Tag: Marseille

  • [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    Ce dimanche, un nombre record de listes sont soumises au vote des 3 695 grands électeurs des Bouches-du-Rhône, avec neuf bulletins à disposition dans les bureaux de vote installés au sein de la préfecture. De quoi faire baisser le seuil pour obtenir un siège.

    Des huit sénateurs sortants, seul l’ancien maire (LR) de Rognac Stéphane Le Rudulier a jeté l’éponge, nourrissant les spéculations sur son avenir professionnel. Partie sans les centristes en 2020, la droite a vu l’addition de ses nuances exploser rapidement en plein vol, sapée par son effondrement aux municipales à Marseille. Le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, après s’être lancé dans l’arène dès le mois d’avril, avait pourtant concédé la tête de liste à la sénatrice sortante aixoise Brigitte Devésa (UDI) pour laisser une place éligible à Valérie Boyer (LR). Celle-ci a finalement décidé de partir de son côté, et revendique la légitimité dans son camp. Quand la liste d’union de la droite et du centre recevait l’investiture des LR et le soutien du président LR du Sénat Gérard Larcher, elle affichait celui du président des LR lui-même, Bruno Retailleau. D’abord sollicité par la ministre déléguée Sabrina Roubache, brièvement candidate, le maire (LR) de Gardanne lui aussi mène une liste, revendiquant porter la voix des maires. Entre pressions et mots durs, la campagne à droite a connu un dernier éclat ce vendredi, Valérie Boyer annonçant déposer plainte et alerter le préfet, après l’envoi d’un tract « particulièrement agressif » s’en prenant aux listes de droite et du RN.

    Face à la dispersion des voix de droite, le parti lepéniste espère bien élargir ses voix au-delà des communes conquises et de son score élevé à Marseille pour obtenir une représentation. Il mise sur deux transfuges, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi, au risque de brusquer les historiques qui pourront se tourner vers le sénateur sortant (ex-RN) Stéphane Ravier. Menacé d’inéligibilité, il pourrait céder sa place à sa compagne Emmy Font.

    La gauche unie de son côté repart avec les trois sénateurs sortants, menés par Jérémy Bacchi (PCF) et espère obtenir un quatrième pour la Marseillaise Clara Jaboulay, forte d’un score écrasant dans la cité phocéenne aux municipalités et d’une victoire à Aubagne. Il faut certes compter sur la dispersion des voix : LFI présente pour la première fois une liste, la sénatrice guériniste Mireille Jouve se représente tandis que le maire (PS) du Puy-Sainte Réparade Jean-David Ciot a aussi déposé une liste. Mais ces deux dernières candidatures peuvent aussi bien mordre sur les plates-bandes de la droite.

    Surtout, la « mélasse » métropolitaine achève de brouiller les cartes entre blocage marseillais, suppression de la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne, main tendue de son président au RN. De quoi faire bouger les positions partisanes.

  • [Entretien] Maurice Marsiglia : « Il existe des tas de solutions »

    [Entretien] Maurice Marsiglia : « Il existe des tas de solutions »

    La Marseillaise : Quel est votre sentiment à l’annonce de cette décision ?

    Maurice Marsiglia : Très étonné. Pas par la finalité mais par le timing. On savait que la gratuité n’était pas acquise et on continuait à se battre pour son maintien et son extension. Mais on pensait avoir plus de temps. Le président de la Métropole avait signé un courrier au Premier ministre pour une augmentation du versement de mobilité. On le croyait dans une autre optique.

    Comment est perçue la gratuité ? On sent une colère mais aussi du fatalisme.

    M.M. : C’est quelque chose de très positif que tout le monde a intégré et on sent une opposition totale à sa remise en cause, ce qui nous laisse un espoir dans la bagarre qu’on va mener. Après, ce fatalisme est peut-être inhérent à notre société qui n’a plus obtenu de victoire sociale depuis longtemps. Donc on va informer le public et construire des mobilisations importantes. N’oublions pas qu’on a réuni jusqu’à 600 personnes alors qu’il n’y avait que des bruits. La seule question, c’est vers qui les orienter ?

    Un tarif social est mis sur la table ?

    M.M. : La SDL est contre. 30 à 40 % des gens qui pourraient bénéficier de cette tarification ne la demanderaient pas. Il faut oser dire, je suis pauvre. Et puis ça ne règle pas les problèmes de billetterie, de contrôleurs… Au final les économies qu’on peut faire avec la gratuité sont perdues.

    Quelles solutions vous avancez ?

    M.M. : Depuis des années on se bat pour l’augmentation du versement en mobilité : Au même niveau que la région parisienne, ce serait 220 millions. Une autre solution serait de récupérer les délégations de services publics qui arrivent à terme, en régie publique. Car les sociétés qui gèrent les DSP versent des dividendes à leur actionnaire et cet argent pourrait servir aux transports. Il existe des tas de solutions pour maintenir cet accès libre et l’étendre partout.

  • Des rencontres pour attirer les futurs dentistes

    Des rencontres pour attirer les futurs dentistes

    Dans les Hautes-Alpes, décrocher un rendez-vous chez le dentiste n’est pas toujours une mince affaire. Mais ils sont de plus en plus nombreux à s’y installer : actuellement, 112 chirurgiens-dentistes sont en exercice sur le département, contre 97 en 2022. Pour continuer à développer cette offre de soin, l’Agence de développement des Hautes-Alpes et le conseil départemental de l’ordre des chirurgiens-dentistes sont allés en cette période de rentrée à la rencontre des étudiants de 6e année des facultés d’odontologie de Nice et Marseille.

    L’objectif était de leur présenter des opportunités concrètes : besoins de remplacement, possibilités de collaboration, praticiens prêts à accueillir des stagiaires et cabinets à reprendre. « La stratégie repose d’abord sur le stage », indique l’Agence de développement. Le conseil de l’ordre mobilise les dentistes souhaitant devenir maîtres de stage. De son côté, le Département contribue à lever un potentiel frein économique : les étudiants peuvent bénéficier de 600 euros pour leur logement, ou d’un logement départemental, et 200 euros pour leurs déplacements.

    Entre 2025 et 2026, huit étudiants ont effectué leur stage dans les Hautes-Alpes avant d’y réaliser des remplacements. « L’une d’elles exerce aujourd’hui comme collaboratrice à Gap, ce qui montre que cette première expérience peut déboucher sur une installation réfléchie, durable, avec un vrai projet de vie », explique Arnaud Bompar du conseil de l’ordre. Après ces rencontres, déjà une quinzaine d’étudiants étaient intéressés par une expérience dans le département.

    Agathe Di Lenardo

  • [Entretien] Kamar-Eddine Ben Abdallah : « C’était très difficile de devenir un sans-papiers »

    [Entretien] Kamar-Eddine Ben Abdallah : « C’était très difficile de devenir un sans-papiers »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

    Kamar-Eddine Ben Abdallah : Je viens des Comores. Après des études en Guinée, je suis retourné au pays avec cette ambition d’être un grand politicien, avec des objectifs, des principes concrets, moi qui ai lu Mandela, qui ai suivi les histoires de Patrice Lumumba, Thomas Sankara, des révolutionnaires progressistes. Je me suis nourri de ces principes. Je me suis engagé dans le syndicalisme et la politique. Je suis allé jusqu’au bout, on s’est disputés jusqu’à aller aux élections, mais il y avait un climat insupportable au village. J’ai été recruté pour enseigner dans un collège, où j’ai eu une formation syndicale et j’ai été élu délégué des professeurs. Le syndicat CTTC (Confédération des Travailleuses et Travailleurs des Comores) m’a proposé un poste de président du comité des jeunes syndicalistes, qui venait d’être créé. Je voulais réaliser des projets concrets pour le développement du pays.

    Comment avez-vous vécu
    votre arrivée en France en 2017
     ?

    K.-E.B. : Quand j’ai entendu ce que vivaient les Comoriens, les étrangers, les Arabes, les Africains en France, dans la rue, partout, je me suis dit qu’il fallait défendre cette cause. Moi qui étais président au syndicat, professeur de français, c’était très difficile d’arriver en France et de devenir un sans-papiers, d’être comme un enfant parce que je ne sors pas, je suis clandestin. En 2019, je me suis installé dans le 3e arrondissement de Marseille, où j’ai eu ma petite case, un studio de 18 m2. C’est là où j’ai commencé à m’intégrer petit à petit. Pendant le Covid, un collectif d’entraide a été monté. Ils ont frappé à ma porte, deux jeunes femmes m’ont donné un colis alimentaire. J’étais ému, ce geste m’a beaucoup plu. On m’a tendu la main, j’ai voulu réciproquer. Moi aussi, j’avais envie de manifester ma gentillesse, d’être reconnaissant. Je leur ai demandé de les rejoindre et de faire comme elles. Elles ont dit « avec plaisir », et depuis, j’ai intégré ce collectif d’entraide entre habitants du 3e arrondissement. Je les aide à faire de la traduction quand il y a besoin. J’ai bénéficié d’ateliers d’une compagnie de théâtre, et j’ai eu l’idée d’écrire une pièce pour parler de ma vie et des injustices, des problèmes existant ici. Mon metteur en scène m’a demandé de trouver un titre, et on a choisi ensemble Moi, sans papiers, dans le canapé.

  • [Hockey sur glace] Les Marseillais prêts à défier les Niçois avec un renfort

    [Hockey sur glace] Les Marseillais prêts à défier les Niçois avec un renfort

    C’est le derby du Sud. Auteurs d’un bon début de saison, les Spartiates de Marseille vont accueillir les Aigles de Nice, ce dimanche (18h30) au Palais omnisports Marseille grand-est, à l’occasion de la cinquième journée de Ligue Magnus. Les deux formations se sont récemment affrontées lors du Trophée de la Région Sud, où les protégés de Luc Tardif ont remporté la finale devant leurs supporters. Le premier « round » a été donc remporté par les Spartiates, mais les Aigles n’ont pas dit leur dernier mot. Victorieux des Gothiques d’Amiens (4-3, ap.) et du Hormadi d’Anglet (3-2), avant d’être défaits sur le fil par les Jokers de Cergy-Pontoise aux tirs au but (6-5, ap.), les Niçois ont pu compter sur l’efficacité d’Hugo Nogaretto, décisif à quatre reprises.

    Un attaquant suédois peut

    en cacher un autre

    Après Adel Koudri, l’attaquant suédois Oscar Gustafsson s’est à son tour blessé, lors du match face aux Dragons de Rouen. Avec deux absents sur le secteur offensif, le staff des Spartiates a engagé Anton Gradin. Vice-champion d’HockeyAllsvenkan (championnat suédois) en 2023-2024 et sans club depuis la faillite du club norvégien du Sparta Sarpsborg, le Scandinave est déjà auteur d’une passe décisive et d’un but, vendredi, contre Bordeaux.

  • [Water-polo] Crousillat prolonge l’aventure au Cercle

    [Water-polo] Crousillat prolonge l’aventure au Cercle

    Légende, joueur emblématique, capitaine d’expérience, appelez-le comme vous voulez, mais Ugo Crousillat a marqué de son empreinte le club du Cercle des nageurs de Marseille. Le partenariat remplit de succès entre les deux parties n’est d’ailleurs pas près de s’arrêter. Le poloïste de 35 ans (36, le 27 octobre) a prolongé son contrat alors qu’il courait déjà jusqu’en 2028. Le CNM a sorti sa carte +2 pour conserver son attaquant jusqu’à la fin de la décennie. Le premier pas est venu des dirigeants phocéens.

    « Ce n’est pas quelque chose que j’avais dans ma tête tout de suite. Moi, je me projetais déjà jusqu’en 2028. Puis j’ai eu l’agréable surprise, même si ce n’en était pas vraiment une, que le club, à la fin de la saison, m’a fait savoir qu’ils étaient très contents de moi et ils m’ont proposé d’étendre mon contrat jusqu’en 2030. J’ai été très heureux, très honoré, sincèrement. Surtout quand ça vient de son club de cœur », explique le principal intéressé. Le rendement d’Ugo Crousillat est également toujours aussi bon. Rien qu’en championnat, l’an passé, il a inscrit 32 buts en seulement 11 rencontres. Le natif de Marseille a frôlé les trois buts par match dans une Pro A que le CNM a une nouvelle fois largement dominé. Mais pas question de se reposer sur ses lauriers à cause de ce contrat longue durée. Les lauriers, justement, il veut les récolter encore et encore.

    « C’est cool, on pourrait dire j’ai mon contrat jusqu’en 2030, je suis peinard. Je ne le vois pas du tout comme ça. Je le vois vraiment comme une grande responsabilité, parce que je sais ce que représente le sport de haut niveau en termes d’investissement, en termes de sacrifice, surtout dans un club comme Marseille qui a de grandes ambitions. Et si je le fais, c’est pour être au top jusqu’en 2030. » La surprise de cette offre passée, le joueur a accepté sans tergiverser cette proposition puisqu’il n’envisageait pas de dire stop en 2028. Désormais, il est lié à son club de cœur jusqu’à ses 40 ans. Un chiffre symbolique pour boucler une carrière et basculer vers une autre.

    La préparation mentale dans un coin de sa tête

    Ugo Crousillat pense déjà à la suite, c’est la vérité, mais sa concentration sur le water-polo reste totale. « Ma grande priorité aujourd’hui, c’est de performer avec le Cercle. On va dire que c’est 95% de ma vie professionnelle. J’ai été formé en préparation mentale, en coaching mental aussi, qui sont deux choses différentes. Je fais depuis un peu plus d’un an de l’optimisation du potentiel. J’ai déjà commencé, j’accompagne aujourd’hui des sportifs de haut niveau, des chefs d’entreprise. Je fais un mix de la préparation mentale, du coaching, de ce que j’ai appris dans ma carrière de sportif de haut niveau, de mes rôles de capitaine », énumère-t-il.

    L’attaquant travaille aux côtés d’une académie de jeunes footballeurs, sur le sujet de la préparation mentale. « Une passion », d’après ses dires, même s’il ne sait pas encore si « ce sera à 100% mon métier ou quelque chose à côté de mon métier ». Le Marseillais hésite également sur un autre plan : l’équipe de France. En retrait depuis janvier, il pèse en ce moment le pour et le contre, laissant une ouverture pour revenir tout en évoquant le niveau de fatigue qu’engendrent les stages avec les Bleus. En attendant une décision, la Pro A reprend dès ce samedi, contre Montpellier (18h), avant la Supercoupe d’Europe, mercredi à Barceloneta. L’exploit est permis et ce sera avec Crousillat.

  • Grandes voix des Spartiates

    Grandes voix des Spartiates

    Perchés à quelques mètres au-dessus de la glace, ils bénéficient d’une vue imprenable sur le jeu. Depuis le début de la saison, Alain et Avesta, deux fervents supporters des Spartiates de Marseille, font partie du quatuor de commentateurs « bénévoles » qui se relaient lors des matches à domicile diffusés sur Magnus TV, la plateforme officielle du championnat. « Il y a pas mal d’improvisation parce que ça va très vite », confie Alain, passionné de hockey sur glace depuis de nombreuses années. Il suit les Spartiates depuis la saison 2015-2016, celle où le club marseillais a accédé à la Division 2, soit le troisième échelon national.

    Et quand l’association lui a proposé de devenir commentateur, lors de la montée en Ligue Magnus en 2023, il n’a pas hésité à accepter le challenge. « C’est vrai que je parle assez facilement et du coup je me suis pris au jeu », raconte le membre de l’ancien groupe de supporters, Dark Spartan, où sa voix était déjà un atout au mégaphone. Pour cette rentrée des Spartiates, l’expérimenté commentateur est désormais accompagné d’Avesta, supporter « récent » des hockeyeurs marseillais. « Je les ai découverts par le biais d’amis. Je suis venu une première fois et j’ai trouvé ça incroyable. Je me suis rapidement pris de passion pour cette équipe et ce sport, où je trouvais tout ce que je ne retrouvais plus dans le football : de la combativité et de l’intensité. C’est vraiment un amour tardif, mais c’est vraiment génial », souligne le jeune homme au béret blanc, dans le style Peaky Blinders.

    « À la sauce marseillaise »

    Derrière ses lunettes teintées, Avesta cherche également à « retransmettre les émotions » qu’il vit au bord de la glace. Ce qu’il faisait déjà durant son enfance lorsqu’il commentait ses matches de PES [Pro Evolution Soccer, célèbre jeu vidéo de football, Ndlr] tout seul dans sa chambre. Sauf que le jeune bénévole se retrouve aujourd’hui à décrypter des rencontres de hockey sur glace pour plusieurs milliers d’auditeurs. Surtout quand le flux est parfois repris par Sport en France et BFM Marseille Provence, où les supporters des équipes adverses sont nombreux à être devant leur téléviseur. « De base, on s’adresse à des passionnés de hockey qui ne tombent pas par hasard sur le match et payent exprès un abonnement pour voir leurs équipes favorites. Mais on doit également ne pas oublier que certains peuvent parfois découvrir ce sport pour la première fois. Il faut savoir expliquer certaines actions et vulgariser le hockey », détaille Alain. Face aux Dragons de Rouen mardi, les deux commentateurs sont montés à quatre reprises dans les aigus, sur les quatre buts inscrits par les Spartiates. « (Emil) Tavernieeeer ! », a lancé par deux fois Avesta, conscient que le jeune attaquant finno-français a marqué les esprits des spectateurs présents dans la patinoire et devant leur écran.

    « On essaie d’être le plus objectif possible, mais toujours à la sauce marseillaise », sourit le jeune Phocéen, pourtant originaire de la Capitale. « On essaie de mettre vraiment la ferveur qu’on a au fond de nous », ajoute-t-il, en donnant des surnoms aux hockeyeurs locaux comme « le bouclier » pour le gardien tchèque Libor Kasik, plébiscité par le public à chaque match.

  • [Week-end] « FAUNE », une nature belle et fragile

    [Week-end] « FAUNE », une nature belle et fragile

    Plus qu’une performance d’acrobaties aériennes, « FAUNE » est un questionnement, un positionnement de la place de l’animal mais aussi de la femme dans la société actuelle. Il s’agit de la septième création de Fanny Soriano, artiste aérienne, auteure et chorégraphe au sein de la compagnie marseillaise Libertivore. « Dans ce spectacle, elle y a intégré de la danse aérienne mais aussi de la chanson pour la toute première fois. Dans FAUNE, le rapport au corps est tellurique. Le travail est fait avec des agrès inspirés ou provenant directement de la nature, ici ce sont les bois de cerfs », explique Sarah Mégard, directrice de production au sein de la compagnie.

    à découvrir dès 18h sur le parvis de la bibliothèque départementale Gaston-Defferre, le spectacle « FAUNE » met en scène trois femmes qui, pendant 45 minutes vont se laisser traverser par la figure sauvage du cerf pour explorer le vivant et jouer avec les frontières entre l’humain et l’animal. Il s’inscrit dans la continuité de l’exposition présentée jusqu’au mois de mars au sein du bâtiment, « NOUS, Sorcière & Sauvage » dont une visite commentée sera proposée en amont de la représentation le jour même.

    Une figure puissante et fragile à la fois

    « Dans cette représentation il y a un parallèle très fort entre l’animal et la femme où leur espace commun est mangé par l’homme. L’homme chasseur pour le cerf et l’homme prédateur pour la femme », continue la directrice de production. « Il résonne directement avec l’exposition en cours car il est question dans l’un comme dans l’autre de la place de la femme dans la nature. »

    à la fois gracieux et indomptable, viril et empreint de sagesse, le cerf nourri les légendes et les imaginaires dans de nombreuses cultures et à travers les âges. Depuis la Préhistoire, cet animal fascine par la majesté et sa puissance.

    Nina Harper, Camille Guichard et Victoire Godard auront entre leurs mains des bois de cerf, une mue dont la forme et la couleur semble plus végétale qu’animale et qui donne la preuve visible que tout meurt et renaît, que tout reprend vie.

    Ils deviennent pour l’occasion des agrès et instruments de jeu acrobatique portés par l’élan du mouvement entre envolées audacieuses et encrages au sol délicats.

    « FAUNE » parle de régénération et vous entraînera dans la nécessaire mutation de notre humanité. « La figure du cerf a été choisie parce qu’il a traversé la mythologie et aujourd’hui il se transforme en proie tout comme peut l’être la femme », précise Sarah Mégard.

    Visite commentée à 17h. Infos et réservation : 04.13.31.82.00

  • À Marseille, les Gilets jaunes poursuivent leurs actions contre la vie chère

    À Marseille, les Gilets jaunes poursuivent leurs actions contre la vie chère

    « Rendez-vous le 17 octobre : 3 euros le litre, c’est plus possible », récite Emma à tous les automobilistes qu’elle croise. Gilet jaune sur le dos, elle tient dans ses mains une pile de tracts d’appel à la mobilisation contre la vie chère et l’augmentation des prix des carburants. Son ambition : les distribuer à tous les conducteurs qui passent ce vendredi après-midi par le rond-point de l’Estaque (16e), qu’elle occupe depuis 9h du matin. Elle est accompagnée d’une dizaine d’autres manifestants, qui se relaient sur place depuis 7h. « Quand on voit que tout augmente, sauf les salaires, on se dit que c’est plus possible, souffle-t-elle. On ne peut plus faire de loisirs, s’acheter des trucs. C’est aberrant. Ça me fait de la peine de voir grandir mes enfants dans ce monde-là, je ne sais même pas si je pourrai leur acheter des cadeaux à Noël. » À propos des annonces du gouvernement, qui a proposé, mardi, une prolongation de l’aide aux grands rouleurs et de nouvelles mesures pour quelques professions ciblées, comme les pêcheurs et les infirmières libérales, Emma se dit insatisfaite. « Pour moi, aider seulement quelques personnes ne suffit pas. Il faut aider tout le monde, tout le peuple. C’est trop cher », s’indigne-t-elle.

    À quelques mètres, un militant – il souhaite rester anonyme – dresse un constat similaire : « Depuis que Macron est au pouvoir, c’est le bordel. Il n’y a pas que la question du carburant, c’est un tout : il y a aussi l’électricité, la nourriture. » Gilet jaune dès la naissance du mouvement en 2018, il espère voir les rangs se renforcer dans les prochaines semaines. Viviane, militante de la première heure, plaide, elle aussi, pour le retour d’une mobilisation de masse. « Bien sûr que j’aimerais que ça reparte de plus belle, que tous les corps de métiers se mobilisent pour immobiliser la France, rêve-t-elle. Tout le monde devrait pouvoir vivre dignement, il y a trop d’inégalités. J’ai l’impression que Macron se prend pour un roi face à nous, les gueux. »

    Des élus communistes

    sur le terrain

    Au centre du rond-point, sous le porche installé là pour l’occasion, quelques manifestants discutent autour d’un verre. Avec eux : Mireille Lando, conseillère d’arrondissements (PCF) des 15-16. « L’intelligence collective émerge toujours du collectif, note-t-elle. Être ici c’est la base du militantisme : c’est communiquer avec les gens pour faire émerger des idées. »

  • [Rue de la République] Sarah El Haïry : « Dans les Bouches-du-Rhône, on a interdit à 360 personnes d’être au contact des enfants »

    [Rue de la République] Sarah El Haïry : « Dans les Bouches-du-Rhône, on a interdit à 360 personnes d’être au contact des enfants »

    L’affaire Lyhanna

    Didier Gesualdi : Suite à l’affaire Lyhanna, collégienne de 11 ans, violée et assassinée par un suspect faisant déjà l’objet d’une plainte, qui a suscité une émotion immense, quelles mesures avez-vous proposé ?

    C’est un drame. Ces drames me font toujours réagir : aujourd’hui dans notre pays, toutes les 3 minutes un enfant subi des violences sexuelles et tous les cinq jours un enfant meurt sous les coups de sa propre famille dans son propre foyer. Au drame de Lyhanna qui a perdu la vie, s’ajoute le fait qu’il y avait des signalements. Là, tu te dis combien de fois nous n’avons pas pu protéger, nous n’avons pas cru ? Tu te bouscules… C’est là que ce drame a saisi le pays, c’est parce qu’il appelait à changer profondément de regard et de doctrine. Qu’est-ce que ça veut dire changer de doctrine ? Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, m’a demandé quelque chose d’efficace, des mesures apportant des solutions immédiates. On a l’habitude d’entendre « tout le monde est responsable, il faut protéger collectivement ». Moi je crois qu’il y a des responsabilités individuelles, dans toute la chaîne judiciaire, dans la police, dans la gendarmerie, dans les unités d’accueil pédiatrique enfants en danger (Unaped) qui vont écrire les dossiers pour dire ce que la jeune fille ou le jeune garçon a comme traces pour que la justice aille au bout. Ça, c’est pour traiter les drames mais comment on les évite ? En contrôlant les antécédents judiciaires des hommes et des femmes qui travaillent auprès des enfants. Je pense qu’il y a un changement sincère et profond parce que le drame Lyhanna a obligé tout le monde, toutes les institutions, à ouvrir ses placards et à s’interroger sur ses responsabilités.

    Léo Purguette : Il faut quand même regarder l’état de la justice. Est-ce que tous ces mots ne sont pas vains s’il n’y a pas plus de moyens pour traiter les signalements et les plaintes ?

    Bien sûr qu’il faut des moyens, le Premier ministre s’y est engagé. Plus de 300 nouveaux magistrats, plus de 300 enquêteurs supplémentaires mais également des infirmières scolaires supplémentaires. Mais j’ai toujours peur que pendant qu’on dit « il faut des moyens », on ne se saisit pas des problèmes aujourd’hui. Quand on parle de rechercher les antécédents judiciaires, ce ne sont pas des moyens nouveaux, c’est une nouvelle méthode qui autorise des personnes qui ne l’étaient pas auparavant à regarder des fichiers ou le certificat d’honorabilité que j’ai développé. Ce n’est pas une histoire d’argent de donner la capacité à tous les employeurs publics de ne pas laisser des prédateurs dans leurs institutions.

    LA LIBÉRATION DE LA PAROLE

    Didier Gesualdi : Les premières révélations sur la pédocriminalité ne datent pas d’hier. On est en 2026, c’est encore tabou ?

    Quand un enfant parle on le croit. Et on ne lui demande pas de parler sans qu’il y ait des suites et des conséquences. Combien il y a de secret de famille ? Combien il y a encore de choses qu’on considère comme honteuses. Pourquoi les silences sont aussi longs ? Parce que c’est vrai, aujourd’hui la justice condamne peu. Mais il se passe quelque chose dans notre pays. D’abord, il y a eu #MeToo, ça a libéré la parole des femmes. Cela fait mouvement. Grâce à cela, on a commencé à entendre différemment la parole des enfants. Qu’est-ce qu’il y a de plus abject, de plus ignoble que d’agresser sexuellement un enfant ? Que de le violer ? À des âges… L’année dernière, c’est plus de 600 nourrissons de 0 à 2 ans qui ont été victimes de violences sexuelles !

    Léo Purguette : C’est effroyable, comment le détecter quand ces pauvres enfants ne peuvent pas encore parler ?

    C’est là où les médecins, le monde de la petite enfance, les crèches, les assistantes maternelles, l’ensemble des adultes autour des enfants doivent être formés à repérer. Il faut une confiance dans toute la chaîne, que la justice traite et condamne. J’ai la conviction qu’être aujourd’hui autant exposé à de la pornographie sur Internet, il y a plus de 700 000 images pédocriminelles par jour en ligne, facilite malheureusement les passages à l’acte.

    LES ANTÉCÉDENTS JUDICIAIRES

    Léo Purguette : Des affaires d’agressions sexuelles ont éclaté à Paris mais aussi à Marseille, comment les prévenir ?

    Malheureusement, il y en a eu partout. Chez moi à Nantes, à Lyon, ici… Il n’y a pas un territoire qu’il soit petit ou grand qui n’ait pas été touché. Pour une raison toute simple : les prédateurs vous pensez qu’ils font quoi ? Quand ils sentent qu’il y a un espace où c’est un peu moins contrôlé, ils vont là où il y a des enfants. Quand c’est le cas dans le périscolaire, ils y vont, dans le sport, ils y vont, dans la culture…

    Léo Purguette : Vos mesures ont-elles donné des résultats ? Avez-vous des éléments chiffrés dans les Bouches-du-Rhône ?

    Oui. Sur les antécédents, j’ai rendu obligatoire de contrôler les condamnations définitives mais aussi d’aller voir le Fijais, c’est le fichier des infractions sexuelles pas définitivement condamnées parce que la justice peut prendre 6 ou 7 ans. Je considère que le principe de précaution, on l’applique pour les questions environnementales, il n’y a pas de raison qu’on ne l’applique pas pour les enfants. Donc on sort ces personnes-là de la proximité des enfants. Juste sur ce contrôle, on a, ici, dans les Bouches-du-Rhône, interdit à plus de 360 personnes d’être au contact des enfants. Au total 46 000 personnes ont été contrôlées. On avance.

    L’AIDE SOCIALE À L’ENFANCE

    Léo Purguette : Il y a eu des scandales d’exploitation sexuelle dans l’aide sociale à l’enfance partout en France, c’est vrai notamment dans les Bouches-du-Rhône. C’est une compétence départementale, pour autant l’État peut-il s’en désintéresser ?

    Jamais de la vie. Nous avons une devise où figure l’égalité sur tous les frontons des mairies. La protection n’a pas à dépendre de ton code postal. Et pour autant, je ne suis pas naïve, il y a des différences en fonction des territoires. Elles ne sont pas acceptables. L’État doit y prendre toute sa part. C’est ce que le fait avec la refondation de la protection de l’enfance. Vous savez dans le cas de ces jeunes filles qui se retrouvent dans les réseaux des proxénètes, certains éducateurs s’interposent, ils finissent avec quatre doigts coupés. C’est d’une violence monstre. Il faut condamner les proxénètes mais aussi ceux qui vont chercher ces jeunes filles. On a réussi à le faire avec les poupées pédocriminelles de chez Shein. Il faut aller chercher toute la chaîne.

    LA LOI INTÉGRALE

    Léo Purguette : Une loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants est réclamée. Les associations féministes citent l’exemple de l’Espagne qui a obtenu des résultats en mobilisant plusieurs milliards d’euros, serons-nous dans cet étiage ? Ou cette loi sera-t-elle une loi de plus ?

    Il y a deux choses en même temps en ce moment à l’Assemblée nationale et au Sénat. Une loi sur la protection des enfants avec la question de l’aide sociale à l’enfance parce que plus il y a de vulnérabilité, plus il y a de victimes. Mais il y a aussi 70% des violences sexuelles qui se font à la maison. Pour briser cela, il faut une approche globale et des moyens financiers. Le Premier ministre s’y est engagé : 2,6 milliards pour les enfants, 1,4 milliard supplémentaire pour les violences faites aux femmes. Mais attention ce n’est pas qu’une histoire d’argent. Quand on voit qu’un petit garçon peut être enfermé dans une camionnette dans l’Est de notre pays pendant 16 mois avant que quelqu’un se dise « il faut appeler, il faut prévenir, il se passe quelque chose de bizarre ». C’est chaque adulte qui doit prendre sa place dans la protection de l’enfance. Il faut prévenir, appeler, ce n’est pas de la délation. Le 119 est un point d’entrée.

    Léo Purguette : Quel budget nouveau pour financer cette loi intégrale ?

    Je le redis : 1,4 milliard contre les violences faites aux femmes, 2,6 milliards pour les enfants. Ce que je souhaite, c’est une mobilisation aussi des collectivités, de toutes les institutions. Que chacun se dise « qu’est-ce que je fais pour les enfants » et qu’on n’aille pas seulement sur la question de l’argent qui d’un seul coup résoudrait tout. Oui, il faut des magistrats, des soignants, des éducateurs, ils seront recrutés mais il ne faut pas que cela. Il faut que la place des enfants devienne une priorité, ce n’est pas encore le cas partout. Il est aussi nécessaire d’accompagner les parents au niveau de l’école en disant qu’il n’y a plus de devoirs après 20h sur Pronote, qu’il n’y a plus de groupe WhatsApp de classe. Vous vous rendez compte : 46% des enfants cyberharcelés l’ont été sur un groupe WhatsApp de classe ! Comment voulez-vous que les parents imposent tout seuls à leur enfant de ne pas y être quand tout le reste de la classe y est ?

    L’IA ET LE PAPE

    Didier Gesualdi : Vous publiez « Changez d’ère » un manifeste pour remettre l’humain au centre dans l’ère de l’intelligence artificielle. Comment ?

    Je viens du mouvement centriste, influencé par la doctrine sociale de l’Église. Entre moi et la social-démocratie, le personnalisme ou le gaullisme social, il n’y a pas grand-chose de différent. Nous avons des héritages différents mais dans un moment où l’IA peut être une chance dans la santé, l’innovation, l’apprentissage… elle peut aussi être un tsunami de dangers sur la liberté de conscience, la démocratie, l’environnement… Ne refaisons pas l’erreur de prendre du retard avec l’IA comme on en a pris avec les réseaux sociaux. Utilisons nos héritages pour porter un autre regard sur les enjeux de notre époque.

    Léo Purguette : Le Pape, actuellement présent en France, a publié une encyclique « Magnifica humanitas » sur l’IA. Que vous inspire-t-elle ?

    J’ai eu la chance d’aller à Rome travailler sur cette encyclique puisque le Vatican avait identifié nos travaux et j’ai rencontré le Pape. Cette encyclique est très universelle, que l’on soit croyant ou non. Elle pose la question de la dignité.

    Léo Purguette : À l’occasion de cette rencontre avez-vous évoqué les abus sexuels dans l’Église ?

    Oui. J’ai eu aussi l’occasion d’en parler avec le nonce apostolique puisque je suis aussi les travaux de la Civiise et de la Ciase, deux commissions qui traitent des violences sexuelles. Ce n’est pas parce qu’on a un peu ouvert les yeux que les réponses sont abouties. Il y a encore des prédateurs et des enfants qui ont besoin d’être protégés.

    LES ÉCRANS

    Didier Gesualdi : Qu’avez-vous à dire aux familles qui ont bien du mal à limiter l’accès aux écrans ?

    Je ne veux pas charger les épaules des parents, on essaye tous de tenir c’est compliqué. Mais quand son enfant n’est pas rentré, qu’on ne sait pas où il est, on s’inquiète. Sauf que dans sa chambre avec son téléphone, il a plus de risques de rencontrer des prédateurs que dehors. 90% des recrutements dans les réseaux d’exploitation sexuelle dans notre pays sont faits sur Internet, sur les réseaux sociaux avec des techniques de manipulation absolument abjecte. Vos enfants peuvent se retrouver dans une situation de « grooming ». Ça veut dire quoi ce nouveau mot ? Ils vont rencontrer quelqu’un qui va prétendre avoir leur âge et va devenir un peu leur ami. Il va demander une photo, elle va être transformée avec de l’IA pour peut-être la dénuder. Elle va être utilisée pour leur faire du chantage. Ils ont tellement honte, tellement peur de se faire gronder qu’ils finissent par se retrouver dans des guets-apens, parfois dans des violences sexuelles qui vont être filmées.

    Léo Purguette : Que peut la puissance publique ?

    Il faut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Non pas pour les punir mais pour les protéger. Il faut aller au bout.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Geneviève :

    Bonjour. Je suis grand-mère et avec tout ce qu’on entend sur les agressions de jeunes enfants, j’ai peur des colonies de vacances etc. Comment garantir la sécurité des enfants sans les garder enfermés à la maison ?

    Je crois que les enfants n’ont pas vocation à rester enfermés à la maison. Ils ont besoin qu’on garantisse les espaces dans lesquels ils vont. Pour cela, il y a plusieurs moyens. D’abord la vérification des antécédents judiciaires pour qu’un prédateur ne se retrouve pas à nouveau à proximité des enfants. Ensuite, c’est l’Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars). Je sais bien qu’à chaque fois cela fait polémique. Mais la vérité c’est que nos enfants doivent connaître leurs droits, leur corps parce que, malheureusement, la majorité des violences sont faites par quelqu’un qu’on connaît. 80% des violences sont le fait d’un papa, d’un grand oncle, d’un grand-père, d’un beau-père… Ensuite, il y a des institutions, chez les scouts, dans les colonies de vacances, dans le milieu du sport… S’ils ont été confrontés à quelque chose, il faut dire aux enfants qu’on les croira et que ce n’est pas de leur faute. Dans beaucoup de familles, quand on commence à parler de ça, on se souvient qu’un jour, quelqu’un a dit quelque chose. C’était tellement douloureux qu’on n’en a jamais reparlé. Il faut briser ce silence, c’est comme ça qu’on pourra durablement protéger les enfants sans les priver de la chance de grandir, de vivre des expériences collectives. Je crois à l’éducation populaire, il faut garantir aux enfants qu’on sera toujours à leurs côtés.