Tag: Municipales

  • Tania Teixier à la conquête de Saint-Martin-de-Crau

    Tania Teixier à la conquête de Saint-Martin-de-Crau

    Elle avait affronté Séverine Dellanegra lors des élections anticipées de 2024. Ce sera de nouveau le cas en mars. Tania Teixier se présente aux municipales pour la deuxième fois, à la tête de la liste « Saint-Martin, notre fierté », qu’elle revendique sans étiquette. La fille de l’ancien maire Dominique Teixier (DVG), qui avait été réélu dès le premier tour en 2020 avec 58,32% des voix mais qui avait immédiatement démissionné, explique que son père lui a transmis son « engagement public ».

    La directrice juridique, qui met en avant son expérience et sa présence sur le terrain, ne veut plus qu’on « l’attache à la précédente mandature ». « Je suis revenue aider Christophe Laufray qui prenait la suite de mon père, mais il n’a pas fait le job, ce qui a engendré de la dissidence et beaucoup de négativité, reconnaît-elle. C’est ce qui nous a manqué pour être élus [en novembre 2024, Ndlr]. On nous a injustement associés à cette personne, alors qu’on avait démissionné en août. »

    Attractivité, jeunesse et sécurité

    Depuis sa précédente campagne, Tania Teixier a conservé son local au 14 avenue de la République et y rencontre les habitants tous les vendredis. « Il y a beaucoup de mécontentement sur le centre-ville, ce que je comprends parce qu’il se meurt chaque jour plus, assure-t-elle. Il faut une vision à long terme, avec un management porteur pour l’attractivité afin de mettre en avant nos commerces. On a des biens publics à mettre à disposition. On pourrait par exemple imaginer un tiers lieu. »

    La candidate veut également mettre l’accent sur la sécurité : « Il y a des quartiers qui ont été laissés à l’abandon. Il faut qu’on double les caméras, qu’on remette une police de proximité. » Le lien social a également toute leur place dans son programme : « Il faut de l’intergénérationnel, mais aussi qu’on pense à notre jeunesse, qui est en train de partir, avec un comité de jeunes. »

  • L’ancienne adjointe de Martigues Anne-Marie Sudry est candidate

    L’ancienne adjointe de Martigues Anne-Marie Sudry est candidate

    Il faudrait parfois « tuer le père », selon la théorie freudienne, ou quand la psychanalyse trouve un écho en politique. C’est en tout cas ce que laisse symboliquement entendre, ce jeudi, l’ancienne adjointe Anne-Marie Sudry, lorsqu’elle affirme que « quand on ne se reconnaît plus dans la façon de faire, il faut s’en aller ».

    L’ancienne adjointe de Gaby Charroux (PCF), adhérente de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), « femme de gauche » et psychanalyste de métier, l’affirme : « Comme mes patients, une majorité doit se demander : “qu’est‑ce que je fais et qu’est‑ce qui m’arrive ?” Quand on voit la défaite lors des législatives, c’est gravissime, et il faut en tirer des conséquences », juge la candidate. Elle précise : « On va me dire que le RN est en face, mais ça ne me convient pas. J’ai le sentiment qu’au niveau local, on peut infléchir la tendance en écoutant la colère et les questions de la population. »

    Un programme à préciser

    La réflexion rejoint en partie celle du Collectif citoyen martégal, emmené par Frédéric Grimaud (LFI). « Si on n’y a pas adhéré, c’est parce qu’il y a des points qui ne conviennent pas », remarque Anne-Marie Sudry, qui était présente lors de la déclaration de candidature du représentant insoumis et de ses colistiers.

    Pour ce qui est du programme et de l’agenda politique, ils restent à préciser : « ça va venir. Pour l’instant, on n’en parle pas ». Elle se présente sans étiquette, estimant que « la ville n’a pas besoin de démonstration ».

  • L’union de la gauche fait du logement une priorité à Allauch

    L’union de la gauche fait du logement une priorité à Allauch

    « C’est toute une philosophie nouvelle que nous portons, assure le communiste Frédéric Dutoit. La liste “Allauch à gauche” offre une autre perspective. »

    « On doit sortir de la logique “eux contre nous” », donne comme image, peu avant, Dorothée Sudan (LFI), 34 ans. « Allauch mérite mieux que la gestion actuelle. Cette ville de 20 000 habitants n’est plus le petit village provençal. Il faut une gestion beaucoup moins conservatrice, qui accueille les nouveaux arrivants », plaide le socialiste Vincent Coulomb. Après l’ère Roland Povinelli, maire socialiste a qui a enchaîné les mandats (jusqu’à huit, avant de décéder entre les deux tours des municipales de 2020), la commune est tombée dans l’escarcelle du maire (LR) Lionel de Cala.

    Gratuité des transports

    Alors que la présentation chorale du programme se poursuit, Dorothée Sudan annonce : « Le logement est une priorité. C’est un sujet important de notre programme. Nous voulons stopper la pénalité de 1,3 million d’euros par an que paie la commune pour défaut de logements sociaux. » Le jusqu’au-boutisme du maire Lionel de Cala, qui refuse la construction de ces logements, « pousse les jeunes à quitter la commune », dénonce Vincent Coulomb. La liste « Allauch à gauche » veut renverser la vapeur « et relancer la construction de logements collectifs dont la moitié serait financée par des fonds publics ».

    Au chapitre « Protéger », la liste entend par exemple créer « une maison de santé ». « Il y a un hôpital à Allauch, mais il n’y a plus de services d’urgence. Cette maison pourrait déjà faire un premier diagnostic, avant d’orienter les patients vers la Timone à Marseille. » Le quatuor de la liste souhaite aussi « étudier un retour en régie publique de l’eau pour garantir un prix juste ».

    À l’école, les fournitures scolaires comme la cantine deviendraient gratuites. Alors qu’Allauch étouffe à certaines heures sous les gaz d’échappement et une circulation intense, « Allauch à gauche » veut « repenser les déplacements », pour mieux respirer, appuie Denise Triscari (Les écologistes). « Nous voulons également mettre en place la gratuité des transports en commun pour encourager leur usage. » Dans la besace de la liste figure aussi la création d’un parc public. « Cela faisait trop longtemps que les valeurs de gauche n’avaient pas été portées à Allauch », souligne Vincent Coulomb. Tout en alertant : « Il ne faut pas que la commune tombe aux griffes du RN. »

  • Les insoumis présentent leur vision du « communalisme » à Marseille

    Les insoumis présentent leur vision du « communalisme » à Marseille

    Salle comble pour la conférence des figures insoumises locales à l’Afriki Djigui Theatri, dans le 1er arrondissement de Marseille, autour de l’ouvrage Pour un nouveau communalisme, un livre collectif réalisé par l’Institut de La Boétie, l’école de formation des cadres insoumis. « C’est un outil pour clarifier notre action politique que nous menons au quotidien et dans le cadre de notre campagne municipale », campe Sébastien Delogu, tête de liste du mouvement pour la mairie de Marseille et député de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône. Notamment développée lors de la Commune de Paris en 1871, cette forme d’organisation politique est remise au goût du jour par le mouvement insoumis en vue des élections municipales. « C’est le fait de récupérer le pouvoir à l’échelle de sa commune et de son quartier », résume le candidat.

    De la théorie à la pratique

    « Le communalisme insoumis puise ses racines dans la Révolution de 1789, dans la Commune de Paris ou dans l’histoire des municipalités ouvrières », développe Allan Popelard, coauteur du livre et candidat malheureux pour LFI dans la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, lors des dernières élections législatives. Un communalisme 2.0 puisque « s’inscrivant dans les pas de Zohran Mamdani à New York [actuel maire démocrate de la ville, Ndlr] ».

    Concrètement, les insoumis entendent développer une théorie de « reprise en main populaire » des politiques municipales, en s’opposant par exemple « à l’emprise du privé dans l’espace communal » ou la perte de compétence des villes vers les Métropoles et autres intercommunalités. Vaste objectif théorique, mais avec des exemples concrets. « On l’a fait avec la rénovation de l’école de mes enfants à la Viste, complètement abandonnée par les pouvoirs publics. On s’est mis à récolter des fonds avec tout le quartier et on a rénové nous-même l’école », prend pour exemple Sébastien Delogu. Avant de citer d’autres mesures de son programme : Réquisition des logements vides, création de régie publique, création de comités citoyens…

    In fine, les militants veulent faire de cette théorie « un point d’appui dans la construction d’une VIe République ».

  • Renaud Muselier, soutien pragmatique de Martine Vassal

    Renaud Muselier, soutien pragmatique de Martine Vassal

    Aucun doute là-dessus, à Marseille, Renaud Muselier n’est « pas candidat » aux municipales, a-t-il tenu à rappeler lors de ses vœux à la presse, ce jeudi 29 janvier, et il soutient Martine Vassal (DVD). « Je pense que c’est de loin la meilleure » pose-t-il, vantant son « expérience » et sa « compétence ». À ceux qui l’interrogent sur les difficultés de la candidate de la droite et du centre dans les sondages et sur le terrain, il oppose son vécu de président élu quand on prédisait le contraire. « Les sondages ne correspondent pas à la réalité, ils donnent une ambiance », estime Renaud Muselier, pour qui la campagne des municipales n’a pas encore démarré : « Cela va s’accélérer en février. »

    Il préfère fracasser le bilan du maire DVG sortant, Benoît Payan. Un maire qui « n’a jamais été élu », a « changé je ne sais pas combien de fois de DGS (directeur général des services) », les Verts « qu’il a noyautés » et n’ont pas pu se présenter, aujourd’hui victimes d’un « syndrome de Stockholm ». Il enchaîne avec « Kessaci, pour qui j’ai beaucoup de respect, qui est là… » Et ose : « Enfin, c’est pendant le mandat du maire que ses deux frères ont été assassinés. On ne peut pas dire que c’est un mec bien quand même ! » Orange qui s’en va de Saint-Mauront, les Galeries Lafayette fermées en centre-ville, les écoles non réalisées, tout y passe… Renaud Muselier parlant de « diagnostic » et de « projet ».

    Un « pacte de raison »

    Face à la menace RN à laquelle il refuse de croire, tout en déplorant que l’extrême droite sème le « chaos » au niveau national, il prône son « mode d’emploi ». La clé : faire comme à la Région, « un pacte de raison », s’entendre au premier tour, respecter ses partenaires. Ce qu’il avait essayé de faire à l’époque, à Marseille, estime-t-il avec « Bruno [Gilles], avec Renaissance, ils ont tous voulu se [présenter], on a perdu la ville ». Convenant que pour les législatives « la droite, le centre, les socialistes on a été rincés », il reste confiant : « Ce n’est pas [pour ça] qu’on va perdre les municipales. Au contraire, la méthode que nous avons mise en place est applicable. »

    Il étrille Franck Allisio, candidat RN et conseiller régional, dont il n’oublie pas qu’il fait l’objet d’un « article 40 car il s’est servi de la Région pour faire sa campagne ». « On est susceptible de voter pour quelqu’un qui n’est même pas considéré comme bon candidat », estime-t-il. Sur sa position en cas de triangulaires, Renaud Muselier reste évasif. « Pourquoi vous ne me parlez pas de quadrangulaires ? » interroge-t-il, estimant visiblement que ce sera le cas à Marseille. Et de réclamer de la « hauteur avec de vrais débats ».

  • Un plaidoyer pour favoriser le sport populaire

    Un plaidoyer pour favoriser le sport populaire

    Gouvernance partagée, accessibilité des équipements, financements sécurisés, égalité femmes-hommes, inclusion… Dans un plaidoyer co-construit depuis cet automne avec ses clubs et ses comités, la FSGT appelle les municipalités à remettre le sport associatif de proximité au cœur de leur action. Au-delà des mesures, elle propose une méthode.

    Née en 1934 de la fusion de deux fédérations de sports ouvriers (USSGT et FST) face à la montée du fascisme, la FSGT revendique un héritage et une vision. Celle d’un sport populaire, associatif et émancipateur. « La FSGT a mis l’accessibilité au sport pour toutes et tous au cœur de son projet », rappelle Thomas Valle, coordinateur général de la fédération.

    Le contexte budgétaire tendu renforce l’urgence. « Le mouvement associatif subit des coupes qui fragilisent un service d’intérêt général : l’accès aux activités physiques et sportives », alerte Céline Machado, coprésidente de la FSGT, qui plaide pour consacrer 1% du budget de l’État au sport. Et les municipales doivent être un tournant : « Le sport associatif ne peut plus être une variable d’ajustement. Les clubs, bénévoles et pratiquants doivent être associés aux décisions locales (…). Agir pour l’égalité, ce n’est pas communiquer, c’est transformer les conditions d’accueil, de pratique et de gouvernance. »

    Ce plaidoyer, adressé aux candidats de l’arc républicain, décline neuf propositions avec l’objectif de proposer des solutions opérationnelles, pensées depuis le terrain, et structurées autour d’une conviction : sans coopération locale, pas de service public du sport. Première brique : gouverner ensemble.

    Pour Timothée Brun, en charge du développement du pôle vie associative fédérée, il s’agit d’instituer des lieux stables de dialogue où élus, services, associations et habitants co-construisent les priorités. Cette « culture de coopération » s’incarne dans un projet associatif municipal, un document-cadre négocié, qui fixe les règles. Quand un conflit surgit pour un créneau retiré ou une subvention contestée, la FSGT préconise un dispositif de médiation. L’enjeu ? Protéger la capacité d’action des associations.

    Deuxième brique : faire du sport un bien commun local. La FSGT invite les villes à co-concevoir leurs politiques enfance/jeunesse et pratique familiale avec les clubs, en s’appuyant sur l’expertise de terrain en matière de créneaux ou d’accompagnements… Une approche qui doit irriguer la planification des équipements, leur rénovation et la construction d’infrastructures de proximité, multifonctionnelles et ouvertes sur la base d’une une mise à disposition gratuite et équitable et de critères objectifs entre clubs. La FSGT porte une attention particulière à l’application de la loi de 2022 pour l’accès aux installations scolaires hors temps d’école, et celle de 2005 leur accessibilité universelle.

    Troisième brique : agir à l’échelle réelle des pratiques, car les vies quotidiennes ignorent les frontières administratives. La FSGT prône une action à l’échelle des bassins de vie avec des coopérations intercommunales ou départementales, une articulation avec le tissu socio-économique (les CE propriétaires d’équipements), la mutualisation des infrastructures et les financements croisés.

    Sans moyen, il n’y a pas de sport associatif

    Quatrième brique : sécuriser l’assise financière des clubs en sortant de la logique des appels à projets pour revenir à des financements de fonctionnement pluriannuels, fondés sur des critères transparents. Ces conventions pluriannuelles d’objectifs partagés doivent être co-élaborées « avec des objectifs communs, lisibles, évaluables ». La FSGT propose d’intégrer l’égalité femmes-hommes dans les critères de subvention. On parle ici de conditions d’accueil, parité des responsabilités, accès aux fonctions dirigeantes, efforts de formation et encouragement à la pratique. Une incitation structurante qui pousserait les clubs à faire évoluer leurs gouvernances et leurs pratiques.

    Cinquième brique : inclusion et innovation sociale. De nombreux clubs FSGT portent des projets d’inclusion : actions contre les violences et discriminations, pratiques partagées entre personnes en situation de handicap et valides, événements dédiés à des publics éloignés… La FSGT demande aux villes de faciliter ces démarches, comme elle demande d’encourager la sobriété matérielle et d’accompagner la transition écologique par de la formation.

    Reste un pilier transversal : le bénévolat. Sans bénévoles formés, pas de club vivant. La FSGT propose que les municipalités déploient des offres de formation et orientent les acteurs vers les fédérations, Cros/Cdos (Comité régional ou départemental olympique et sportif), le Mouvement associatif. Un investissement à long terme qui professionnalise l’engagement tout en préservant sa gratuité.

    Au final, la FSGT ne livre pas un catalogue, mais une méthode de gouvernance locale du sport. « Sans moyens, il n’y a pas de sport associatif fort. Et sans sport associatif fort, il n’y a pas de société juste et solidaire », martèle Céline Machado, déterminée à faire du sport un levier de transformation sociale.

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    La FSGT adresse neuf propositions aux candidats et futurs élus municipaux, articulées autour de trois axes : le rôle des associations dans la vie démocratique locale, l’action municipale pour le développement du sport, de la vie associative et de l’éducation populaire, puis le soutien aux associations et clubs, espaces de construction de la citoyenneté.

  • La maire Josée Massi donnée gagnante face au RN à Toulon

    La maire Josée Massi donnée gagnante face au RN à Toulon

    Les résultats révélés ce mercredi en exclusivité par nos confrères de Var Matin collent en tout point à l’analyse politique que nous livrons dans ces colonnes, depuis le mois de mai dernier. Nous étions en effet les seuls à affirmer que la maire sortante sans étiquette, Josée Massi, serait bien candidate. Et passions pour d’illuminés stratèges en expliquant que son positionnement lui permettait de réunir plus de voix que le candidat LR, Michel Bonnus, pour le second tour.

    Le sondage réalisé par l’Ifop entre le 16 et le 26 janvier, sur un échantillon de 602 personnes, donne en effet Josée Massi vainqueure du duel de second tour face à la candidate d’extrême droite Laure Lavalette, avec 4 points d’avance, en recueillant 52% des suffrages. Ce qui montre, dans ce cas de figure, un front républicain fonctionnant sous son nom à plein régime. Ce qui est loin d’être le cas – en tout cas dans les mêmes proportions – lorsque c’est le LR Michel Bonnus qui est testé en position de rempart contre le RN, la gauche se retrouvant peut-être alors un peu moins encline à voter pour un proche de Bruno Retailleau.

    Cela étant dit, mieux vaut rester prudent et prendre l’image fournie aujourd’hui pour ce qu’elle vaut : un indicateur des intentions de vote mesurées à ce moment-là.

    D’ailleurs, du côté de Josée Massi, on se garde bien de tout triomphalisme, même si intérieurement on ne doit pas bouder sa joie après les mauvais coups reçus et les petites trahisons entre amis encaissées. « Les sondages ne font pas les élections. Je les regarde, mais je n’en fais pas une boussole », réagit-elle sobrement, dans un communiqué. Elle poursuit : « Ma campagne démarre. Ma première ligne d’arrivée, c’est le 15 mars. » Ce qui ne l’empêche pas de voir, dans ce sondage, un encouragement, d’autant qu’elle n’avait pas encore déclaré sa candidature au moment où il a été réalisé.

    Le président de Région lâche Michel Bonnus

    Pour autant, rien n’est encore gagné ou perdu pour qui que ce soit. Il est important de le garder en tête. La ville est encore loin d’être à l’abri de la menace persistante de l’extrême droite. Il suffit de regarder le résultat obtenu dans cette enquête au premier tour, où celle-ci ne recueillerait pas moins de 39% des voix, c’est-à-dire plus que Jordan Bardella aux élections européennes de 2024 à Toulon. En tout cas, loin devant tout le monde, le deuxième candidat (Josée Massi) étant alors distancé de 15 points.

    Pour ce qui est des réactions, force est de constater que les amitiés en politique sont volatiles. On est bien placé à Toulon pour le savoir. Cette fois, c’est le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.), qui donne le la. Il a annoncé dès mercredi soir à la presse : « Michel Bonnus doit se ranger derrière Josée Massi pour battre Laure Lavalette. » C’est bien de mesurer l’urgence de la mobilisation contre l’extrême droite, mais cela reste tout de même savoureux puisqu’il était jusqu’à présent un fervent soutien du candidat LR Michel Bonnus. Son « grand ami », l’ancien maire de Toulon Hubert Falco (DVD), a dû apprécier. Ce dernier, après avoir annoncé soutenir la maire sortante au mois de mai, s’était mis, l’automne venu, à déclarer : « Voter Bonnus, c’est voter Falco ! »

    Pour ce qui est du camp progressiste, Magali Brunel, candidate de la liste de gauche « Toulon en commun », parvient, selon ce sondage, à se qualifier pour le second tour avec 13% des voix, les mélenchonistes en lice venant parasiter ce score. « Nous notons une nette progression de la gauche par rapport à 2020, malgré la division et l’attitude de LFI », déclare André De Ubeda (PCF), en deuxième position sur la liste. Et de poursuivre : « Nous nous réjouissons que Lavalette puisse être battue. Elle est nettement en dessous des résultats aux législatives. »

    Le responsable politique note également que, pour la troisième place, les différences entre les concurrents tiennent dans un mouchoir de poche. Et de parier donc que si « Toulon en Commun » parvient à récupérer une partie des électeurs de Pierre-Jacques Depallens (ni système, ni extrême) qui, tout comme Cécile Muschotti (voir notre édition de mercredi), a renoncé à une candidature en solo, le mouvement de gauche pourrait ravir la place au LR Michel Bonnus. Il conclut : « Tout reste possible à gauche compte tenu des 30% qui se déclarent encore indécis. Magali Brunel peut battre Lavalette avec le soutien clair des autres listes. »

  • « Nîmes en commun », une liste progressiste aux 59 visages

    « Nîmes en commun », une liste progressiste aux 59 visages

    Sous le soleil blanc de janvier, la place de la Calade avait des allures de meeting de lancement. Ce dimanche 25 janvier, devant le théâtre Bernadette-Lafont, Vincent Bouget a officiellement présenté les 59 colistiers de la liste Nîmes en Commun, en vue des municipales des 15 et 22 mars. Près d’un millier de personnes, une peña, des applaudissements nourris : la démonstration se voulait festive.

    « Nîmoises, Nîmois, voici votre équipe ! » lance le candidat communiste, empruntant la formule aux speakers du stade Jean-Bouin. Le ton est donné. « Ce n’est pas un casting politique, pas une élite hors-sol », insiste-t-il. « C’est une équipe qui se connaît, qui travaille ensemble depuis des mois, composée de femmes et d’hommes issus de tous les quartiers. » Pour la première fois dans l’histoire des municipales nîmoises, une liste bénéficie du soutien des dix principales formations de la gauche sociale, écologique et citoyenne. Elle va du PCF à Génération.s en passant par EELV, le PS, les Radicaux de gauche ou Place publique de Raphaël Gluscksmann. Elle compte aussi environ un tiers de citoyennes et citoyens souvent issus du mouvement associatif ou syndical. Seule La FI manque à l’appel.

    « Voici votre équipe »

    En deuxième position sur la liste, on trouve Amal Couvreur, conseillère départementale et régionale, très applaudie. Elle promet : « Ils se sont occupés de Nîmes. Nous allons nous occuper des Nîmoises et des Nîmois, du plus jeune au plus âgé. » Dans les dix premières places figurent notamment Pierre Jaumain (PS), Sibylle Jannekeyn (Écologistes), Bruno Ferrier (PRG), Soukaina Benjaafar (présidente associative au Mas de Mingue), Denis Lanoy (PCF), Marianne Bernède (Génération.s) ou encore Dimitri Pialat, ancien responsable de supporters du Nîmes Olympique. Plus loin dans la liste apparaissent de nombreuses figures locales en position éligible : l’ex-élu François Séguy, Jo Menut, Chloé Ridel, Nicolas Cadène, Christian Bastid, ou encore plusieurs enseignants, médecins, travailleurs sociaux, syndicalistes et responsables associatifs. Pour fermer la marche, en 59e position, le dessinateur de presse Eddie Pons. Vincent Bouget a également durci le ton : « Soyons vigilants face à ceux qui sont prêts à tout pour ne pas perdre le pouvoir et ceux qui, trumpistes déclarés, sont prêts à tout pour s’en emparer. » Avant de marteler : « Nîmes ne se relèvera pas sans justice sociale, ne respirera pas sans écologie, ne se réparera pas sans démocratie locale ».

  • [Grand entretien] Amine Kessaci : « Faire de Marseille, la vitrine de la lutte anti-narcotrafic »

    [Grand entretien] Amine Kessaci : « Faire de Marseille, la vitrine de la lutte anti-narcotrafic »

    La Marseillaise : Votre déclaration de candidature intervient après l’onde de choc créé par l’assassinat de votre frère Mehdi, le deuxième après Brahim, est-ce que cette décision a été longue à prendre ?

    Amine Kessaci : D’abord je suis un militant politique de longue date, depuis 2019. J’ai fait partie des jeunes avec le Printemps marseillais en 2020. J’ai fondé une association, Conscience. J’ai été candidat en 2024, aux européennes, puis aux législatives avec le Nouveau front populaire. Cet engagement ne sort pas de nulle part. Il y a une construction derrière, un engagement dans une famille politique, celle de la gauche, que je porte depuis un moment. Tout cela avant le 13 novembre. Il s’est passé ce que vous savez. Quelque chose qui m’a meurtri, qui m’a endeuillé une deuxième fois. Je ne veux pas me lamenter mais ça a rappelé la barbarie dont font preuve les narcotrafiquants. Je me suis levé à cette marche blanche avec une seule chose en tête : je ne me tairai pas. J’ai répété plusieurs fois « debout ! debout ! » Je ne peux pas me permettre après ça de rester assis. Il y a un enjeu à agir contre le narcotrafic concrètement, je suis fier et heureux que ma parole ait été entendue sur le fond. Jusque dans le programme. La décision d’être candidat n’a pas été simple. Je pensais d’un côté « je suis fatigué, je suis épuisé, je suis endeuillé » et puis j’ai vu les sondages, la campagne menée, j’ai consulté beaucoup d’acteurs de terrain. Et puis je me suis dit que je ne me voyais pas rester en retrait. Pour moi c’était évident.

    Pourquoi était-ce évident avec Benoît Payan ? Plusieurs de ses adversaires l’accusent de récupération ou d’instrumentalisation.

    A.K. : À ces personnes je dis : « attention vous êtes en train de m’insulter ». J’ai un cerveau, j’ai fait des études, je viens de publier un ouvrage. Je suis engagé depuis longtemps. J’ai une relation particulière avec le maire de Marseille, qui dépasse la politique. À ceux-là je dis : « merci de ne pas insulter l’intelligence de la jeunesse ». Bien sûr que beaucoup m’ont parlé, m’ont fait des propositions… comme si la lutte contre le narcotrafic était devenue « tendance ». Moi je porte une réponse globale, je pense qu’il faut s’unir sur cette question.

    Vous avez parlé d’une association des Villes contre le narcotrafic. En quoi, concrètement, cela consisterait ? Avez-vous déjà des réponses positives émanant d’autres villes que Marseille ?

    A.K. : Bien sûr. Et de tous bords politiques. J’ai porté la semaine dernière au Parlement européen, une résolution sur la réponse de l’Europe au narcotrafic. Elle a été signée par François-Xavier Bellamy qui est LR pour le groupe Parti populaire européen, Nora Mebarek, PS, pour le groupe des sociaux-démocrates, Grégory Allione, pour Renew-Renaissance, Marina Mesure pour LFI-The Left et je l’ai colporté avec Marie Toussaint pour les écolos. Ça montre bien que j’ai réussi à rassembler largement. Moi, c’est ce champ-là que je vois pour l’association des maires contre le narcotrafic. J’ai été candidat face au Front national dans les 13e et 14e arrondissements de Marseille lors des dernières législatives. J’ai été battu de très peu, à moins de 15 voix par bureau de vote. Donc oui, mon combat contre l’extrême droite est clair et elle n’a rien à faire dans ce projet. Concrètement à quoi servira cette association ? D’abord il ne faut pas mentir aux gens : on ne peut pas demander à des mairies de mener seules le combat contre la drogue. C’est un sujet national qui nécessite une réponse de l’État. L’Europe aussi doit jouer son rôle. Ce que je propose c’est une réponse coordonnée des maires sur l’enjeu du narcotrafic. Par exemple, comment on accompagne les jeunes vers l’emploi, comment on accompagne les familles après – malheureusement – un décès… Que fait-on de tous ces jeunes qui veulent sortir des réseaux ? Dans cette association nationale des maires, on va créer du lien pour permettre à un maire d’une petite commune du Rhône, d’interpeller celui de Bordeaux qui va lui confier un jeune qui veut sortir du trafic. Ce sera un moyen de créer des ponts, des liens, pour extraire les jeunes et les dépayser comme on dit. On souhaite systématiser des dispositifs, travailler au statut de repenti, comme en Italie. Je pense qu’on a beaucoup à reprendre des dispositifs italiens contre le crime organisé. Ils sont très en avance. J’ai eu l’occasion d’échanger à ce sujet avec Leoluca Orlando, ancien maire de Palerme ou l’écrivain et journaliste Roberto Saviano. Nous allons dans un premier temps structurer une association des maires à l’échelle nationale et mon souhait c’est qu’elle grandisse à l’échelle européenne en allant voir les Italiens, les Espagnols, les Belges… La DZ a des liens en Belgique, sème la terreur dans les rues de Bruxelles. On a besoin de cette réponse européenne.

    À l’intérieur de cette association, quel serait votre rôle ? Serez-vous le représentant de Marseille ?

    A.K. : Je n’ai pas cette ambition. Ce sera une association de maires, pour Marseille, c’est une évidence, ce sera notre maire qui nous représentera. Mon rôle, c’est de l’impulser, de la lancer, je présiderai le comité d’organisation pour mener à bien cette initiative.

    On vous connaissait homme de terrain, vous nous recevez dans un sous-sol, protégé par sept policiers. Comment allez-vous mener campagne ? Dans ces conditions aller à la rencontre des Marseillais ?

    A.K. : C’est plus compliqué qu’avant. Ça rappelle les conditions de création de La Marseillaise. C’est une forme de résistance. Depuis 2023, je n’ai raté aucune réunion d’association, de CIQ de mon secteur. J’ai sillonné tout le 13-14, on m’a vu à Château-Gombert, à Saint-Jérôme, aux Oliviers, à Frais-Vallon… Aujourd’hui, je veux dire merci à ces femmes et ces hommes qui assure ma protection, c’est important de le dire. Je ne suis pas dans une optique de vengeance ou de provocation. Je ne vais pas aller en plein deal à la Castellane et dire « venez on va se mettre en danger ». J’irai là où c’est possible, avec leur aval. L’idée est aussi de faire venir les gens à moi. J’échange beaucoup avec les responsables associatifs par téléphone, les mêmes que j’ai consulté avant de prendre ma décision sur ma candidature : des bénévoles de Conscience, des mamans de victimes, non pas pour leur demander leur aval mais leur avis sur cette forme d’engagement. J’ai été ravi des réponses que j’ai reçues. Depuis le 13 novembre, plusieurs autres jeunes ont été retrouvés morts, calcinés. La barbarie est arrivée à son paroxysme. Il y a toujours des menaces qui pèsent sur moi et j’en tiens compte mais… De quoi voulez-vous que j’aie peur ? On vient de m’arracher Mehdi, 20 ans, mort pour rien, parce qu’il était mon petit frère, on a brûlé mon grand frère Brahim quand j’avais 17 ans. Sérieusement de quoi je devrais avoir peur ?

    On vous a senti sonné lors de la marche blanche en hommage à Mehdi. Rétrospectivement comment qualifieriez-vous la réaction des Marseillais qui étaient là ?

    A.K. : De digne. Tout le monde était debout non pas pour crier, pleurer, s’apitoyer, mais pour dire : « Amine, tiens debout, on tient debout ». Pour moi, tout était flou, trouble, je me rappelle d’avoir vu ma mère, Benoît Payan, des responsables institutionnels. En revoyant les images, ces femmes, ces hommes, ces personnes âgées qui étaient là, debout, ça m’a beaucoup touché. Voir qu’il y avait des marches dans beaucoup d’autres villes de France, c’était pour moi une vague de lumière. Je voyais tout flou, tout sombre, ça m’a redonné de l’espoir.

    Qu’est-ce que ça dit de Marseille selon vous ?

    A.K. : Marseille, dans son histoire, a toujours qu’elle savait renaître de ses cendres, tenir debout face à l’impossible, aux dangers… C’est une ville qui fait naître l’espoir.

    Votre candidature n’est pas qu’un témoignage, elle s’accompagne de propositions. Quelles sont-elles concrètement ?

    A.K. : Sur les 10 mesures que nous portons contre le narcotrafic, 5 sont les miennes. Beaucoup disent de moi que je suis le Roberto Saviano français. Non, pas du tout. Moi je suis Amine Kessaci, je suis le frère de Brahim, de Mehdi, je suis responsable politique. Je viens pour apporter mes idées, au-delà des quotas et des questions partisanes. Je ne suis pas un commentateur, pas quelqu’un qui s’en tient à interpeller l’opinion dans la presse. Je l’ai toujours dit : en politique si l’on fait pour nous, sans nous, on fait contre nous. On va travailler de façon collective au sein du Printemps marseillais pour créer un dispositif d’accompagnement de familles des victimes en signant la charte du relogement. Qu’est-ce que ça dit de notre pays quand on vient retirer un logement à une maman parce que son fils est délinquant ou qu’il est tombé dans la drogue ? C’est terrible pour notre humanité, notre solidarité. Quand la République n’a pas été capable de protéger ses enfants, on va venir punir les mères ? Dans le livre que j’ai publié en septembre*, j’ai écrit une lettre à mon frère Brahim que j’ai intitulé « punir les mères pour tenir les fils ». Ça ne marche pas ! Il faut que les mamans puissent faire leur deuil, loin de là où leur enfant a été assassiné. On va me dire que les bailleurs sociaux le font déjà, si c’est le cas, alors actons-le, systématisons-le. Il faut que les bailleurs signent cette charte. On va s’y engager. De même, on s’engage avec le Printemps marseillais à doubler le nombre de policiers municipaux, avec 800 recrutements. C’est une manière de renouer avec la police de proximité que Nicolas Sarkozy a détruite. On va ouvrir dans chaque arrondissement, un commissariat de police municipale. On va se battre pour un nouveau contrat de sécurité avec l’État pour avoir plus de policiers nationaux. On va demander le retour d’une préfecture de police de plein exercice. Il y a besoin de moyens, de caméras de vidéosurveillance. Il faudra aussi faire un plaidoyer sur les moyens que la justice doit avoir. Mais j’insiste : la réponse face au narcotrafic n’est pas que sécuritaire.

    Quelles autres mesures estimez-vous nécessaire ?

    A.K. : La préoccupation en tête de la feuille de route du prochain mandat pour moi, c’est le logement. Il faut redonner de la dignité dans les quartiers populaires. Il ne fait plus de bennes à ordures que l’on traîne. On sait à quoi elles servent : à faire des barrages aux dealers. Il faut emmener l’écologie dans les quartiers en installant des poubelles fixes de tri que les dealers ne pourront plus bouger. S’ils utilisent d’autres choses pour faire des barrages, il faudra aller les arrêter. La République n’a pas à fournir le matériel aux trafiquants pour empêcher les gens de vivre. Les transports, les écoles sont des sujets fondamentaux. Nelson Mandela disait que l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. Il faut poursuivre le plan écoles, continuer cette ambition de donner le meilleur à chaque petit marseillais et petite marseillaise. Pendant un temps, je me suis trompé. Ça arrive. Je disais qu’il fallait permettre à chaque jeune de Marseille issu des quartiers, d’aller au lycée Thiers, pour avoir le meilleur niveau d’instruction. Mais en fait, il faut que tous les lycées de Marseille deviennent des lycées Thiers. On va créer les mêmes conventions avec Sciences Po. dans les différents établissements de la ville.

    Enfin, on va se positionner sur la question de la saisie des biens liés au narcotrafic. Il existe une réglementation qui permet aux collectivités de le faire. Nous le ferons. C’est cette approche globale qui permettra de faire de Marseille, la vitrine de la lutte anti-narcotrafic. On va y arriver avec de la sécurité mais aussi des stylos, des livres, des fêtes de quartiers l’été, des occupations de terrain, des jardins comme celui de la Busserine.

    Que diriez-vous à des jeunes de votre âge qui se disent « il a beaucoup de courage mais moi je ne peux rien faire » ?

    A.K. : Pas possible ! Je le dis : le simple fait de lire La Marseillaise, c’est un acte politique et d’engagement. Le fait de s’intéresser à l’actualité, de débattre sur les réseaux sociaux, ce n’est pas rien. Pour moi, la jeunesse est très politisée. Mais, c’est vrai elle n’est pas intéressée par les logiques partisanes. Ça tombe bien : le Printemps marseillais n’est pas un parti politique, c’est un espace d’engagement créé autour des partis politiques. Lors des dernières législatives qui a pris d’assaut les sièges des partis politiques pendant le Nouveau front populaire ? Qui a manifesté pour la Palestine toutes les semaines ? Les jeunes ! Il faut qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales, c’est encore possible jusqu’au 4 février sur internet et jusqu’au 6, physiquement. Ils doivent se mobiliser les 15 et 22 mars, ils peuvent venir militer, s’impliquer. Il n’y a pas de fatalité. Rien n’est impossible, c’est à eux de décider.

    Le RN se présente comme la force qui apporte une solution à l’insécurité, au narcotrafic. Ses représentants se sont faufilés jusque dans la marche blanche en hommage à votre frère et vous, vous continuez à le combattre frontalement. Pour quelle raison ?

    A.K. : Moi, mon ennemi c’est le narcotrafic mais une chose est sûre, elle a été dite par Christiane Taubira : « pour être un parti républicain, il ne suffit pas de se présenter aux élections ». C’est ça que je pense du Rassemblement national.

  • Aigues-Mortes : l’obsession touristique fait la loi

    Aigues-Mortes : l’obsession touristique fait la loi

    La campagne des municipales 2026 est bel et bien lancée à Aigues-Mortes. Trois candidatures, trois stratégies… mais une même réalité politique : le débat se joue exclusivement entre le centre et la droite, laissant orphelins celles et ceux qui espéraient un véritable changement de cap et une ville plus sociale qui prendrait en compte les besoins de toute sa population. Premier à se lancer, Stéphane Pignan, avocat et conseiller municipal depuis 2014, revendique son appartenance à Horizons, tout comme le maire sortant Pierre Mauméjean. Ce dernier, après avoir acté qu’il ne briguerait pas de troisième mandat, a d’ailleurs choisi de rejoindre son ancien opposant. Un ralliement présenté comme naturel par les intéressés, qui parlent d’« atomes réciproques » et d’une opposition « constructive ». Sur le terrain, cette alliance interroge : elle donne surtout le sentiment d’une continuité politique assumée, plus que d’un véritable renouvellement.

    Face à ce duo, Noémie Albecq-Mégias avance avec une ligne encore plus marquée à droite. Proche des idées de Bruno Retailleau, elle sollicite le soutien de LR et revendique un projet axé sur les traditions, l’ordre et l’attractivité. Elle a déjà rallié plusieurs élus de la majorité municipale, dénonçant une alliance Pignan-Mauméjean « guidée par les calculs politiques ». Là encore, la bataille se joue à l’intérieur du même camp idéologique. Cédric Bonato, ancien maire (2008-2014) et conseiller municipal d’opposition depuis, tente de se démarquer avec une candidature « sans étiquette » et un discours centré sur l’urbanisme, le cadre de vie et le surtourisme. Il plaide pour que la cité gardoise « reprenne son avenir en main », en promettant un « urbanisme humain, lisible et concerté ». Des thématiques légitimes, mais déconnectées d’un projet social plus large.

    Pas d’alternative sociale

    Car c’est bien là le grand absent de cette campagne naissante : une alternative clairement progressiste, capable de porter la voix des habitants à l’année, des salariés, des jeunes, des familles exclues du marché immobilier, face à une ville de plus en plus soumise aux logiques touristiques et foncières. À ce stade, les électeurs aigues-mortais n’ont pas à choisir entre des projets de société, mais entre différentes variantes d’une même orientation politique.