ». À Marseille, ces inspections préconisaient notamment de mettre en demeure la municipalité pour qu’elle mette à jour l’analyse des risques aux Docks des Suds, et de lui prescrire des travaux à la Friche de la Belle de Mai. Des mises en demeure étaient également demandées pour la Nouvelle compagnie des détergents savons de Marseille à Sainte-Marthe (14e) et pour le syndic Michel de Chabannes, pour sa copropriété de la Riante (8e), où les seuils de concentration en légionelles ont été dépassés en juin 2024.

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