Une nouvelle vague de chaleur place 22 départements en vigilance orange canicule, et il n’y a pas que les Français qui en souffrent. La nature aussi. La température de l’étang de Berre atteint les 28 degrés en son centre, et 30 degrés à proximité des plages. Un record, « surtout dans la durée du phénomène, qui a commencé mi-juin », souligne Raphaël Grisel, directeur du syndicat en charge de la réhabilitation de la lagune, le Gipreb.
Cette chaleur entraîne des réactions physiques et biochimiques en cascade, qui peuvent mener à une asphyxie de l’étang. « L’eau chaude contient déjà moins d’oxygène que l’eau froide. Elle engendre des développements de phytoplanctons. On a des eaux très vertes voire marron à certains endroits. Ces phytoplanctons, aux cycles de vie très court, sédimentent le fond de l’étang et génèrent des dégradations par les bactéries présentes, qui consomment de l’oxygène et réduisent encore le volume d’air dans l’eau. »
En 2018, une situation similaire avait mené à une crise de malaïgue dévastatrice, qui avait touché 93% de la surface de l’étang de Berre. Cette année, certaines zones confinées à la pointe de Berre ou à Saint-Chamas ont connu de tels épisodes, mais globalement, la lagune tient le coup. « Le protocole (qui interdit à la centrale EDF les rejets d’eau douce pendant les mois de juillet et août, ndlr) semble plutôt bien marcher, même dans des situations critiques, commente Raphaël Grisel. On a une température de l’eau assez extrême mais la salinité est homogène et la stratification est assez peu présente, grâce à de petits coups de vent qui brassent et réoxygènent. »
« On peut espérer que ça tienne encore, mais s’il n’y a pas de gros coup de vent avec la vague de chaleur ça va devenir vraiment critique, poursuit-il. Chaque année, les températures sont plus élevées. On voit où on va. Il faut continuer de mettre en œuvre les mesures pour poursuivre la sécurisation de l’état de l’étang en été et aller plus loin. Ça passe par la réduction des apports en nutriment, que ce soit par les rivières ou EDF, et par la réouverture du tunnel du Rove, qui apportera des eaux marines qui seront plus fraîches et permettront de le climatiser. »




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