Tag: Municipales

  • À Apt, la droite a mis du temps à régler sa succession

    À Apt, la droite a mis du temps à régler sa succession

    Apt s’achemine vers un 3e maire différent en moins de cinq ans. Réélue maire en 2020, Dominique Santoni avait quitté la mairie à l’été 2021 après avoir accédé à la présidence du Département. La majorité de droite avait alors choisi Véronique Arnaud-Deloy pour poursuivre le mandat. Mais cette dernière a fait le choix de ne pas se représenter pour le scrutin du 15 mars. De quoi aiguiser des appétits dans la majorité de droite.

    Toujours très active à Apt, Dominique Santoni avait indiqué, dès juin dans nos colonnes, vouloir « donner des conseils et rester sur une liste pour soutenir le candidat qui sera le plus à même de gagner ». Il a fallu attendre la mi-janvier pour que la situation se décante : Jean Aillaud, 75 ans, premier adjoint et conseiller régional, portera les couleurs d’une majorité unie. « Cette candidature s’inscrit dans la continuité d’un travail engagé depuis dix ans », annonce la tête de liste dans un communiqué. Période où Dominique Santoni a été élue maire. La présidente du conseil départemental lui apporte un « soutien plein et entier ».

    Une dissidence très vite éteinte

    La droite mise sur un maire de transition, qui incarnerait « l’expérience, la stabilité et l’efficacité face aux incertitudes et aux défis à venir ». Un pôle de stabilité en somme, comme aime à le dire Dominique Santoni au sujet du rôle des Départements. « Les Aptésiens savent qu’ils peuvent compter sur une municipalité respectée et crédible, capable d’obtenir des financements grâce à des partenariats forts avec le Département et la Région », souligne le communiqué de candidature. Le choix de Jean Aillaud n’a toutefois rien eu d’évident. Adjointe à la sécurité, Isabelle Taillier avait annoncé sa candidature, tournée encore plus à droite, en prônant « l’union des droites » et en ne se retrouvant « plus du tout » dans la ligne de la majorité. Visiblement, les lignes ont bougé puisque moins d’un mois plus tard, Isabelle Taillier revenait au bercail après des discussions « sur la mise en cohérence de nos programmes et la réaffirmation de nos valeurs respectives ». Pour la droite, l’unité a aussi pour but « de faire barrage à la gauche », dont elle estime « les projets préjudiciables ».

    Céline Celce (Génération.s), candidate de l’union de la gauche (sauf LFI qui ne présente pas de liste) appréciera le compliment. « On se rassemble sur des valeurs humanistes, de justice sociale et de progressisme », indique celle qui était candidate Nupes puis NFP lors des deux dernières législatives et était arrivée en tête au second tour à Apt face à la candidate RN élue dans la circonscription, Catherine Rimbert. Élue d’opposition, elle porte un projet « co-construit depuis un an » et se pose « en seule liste de la gauche » bien que 95% de ses colistiers ne soient pas encartés. Car un 3e candidat, élu sur la même liste que Céline Celce en 2020, est en lice : Christophe Carminati (SE), refusant toute étiquette de droite et de gauche et d’alliance au second tour.

  • Martine Vassal veut croire au renouvellement pour 2026

    Martine Vassal veut croire au renouvellement pour 2026

    Après les arts circassiens dans les hauteurs du « Bateau bleu » de la place Saint-Just, c’est une jeune collégienne qui ouvre les vœux institutionnels de la Métropole Aix-Marseille et du Département des Bouches-du-Rhône, par une reprise, en français, de John Lennon. « Tu peux dire que je suis rêveuse, mais je ne suis pas la seule », chante-t-elle devant les 7 000 personnes présentes dans le hall de l’hôtel du département (selon les organisateurs), mercredi soir.

    Des rêves, la présidente (DVD) des deux institutions, Martine Vassal, en a assurément. « Pour ce début d’année 2026, je forme le vœu que ce soit une année de courage et de confiance, lançait-elle ainsi. Une année où l’on regarde davantage ceux qui font que ceux qui parlent, où l’on respecte davantage ceux qui servent que ceux qui jugent, où l’on protège davantage ceux qui travaillent plutôt que ceux qui méprisent. » Avec dans ses propos comme un écho aux reproches qu’elle adresse régulièrement à ses adversaires, dans la campagne des municipales pour Marseille. Et la candidate de la droite et du centre de compléter : « Que 2026 soit l’année de l’espoir, du renouveau, de l’engagement. Comptez sur moi et comptez sur vous ! »

    Préserver le service public

    Elle a beau être en difficulté dans les sondages, où elle est placée loin derrière le maire (DVG) sortant Benoît Payan et l’extrême droite au premier tour, elle souligne, dans un hommage à la Provence et au monde du travail, qu’« ici, nous savons que rien ne se construit sans effort, sans respect, sans l’amour de notre territoire ». Alors elle s’inscrit pleinement dans « la valeur travail », célèbre les agriculteurs, les forces de l’ordre et de secours, les agents du service public comme les entrepreneurs « qui créent de l’emploi, de la richesse et de l’innovation ».

    Période de réserve électorale oblige, elle ne peut aborder ni son bilan, ni ses projets. « Dans un contexte difficile, malgré les contraintes budgétaires fortes imposées aux collectivités locales, nous sommes restés à vos côtés », défend-elle néanmoins. Avant de promettre « avec clarté et responsabilité » : « Nous préserverons nos missions de service public, nous continuerons d’avancer pour nos territoires. » Et alors qu’elle remet la médaille du Département aux frères Popov, champions de badminton, leur père explique que, pour faire ces champions, « il y a toute une équipe qui nous entoure ». Un conseil d’autant plus important quand s’approche le dépôt des listes pour les municipales.

  • À Aix, Philippe Klein mise sur l’écologie pour son programme

    À Aix, Philippe Klein mise sur l’écologie pour son programme

    Que ce soit en tant qu’élu d’opposition ou au cours des premières interviews données à la presse après l’officialisation de sa candidature, Philippe Klein a régulièrement rappelé l’urgence d’une transition écologique pour la ville. Investi par le parti Horizons pour le scrutin de 2026, l’ancien bâtonnier et conseiller municipal d’opposition relance le sujet dans le cadre de sa campagne.

    L’écologie ne sera pas le pilier « le plus important du programme, mais un axe extrêmement important », précise Philippe Klein. S’il doit présenter les « grandes lignes de son programme » ce samedi 31 janvier, à l’occasion de l’inauguration de sa permanence, le candidat a présenté ce week-end, « à l’occasion d’une rencontre avec ses militants et colistiers », sa « stratégie municipale d’adaptation au changement climatique ».

    Il y défend une « écologie d’action, mesurable et sans hausse d’impôts ». Car il n’y en aurait pas besoin, estime le candidat. À titre d’exemple, pour les plantations, « en utilisant les services existants, je n’aurais pas de grosses difficultés à mettre en place cette végétalisation à marche forcée. Pour l’enlèvement du goudron, cela peut être étalé dans le temps et ne nécessite pas de crédits faramineux. Tout cela va se faire dans le temps, sur le budget d’investissement qui, parfois, est utilisé à autre chose (…). Ce ne sont pas de gros projets ». Philippe Klein ajoute : « Pour les aménagements de construction immobilière, cela sera inclus dans le coût de construction d’immeubles. Il y aura un investissement qui pourrait se faire par l’emprunt, c’est pour la mise en place de centrales photovoltaïques. »

    Quatre axes

    Face à des projections climatiques préoccupantes – une hausse possible de plus de 4,8 °C d’ici à 2100 selon les prévisions de Météo-France, qu’il cite – le candidat veut une « écologie municipale qui agit là où le maire a la main ». « Depuis plus de 20 ans, rien n’est fait, au contraire, beaucoup de choses se sont aggravées », dénonce-t-il.

    Dans cette esquisse de programme, construite en miroir des projets menés par la majorité actuelle, quatre grands axes sont présentés par le candidat : la « transformation des sols », la végétalisation « intelligente » de la ville, « adapter l’architecture et les usages » et « protéger les habitants et la vie ». L’objectif affiché est de rendre « chaque année à la nature l’équivalent de 145 stades de football de sols perméables », tout en garantissant des résultats visibles « dès le premier mandat ».

  • Les Écologistes soutiendront Pascal Cabras et la liste Six-Fours à Gauche

    Les Écologistes soutiendront Pascal Cabras et la liste Six-Fours à Gauche

    La liste « Six-Fours à Gauche, Écologiste, Régionaliste et Citoyenne » a réuni une partie de ses soutiens, mercredi, pour une conférence de presse destinée à présenter les grandes lignes de son projet municipal. Cette liste rassemble de nombreuses forces progressistes (PC, PS, GRS, Parti occitan, Génération.s, Régions et Peuples Solidaires et l’Après).

    Elle a récemment été rejointe par les Écologistes, qui apportent leur soutien, sans y compter, pour l’instant, de colistiers. « Ça a pris du temps, car on voulait voir si le programme était vraiment écologiste. On a été rassuré », explique Claudie Cartereau, tête de liste de l’union des gauches à Ollioules.

    Le programme sera présenté prochainement. Il reposera sur plusieurs axes forts : respect des 25% de logements sociaux de la loi SRU, transports gratuits, création d’un tramway et d’un centre de santé, souveraineté alimentaire, police de proximité…

    Autre priorité : la lutte face à la droite et au maire (LR) Jean-Sébastien Vialatte, qui « se dilue dans l’extrême droite », soutient la tête de liste Pascal Cabras, citant notamment « le partenariat conclu entre la mairie et la maison d’édition Fayard » détenue par le milliardaire Vincent Bolloré. « C’est un acte militant de la part de M. Vialatte », dénonce-t-il. Le RN aura de son côté pour candidat, pour la quatrième fois, le député Frédéric Boccaletti, « une personne sulfureuse. Un repris de justice, condamné pour violences en réunion il y a des années », rappelle Laurent Gilbert, de l’Après 83. Alors, pour vaincre « ces deux menhirs, notre potion magique, c’est l’union », martèle Pascal Cabras.

  • À Orange, le maire Yann Bompard démis par le préfet

    À Orange, le maire Yann Bompard démis par le préfet

    C’était une formalité juridique attendue mais d’importance. Au surlendemain de la condamnation pour détournements de fonds publics du maire (Ligue du sud) Yann Bompard, le préfet vient, ce mercredi, de le démettre de ses fonctions. La peine visant l’édile d’extrême droite étant assortie d’une inéligibilité de cinq ans, avec application immédiate, Thierry Suquet a donc pris un « arrêté le déclarant démissionnaire d’office de son mandat de maire ».

    Un document qui fait perdre à Yann Bompard l’intégralité de ses mandats d’élu, malgré sa décision de faire appel. Il n’est donc à ce jour plus conseiller municipal, président de l’intercommunalité du Pays d’Orange ni conseiller départemental. Pour cette dernière fonction, son binôme suppléant Jonathan Argenson, par ailleurs adjoint à la culture, le suppléera. Pour le reste, c’est encore flou. Selon le code électoral, « en cas d’absence du maire, suspension, révocation ou toute autre cause, le maire est provisoirement remplacé dans la plénitude de ses fonctions par le 1er adjoint », précise la préfecture.

    Or le titulaire du poste, Denis Sabon, a rejoint l’opposition RN et n’a pas été officiellement remplacé dans cette fonction, qui devrait échoir à Joëlle Eickmayer, adjointe aux affaires sociales. Un nouveau conseiller municipal, issu de la liste Bompard, doit aussi faire son entrée comme élu. Si l’on suit l’ordre de la liste, il s’agirait d’Odette Marie. Ironie, le suivant de liste est Jean-Baptiste Rolland, collaborateur parlementaire de la députée RN Marie-France Lorho, condamnée elle aussi lundi avec inéligibilité.

    Un rôle de premier magistrat de toute manière très bref puisque, « pour élire un nouveau maire, il relève à présent du premier adjoint de convoquer le conseil municipal sous un délai de 15 jours suivant la démission d’office », stipule le code électoral. Soit avant le 11 février. En 2021, lorsque Jacques Bompard avait été déclaré inéligible, son fils avait pris la suite dix jours après. Le père, redevenu éligible mardi par la grâce de la justice, rêve de revenir à l’hôtel de ville par les urnes pour la 6e fois. En attendant, Orange devrait donc avoir un maire très éphémère issu de ce qu’il reste des rangs de la majorité pour achever le mois et demi de mandat.

  • Jean-Firmin Bardisa se dévoile au Pontet

    Jean-Firmin Bardisa se dévoile au Pontet

    L’actuel élu d’opposition aspire à réoxygéner Le Pontet. « Il y a toujours une solution quand les habitants reprennent la parole », estime celui qui est à la tête d’une liste « représentative de la vraie vie », avec des gens de gauche, du centre et de droite. Parmi ses priorités, la sécurité avec une « police municipale visible, présente et respectée ». Idem sur l’argent public, où Jean-Firmin Bardisa prône « une gestion rigoureuse, claire » sans « hausse d’impôts ». Le candidat veut créer un centre municipal de santé et offrir un large soutien à la jeunesse (sport, culture, formation…).

  • [Entretien] « Agir en commun », la règle d’or de Sylvain André, maire de Cendras

    [Entretien] « Agir en commun », la règle d’or de Sylvain André, maire de Cendras

    La Marseillaise : Vous êtes maire de Cendras depuis 2017. Quel regard portez-vous sur ces neuf ans ?

    Sylvain André : Pour moi, le maire a un rôle d’animateur du vivre ensemble. C’est fondamental pour faire société ; surtout dans une période où le repli identitaire s’accentue. Si je devais donner quatre marqueurs de l’ADN de l’équipe municipale, je dirais la solidarité, la culture, la transition écologique et l’éducation. Nous avons rénové le cœur du village, et c’était le plus gros projet du mandat. Nous avons aussi désimperméabilisé certaines zones, finalisé un projet d’habitat inclusif pour permettre à nos anciens de rester au cœur du village, et proposé un programme culturel dense…

    Vous vous êtes aussi engagé pour le pour des causes qui dépassent les compétences d’un maire…

    S.A. : Plus la situation internationale s’est complexifiée, plus nous avons voulu affirmer nos ambitions de paix. On soutient SOS Méditerranée, parce que je trouve que c’est l’honneur de l’humanité. On ne paie pas un bateau, on apporte 500 euros… Mais c’est un marqueur. On participe aussi à une opération de subvention qui vise à financer 1 000 fontaines pour Mayotte où l’eau est un enjeu majeur… Ce sont des petites pierres, mais elles participent à la construction de la solidarité internationale.

    En septembre, vous avez été attaqué par le député UDR Allegret-Pilot, qui est venu décrocher votre drapeau palestinien. Comment avez-vous vécu cet épisode ?

    S.A. : C’est la première fois que j’ai un peu souffert de ce genre de polémique, parce que ça a été virulent. Je venais de prononcer un discours de paix devant 70 personnes en expliquant que si Israël vivait la même chose, j’aurais mis son drapeau à la place, et j’ai à nouveau condamné les attaques du 7 octobre… Mais avec sa mise en scène, il a lancé toute la fachosphère sur mon dos. J’ai passé 15 jours à effacer des messages de haine sur mes messageries personnelles. Des messages anti-communiste, des menaces, des insultes liées à mon handicap… Ce député vit par le buzz et la « trumpisation » de la société. Ça plaît parfois aux gens, mais ce n’est pas la politique que j’aime.

    Vous allez présenter votre liste le 10 février. À quoi ressemblera-t-elle ?

    S.A. : Elle est renouvelée à 50%. Tout le monde n’est pas encarté, mais ils ont tous une sensibilité de gauche. Je suis allé voir chaque membre de la liste, j’ai expliqué qu’on allait parfois dépasser le cadre municipal, et surtout je me suis assuré qu’il n’y aurait jamais aucun propos raciste. Si nous sommes élus, nous allons nous voir quasiment tous les lundis de l’année pendant six ans. Il vaut mieux partager un socle de valeurs communes, j’y tiens.

    Quels seront les axes de ce mandat ?

    S.A. : J’aimerais faire passer tous les toits de la commune en solaire, et mettre en place une boucle d’autoconsommation solidaire qui permettra aux Cendrasiens d’acheter l’énergie produite… On souhaite aussi créer une boulangerie dans le hameau de La Blaquière, créer un accueil parent-enfant au centre socioculturel, donner une dimension plus importante au CCAS, et peut-être créer un conseil municipal pour la jeunesse… Nous sommes en train d’y travailler.

    Vous êtes aussi le président des maires ruraux du Gard. Pourquoi ?

    S.A. : On me l’avait proposé, et j’ai fini par dire oui. Je ne me retrouvais pas complètement dans l’Association des Maires de France ; j’avais besoin d’une association un peu plus piquante, pugnace, un réseau plus convivial… Ensemble, nous arrivons à nous fédérer de manière trans-partisane sur des questions locales et de proximité. On est vraiment dans l’entraide.

    Quels seront les grands combats pour les maires ruraux du Gard ?

    S.A. : Nous allons devoir défendre la commune, qui est régulièrement attaquée. L’intercommunalité peut être un atout, mais il faut que cela se fasse dans la coopération.

    Nous travaillons aussi sur le PAC (porter-à-connaissance) feux de forêts, qui ralentit le développement des territoires ruraux. On comprend qu’il faille prendre des précautions avec les feux de forêts, mais il faut trouver un équilibre… Avec l’université de Nîmes, nous participons enfin à la création d’un Diplôme Universitaire destiné aux élus. Il pourrait démarrer dès septembre. Je n’attends pas le grand soir pour agir ! On arrache tout ce qu’on peut. Et ça implique de parler avec tout le monde.

  • [Entretien] Cécile Muschotti : « Il y a urgence à s’unir à Toulon pour battre l’extrême droite »

    [Entretien] Cécile Muschotti : « Il y a urgence à s’unir à Toulon pour battre l’extrême droite »

    La Marseillaise : Votre liste
    «
     ni système ni extrême » a jeté l’éponge. Pourquoi ?

    Cécile Muschotti : Dans ce contexte où le centre et la droite partent divisés, où la gauche refuse d’ouvrir une alliance jusqu’au centre et face au gros danger du Rassemblement national, je ne peux pas prôner un discours de rassemblement, dire que le danger est à nos portes et, en même temps, finalement, faire comme les autres. C’est dû aussi au non-débat et à la non-volonté de certains avec qui on aurait pu s’allier pour construire un groupe plus large, avec un positionnement clair sur des axes programmatiques pour la ville. En tout cas, j’ai essayé de faire des efforts, j’ai pris le temps d’aller rencontrer Magali Brunel et d’échanger avec Josée Massi.

    Mais sur quelle base auriez-vous
    pu passer un accord
     ?

    C.M. : J’ai siégé au conseil métropolitain avec M. Leroy, de Toulon en commun, et nous avons porté mot pour mot le même combat pendant six ans. Parce que nous avons la même vision pour sortir Toulon et sa Métropole des embouteillages, de la pollution… par le tramway. Mais, aussi, sur la transition environnementale, la végétalisation, les pistes cyclables… et pour faire en sorte que Toulon prenne toute sa part et devienne un exemple dans ce domaine. On aurait pu se retrouver également sur la question de l’éducation et de la culture.

    J’aurais espéré, comme ça a pu être le cas par exemple à Vitrolles ou même à La Seyne-sur-Mer en son temps, de construire un groupe qui aille du Parti communiste jusqu’au centre. Parce que je suis persuadée qu’il faut se tourner vers le centre dans une ville comme Toulon.

    Vous définissez-vous toujours comme une femme de gauche ?

    C.M. : Absolument, je le revendique. Et j’en veux d’ailleurs beaucoup à mes anciens camarades du Parti socialiste qui n’ont pas pris le temps de suivre mes travaux parlementaires. Parce que le macronisme, que j’ai quitté il y a maintenant 3 ans, et pour lequel je suis critique, c’était une jambe gauche et une jambe droite. Je rappelle qu’on est plus de 60% des socialistes à avoir rejoint Emmanuel Macron en 2017. Je ne suis pas l’hurluberlue du coin. Malheureusement, la jambe droite a pris le pas. Pour autant, moi, pendant 5 ans, quels ont été mes votes pour et mes votes contre ? Quand je me suis érigée contre la loi anti-casseurs, contre la loi qui concernait l’immigration.

    Et à l’inverse, j’ai porté la loi et le rapport sur l’IVG, pour un meilleur accès de l’IVG en France. Et mené une mission de 6 mois sur la création d’un défenseur de l’environnement, pour que cette cause soit au cœur de toutes nos décisions publiques. J’aurais aimé que mes anciens camarades s’intéressent à la politique de plus près plutôt que de me faire de mauvais procès.

    Vous n’avez donc pas renoncé…

    C.M. : Je milite depuis que j’ai 15 ans, je ne renoncerai jamais à me battre, particulièrement dans ce contexte. Alors j’essaie de prendre la parole à chaque fois qu’on me la donne. Ou je la prends sur les réseaux sociaux : j’ai osé rappeler d’où venait Laure Lavalette. J’en suis à pratiquement 900 commentaires, dont beaucoup sont haineux. Donc je vais continuer à me battre. Parfois, j’entends des gens qui disent qu’ils ne vont plus voter parce qu’il n’y a aucun candidat qui leur correspond… Moi, je suis prête à faire des concessions sur mes idéaux pour faire barrage à Laure Lavalette coûte que coûte.

    Parce que la menace est bien là…

    C. M. : L’influenceuse Laure Lavalette a réussi à mettre en place une stratégie de communication et de vente de son produit, et une grande partie de Toulonnaises et de Toulonnais refusent d’entendre d’où elle vient, de voir que Rassemblement national, c’est le Front national. Je suis inquiète parce qu’il semble parfois qu’on brasse du vent à essayer de rappeler l’histoire d’une extrême droite violente, raciste, fasciste. Et le programme de Laure Lavalette, c’est quoi ? Refaire les trottoirs, mettre des chichis frégis et un peu plus de policiers. Il faut être sérieux. C’est un parti politique accusé d’avoir volé de l’argent public… On sent qu’il y a un sentiment de rejet global. Mais rejeter pour mettre des voyous racistes et fascistes, c’est ça la solution ?

    De quoi Toulon a-t-elle besoin ?

    C.M. : Il nous faut des élus qui aient conscience de ce que nous sommes en train de traverser. La question climatique doit être au centre de toutes les décisions politiques. Il en va de la survie de nos enfants. Je ne parle pas d’une planète qui mourrait dans 1 500 ans. Je parle de nos enfants qui sont aujourd’hui à l’école. Quel avenir on va leur laisser ? Et vous avez, en parallèle, Amaury Navaranne [le conseiller municipal RN, Ndlr] qui assume son climato-scepticisme publiquement en conseil municipal. Les questions d’éducation, de culture, d’aménagement, de développement économique, tout ça suivra à partir du moment où on a cette conscience précise dans chacune des décisions. Je répète qu’il y a urgence à s’unir face à la menace de l’extrême droite, mais la responsabilité appartient aujourd’hui à Mme Massi et Mme Brunel : la balle est dans leur camp, puisque ce sont elles qui ont refusé jusqu’à maintenant les mains tendues. En tout cas, je dirais haut et fort ce que je vote. J’estime, en tant qu’élue, en tant qu’ancienne parlementaire, je peux être transparente sur mon choix. Aujourd’hui, il n’est pas fait.

  • [Entretien] Yves Mesnard : « J’ai doté Roquevaire d’équipements structurants »

    [Entretien] Yves Mesnard : « J’ai doté Roquevaire d’équipements structurants »

    La Marseillaise : Pourquoi ne pas vous présenter aux élections municipales?

    Yves Mesnard : Je pense qu’il ne faut pas faire le mandat ou le tour de piste de trop. Pendant ces dix-huit ans, j’ai formé des jeunes. Il est temps qu’ils prennent leurs responsabilités. J’ai estimé qu’Hélène Spinelli, ma première adjointe depuis 2020, était prête [elle est candidate aux municipales Ndlr], avec la très belle équipe qu’elle a constituée. Je souhaite que l’héritage que je leur laisse, ils le fassent fructifier.

    Comment décririez-vous cet héritage?

    Y.M. : Tout ce qui était nécessaire à Roquevaire, je l’ai réalisé. Durant ces trois mandats, plus de 60 millions d’euros ont été investis dans la commune, sans augmenter les impôts. J’ai doté Roquevaire d’équipements structurants qui faisaient défaut à la ville à mon arrivée : un stade municipal, une crèche, les casernes des pompiers et de la gendarmerie (…). Nous avons pu les financer grâce à une excellente gestion de la commune, car nous avons fait ces investissements grâce à des excédents de fonctionnement, auxquels s’ajoutaient des subventions.

    En dix-huit ans, la commune a-t-elle gagné beaucoup d’habitants?

    Y.M. : Pas tant que ça. J’avais dit, en 2008, ne pas vouloir dépasser 10 000 habitants, nous sommes moins de 9 000. En tant que commune de plus de 3 500 habitants, Roquevaire est soumise à la création de logements. J’ai construit en fonction du potentiel de terrains à bâtir. Les Roquevairois en ont bénéficié. Selon la préfecture, cependant, il manque 641 logements à Roquevaire. Nous avons 279 000 euros d’amende à payer pour 2025 ! Ce nombre de logements demandé est infaisable, car 91% du territoire de la commune est inconstructible, en raison de zones à risque d’incendie, d’inondation, d’effondrement, ou encore de zones naturelles ou agricoles. Il faut réformer la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain). Cela fait dix-huit ans que je le crie sur tous les toits.

    Que signifie être maire dix-huit ans?

    Y.M. : C’est une expérience unique. J’ai servi ma population pendant dix-huit ans. J’en suis très fier et très content.

  • Le candidat Squillari esquisse une ville d’Aubagne solidaire

    Le candidat Squillari esquisse une ville d’Aubagne solidaire

    « L’Aubagne conviviale, solidaire, attentive à tous sans discrimination, l’Aubagne que nous aimons n’a pas disparu dans la médiocrité des clientélismes et dans l’esprit de clan », assure Jean-Pierre Squillari, lors de ses vœux, face à plus de 600 personnes, mardi soir. Il poursuit : « Beaucoup, de toutes opinions, nous le disent : Aubagne n’est plus Aubagne. Par manque d’imagination pour sa ville, par incompétence et par souci unique de sa carrière politique, le maire Gérard Gazay a rendu inaudible tout ce qui faisait sa notoriété et la créativité dont elle est encore capable. Un maire-éteignoir ! »

    Après avoir rhabillé pour l’hiver Gérard Gazay (LR), candidat pour un 3e mandat, Jean-Pierre Squillari, qui a dirigé notamment le centre de secours d’Aubagne, a fait de même pour Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole Aix-Marseille : « Cette Métropole technocratique et hypertrophiée doit impérativement être remise en cause, au service des habitants. Le long chapitre d’immobilisme ouvert chez nous par le duo Gazay-Vassal doit se refermer. »

    Pour opérer cette « rupture avec les années Gazay », Jean-Pierre Squillari suit, avec son équipe, trois caps : « Réparer, respirer, protéger. » Parce que, « depuis deux ans à sillonner Aubagne, on a entendu beaucoup de détresse », a témoigné Clémentine Fardoux, avant que le candidat ne prenne la parole. Il est nécessaire de « protéger ». Aubagne en commun annonce vouloir créer « un abri immédiat pour les personnes en détresse sur la voie publique ». Mais aussi « une mutuelle municipale qui sera moins chère et remboursera mieux ». De même qu’un « service public des pompes funèbres. Le prix des obsèques baissera et pas qu’un peu. »

    Cantine municipale

    La gauche veut aussi s’emparer de la question de la sécurité : « Nous avons une police municipale dont il faut changer le fonctionnement, avec prévention et répression, sans angélisme. » Sitôt l’équipe d’Aubagne en commun élue, un vaste plan écoles sera lancé. « L’entretien des établissements et la cantine scolaire reviendront en gestion municipale. Nous nous opposerons à toute tentative de remettre en cause la gratuité des bus, une menace que n’écarte pas la Métropole », réaffirme Jean-Pierre Squillari.

    « Réparer » passera aussi par « redonner à cette ville une place à toutes les cultures, car c’est un élément essentiel du vivre ensemble », a évoqué Gaëlle Rodeville. « Respirer » consistera à agir pour « une ville plus fraîche et plus saine » : ombre, fontaines… Pour rappeler le cap politique, enfin, Jean-Pierre Squillari a martelé : « Nous, nous marchons sur nos deux jambes : ni Macron ! Ni Le Pen ! Ni Gazay ! Ni Mélin ! Nous, c’est Aubagne ! »