Tag: Municipales

  • à La Penne-sur-Huveaune, le maire, mis en examen, se porte candidat

    à La Penne-sur-Huveaune, le maire, mis en examen, se porte candidat

    Parce que la continuité est nécessaire pour consolider le travail accompli et parce que l’intérêt collectif doit continuer à primer, j’ai décidé de me présenter aux prochaines élections municipales », écrit, sur Facebook, Nicolas Bazzucchi.

    « Une affaire d’ordre strictement individuel »

    La décision du Pennois de 32 ans, « élu depuis l’âge de 18 ans », intervient près d’un an après sa mise en examen pour « viol sur conjoint ou ex-conjoint au préjudice de deux anciennes compagnes », mais aussi « violences habituelles » et « enregistrement d’images présentant un caractère sexuel sans consentement ».

    Nicolas Bazzucchi, présumé innocent, évoque sur Facebook « une affaire d’ordre strictement individuel ».

    Interpellé à son domicile le 16 décembre 2024, en détention provisoire jusqu’en février 2025, le maire a eu interdiction de paraître sur la commune jusqu’au 8 septembre dernier. La vie de la municipalité en a été fortement perturbée : démission de douze conseillers municipaux, départ d’agents, et, pour finir, la décision du préfet d’augmenter de près de 30% la taxe foncière.

    Dans sa déclaration de candidature, le maire précise que, le 19 janvier dernier, il a fait adopter une « baisse des impôts de 3,2 millions d’euros », de quoi rembourser « de manière intégrale l’effort qui n’aurait jamais dû être demandé aux Pennoises et Pennois ».

  • Les commerçants d’Avignon interpellent les candidats

    Les commerçants d’Avignon interpellent les candidats

    Feuille de route en main, les représentants de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) et de la Fédération des commerçants et artisans d’Avignon ont présenté, ce vendredi 30 janvier, leur « Livre blanc » destiné à « améliorer concrètement l’attractivité de la ville ». Ce document d’une dizaine de pages rassemble 26 propositions visant à « réveiller la belle endormie », glisse Stéphane Gérard, restaurateur et administrateur à l’Umih. Il sera adressé à chaque candidat aux municipales « pour qu’ils s’en inspirent, quelle que soit leur étiquette, car en restauration, il y a de tout », ajoute Richard Hemin, président de la branche restauration.

    « Comme les musées »

    Les organisations souhaitent concentrer leurs recommandations autour de trois axes. Le premier : l’attractivité. « La ville connaît un déficit de fréquentation hors saison, et il faut redonner envie aux gens de venir en centre-ville », explique Stéphane Gérard. Ils proposent la mise en place d’une signalétique et la valorisation des diverses places de la ville, « comme ce qui a été fait pour les musées », note Patrick Mounier, président de l’Umih 84, qui regrette qu’« il existe de nombreux endroits très jolis qui ne sont pas indiqués du tout ». Les représentants appellent aussi à des mesures plus fortes contre les commerces vacants, en encourageant notamment l’usage du droit de préemption commerciale.

    Avant d’aborder un sujet plus épineux : la sécurité. Tout en demandant un renforcement des effectifs de police municipale et une présence accrue des équipes de nuit, les organisations appellent aussi à davantage de fermeté contre « l’occupation abusive de l’espace public », sans préciser les publics visés. Elles souhaitent également la mise en place de campagnes de prévention sur les abus d’alcool, de stupéfiants et sur le harcèlement.

  • L’Église sommée de réagir par rapport à l’extrême droite dans le Var

    L’Église sommée de réagir par rapport à l’extrême droite dans le Var

    À l’approche des élections municipales, nous ressentons le besoin de vous écrire avec gravité et responsabilité », commence le courrier adressé à l’évêque de Toulon-Fréjus, François Touvet, par un groupe de l’Action catholique ouvrière (ACO) du Var.

    Les militants associatifs se disent inquiets de voir progresser des idées portées par l’extrême droite, qui mettraient en péril le vivre-ensemble dans le département, et ce sur leur lieu de travail, dans leur quartier et dans le cadre de leurs engagements.

    Ils s’inquiètent également du « silence assourdissant des évêques de notre pays face à cette montée de discours dangereux », un silence qui tend à laisser croire que tout se vaut et qui « laisse de nombreux chrétiens sans repères clairs, alors même que les tensions sociales s’aggravent ».

    Fidèles à leurs valeurs, ils veulent dénoncer des discours « qui nourrissent la peur, désignent des boucs émissaires, opposent les personnes entre elles et banalisent l’exclusion ».

    Ce qui est clair pour eux, en tout cas, c’est que « l’Évangile n’est pas compatible avec des discours qui stigmatisent ou qui hiérarchisent les vies humaines ».

    Par fidélité à ses valeurs

    Ce groupe varois de l’Action catholique ouvrière attend donc une parole forte de l’Église afin d’« éclairer les consciences », et rappelle que « les idées diffusées par l’extrême droite sont incompatibles avec l’Évangile lorsqu’elles alimentent la division et le rejet ». Son fonds de commerce, quoi.

    Vont-ils être entendus ? Rien de moins sûr. Ce serait pourtant le rôle de l’Église d’affirmer une parole de fraternité, de solidarité et de dignité humaine. Et ce serait une belle manière pour l’évêque de Toulon-Fréjus de marquer une rupture nette avec l’idéologie pas très catholique de son prédécesseur, Dominique Rey, un intégriste proche de l’extrême droite identitaire et désavoué par le pape François, lui-même.

    L’occasion rêvée, ce faisant, de tordre le bras à ceux qui, comme Laure Lavalette (RN), « prêchent le Bon Dieu et crachent le diable », comme on disait jadis chez les anticléricaux.

  • À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    S’il fallait ne retenir qu’un mot des 31 pages du programme de François Bernardini (DVG), ce serait « développement ». Alors que le territoire de l’Ouest des Bouches-du-Rhône est à un tournant de son histoire industrielle, Istres prend sa place dans la transition. À eux seuls, les projets d’Hynaero (production d’hydravions bombardiers d’eau) et de Sabena Technics (maintenance des avions ravitailleurs MRTT) devraient créer 600 emplois directs. « La construction est le corollaire immédiat du développement », affirme le maire (DVG) candidat à sa succession, « autrement on se ferme des portes ».

    Parmi les dossiers structurants, citons la requalification du Prépaou, pensée avec les bailleurs sociaux afin d’aérer le quartier et de rassembler au sein d’un seul et même bâtiment le centre social, les locaux de la mairie annexe, ceux de France Services et une salle polyvalente, ou encore la reconstruction de l’Ehpad les Cardalines dans le secteur du Boisgelin, là où le candidat (LR) Robin Prétot envisage plutôt de créer un parc. « Le permis d’aménager a été accordé et purgé de tous recours, les travaux débuteront au premier semestre 2026 », évacue François Bernardini.

    Animer le centre-ville

    Le maire remet également sur la table le projet du golf de Rassuen et de son écoquartier, mis à l’arrêt pour des raisons environnementales, dont les balbutiements remontent à 2015. « Nous essayons de convaincre l’administration que nous avons un excellent dossier. On est en train de mettre la bride sur un projet qui ne coûterait rien et qui apporterait une sécurité extraordinaire à ce site », une friche industrielle. Le candidat affirme qu’une enquête publique devrait être lancée, sans en préciser la date.

    Côté centre-ville, François Bernardini admet que les résultats des commerces ne sont « pas satisfaisants ». « Ce n’est pas faute d’efforts », assure-t-il, citant la création d’un poste de manager, l’acquisition de fonds de commerce et les nombreuses subventions. L’édile pointe des changements d’habitude de consommation et la topographie de la commune qui n’offre que des espaces réduits en rez-de-chaussée. « Il ne faut pas considérer le commerce comme le seul élément d’animation du centre-ville », affirme-t-il. Pour le prochain mandat, François Bernardini ambitionne de créer une résidence d’artistes dans le centre ancien, ainsi qu’une résidence intergénérationnelle en colocation.

    Toutes les propositions sont à retrouver dans le programme du candidat ou sur son site.

  • [Rue de la République] Renaud Muselier : « Marseille n’est pas et ne sera jamais une ville RN »

    [Rue de la République] Renaud Muselier : « Marseille n’est pas et ne sera jamais une ville RN »

    La campagne

    Didier Gesualdi : Vous êtes président de Région et du comité de soutien de Martine Vassal à Marseille. Vous avez dit lors de vos vœux que la campagne n’avait pas vraiment commencé. Les sondages, c’est une indication quand même…
    Ça donne un parfum d’ambiance, mais ce n’est pas une indication. Je ne suis pas convaincu du tout que les Marseillais soient dès maintenant dans le match des municipales. Chacun prépare sa ligne, organise son dispositif avec ses atouts, ses défauts… On est dans un contexte compliqué au plan national. Les Français veulent savoir où vont aller leurs impôts, comment va évoluer leur pouvoir d’achat, ce que va devenir leur vie quotidienne avec le budget…

    Léo Purguette : Le contexte national motive, selon vous, les intentions de vote actuelles ?
    Ça va être réglé, il va y avoir le 49.3, normalement le gouvernement restera, donc le focus viendra sur les municipales de manière plus importante.

    Didier Gesualdi : Le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano dénonce un manque de démocratie parce que le RN demande à Martine Vassal de se retirer et que Benoît Payan joue le duel avec le RN. Ils ont le droit non ? Vous êtes mauvais joueurs à droite ?
    Non, d’abord, je trouve Romain Simmarano très bon, Martine Vassal a bien fait de le prendre. Il est très compétent, très performant et surtout pas dupe des tactiques des uns et des autres. Il voit le jeu plus ou moins pervers ou malicieux de ses adversaires. Il a parfaitement raison de dire ça. Ils veulent enfermer le match dans un duel entre l’extrême droite et le maire non-élu alors que les sondages disent que c’est une quadrangulaire.

    Léo Purguette : C’est vrai, mais dans cette quadrangulaire, deux sont devant. Est-ce que ça vous a surpris au regard de l’opinion très critique que vous avez du bilan de Benoît Payan ?
    Vous savez les sondages… Il y a eu des pics, des montées, des descentes. Les derniers résultats ne me semblent pas correspondre à ce que je ressens avec mon flair de chien truffier et mon instinct. Je trouve Benoît Payan et Franck Allisio tous les deux très hauts, Delogu trop bas et Martine pas à son niveau réel. Je cite toujours comme exemple ma réélection. Au soir du premier tour, j’avais quatre points de retard, alors que le lundi qui précédait, on m’avait mis 14 points derrière.

    Le RN

    Didier Gesualdi : Ça vous étonne que le RN soit si haut à Marseille, dans une ville de fraternité et d’accueil ?
    Mais ça vous étonne vous ? Vous avez de la mémoire aussi. M. Jean-Marie Le Pen avait été en tête ici à la présidentielle.

    Léo Purguette : Mais c’était un scrutin national.
    Oui, mais qu’est-ce qu’il s’est passé ensuite ? Il a dit « je suis en tête, tiens je veux bien être député, je viens à Marseille ». Il s’est pris une branlée ! Il s’est fait ramasser !

    Didier Gesualdi : C’est ce qui attend Franck Allisio ?
    Je le souhaite. Ma réponse est claire à votre question claire. Je ne tourne pas autour du pot. Aux municipales de 2014, la presse nationale et vous-même aviez annoncé que le RN prendrait une quinzaine de communes dans la région, ils en ont pris deux dont Fréjus, parce que nous, à droite, on s’était divisé. En 2020, les mêmes annonçaient une vingtaine de communes, c’était zéro. Le match national est clair. On a été rincé aux législatives. J’en prends acte. Il faut être vigilant, on ne les combat pas en disant que c’est le diable. Et pourtant, peut-être que c’est le diable. Quand vous allez à Auschwitz comme je l’ai fait cette semaine, avec des jeunes, des membres de la communauté juive, mais aussi le grand recteur de la mosquée de la Capelette et le représentant de l’archevêque, vous voyez qu’Hitler a gagné en démocratie, dans un peuple très intelligent et cultivé. Je ne dis pas que les gens du RN sont comme ça, mais ce sont quand même les héritiers de cette histoire.

    La perte de repères

    Léo Purguette : Vous parlez de mémoire historique, n’y a-t-il pas un brouillage des repères aujourd’hui ? Sur les tracts, Franck Allisio fait figurer le sigle « RPR » et la croix de Lorraine. Ça vous fait quoi à vous, le petit-fils de l’amiral Muselier ?
    Ça me retourne le sang. La croix de Lorraine, c’est mon grand-père qui l’a donnée à la France libre. Je n’avais jamais pensé une seule seconde que mon ancienne famille politique n’ait pas déposé ça. Il a profité du trou pour essayer de perturber le jeu. On a attaqué en justice. La justice est en train de décider. Normalement, il n’a pas le droit de s’en servir, comme de la marque RPR. La croix de Lorraine, c’est le symbole de la France libre, contre la croix nazie. Ça me retourne quand je vois ça et je me bats !

    Didier Gesualdi : À force de parler sécurité, les gens ne préfèrent-ils pas l’original à la copie ?
    Mais qu’est-ce qu’ils ont prouvé eux ? Pourquoi au Parlement européen, quand j’y étais, Marine Le Pen a toujours voté contre les mesures de régulations des visas ? Parce qu’elle mise sur la frayeur de l’étranger pour gagner des voix. Cette ville n’est pas RN, elle ne le sera jamais ! Regardez les propositions quand même, ils veulent réserver les plages aux vieux…

    Léo Purguette : Vous, vous voulez les rendre payantes…
    Mais non, qu’il y ait un partage des plages avec des plages privées, des plages publiques. C’est un partage accessible à tous, pas la fermeture au profit du privé. On ne le fait pas pour interdire à une catégorie d’êtres humains l’accès à la mer par rapport à leur âge ou leur tenue, c’est quand même très différent.

    Le second tour

    Didier Gesualdi : Si le RN était en position de gagner, accepteriez-vous de vous désister ?
    Vous savez très bien que ça ne se passe jamais comme ça. Vous êtes toujours en train de dire « et si, et si »… Avec des « si » on met Paris en tonneau et Bordeaux en bouteille. Ça ne marche pas comme ça la vie politique. Vous avez un combat de premier tour. Aujourd’hui, vous avez des ambiances, on sait qu’on sera en quadrangulaire.

    Léo Purguette : La question se pose, quand même, au regard des seconds tours des deux dernières régionales.
    J’espère qu’au premier tour, on finira premier ou second. La question, posez-la aux autres ! Posez-la au RN ! S’il se retrouve derrière, avec M. Payan qui croit gagner, qu’est-ce qu’il fait par rapport à nous ? Et les autres, qu’est-ce qu’ils font par rapport à M. Delogu avec lequel ils ne sont visiblement pas du tout sur la même ligne ?

    Le syndrome de Stockholm

    Didier Gesualdi : Vous avez déclaré qu’Amine Kessaci était atteint du syndrome de Stockholm parce qu’il soutient Benoît Payan alors que ses deux frères ont été assassinés pendant son mandat. Vous regrettez cette parole ?
    Non, je ne regrette rien du tout. Je suis assez surpris de voir que Mme Rubirola, qui nous expliquait qu’elle était malade, qu’elle ne pouvait plus venir, qu’elle laissait la place à M. Payan, et aujourd’hui elle lui demande s’il veut bien la prendre sur sa liste. C’est pas le syndrome de Stockholm ça ?

    Didier Gesualdi : Mais sur Amine Kessaci ?
    On a eu 4 ou 5 DGS en cinq ans, c’est pas un syndrome de Stockholm pour les fonctionnaires de haut niveau ? Le syndrome de Stockholm, c’est quand vous aimez quelqu’un qui vous martyrise. J’ai l’impression que la ville est martyrisée et je vois M. Payan haut dans les sondages, c’est une forme syndrome de Stockholm. S’agissant de M. Kessaci. Avec dignité, on s’est manifesté auprès de lui et de sa famille après le drame. On n’a aucun état d’âme dans la lutte contre le narcotrafic et au désastre qui le touche. M. Kessaci, dans la démarche qui est la sienne, au profit de la lutte contre le narcotrafic – on doit tous y être – il nous dit « M. Payan est un excellent maire et ça se passe bien avec lui ». Je ne crois pas…

    Léo Purguette : Il a demandé qu’on n’instrumentalise pas cette situation.
    Mais il l’instrumentalise lui-même puisqu’il se sert de sa situation pour être candidat. On ne peut pas avoir un double langage en permanence. Il veut rentrer dans l’arène politique ? Tant mieux. Il veut se battre contre le narcotrafic ? Tant mieux. Mais qu’il ne me dise pas que tout s’est bien passé avec M. Payan. Ça n’est pas sous l’ère de M. Gaudin que s’est passé ce drame épouvantable.

    Léo Purguette : Nicolas Sarkozy a supprimé beaucoup de postes de policiers et beaucoup d’entre eux votent à droite. C’est le syndrome de Stockholm ?
    Ou à l’extrême droite. On pourrait débattre longtemps sur ce que représente le syndrome de Stockholm dans la réalité psychologique ou psychiatrique. On peut rentrer dans les détails : je suis médecin. À mon avis, vous n’allez pas gagner le match. Le syndrome de Stockholm, c’est quoi ? C’est quand on est sous le charme de son tortionnaire.

    Léo Purguette : Il y en a un qui n’est pas dans le syndrome de Stockholm, c’est Lionel Royer-Perreaut. Vous regrettez qu’il ne rejoigne pas la campagne ?
    Lionel, on l’a toujours soutenu. Il a fait une campagne, il a perdu. Après sa défaite, je l’ai vu plusieurs fois, il m’a expliqué qu’il arrêtait, qu’il quittait Marseille, qu’il ne voulait plus faire de politique. Et puis – il y en a d’autres qui l’ont fait d’ailleurs – il dit « finalement je vais peut-être revenir » et puis « je ne reviens pas mais je commente ». Je lui dis « Lionel, tu as été un grand maire de secteur, tu as bien travaillé à l’Assemblée nationale, mais tes électeurs t’ont dit au revoir ». Ça m’est arrivé aussi, mais je n’ai jamais pris la parole quand j’ai pris ma retraite de pénitent pour me refaire. Je demande de la cohérence dans le propos.

    Léo Purguette : Il vous faut convaincre l’électorat modéré qui est tenté de filer vers Benoît Payan. Il y avait une figure identifiée chez Renaissance, votre conseillère régionale Sabrina Agresti-Roubache. Vous avez de ses nouvelles ?
    Elle était au premier rang à mes vœux.

    Léo Purguette : Elle va s’engager dans la campagne ?
    Vous savez, je crois que je suis le représentant de la globalité des gens raisonnables et républicains. Je respecte tout le monde, je ne cherche pas l’agression. J’ai un long passé politique, j’étais le grand chef du RPR ici et je suis capable de rassembler 14 composantes politiques dans ma majorité régionale. Quand je viens à La Marseillaise, ça ne me gêne pas parce que gaullistes et communistes ont fait des grandes choses ensemble.

    Enjeu national

    Léo Purguette : Dans le deuxième volet du sondage La Marseillaise, portant sur « qui ferait un bon maire », Martine Vassal est nettement devant Franck Allisio. Pensez-vous que les ressorts du vote RN sont des considérations nationales et, si oui, comment déjouer ce mécanisme qui semble vous desservir ?
    Sur cette deuxième partie du sondage, M. Payan et Mme Vassal arrivent à touche-touche, très loin devant M. Allisio, ce qui veut bien dire qu’aujourd’hui, on parle plutôt du national alors que nous, on veut parler du local. Mais je constate dans la région, que tous ceux qui sont collés dans le national vont finir plombés par le national. Regardez à Toulon. Mme Lavalette qui était donnée à 48% dans le précédent sondage…

    Léo Purguette : … donc archi-favorite.
    Oui et elle est désormais à 39%, elle perd 10 points ! Et elle est donnée battue au second tour. Je crois que le chaos national va faire que tous ceux qui y participent, tous ceux qui contribuent au rejet de la vie politique nationale par intérêt partisan, auront des surprises désagréables.

    La question des lecteurs

    Lucas Antronico : Est-ce qu’au second tour des élections municipales, vous comptez faire barrage à l’extrême droite ou vous comptez faire comme avec madame Petel que vous avez soutenue et laisser passer l’extrême droite ?
    Je crois qu’avec les élections municipales, on est encore dans un autre schéma que dans les élections législatives. On compare deux modes de scrutins très différents. Le scrutin sur Aix était très spécifique avec des formations politiques là-bas. Là, on est dans un combat des municipales, l’enjeu est local et pas national. Et ce qui se dessine, c’est une quadrangulaire, pas une triangulaire. Il y a plusieurs éléments dans cette quadrangulaire qui entreront dans les paramètres au soir du premier tour. Il y a ceux qui concerneront l’élection à la mairie centrale de Marseille comme pour toutes les communes alentour, il y aura l’enjeu de la Métropole et l’enjeu dans les huit mairies de secteur. Ça complique la réponse à cette question. Je réponds quoi pour être clair ? Il n’y aura pas le RN. Marseille n’est pas et ne sera jamais RN.

  • L’appel à la solidarité de l’ambassadeur de Cuba

    L’appel à la solidarité de l’ambassadeur de Cuba

    Devant les militants communistes des Bouches-du-Rhône, ce vendredi soir, l’ambassadeur de Cuba en France, Otto Vaillant Frías, n’avait pas préparé de discours. « Je veux simplement parler avec le cœur », annonce-t-il, invité aux vœux de la fédération du PCF 13. Parler pour alerter sur les difficultés que traverse l’île, singulièrement depuis l’enlèvement du président vénézuélien, le 3 janvier dernier. « Il y a aujourd’hui des coupures d’électricité de 24 heures à Cuba, de 12 heures dans la capitale », alerte-t-il, alors qu’une part significative du carburant provenait du Venezuela. « Si nous n’avons pas d’électricité, c’est impossible pour l’industrie, pour l’agriculture, pour l’éducation, la santé de fonctionner. Et les États-Unis continuent cette politique pour faire tomber la révolution cubaine, nous mettre à genoux. » La pression est d’autant plus forte que les États-Unis menacent de taxer les importations provenant de pays qui livreraient du pétrole à l’île.

    Ainsi, ce vendredi même, le président états-unien Donald Trump a une fois de plus répété que Cuba « représente une menace contre sa sécurité nationale », relaie l’ambassadeur. « Mon peuple a adressé un message aux États-Unis, lance Otto Vaillant Frías. Nous sommes une nation qui veut vivre en paix, mais nous allons nous défendre. Nous sommes un peuple pacifique, mais qui sait se battre. » Et de rappeler que les 32 gardes cubains de Nicolás Maduro ont tenu pendant deux heures face aux plus de 200 soldats d’élites états-uniens envoyés le capturer. Une résistance qu’ils ont payée de leur vie. « Les Cubains ont besoin de la solidarité internationale », demande l’ambassadeur. Un appel d’autant plus important que c’est l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale qui est menacé par les États-Unis eux-mêmes. « Aujourd’hui, le monde est en grand danger, parce que les États-Unis ne respectent pas le droit international, ne respectent pas la loi. Ils ne respectent rien, aucuns pays n’échappent à leurs ambitions et leur manque de respect », attaque le représentant de l’île. « Les États-Unis ne pardonnent pas que Cuba soit un pays libre, qui décide par lui-même, poursuit-il. Et de promettre : « La liberté a un énorme prix, le peuple cubain l’a payé pendant des décennies. Mais nous ne baisserons jamais les bras. »

  • Martine Vassal déroule son programme pour Marseille

    Martine Vassal déroule son programme pour Marseille

    Pour ses vœux à la presse, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, s’est voulue résolument offensive, préférant insister avant tout sur son programme. Non sans oublier tout de même de viser sa cible première, l’extrême droite, jusqu’à appeler au « vote utile » en sa faveur évidemment dès le premier tour.

    « L’ADN de cette ville n’est pas et ne sera jamais le RN », a-t-elle martelé d’entrée. Parce qu’à Marseille, « on vit les uns à côté des autres », qu’« elle ne supporte pas les replis identitaires et ceux qui, en politique, viennent d’ailleurs », analyse Martine Vassal. Si elle dit comprendre « la colère », elle en appelle à la « responsabilité des électeurs », sans pour autant donner de consignes de vote. « On n’est pas propriétaire des voix », assène-t-elle, éludant la question d’un éventuel retrait au second tour, persuadée qu’il y aura alors quatre candidats.

    Ce qui compte aux yeux de Martine Vassal, c’est de pouvoir confronter sa vision de la ville. Une Marseille « balnéaire » où les « 57 km de littoral » seraient rendus aux habitants, de l’Estaque à la Pointe Rouge, une Marseille tournée vers son port, l’international, avec le développement des data centers, capable de convaincre des investisseurs.

    Plein pot sur le tram

    Elle repose sa proposition de créer un conseil de développement économique, social, culturel, sportif… Sur les transports, ce sera du tout tramway, « quatre fois moins cher qu’un métro », avec un développement « en étoile » : de Saint-Marcel à Saint-Loup, de Saint-Antoine à la Bricarde, de la Belle de Mai à Saint-Jérôme, des Caillols à la Valentine, de la Blancarde à la Pointe Rouge, mais en oubliant la Corniche, car « il faut aller vite ». Tout cela étant faisable le temps du mandat, a-t-elle calculé. Pour les financements, elle promet d’aller « les chercher avec les dents », du côté de l’État, de la Région et de l’Europe. Et si celle qui est aussi présidente (DVD) de la Métropole, autorité organisatrice des transports, a « perdu du temps » jusque-là, c’est parce que dans certains quartiers, on lui a mis « des bâtons dans les roues ».

    Parce qu’elle a bien compris la leçon de son échec en 2020, où « on avait fait travailler des experts » et produit un glossaire de plusieurs centaines de pages, Martine Vassal le martèle : elle a construit son programme « au fil des personnes qui [la] rejoignent » et préfère le distiller savamment. Un « teasing » pour « accrocher » l’électeur. « Mais vous verrez, d’ici la mi-février, tout sera calé » et révélé affirme-t-elle.

  • Dans les Bouches-du-Rhône, le PCF ne veut aucune commune pour le RN

    Dans les Bouches-du-Rhône, le PCF ne veut aucune commune pour le RN

    À six semaines du scrutin, la campagne des municipales s’est logiquement invitée dans les vœux de la fédération du PCF des Bouches-du-Rhône, ce vendredi soir. C’est que dans un contexte national et international marqué par les conflits et l’instabilité, celui-ci reste marqué par la menace de l’extrême droite. Alors, face aux centaines de militants et représentants des différentes forces politiques, syndicales ou associatives rassemblées dans la maison des communistes, rue de Lyon (16e), le secrétaire départemental de la fédération, Jérémy Bacchi, lance un défi : « En plus des victoires que nous pourrons gagner, faisons en sorte qu’aucune commune ne tombe dans l’escarcelle de l’extrême droite. »

    Ce défi, il a bon espoir de le voir réalisé grâce à l’unité des forces de gauche. « Nous avons pris l’initiative de travailler à la création d’un large rassemblement sur l’ensemble du département », rappelle le sénateur communiste. L’accord trouvé entre les différents partis de gauche – hormis les Insoumis – permettra de déposer une soixantaine de listes communes dans le département. « Nous avons doublé la représentation de la gauche », se réjouit le sénateur communiste. De quoi redonner une voix aux citoyens dans ces municipalités où, en temps habituel, la gauche recueille en moyenne 28% des suffrages dans les scrutins nationaux. « Nous le devons à celles et ceux qui sont durement frappés par les politiques gouvernementales, qui n’ont que le service public comme patrimoine, pour qui l’espoir d’une vie meilleure doit devenir une réalité », lance-t-il. Rappelant les réalisations des communistes, avec un hommage appuyé au maire apparenté de Roquevaire, Yves Mesnard, président du groupe où siègent les élus communistes de la Métropole

    Défendre la paix

    Mais ces vœux arrivent aussi dans un contexte national marqué par l’adoption, placée sous le sceau d’un 49.3 que le Premier ministre s’était engagé à ne pas utiliser, d’un budget austéritaire. « 30 milliards d’euros d’austérité supplémentaire, avec parmi les premières victimes, les services publics », dénonce Jérémy Bacchi, citant les 4 000 postes d’enseignants supprimés, les 5 milliards retirés aux collectivités avec le soutien complice du Rassemblement national, la culture sacrifiée. « Nous affirmons la nécessité de protéger la culture des lois du marché, de défendre les droits de la création », lance-t-il. Les communistes, avec l’ancien député Pierre Dharréville, ont initié des états généraux de la culture. Le sénateur insiste aussi sur la bataille pour les droits des femmes, une égalité à construire « par des droits concrets, des services publics plus forts, des moyens supplémentaires ».

    Surtout, aux côtés de l’ambassadeur de Cuba en France Otto Vaillant Frías, il insiste sur une paix partout menacée. « L’existence de l’administration autonome du Rojava est en train de se voir réduite à des confettis, avec le soutien de la Turquie et des États-Unis », alerte-t-il. Face à un président de la République qui « sert de serpillière à Donald Trump », le secrétaire départemental rappelle : « La paix est un combat, mais elle exige de déposer les armes. » Et de lancer, optimiste, alors que se profile le 40e congrès du PCF : « Nous avons collectivement le stylo en main pour écrire l’Histoire de notre pays. »

  • À Avignon, Gontard moque « l’irresponsabilité » de Rigault et Galzi

    À Avignon, Gontard moque « l’irresponsabilité » de Rigault et Galzi

    « À l’heure où les programmes commencent à s’éclaircir, il devient nécessaire de distinguer les propositions sérieuses des promesses intenables », écrit-il, jugeant que « promettre ce que la loi interdit, ce n’est pas être ferme : c’est être irresponsable ». Dans son viseur, deux propositions portées par Olivier Galzi et/ou Anne-Sophie Rigault. Comme l’arrêté anti mendicité, « censuré par des tribunaux administratifs qui rappellent que la pauvreté ne constitue pas en soi un trouble à l’ordre public ». Selon Paul-Roger Gontard, l’arrêté « cumule tous les défauts : fragilité juridique, inefficacité pratique, stigmatisation sociale et insécurité administrative ». Le candidat mise, lui, « sur la création d’équipes mixtes police municipale et acteurs sociaux mais aussi l’ouverture d’un accueil de jour pour grands marginaux en Courtine ». Autre exemple, la surveillance par drones contre les dépôts sauvages, pourtant « pas autorisée aux polices municipales ».

  • Gard : Domessargues, la petite commune qui voit grand

    Gard : Domessargues, la petite commune qui voit grand

    À Domessargues, on comprend vite que le mot « ruralité » ne rime pas avec sommeil. Ici, ça bouge, ça s’organise, ça s’entraîne, ça répète, ça se retrouve. « Le mercredi, le village grouille d’activité », sourit Bernard Clément, maire depuis 1989. À 800 habitants, la commune nichée entre Nîmes et Alès a le tempo d’une petite ville. Une énergie qui ne doit rien au hasard.

    À Domessargues, on compte plus de 400 adhérents associatifs, soit la moitié de la population. Foot, danse, musique, arts martiaux, pétanque, chasse, théâtre… « Toutes les associations sont subventionnées, sans exception. Et elles disposent gratuitement de tous les locaux », souligne l’édile. Résultat : des habitants des villages voisins viennent s’inscrire ici, faute d’équipements chez eux. Et des équipements, Domessargues en regorge. Deux stades éclairés, un city stade, un court de tennis flambant neuf, trois foyers communaux, une bibliothèque rénovée, une école de musique, une maison des jeunes, une maison des chasseurs. Une école maternelle neuve, une crèche communale, un centre de loisirs en régie publique. « Sur les vingt dernières années, nous sommes la commune de notre taille qui a réalisé le plus gros volume d’investissement… avec une dette quasi nulle », insiste Bernard Clément.

    « Chaque projet est un combat »

    Le cœur ancien a été entièrement réaménagé : rues pavées, plantations d’oliviers, abords de la chapelle romane du XIe siècle soigneusement valorisés. En flânant, on traverse la rue Jean-Jaurès, on longe Louis-Aragon, on coupe par la rue du 21 septembre 1792, comme un fil républicain inscrit dans l’espace public. Autour du village, la ceinture verte de 11 hectares -rebaptisé parc Ghyslaine Papa, du nom d’une ancienne adjointe disparue- forme un véritable écrin. Théâtre de verdure, parcours de santé, aires de jeux pour enfants, plantations récentes… « Des urbanistes étrangers sont venus voir notre démarche. Le dernier en date est un néerlandais », affirme le maire, pas peu fier. Côté transition écologique, tous les bâtiments communaux, dont les 28 logements sociaux de la commune, sont désormais équipés de pompes à chaleur. L’éclairage public passe intégralement en LED. Les réseaux seront entièrement enfouis d’ici fin 2026.

    Mais le chantier le plus stratégique est invisible au premier regard : l’eau potable. Président de deux syndicats intercommunaux, Bernard Clément pilote un investissement de 3 millions d’euros, qu’il qualifie lui-même de « chantier du siècle ». Nouveau forage, sécurisation de l’alimentation, modernisation des réseaux, futurs châteaux d’eau… « Nous venons de recevoir les analyses ARS : pas de PFAS. C’est une très bonne nouvelle. » Dans un contexte de sécheresses à répétition, plusieurs communes voisines pourraient rejoindre le dispositif.

    Rien de magique, selon lui : « Chaque projet est un combat. On a passé un temps fou à aller chercher les subventions, à monter les dossiers. » Une ténacité qui porte ses fruits : Domessargues figure même, selon ses calculs, parmi les toutes premières communes de France en part de budget consacrée à la politique enfance-jeunesse. À 72 ans, après un cancer dont il est aujourd’hui guéri, Bernard Clément a choisi de se représenter. « La fonction rime avec passion. Si on n’a pas la passion, ce n’est pas la peine. » À Domessargues, la passion a laissé des traces très concrètes dans le paysage.

    Maxime Clément, éducateur football au FCOD

    « Je suis originaire du village et le club fait partie de mon histoire familiale. Mon grand-père, Raymond Barlaguer, a fondé le club en 1970, et mon père faisait partie des premiers joueurs. J’ai repris le flambeau en 2020, après l’arrêt des équipes seniors, en relançant le club autour des jeunes. Aujourd’hui, nous comptons près d’une centaine de licenciés. Tous les éducateurs sont bénévoles, personne ne touche d’argent ici, et c’est une valeur à laquelle on tient. Le FCOD organise aussi la fête de Paquettes, la plus grande festivité du village, ce qui permet de faire vivre le club. Ici, le foot, c’est d’abord une histoire de transmission, de lien et de village. »

    Frédéric Dumont, président de la STE de chasse « La Protectrice »

    « On chasse sur la commune, gros et petit gibier, et on est aussi très attentifs à ce qui se passe dans les bois. Quand on voit quelque chose d’anormal, on le signale. On travaille avec l’ONF, on participe aux réunions sur l’aménagement du territoire. La mairie nous a prêté un local et nous a aidés à l’aménager : salle de découpe, chambres froides, sanitaires. On partage même le matériel avec d’autres assos. Il y a un vrai respect entre tout le monde. On s’est aussi regroupés avec quatre autres villages pour mieux gérer les battues, renforcer la convivialité. Ici, il y a une bonne mentalité. Si le village est aussi vivant, c’est aussi grâce au boulot du maire et de son équipe. »

    Marie-Madeleine Ranc, asso de sauvegarde de la chapelle St-Étienne

    « Je fais partie de l’association depuis mon arrivée au village, il y a une quarantaine d’années. Notre église romane du XIe siècle a une particularité rare : elle est partagée entre protestants et catholiques. Une fois par an, nous organisons une célébration œcuménique qui rassemble les fidèles des paroisses voisines. L’offrande est intégralement reversée à l’entraide œcuménique, qui soutient aujourd’hui près de soixante familles. Le mot d’ordre ici, la solidarité entre toutes les assos impulsée par le maire : on se soutient, on participe aux événements des autres, on partage les locaux quand il le faut. »