Tag: Municipales

  • [Entretien] José Morales : « Un service public de qualité à La Bouilladisse »

    [Entretien] José Morales : « Un service public de qualité à La Bouilladisse »

    Il dit avoir deux passions : celle de l’architecture et celle de son village, où sa famille s’est installée. Il est à la fois d’origine italienne du côté maternel, et espagnole du côté paternel.

    La Marseillaise : Pourquoi avoir décidé de briguer un nouveau mandat ?

    José Morales : Je ne crois pas aux hommes providentiels. J’ai une équipe très soudée qui voulait continuer avec moi et qui m’a poussé aussi. Une nouvelle page va s’écrire. Avec beaucoup d’enjeux en termes d’aménagement du territoire. Et je trouvais que c’était bien d’aider à participer à cette écriture.

    Vous pensez à la petite « révolution » de l’arrivée du Val’Tram, cet été, à La Bouilladisse ?

    J.M. : Oui. C’est une révolution en termes d’aménagement, de déplacement, sachant que le train desservait La Bouilladisse jusque dans les années 1970. Le Val’Tram, c’est un combat de 30 ans, et j’ai été un des initiateurs avec d’autres maires du territoire. Parce que le Val’Tram, tout le monde se l’approprie, même Monsieur Gazay [le maire (LR) d’Aubagne, Ndlr]. On avait imaginé, il y a une quinzaine d’années, un projet en site propre, plutôt un tram-train.

    Dans la mandature à venir, quels sont les grands défis à relever pour votre commune ?

    J.M. : Je me bats depuis toujours pour préserver les territoires agricoles et naturels. À La Bouilladisse, entre les zones agricoles et boisées, plus de 60% du territoire est protégé. Il s’agit évidemment d’arrêter de miter le territoire, préserver notre ressource naturelle et puis aussi faire vivre des gens. La commune compte six exploitants. Je veux continuer à préserver ces terres agricoles et boisées. Un autre enjeu pour moi est de soutenir une politique sociale, de par mon attachement à ce village, aux gens qui y habitent. À La Bouilladisse, par exemple, nous faisons payer les repas à 1 euro pour les enfants des familles en difficulté.

    Le logement est également un enjeu primordial ?

    J.M. : Dans le périurbain, les gens viennent pour le calme. Ils achètent des maisons très chères. Et la question même du logement social est devenue quelque chose d’anxiogène. En parallèle, plein de personnes qui habitent ici ont du mal à se loger. Beaucoup de jeunes qui voudraient rester ne le peuvent pas. On voit aussi des gens qui habitent des maisons, mais qui souhaiteraient avoir un logement, peut-être au centre, proche des commodités. La plupart des gens qui viennent me voir ont un problèmepour se loger. Moi, je pense qu’il faut faire du logement social, pas de grosses opérations, il faut travailler sur la mixité.

    Votre volonté de créer du logement social a été entravée ?

    J.M. : Oui. Les deux opérations, pour un total de 120 logements, portées par la municipalité et des bailleurs sociaux sont stoppées par des recours de riverains qui refusent le logement social. Mais, depuis 2020, on a quand même livré 90 logements sociaux.

    Quelles orientations prendrait un second mandat ?

    J.M. : On a à poursuivre la rénovation énergétique dans nos écoles. On a 40 km de chemin à rénover, on en a rénové presque la moitié. Il faut encore continuer, mais c’est beaucoup d’argent, ça se fait progressivement. Après, la priorité pour moi, c’est un service public de qualité. On a une crèche municipale, on produit nous-mêmes les repas dans les cantines. On a peu de moyens et on essaie de tout mettre en œuvre pour qu’on vive bien ici.

  • Une représentante du patronat sur la liste de la droite marseillaise

    Une représentante du patronat sur la liste de la droite marseillaise

    Ce sera une année 2026, « sous le signe de l’engagement », reconnaît Corinne Innesti. À la tête, depuis six ans, de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône (CPME 13), celle qui a fondé son propre cabinet d’expert-comptable a décidé de se porter candidate auprès de « Martine ». Son credo : donner la parole aux PME et TPE qui constituent « 99% du tissu économique français et du territoire ».

    Ligne rouge

    Si elle précise se mettre en retrait de ses fonctions à la CPME, elle compte poursuivre son activité professionnelle en informant ses clients. Pour le reste, elle ne donnera pas de détails sur les dossiers qu’elle estime prioritaires.

    Seule certitude, elle souhaite que soit mise en place une instance, « une sorte de conseil économique » pour porter des « solutions concrètes ». « Sur le modèle que ce que nous avons fait à la Métropole et au Département », complète Martine Vassal, qui se félicite de donner sa place à la société civile. « Le maire a un rôle de coordinateur et d’ambassadeur », estime-t-elle.

    Et quand on lui demande si son choix ne va pas influer sur ses relations avec Daniel Salenc, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat des Bouches-du-Rhône, Jean-Christophe Trapy, vice-président CPME 13, respectivement candidats RN à La Ciotat et à Carry-le-Rouet, elle botte en touche. « C’est leur choix », martèle-t-elle, assurant que sa seule ligne rouge sera « celle de Martine. Je m’engage parce que je crois dans ses valeurs, ses compétences ». « La CPME est une organisation patronale au service des entrepreneurs et elle le reste », assure-t-elle. « Marseille est une ville cosmopolite, ouverte, ce ne sera jamais une ligne RN » clôt Martine Vassal.

  • À Port-Saint-Louis, les vœux d’union du PCF compromis

    À Port-Saint-Louis, les vœux d’union du PCF compromis

    « Jusqu’à avant-hier, nous avons essayé de faire l’union. On s’était mis d’accord, on était presque arrivé au consensus », déplore Gaël Zaafour, secrétaire de la section de Port-Saint-Louis-du-Rhône, en marge de la cérémonie des vœux du parti.

    « Notre objectif était de construire cette union », confirme Annie Stamatiou, directrice de campagne d’Aurélie Grach, candidate (DVG) de l’union de la gauche aux municipales. « Mais c’est dans La Marseillaise qu’on apprend que, finalement, La France insoumise préfère partir seule », poursuit-elle (voir notre édition de mercredi).

    « Ils ont décidé la division de l’électorat de gauche »

    Annie Stamatiou s’interroge : « Soit le député Sébastien Delogu (LFI) nous a menti en nous parlant d’union, soit il s’est fait dépasser par sa base. » Quoi qu’il en soit, retient-elle, « ils ont décidé que l’électorat de gauche partirait divisé ».

    Gaël Zaafour insiste : « La culture du PCF est l’union des progressistes pour barrer la route à la droite et l’extrême droite. » Dans la campagne, « notre objectif principal est de faire partir le maire Martial Alvarez et sa politique macroniste ».

    Lors de ses vœux, le responsable rappelait le soutien unanime des communistes locaux à Aurélie Grach : « Ses valeurs humaines, sa proximité avec les gens, son amour de Port-Saint-Louis et de ses habitants nous ont convaincus, à l’unanimité, qu’elle était la parfaite porte-parole d’une vraie politique sociale, écologiste et fraternelle pour la ville. »

    Invitée par le PCF, Aurélie Grach, qui juge « dommage » la décision de LFI, préfère penser à « convaincre et rassembler un maximum de Saint-Louisiens ». « La porte est restée ouverte jusqu’à aujourd’hui », ajoute-t-elle. La candidate présentera sa liste le 9 février à 18h, en la salle Marcel-Pagnol.

  • À Apt, la droite a mis du temps à régler sa succession

    À Apt, la droite a mis du temps à régler sa succession

    Apt s’achemine vers un 3e maire différent en moins de cinq ans. Réélue maire en 2020, Dominique Santoni avait quitté la mairie à l’été 2021 après avoir accédé à la présidence du Département. La majorité de droite avait alors choisi Véronique Arnaud-Deloy pour poursuivre le mandat. Mais cette dernière a fait le choix de ne pas se représenter pour le scrutin du 15 mars. De quoi aiguiser des appétits dans la majorité de droite.

    Toujours très active à Apt, Dominique Santoni avait indiqué, dès juin dans nos colonnes, vouloir « donner des conseils et rester sur une liste pour soutenir le candidat qui sera le plus à même de gagner ». Il a fallu attendre la mi-janvier pour que la situation se décante : Jean Aillaud, 75 ans, premier adjoint et conseiller régional, portera les couleurs d’une majorité unie. « Cette candidature s’inscrit dans la continuité d’un travail engagé depuis dix ans », annonce la tête de liste dans un communiqué. Période où Dominique Santoni a été élue maire. La présidente du conseil départemental lui apporte un « soutien plein et entier ».

    Une dissidence très vite éteinte

    La droite mise sur un maire de transition, qui incarnerait « l’expérience, la stabilité et l’efficacité face aux incertitudes et aux défis à venir ». Un pôle de stabilité en somme, comme aime à le dire Dominique Santoni au sujet du rôle des Départements. « Les Aptésiens savent qu’ils peuvent compter sur une municipalité respectée et crédible, capable d’obtenir des financements grâce à des partenariats forts avec le Département et la Région », souligne le communiqué de candidature. Le choix de Jean Aillaud n’a toutefois rien eu d’évident. Adjointe à la sécurité, Isabelle Taillier avait annoncé sa candidature, tournée encore plus à droite, en prônant « l’union des droites » et en ne se retrouvant « plus du tout » dans la ligne de la majorité. Visiblement, les lignes ont bougé puisque moins d’un mois plus tard, Isabelle Taillier revenait au bercail après des discussions « sur la mise en cohérence de nos programmes et la réaffirmation de nos valeurs respectives ». Pour la droite, l’unité a aussi pour but « de faire barrage à la gauche », dont elle estime « les projets préjudiciables ».

    Céline Celce (Génération.s), candidate de l’union de la gauche (sauf LFI qui ne présente pas de liste) appréciera le compliment. « On se rassemble sur des valeurs humanistes, de justice sociale et de progressisme », indique celle qui était candidate Nupes puis NFP lors des deux dernières législatives et était arrivée en tête au second tour à Apt face à la candidate RN élue dans la circonscription, Catherine Rimbert. Élue d’opposition, elle porte un projet « co-construit depuis un an » et se pose « en seule liste de la gauche » bien que 95% de ses colistiers ne soient pas encartés. Car un 3e candidat, élu sur la même liste que Céline Celce en 2020, est en lice : Christophe Carminati (SE), refusant toute étiquette de droite et de gauche et d’alliance au second tour.

  • Martine Vassal veut croire au renouvellement pour 2026

    Martine Vassal veut croire au renouvellement pour 2026

    Après les arts circassiens dans les hauteurs du « Bateau bleu » de la place Saint-Just, c’est une jeune collégienne qui ouvre les vœux institutionnels de la Métropole Aix-Marseille et du Département des Bouches-du-Rhône, par une reprise, en français, de John Lennon. « Tu peux dire que je suis rêveuse, mais je ne suis pas la seule », chante-t-elle devant les 7 000 personnes présentes dans le hall de l’hôtel du département (selon les organisateurs), mercredi soir.

    Des rêves, la présidente (DVD) des deux institutions, Martine Vassal, en a assurément. « Pour ce début d’année 2026, je forme le vœu que ce soit une année de courage et de confiance, lançait-elle ainsi. Une année où l’on regarde davantage ceux qui font que ceux qui parlent, où l’on respecte davantage ceux qui servent que ceux qui jugent, où l’on protège davantage ceux qui travaillent plutôt que ceux qui méprisent. » Avec dans ses propos comme un écho aux reproches qu’elle adresse régulièrement à ses adversaires, dans la campagne des municipales pour Marseille. Et la candidate de la droite et du centre de compléter : « Que 2026 soit l’année de l’espoir, du renouveau, de l’engagement. Comptez sur moi et comptez sur vous ! »

    Préserver le service public

    Elle a beau être en difficulté dans les sondages, où elle est placée loin derrière le maire (DVG) sortant Benoît Payan et l’extrême droite au premier tour, elle souligne, dans un hommage à la Provence et au monde du travail, qu’« ici, nous savons que rien ne se construit sans effort, sans respect, sans l’amour de notre territoire ». Alors elle s’inscrit pleinement dans « la valeur travail », célèbre les agriculteurs, les forces de l’ordre et de secours, les agents du service public comme les entrepreneurs « qui créent de l’emploi, de la richesse et de l’innovation ».

    Période de réserve électorale oblige, elle ne peut aborder ni son bilan, ni ses projets. « Dans un contexte difficile, malgré les contraintes budgétaires fortes imposées aux collectivités locales, nous sommes restés à vos côtés », défend-elle néanmoins. Avant de promettre « avec clarté et responsabilité » : « Nous préserverons nos missions de service public, nous continuerons d’avancer pour nos territoires. » Et alors qu’elle remet la médaille du Département aux frères Popov, champions de badminton, leur père explique que, pour faire ces champions, « il y a toute une équipe qui nous entoure ». Un conseil d’autant plus important quand s’approche le dépôt des listes pour les municipales.

  • À Aix, Philippe Klein mise sur l’écologie pour son programme

    À Aix, Philippe Klein mise sur l’écologie pour son programme

    Que ce soit en tant qu’élu d’opposition ou au cours des premières interviews données à la presse après l’officialisation de sa candidature, Philippe Klein a régulièrement rappelé l’urgence d’une transition écologique pour la ville. Investi par le parti Horizons pour le scrutin de 2026, l’ancien bâtonnier et conseiller municipal d’opposition relance le sujet dans le cadre de sa campagne.

    L’écologie ne sera pas le pilier « le plus important du programme, mais un axe extrêmement important », précise Philippe Klein. S’il doit présenter les « grandes lignes de son programme » ce samedi 31 janvier, à l’occasion de l’inauguration de sa permanence, le candidat a présenté ce week-end, « à l’occasion d’une rencontre avec ses militants et colistiers », sa « stratégie municipale d’adaptation au changement climatique ».

    Il y défend une « écologie d’action, mesurable et sans hausse d’impôts ». Car il n’y en aurait pas besoin, estime le candidat. À titre d’exemple, pour les plantations, « en utilisant les services existants, je n’aurais pas de grosses difficultés à mettre en place cette végétalisation à marche forcée. Pour l’enlèvement du goudron, cela peut être étalé dans le temps et ne nécessite pas de crédits faramineux. Tout cela va se faire dans le temps, sur le budget d’investissement qui, parfois, est utilisé à autre chose (…). Ce ne sont pas de gros projets ». Philippe Klein ajoute : « Pour les aménagements de construction immobilière, cela sera inclus dans le coût de construction d’immeubles. Il y aura un investissement qui pourrait se faire par l’emprunt, c’est pour la mise en place de centrales photovoltaïques. »

    Quatre axes

    Face à des projections climatiques préoccupantes – une hausse possible de plus de 4,8 °C d’ici à 2100 selon les prévisions de Météo-France, qu’il cite – le candidat veut une « écologie municipale qui agit là où le maire a la main ». « Depuis plus de 20 ans, rien n’est fait, au contraire, beaucoup de choses se sont aggravées », dénonce-t-il.

    Dans cette esquisse de programme, construite en miroir des projets menés par la majorité actuelle, quatre grands axes sont présentés par le candidat : la « transformation des sols », la végétalisation « intelligente » de la ville, « adapter l’architecture et les usages » et « protéger les habitants et la vie ». L’objectif affiché est de rendre « chaque année à la nature l’équivalent de 145 stades de football de sols perméables », tout en garantissant des résultats visibles « dès le premier mandat ».

  • Les Écologistes soutiendront Pascal Cabras et la liste Six-Fours à Gauche

    Les Écologistes soutiendront Pascal Cabras et la liste Six-Fours à Gauche

    La liste « Six-Fours à Gauche, Écologiste, Régionaliste et Citoyenne » a réuni une partie de ses soutiens, mercredi, pour une conférence de presse destinée à présenter les grandes lignes de son projet municipal. Cette liste rassemble de nombreuses forces progressistes (PC, PS, GRS, Parti occitan, Génération.s, Régions et Peuples Solidaires et l’Après).

    Elle a récemment été rejointe par les Écologistes, qui apportent leur soutien, sans y compter, pour l’instant, de colistiers. « Ça a pris du temps, car on voulait voir si le programme était vraiment écologiste. On a été rassuré », explique Claudie Cartereau, tête de liste de l’union des gauches à Ollioules.

    Le programme sera présenté prochainement. Il reposera sur plusieurs axes forts : respect des 25% de logements sociaux de la loi SRU, transports gratuits, création d’un tramway et d’un centre de santé, souveraineté alimentaire, police de proximité…

    Autre priorité : la lutte face à la droite et au maire (LR) Jean-Sébastien Vialatte, qui « se dilue dans l’extrême droite », soutient la tête de liste Pascal Cabras, citant notamment « le partenariat conclu entre la mairie et la maison d’édition Fayard » détenue par le milliardaire Vincent Bolloré. « C’est un acte militant de la part de M. Vialatte », dénonce-t-il. Le RN aura de son côté pour candidat, pour la quatrième fois, le député Frédéric Boccaletti, « une personne sulfureuse. Un repris de justice, condamné pour violences en réunion il y a des années », rappelle Laurent Gilbert, de l’Après 83. Alors, pour vaincre « ces deux menhirs, notre potion magique, c’est l’union », martèle Pascal Cabras.

  • À Orange, le maire Yann Bompard démis par le préfet

    À Orange, le maire Yann Bompard démis par le préfet

    C’était une formalité juridique attendue mais d’importance. Au surlendemain de la condamnation pour détournements de fonds publics du maire (Ligue du sud) Yann Bompard, le préfet vient, ce mercredi, de le démettre de ses fonctions. La peine visant l’édile d’extrême droite étant assortie d’une inéligibilité de cinq ans, avec application immédiate, Thierry Suquet a donc pris un « arrêté le déclarant démissionnaire d’office de son mandat de maire ».

    Un document qui fait perdre à Yann Bompard l’intégralité de ses mandats d’élu, malgré sa décision de faire appel. Il n’est donc à ce jour plus conseiller municipal, président de l’intercommunalité du Pays d’Orange ni conseiller départemental. Pour cette dernière fonction, son binôme suppléant Jonathan Argenson, par ailleurs adjoint à la culture, le suppléera. Pour le reste, c’est encore flou. Selon le code électoral, « en cas d’absence du maire, suspension, révocation ou toute autre cause, le maire est provisoirement remplacé dans la plénitude de ses fonctions par le 1er adjoint », précise la préfecture.

    Or le titulaire du poste, Denis Sabon, a rejoint l’opposition RN et n’a pas été officiellement remplacé dans cette fonction, qui devrait échoir à Joëlle Eickmayer, adjointe aux affaires sociales. Un nouveau conseiller municipal, issu de la liste Bompard, doit aussi faire son entrée comme élu. Si l’on suit l’ordre de la liste, il s’agirait d’Odette Marie. Ironie, le suivant de liste est Jean-Baptiste Rolland, collaborateur parlementaire de la députée RN Marie-France Lorho, condamnée elle aussi lundi avec inéligibilité.

    Un rôle de premier magistrat de toute manière très bref puisque, « pour élire un nouveau maire, il relève à présent du premier adjoint de convoquer le conseil municipal sous un délai de 15 jours suivant la démission d’office », stipule le code électoral. Soit avant le 11 février. En 2021, lorsque Jacques Bompard avait été déclaré inéligible, son fils avait pris la suite dix jours après. Le père, redevenu éligible mardi par la grâce de la justice, rêve de revenir à l’hôtel de ville par les urnes pour la 6e fois. En attendant, Orange devrait donc avoir un maire très éphémère issu de ce qu’il reste des rangs de la majorité pour achever le mois et demi de mandat.

  • Jean-Firmin Bardisa se dévoile au Pontet

    Jean-Firmin Bardisa se dévoile au Pontet

    L’actuel élu d’opposition aspire à réoxygéner Le Pontet. « Il y a toujours une solution quand les habitants reprennent la parole », estime celui qui est à la tête d’une liste « représentative de la vraie vie », avec des gens de gauche, du centre et de droite. Parmi ses priorités, la sécurité avec une « police municipale visible, présente et respectée ». Idem sur l’argent public, où Jean-Firmin Bardisa prône « une gestion rigoureuse, claire » sans « hausse d’impôts ». Le candidat veut créer un centre municipal de santé et offrir un large soutien à la jeunesse (sport, culture, formation…).

  • [Entretien] « Agir en commun », la règle d’or de Sylvain André, maire de Cendras

    [Entretien] « Agir en commun », la règle d’or de Sylvain André, maire de Cendras

    La Marseillaise : Vous êtes maire de Cendras depuis 2017. Quel regard portez-vous sur ces neuf ans ?

    Sylvain André : Pour moi, le maire a un rôle d’animateur du vivre ensemble. C’est fondamental pour faire société ; surtout dans une période où le repli identitaire s’accentue. Si je devais donner quatre marqueurs de l’ADN de l’équipe municipale, je dirais la solidarité, la culture, la transition écologique et l’éducation. Nous avons rénové le cœur du village, et c’était le plus gros projet du mandat. Nous avons aussi désimperméabilisé certaines zones, finalisé un projet d’habitat inclusif pour permettre à nos anciens de rester au cœur du village, et proposé un programme culturel dense…

    Vous vous êtes aussi engagé pour le pour des causes qui dépassent les compétences d’un maire…

    S.A. : Plus la situation internationale s’est complexifiée, plus nous avons voulu affirmer nos ambitions de paix. On soutient SOS Méditerranée, parce que je trouve que c’est l’honneur de l’humanité. On ne paie pas un bateau, on apporte 500 euros… Mais c’est un marqueur. On participe aussi à une opération de subvention qui vise à financer 1 000 fontaines pour Mayotte où l’eau est un enjeu majeur… Ce sont des petites pierres, mais elles participent à la construction de la solidarité internationale.

    En septembre, vous avez été attaqué par le député UDR Allegret-Pilot, qui est venu décrocher votre drapeau palestinien. Comment avez-vous vécu cet épisode ?

    S.A. : C’est la première fois que j’ai un peu souffert de ce genre de polémique, parce que ça a été virulent. Je venais de prononcer un discours de paix devant 70 personnes en expliquant que si Israël vivait la même chose, j’aurais mis son drapeau à la place, et j’ai à nouveau condamné les attaques du 7 octobre… Mais avec sa mise en scène, il a lancé toute la fachosphère sur mon dos. J’ai passé 15 jours à effacer des messages de haine sur mes messageries personnelles. Des messages anti-communiste, des menaces, des insultes liées à mon handicap… Ce député vit par le buzz et la « trumpisation » de la société. Ça plaît parfois aux gens, mais ce n’est pas la politique que j’aime.

    Vous allez présenter votre liste le 10 février. À quoi ressemblera-t-elle ?

    S.A. : Elle est renouvelée à 50%. Tout le monde n’est pas encarté, mais ils ont tous une sensibilité de gauche. Je suis allé voir chaque membre de la liste, j’ai expliqué qu’on allait parfois dépasser le cadre municipal, et surtout je me suis assuré qu’il n’y aurait jamais aucun propos raciste. Si nous sommes élus, nous allons nous voir quasiment tous les lundis de l’année pendant six ans. Il vaut mieux partager un socle de valeurs communes, j’y tiens.

    Quels seront les axes de ce mandat ?

    S.A. : J’aimerais faire passer tous les toits de la commune en solaire, et mettre en place une boucle d’autoconsommation solidaire qui permettra aux Cendrasiens d’acheter l’énergie produite… On souhaite aussi créer une boulangerie dans le hameau de La Blaquière, créer un accueil parent-enfant au centre socioculturel, donner une dimension plus importante au CCAS, et peut-être créer un conseil municipal pour la jeunesse… Nous sommes en train d’y travailler.

    Vous êtes aussi le président des maires ruraux du Gard. Pourquoi ?

    S.A. : On me l’avait proposé, et j’ai fini par dire oui. Je ne me retrouvais pas complètement dans l’Association des Maires de France ; j’avais besoin d’une association un peu plus piquante, pugnace, un réseau plus convivial… Ensemble, nous arrivons à nous fédérer de manière trans-partisane sur des questions locales et de proximité. On est vraiment dans l’entraide.

    Quels seront les grands combats pour les maires ruraux du Gard ?

    S.A. : Nous allons devoir défendre la commune, qui est régulièrement attaquée. L’intercommunalité peut être un atout, mais il faut que cela se fasse dans la coopération.

    Nous travaillons aussi sur le PAC (porter-à-connaissance) feux de forêts, qui ralentit le développement des territoires ruraux. On comprend qu’il faille prendre des précautions avec les feux de forêts, mais il faut trouver un équilibre… Avec l’université de Nîmes, nous participons enfin à la création d’un Diplôme Universitaire destiné aux élus. Il pourrait démarrer dès septembre. Je n’attends pas le grand soir pour agir ! On arrache tout ce qu’on peut. Et ça implique de parler avec tout le monde.