Face à l’impunité de l’ultra droite les élus de gauche s’inquiètent

À la Ville, l’adjoint à la sécurité Sébastien Cote confirme le phénomène  : « Depuis un mois, la présence physique et symbolique de l’extrême droite est en pleine recrudescence à Montpellier. » Dans la rue, les passages à l’acte fascistes et les affiches racistes et homophobes sont généralement signés le Syndicat de la famille (ex-Manif pour tous), les Jeunes d’Oc ou le Bloc Montpelliérain… Fin septembre, le prestataire municipal est venu à bout de plusieurs pochoirs « White lives matter », érigés contre un prétendu racisme anti-blanc. Plus récemment, il est aussi intervenu sur des pochoirs « Stop Immigration » revendiqués par le groupuscule les Jeunes d’Oc, et tagués sur des panneaux routiers. « Je pense que l’État doit en prendre toute la mesure et mener des investigations en ce sens », lâche Sébastien Cote, qui affirme avoir conservé les clichés et les tenir « à la disposition de la justice ».

Point d’orgue de cette ambiance nauséabonde, l’intrusion violente d’un groupe de militants d’extrême droite dans la manif du 18 septembre, et l’agression perpétrée dans le quartier des Beaux-Arts ce même jour… Mais pour l’heure, pas de nouvelle de l’enquête malgré le signalement du maire PS Michaël Delafosse, et le courrier cosigné par les parlementaires socialistes Fanny Dombre-Coste et Hussein Bourgi à destination du préfet. « Pourquoi, malgré la présence d’agents de la BAC et des escarmouches répétées, aucun ajustement des moyens n’a-t-il permis d’arrêter ou d’interpeller ces individus ? Y a-t-il eu une mauvaise évaluation de la dangerosité de ce groupe d’extrême droite ? », ont-ils interrogé, avant de réclamer une entrevue. Sans suite pour le moment.

Le silence de la préfecture
en question

Une situation et un silence qui inquiètent l’ensemble des élus de gauche. Selon Fanny Dombre-Coste, ces méfaits « doivent questionner tous les républicains ». « Le souvenir des exactions à la fac de droit est encore vif dans nos mémoires. Nous ne devons tolérer aucune atteinte aux libertés publiques », réagit la députée, alarmée par les vidéos et le rapport détaillé de l’Observatoire des libertés de Montpellier (OLM), qui a clairement pointé l’inertie policière dans ce document publié mi-octobre.

Même sidération du côté du député écologiste Jean-Louis Roumegas, dont un collaborateur a été victime d’une agression « par des nervis d’extrême droite qui se croient tout permis  » lors des législatives de 2024. « C’est à la préfecture d’agir. Nous, élus, nous devons appuyer l’Observatoire des libertés et la Ligue des droits de l’Homme qui se sont mobilisés sur cette question. Si une action est organisée, nous la soutiendrons ! ».

Si la Ville refuse quant à elle de commenter l’inaction policière du 18 septembre, elle partage globalement la position des deux élus cités. « À un moment il va falloir sans doute que les forces progressistes réagissent, ajoute Sébastien Cote. Elles trouveront toujours la Ville de Montpellier à leur côté. S’il faut aider une mobilisation nous le ferons... »

« À un moment, il va falloir que les forces progressistes réagissent »

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