Avignon : les crédits perdus de la LEO virent à l’enjeu électoral

« La LEO, c’est “le crime de l’Orient express” d’Agatha Christie. Tout le monde a donné son coup de couteau mais personne ne reconnaît être l’assassin… », image Julien Aubert. Le très probable candidat LR aux municipales illustre la complexité d’un dossier que l’État et la Région ont, lundi, remis à (encore) plus tard. Questionné par La Marseillaise lors du nouveau contrat de plan État-Région, le ministre des Transports a confirmé que les crédits initialement prévus pour la réalisation de la tranche 2 de la liaison Est-Ouest [55 millions de l’État et 38 de la Région sur un projet chiffré en 2014 à 142 millions – qui a doublé entretemps] sont fléchés ailleurs.

À moins de 5 mois des municipales, la LEO, déclarée d’utilité publique (DUP) il y a 22 ans, redevient un fort enjeu électoral. Accusée par plusieurs candidats mais aussi par le président (Ren.) de Région Renaud Muselier d’avoir fait capoter le projet, Cécile Helle maire PS (la Ville n’est pas financeur) a, dans La Provence ce mercredi, remis la responsabilité sur l’État en rappelant « que l’Autorité environnementale, organisme étatique, a sorti un rapport [mi-2020] en disant que le tracé prévu était une catastrophe écologique et environnementale ».

À droite, Julien Aubert, Olivier Galzi ou Stéphan Fiori plaident tous pour réaliser la LEO telle que prévue, se rangeant ainsi derrière les positions des présidentes des Départements de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône. Le collectif Voix d’Avignon, représentant le bloc macroniste, accuse la Ville et son « refus dogmatique », souhaitant « en 2026 remettre l’intérêt général au centre ». Côté Gard, Pascale Bories, maire LR de Villeneuve-les-Avignon a été, lundi, la première à réagir pour demander de prolonger la DUP et de sanctuariser la 3e tranche [Courtine – les Angles avec un pont sur le Rhône].

À gauche, les candidats issus de la majorité défendent eux, la position de Cécile Helle et du Grand Avignon sur une LEO reconfigurée. Une « néo-LEO », selon Paul-Roger Gontard (La Convention) qui, soulignant « que le vieux projet n’a jamais été sincèrement financé par l’État », milite pour un tracé « partant du barreau de Rognonas, longeant la Durance, raccordé au MIN de Chateaurenard, connectée aux sorties d’autoroute avec un nouvel échangeur pour l’A7 au niveau de Cabannes ». Il souhaite aussi un nouveau pont sur le Rhône.

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