Tag: Municipales

  • [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver

    [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver

    On ne peut pas dire que la régulation du marché locatif saisonnier suscite de vifs débats dans une campagne où le temps des projets n’a pas encore éclos. Seule Mathilde Louvain (LFI) a jusque-là mis la focale sur la question du logement, souhaitant encadrer les loyers et mener une « action résolue contre la spéculation immobilière ». Une thématique qui frappe principalement Avignon et son centre-ville.

    D’après une étude de l’agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav), publiée en décembre dernier, 5 400 annonces de logement de courte durée étaient actives en 2024, à Avignon, dont la moitié en centre-ville. Dans l’intra-muros, sur 100 annonces de locations, 18 concernent ces meublés touristiques. Un marché qui a généré 38 millions d’euros de revenus. Sans surprise, l’été, en particulier juillet, concentre 42% de ces réservations, Festival oblige. « Le nombre de locations saisonnières avec au moins une nuit réservée a plus que doublé en l’espace de 8 ans », constate la municipalité.

    La prochaine équipe aux manettes ne partira pas d’une feuille blanche. Par deux fois, en septembre 2023 puis février 2025, la majorité a mis ce sujet sur la table du conseil municipal pour réguler ce marché très prisé des investisseurs immobiliers, mais qui « créé une pénurie d’offres accessibles pour les ménages ». En six ans, la part de studios, T1 et T2, est passé de 55% à 60% en centre-ville. « La part de loueurs possédant au moins deux biens est de 39% en 2024 et a fortement progressé en 6 ans », constate l’Aurav.

    La taxe sur les résidences secondaires majorée

    Pour s’en prémunir, la Ville a d’abord majoré de 50% sa taxe sur les résidences secondaires. Il a fallu attendre que le gouvernement place la commune en zone tendue, permettant ainsi d’actionner le levier fiscal. Le gain pour les finances municipales était espéré autour d’un million d’euros. Une mesure rejetée par le RN qui parlait de « taxe punitive ». Autres actions, actées il y a un an, la limitation de la location des meublés touristiques à 90 jours par an contre 120 auparavant. Mais également l’obligation de « soumettre le changement d’usage de locaux d’habitation à une autorisation préalable ».

  • La France insoumise présentera une liste à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    La France insoumise présentera une liste à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    Pas d’union à gauche à Port-Saint-Louis-du-Rhône. LFI a annoncé, lors d’une réunion publique organisée lundi, en présence du député et candidat à la mairie de Marseille Sébastien Delogu, qu’elle présenterait sa propre liste.

    « On a eu des discussions avec le PCF pour l’éventualité d’une union, mais les conditions n’étaient pas réunies, donc on a pris acte, explique le chef de file local, William Silvestre Da Silva. On veut quand même faire porter notre voix qui est différente de celle du PCF, qui a un ancrage très fort à Port-Saint-Louis avec ses atouts et ses inconvénients, et de celle de Martial Alvarez (DVD). »

    Parmi les priorités de LFI : l’accès à la santé. Bien que le maire-candidat ait confié une mission extra-municipale au centre communal d’action sociale intégrant les professionnels pour lutter contre la désertification médicale, William Silvestre Da Silva estime que cela ne suffit pas : « On voudrait prendre contact avec les acteurs de la santé et les communes avoisinantes pour éviter la concurrence et mettre en place une coopération avec des permanences. Cette situation est assez liée aux transports : Port-Saint-Louis est enclavée, assez mal desservie et on perd des horaires de bus pour aller vers Istres. Il faudra qu’on se batte contre ça. » Une large partie du programme sera dédiée aux jeunes avec des dispositifs pour leur « redonner la parole ».

    Les têtes de liste n’ont pas encore été dévoilées, mais William Silvestre Da Silva et Martine Charrier, chefs de file du parti, sont pressentis.

  • Un besoin de services publics aux Pennes-Mirabeau

    Un besoin de services publics aux Pennes-Mirabeau

    Aux Pennes-Mirabeau, cinq listes se sont aujourd’hui déclarées, dont deux d’extrême droite. Le RN encouragé par son score au 2nd tour des législatives de 2024, plus de 67%, lorgne sur cette commune de 22 000 habitants, entre Marseille et Aix.

    Une commune est urbaine, agricole, forestière et aussi commerciale. Avec sa liste citoyenne et plurielle « Les Pennes-Mirabeau demain », rassemblant largement des personnes de tout l’arc républicain, clairement soutenue par les forces de gauche et écologistes (PCF, PS, EELV), Jean-Philippe Musso accorde une attention particulière à la proximité et à l’écoute. Aussi, avant toute promesse, il se propose de « commencer par aller au bout du programme sur lequel il a été élu en 2020 sur la liste de Michel Amiel », qui ne se représente pas et soutient la liste de Grégory Bouchet.

    C’est sur le territoire des Pennes qu’est née, il y a 60 ans, la plus grande zone commerciale d’Europe : Plan de Campagne, qu’elle partage avec Cabriès. Pour Jean-Philippe Musso, Plan de Campagne mérite un traitement plus attentif concernant les services publics qui y sont globalement absents. Parmi ces services publics une absence criante est pointée par les trois communes du bassin de vie : celle d’un outil indispensable pour faire face aux problèmes de sécurité et de tranquillité publique, un commissariat de plein exercice. Jean-Philippe Musso a annoncé sa volonté, parmi bien d’autres, d’agir avec les communes voisines de Cabriès et Septèmes pour l’obtention de ce commissariat de plein exercice. À noter, le Docteur Groselle sera le 35e de liste, « une place symbolique qui aux Pennes a du sens », dit le candidat.

  • L’équipe de Gaby Charroux défend le bilan à Martigues

    L’équipe de Gaby Charroux défend le bilan à Martigues

    « Bonjour Madame, voilà le bilan de ce qui a été fait par l’équipe municipale sortante de Gaby Charroux ! » Ce mardi soir, à Paradis-Saint-Roch, ils sont une vingtaine, comme Marianne Bocca, à se répartir dans tout ce quartier de Martigues pour distribuer le bilan de la majorité du maire (PCF) Gaby Charroux et de son équipe.

    Les militants sont souriants, motivés. Sportifs même, parfois. Notre militante communiste fraîchement retraitée monte les escaliers d’un immeuble et sonne à deux portes. « Et si ça répond aux deux, eh bien, je discute avec les deux à la fois » répond-elle candidement. L’accueil des habitants est positif : « Les gens ouvrent, prennent le bilan, sont polis… Je suis même tombé sur des employés municipaux qui m’ont reconnu », confie Béatrice, une militante et ancienne agente.

    Thomas, doctorant trentenaire, est porté sur la discussion. Une habitante qui ouvre sa porte, Angèle Vellan, l’interpelle non pas sur le bilan qu’elle vient de recevoir, mais sur l’avenir. « Je trouve qu’on n’aide pas beaucoup les jeunes », estime-t-elle.

    « Le sport est gratuit avec les Centres d’initiation sportive, le conservatoire est gratuit, sinon parmi les moins chers selon l’âge », défend le militant. « Oui, j’y emmène ma petite-fille, reprend la septuagénaire, mais je parle surtout pour l’après-bac, ça peut angoisser d’aller à Aix ou Marseille pour les études », fait-elle remarquer.

    « Une ville universitaire »

    Le doctorant originaire de Carro est bien placé pour en parler. « Je suis d’accord avec vous, il y a besoin de faire revenir des études supérieures à Martigues, que nos jeunes ne partent pas tous à Aix ou Marseille. Et ça commence avec la licence pro industrielle que va ouvrir l’université d’Aix-Marseille bientôt », détaille Thomas. « Il y a aussi les formation aux métiers du cinéma », abonde-t-il. « C’est très bien » reconnaît Angèle Vellan sur ce point.

    Le militant, non encarté, estime en aparté qu’« il y a une dynamique, la mairie actuelle a pris en compte cette attente des gens d’avoir des études sur place, c’est un enjeu », estime-t-il. Lui qui a effectué ses études à Marseille considère que « la nouvelle licence entre dans ce cadre ». Et ce, aux côtés de l’Institut de soins infirmiers, entre autres.

  • [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    Imaginons vouloir partir une semaine à Arles pour la première semaine d’août, du samedi 1er au 8 du mois. Ce sont 380 logements qui sont proposés par la plateforme pour un voyageur, dans tout l’espace compris entre la rue Gambetta, le Rhône et les boulevards des Lices et Émile-Combe.

    Sur l’ensemble de la ville, le moteur de recherche indique même « plus de 1 000 logements » disponibles à la réservation, juste pour soi, sans partage avec l’hôte, à des tarifs variant entre 450 euros pour un « studio cosy au pied des Arènes » et jusqu’à 1 300 euros pour ce deux-pièces avec terrasse offrant la vue sur l’hôtel de ville. Toujours pour la première semaine d’août, sont aussi disponibles ce « penthouse à vue imprenable » affiché à 2 300 euros ou ce « havre de paix avec piscine » pour plus de 8 000 euros, dans le registre de l’exclusif.

    Face à ce « phénomène Airbnb », Nicolas Koukas, tête de liste (PCF) de l’Union pour Arles aux municipales, assure être « à l’offensive sur le logement » depuis sa déclaration de candidature, en décembre. « Nous sommes fatigués de ne plus pouvoir nous loger dans le centre-ville », affirme-t-il, rappelant que l’opposition « demande depuis 6 ans de réguler strictement les locations touristiques » de ce type, « comme les villes de La Rochelle et d’Annecy ont pu le faire », précise le candidat.

    « Des quotas par quartier »

    Il y aurait 2 100 meublés de tourisme recensés par la Ville, 3 800 selon l’opposition. Dans le cadre du programme de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas propose une politique municipale sur deux jambes. « En premier, réguler Airbnb en imposant un quota de locations touristiques par quartier et en limitant le nombre de nuitées », complété par « une police du logement contre l’insalubrité de certaines locations ». D’autre part, le candidat veut s’appuyer sur une société coopérative foncière municipale dédiée à « préempter dans les secteurs stratégiques » pour reprendre le contrôle sur le marché.

    Des affiches posées dans la rue, l’été dernier, permettent de mesurer cette attente. « Touriste, ton Airbnb augmente mon loyer », « Afin de préserver la santé mentale des riverains, merci de soulever vos valises à roulettes », « Airbnb tue nos quartiers, loyers Arles centre jusqu’à +50% en cinq ans, qui peut encore vivre ici ? », pouvait-on lire.

    Dans l’équipe du maire sortant Patrick de Carolis (HOR), Sébastien Abonneau répondait à la radio Ici, en août, qu’il ne fallait pas être « dupe des arguments de l’opposition » à l’approche des élections. Sollicitée l’été dernier pour dresser un bilan estival, la plateforme Airbnb assumait de « ne pas communiquer sur ses données car cotée en bourse américaine et que ce sont des indicateurs de bonne santé de l’entreprise ».

    Les nombreuses boîtes à clés installées au Monoprix de la place Lamartine parlent d’elles-mêmes.

  • À Marseille, les CIQ échaudés par le démarchage du RN

    À Marseille, les CIQ échaudés par le démarchage du RN

    Plus que jamais à l’approche des municipales, la politique est partout. Institution désormais plus que centenaire quadrillant chaque arrondissement de Marseille, les comités d’intérêt de quartier (CIQ) n’y échappent pas, malgré leur apolitisme revendiqué. « À chaque élection, ils sont dragués », opine un cadre de la droite marseillaise. « Nous avons un maillage, une représentation qui sont énormes par rapport à beaucoup d’associations », souligne le président de leur confédération, Philippe Yzombard, qui doit présenter le livre blanc des doléances des 180 structures marseillaises d’ici une dizaine de jours. « Nous avons plus de 100 ans, alors oui, nous sommes sollicités parce que cela représente du monde. »

    Chacun s’efforce ainsi de les caresser dans le sens du poil. « Il faut les connaître, les comprendre et les respecter, c’est un maillon important du dialogue citoyen et de la démocratie locale », appuie le directeur de campagne du Printemps marseillais, Arnaud Drouot. « Ce sont des lanceurs d’alerte, dont on a besoin dans la vie démocratique de la ville », défend la cheffe de file (LR) de la droite dans les 6-8, Catherine Pila. Malgré leur neutralité, leurs responsables s’investissent pour certains auprès des différentes équipes de campagne, consultés en coulisses. « Nous avons des présidents de CIQ qui participent à nos réunions militantes, c’est précieux pour nous, cela veut dire que le travail que nous avons mené pendant six ans sur le terrain est productif », confirme celle qui menait l’opposition municipale de droite. « Quand nous avons organisé 74 ateliers thématiques, parmi les 1 125 personnes, il y avait des présidents de CIQ, explique de son côté Arnaud Drouot. Nous leur demandons une expertise, pas de prendre une carte. » Même si certains sont prêts à figurer sur les listes. « Nous avons toujours une dizaine de présidents qui partent en politique », explique Philippe Yzombard. « C’est leur droit absolu », complète-t-il. Pourvu qu’ils respectent l’obligation de démissionner.

    Appels « très insistants »

    Mais la percée de l’extrême droite bouscule les équilibres. « La droite ou la gauche sont en place depuis cinq ans et donc connaissent les présidents, savent vers qui s’orienter. L’extrême droite arrive un peu sur le terrain en ce moment et vient davantage solliciter », déplore le président de la confédération. Ainsi, le 4 décembre, le candidat RN annonçait le ralliement des ex-présidentes des CIQ des Caillols et de la Pauline. « Le RN est plus fort, avec des possibilités qu’il n’avait pas jusque-là, c’est peut-être plus attractif pour certains », glisse Philippe Yzombard. « Beaucoup de CIQ se sont à juste titre radicalisés à cause de l’insécurité », note un cadre de la droite. Mais ces ralliements sont aussi le fruit d’un pressing. « C’est soit l’attaché parlementaire, soit une autre personne qui contacte des présidents de CIQ de manière très insistante », rapporte le maire (LR) sortant des 11-12, Sylvain Souvestre. « J’ai des personnes qui me parlent depuis des mois d’appels pour prendre des nouvelles, à qui on fait miroiter des postes », assure-t-il, évoquant aussi des associatifs, des forces de l’ordre contactés. « Certains de leurs membres ont souhaité rejoindre Franck Allisio, ni plus, ni moins », assure-t-on cependant au RN. En contestant toute « campagne spécifique auprès des CIQ ».

  • [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Marseille, un combat mené pour une ville habitée

    [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Marseille, un combat mené pour une ville habitée

    Face à l’explosion des meublés touristiques (12 722 locations fin 2024, avec une croissance annuelle de +23%) la Ville de Marseille poursuit sa stratégie de régulation pour freiner une « jungle spéculative » particulièrement concentrée autour du Vieux-Port et dans le centre-ville, où les locations de courte durée représentent jusqu’à 25% du parc.

    En 2022, la municipalité a d’abord imposé que toute location hors résidence principale nécessite une autorisation de changement d’usage. Depuis 2024, les propriétaires souhaitant transformer une résidence secondaire en meublé sont tenus d’appliquer une compensation sous forme de la création d’un logement de même surface dans le secteur. Enfin, depuis le 1er janvier, la limitation de la durée de location pour les résidences principales est passée de 120 à 90 jours. Encore loin des 30 jours imposés à New York.

    Pour faire respecter ces règles, la municipalité compte sur sa brigade des meublés créée en 2023 : sept agents aujourd’hui, bientôt dix, explique Patrick Amico, l’adjoint (GRS) au logement de la ville.

    Leur mission : traquer les annonces irrégulières, contrôler les logements, dresser des PV et initier les procédures administratives. Les amendes peuvent aller jusqu’à 10 000 euros pour absence d’enregistrement et 20 000 euros pour fausse déclaration. La municipalité estime que 40% des meublés pourraient être illégaux sur la ville.

    Lundi dernier, Patrick Amico et la maire (GRS) des 1er et 7e arrondissements, Sophie Camard, supervisaient une nouvelle opération d’enlèvement de boîtes à clés illégalement fixées sur l’espace public. La 6e du genre. Le rendez-vous était donné place Charles-de-Gaulle, à deux pas du Vieux-Port, sur un des périmètres les plus saturés. « On est dans le spot touristique de la ville : Panier, Plaine, cours Julien, Vieux-Port… », insiste Sophie Camard.

    Sur le circuit empruntant les rues Paradis et Lodi, une vingtaine de boîtes ont été recensées et stickées, quinze jours plus tôt. Plusieurs ont été retirées par leur propriétaire, preuve que la médiatisation produit un effet immédiat, apprécie Sophie Camard. Au final, cinq dispositifs restants seront retirés par les services municipaux.

    L’enlèvement nécessite de la préparation : repérage, photos, stickage, mobilisation de la régie et de la police municipale. « On le fait par secteur, petit à petit, mais de manière systématique », insiste Patrick Amico, pour qui l’exercice est devenu routinier.

    « Ces opérations ont permis, chaque fois, d’enlever entre 30 et plus de 40 boîtes à clés. C’est extrêmement difficile de donner un chiffre global, mais on les fait partout et on continuera à le faire », explique-t-il. Pour mesurer l’impact de ces politiques, lui se base sur un autre indicateur : « En 2023, j’avais 800 demandes de changement d’usage et en 2025, j’en ai eu moins de 100, c’est très significatif. D’autant qu’on en accepte 20% seulement. »

    Pour Sophie Camard, une des clés du succès réside dans la visibilité de ces interventions. « L’ampleur de leur médiatisation fait que cela marche. Les propriétaires commencent à comprendre », explique-t-elle. La maire de secteur veut croire à un infléchissement du phénomène : « La boîte à clés est un vecteur de communication plus large, pour dire qu’on veut réguler cette activité. À côté, il y a les procès, les réglementations plus sévères… Je pense qu’on va voir les choses se réguler. Je fais le pronostic que le pic est un peu passé », glisse-t-elle, tablant sur le fait que les effets de la réduction à 90 jours et la suppression des niches fiscales au national se feront sentir en 2026.

    « On n’a pas la capacité de tomber à zéro, mais notre objectif, c’est permettre aux habitants d’habiter le centre-ville », rappelle-t-elle. Et les boîtes à clés en sont révélatrices. « Quand on se tient dans les 90 jours de sa résidence principale, c’est légal… J’aimerais que les copros soient bien tenues, que leur règlement interne ne permette pas n’importe quoi, qu’on ne mette pas un immeuble entier en location… La boîte à clés, c’est le résultat final, c’est la porte d’entrée et de sortie de tout ça. C’est un symbole matériel qui se voit. Ce qu’on veut, juste, c’est que les choses soient bien faites et les habitants respectés. »

    Au-delà de l’espace public, la municipalité a engagé les premières assignations en justice contre quatre multipropriétaires contrôlant 33 meublés dans sept immeubles, certains en péril. Lors de l’audience du 24 novembre dernier, la Ville leur a réclamé près de 3 millions d’euros. Le délibéré est attendu le 2 février. L’objectif affiché est clair : frapper les acteurs les plus massifs pour freiner un phénomène devenu structurel.

  • La justice remet en selle le père Bompard, candidat à Orange

    La justice remet en selle le père Bompard, candidat à Orange

    Les Bompard, c’est comme les trains : l’un peut en cacher un autre. Alors que lundi, on pensait que la justice avait définitivement remisé ces locomotives de l’extrême droite à Orange sur des voies de garage, voilà qu’une autre juridiction vient, ce mardi, de permettre à Jacques Bompard de se raccrocher aux wagons de la politique. La cour d’appel de Nîmes lui a en effet accordé une réduction de la peine de son inéligibilité de 5 ans, qui courait initialement jusqu’à novembre 2026.

    Maire d’Orange de 1995 à 2021 -sous les étiquettes FN, MPF puis Ligue du Sud-, il avait dû quitter son poste contraint et forcé après avoir usé de tous les recours pour faire tomber sa condamnation pour prise illégale d’intérêts. Une affaire à laquelle étaient mêlés sa fille et son gendre. Le 30 novembre 2021, c’est son fils, Yann, qui avait été élu maire à sa place. Un poste en passe d’être vacant puisque ce lundi, le tribunal correctionnel de Marseille l’a condamné pour emploi fictif et détournement de fonds publics avec notamment 5 ans d’inéligibilité à effet immédiat. Ce mardi, Yann Bompard a d’ailleurs indiqué qu’il allait faire appel de la décision, qui s’applique toutefois. Le maire condamné se projette même déjà sur les municipales de 2032.

    Alors que l’on pensait l’ère Bompard et ses trois décennies achevées, ce hasard de calendrier judiciaire vient à nouveau percuter le jeu des municipales. « Je suis libéré ! Le bon Dieu est intervenu aujourd’hui », s’est félicité, auprès de La Provence, Jacques Bompard, qui ne s’attendait pourtant pas à une décision favorable. L’ex-édile de presque 83 ans n’a pas traîné pour se remettre en lice en annonçant sa candidature pour les municipales. « Je suis candidat, ma popularité est intacte », jure Jacques Bompard.

    Un ex-maire resté jamais loin du pouvoir

    Élu maire à l’issue d’une triangulaire en 1995, il a ensuite été réélu dès le 1er tour en 2001, 2008 et 2014, mais a dû passer par un second tour en 2020 n’ayant recueilli « que » 47% au 1er tour, affaibli par la candidature RN de Xavier Magnin. Malgré sa condamnation, Jacques Bompard est resté très actif à l’hôtel de ville, se voyant même attribuer un bureau et le titre de collaborateur bénévole du maire avant que le préfet n’intervienne. « J’espère que la décision de justice ne repose pas sur la bonne conduite, car en continuant à donner des ordres au cabinet et services, il a eu une façon particulière de mettre en œuvre son inéligibilité », raille Fabienne Haloui, élue d’opposition PCF.

    En attendant la probable tenue d’un conseil municipal extraordinaire pour élire un maire transitoire, la candidature de Jacques Bompard règle la question de la succession dans la majorité sortante. « C’est la démonstration que les ambitions politiques de cette famille sont de servir leurs intérêts privés avant l’intérêt général. J’en appelle à un sursaut citoyen des Orangeois devant les urnes », enjoint Fabienne Haloui, qui ne sera pas candidate. Le RN, malgré la condamnation lundi de la députée et conseillère municipale Marie-France Lorho, ambitionne de détrôner les Bompard et a pioché dans la majorité pour désigner sa tête de liste, Jean-Dominique Artaud.

    Dans cette bataille à l’extrême droite, le collectif Tous Orangeois espère tirer son épingle du jeu. « La décision de ce jour n’est pas une relaxe, elle n’efface ni les faits, ni la faute, ni la question essentielle de l’exemplarité attendue d’un maire », réagit sa tête de liste Antoine Boudet, qui appelle donc la population à mettre fin à « un système marqué par des condamnations répétées et des pratiques contestables ».

  • Rencontre des colistiers de Renouveau pour Sanary pour l’intérêt commun

    Rencontre des colistiers de Renouveau pour Sanary pour l’intérêt commun

    Loin des querelles de clocher, les candidates et les candidats de la liste Renouveau pour Sanary, s’inscrivent dans une démarche porteuse de propositions visant à favoriser le mieux vivre tous ensemble », commence Jean-Pierre Meyer (PCF), le capitaine de l’équipe largement ouverte sur la société civile.

    Des citoyens qui, quel que soient les résultats des urnes, promet le responsable politique, resteront pleinement investis dans les valeurs qu’ils défendent et pour que soit apporté des réponses aux besoins, de la population, loin des querelles partisanes.

    A l’image du combat exemplaire mené par leur chef de file qui tout au long de son mandat de conseiller municipal d’opposition, le seul du camp progressiste, qui est parvenu à force de discussion et de persuasion à arracher des avancées, notamment sur le logement, à une majorité de droite a priori très rétive aux propositions portées par les progressistes.

    « Favoriser le dialogue respectueux et constructif avec les différentes composantes du conseil municipal, défendre nos projets et soutenir tous ceux allant dans le sens de l’intérêt général, voilà la stratégie apaisée qui nous a animé hier et qui nous animera demain », affirme à nouveau Jean-Pierre Meyer.

    Il invite donc la population à venir faire connaissance avec l’ équipe et échanger avec elle, sur leurs objectifs et propositions le jeudi 29 janvier dès 18h salle Marie Mauron, à la médiathèque de Sanary.

  • À La Ciotat, l’union de la gauche ne semble pas pour demain

    À La Ciotat, l’union de la gauche ne semble pas pour demain

    « Comme nous les attendions et maintenant que sont déclarées les candidatures pour la droite d’Alexandre Doriol (DVD), pour l’extrême droite de Daniel Salenc (RN), d’Hervé Itrac, et pour la gauche celles de Martine Cuccaroni (PS) et du communiste Karim Ghendouf (La Ciotat nous rassemble)*, nous pouvons désormais nous adresser à vous pour vous proposer de créer et valider ensemble et au plus vite notre liste définitive d’union des forces de gauche en vue des élections municipales à La Ciotat en mars 2026 », écrit, dans un communiqué, le secrétaire de section du PS ciotaden, Toni Delogu.

    « C’est la dernière chance pour qu’on puisse débattre », affirme-t-il, lundi. Le rendez-vous a été fixé pour ce mercredi, à La Ciotat. L’Après, Pour que vive le NFP, Debout, la France insoumise, les Écologistes, le Parti animaliste, le PCF et Place publique ont été invités. Pour l’heure, seul José Sterenzi (NFP La Ciotat) a confirmé sa venue. La socialiste Martine Cuccaroni « se positionne toujours comme candidate » pour être tête de liste d’une union de la gauche. « Mais si une candidature issue de la société civile devait émerger, je me retirerais au profit de cette candidature », ajoute-t-elle.

    Mais pourquoi une union aboutirait-elle maintenant, alors qu’elle n’a jamais pu voir le jour depuis l’été ? « L’union de la gauche aux municipales est compromise », estime José Sterenzi. « Pour qu’il y ait un élan populaire, car aujourd’hui les gens sont déçus par les organisations, nous avons voulu recréer une unité large, appuyée sur les citoyens, autour du programme du Nouveau Front populaire (NFP). Mais chacun tire la couverture à lui », regrette-t-il. « Je me battrai jusqu’au bout pour cette union sur les bases du programme de rupture du NFP », lance-t-il. Avant d’avertir, inquiet : « Car si LFI fait sa liste, si Bernard Ougourlou-Oglou aussi, si Martine Cuccaroni pour le PS veut être tête de liste, alors que Karim Ghendouf s’est déclaré candidat vendredi, on risque d’avoir au premier tour quatre listes à gauche, ce qui est suicidaire alors que l’extrême droite est aux portes de la ville. Lors des dernières élections législatives, le RN a remporté plus de 30% des voix à La Ciotat… »

    « Les fédérations trancheront »

    « Honnêtement, l’union à gauche, moi, je n’y crois plus… Même si nous aimerions une liste unique », réagit Isabelle Mazuc, responsable du sous-groupe La Ciotat-Ceyreste pour les Écologistes. « Car La France insoumise serait pour une union sans le Parti socialiste et le PS sans LFI… Lors de ses vœux, Karim Ghendouf a appelé à l’union, mais il a déroulé un programme très marqué PCF. Son projet offre peu de possibilités pour une union. J’appelle cela plus une soumission qu’un compromis », tranche-t-elle.

    Jean-Paul Coste, représentant de LFI à La Ciotat, est clair : pour lui, l’union de la gauche peut se faire, mais sans le PS. « Que Martine Cuccaroni se présente comme tête de liste et revendique l’héritage d’Olivier Faure, 1er secrétaire du PS, lequel traite Jean-Luc Mélenchon par exemple de “salopard antisémite”, pour nous, ça ne peut pas passer », argumente-t-il. De son côté, LFI « a mis en place une procédure pour constituer une liste électorale. Deux candidats ont été désignés, Antoine Vichy et Dominique Sabatini. Nous attendons la validation départementale » .Pour Jean-Paul Coste, « il y a peut-être un risque à faire une liste de plus, mais ça peut aussi inciter plus de gens à aller voter. Rappelons-nous que, lors des dernières municipales à La Ciotat, il y a eu 60% d’abstentions, c’est énorme ! ».

    Dans ce paysage politique nébuleux, Toni Delogu rappelle : « Si certains s’entêtent dans leur choix, les fédérations, au PS, au PCF et pour les Écologistes, trancheront pour une candidature unique. » À La Ciotat, l’ex-1er secrétaire de section PS, Bernard Ougourlou-Ouglou, travaille à constituer sa liste « Pour les Ciotadens », sous l’étiquette gauche social-démocrate.