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  • Les Printemps du Syndicat des avocats de France à Marseille – La robe et la cause

    Les Printemps du Syndicat des avocats de France à Marseille – La robe et la cause

    Par Swane Mas, élève avocate

    Les 22, 23 et 24 mai 2026, à Marseille, le Syndicat des avocat·es de France (SAF) investit la cité phocéenne pour trois journées de formation et de débats.

    Au programme, trois événements complémentaires – droit des étrangers, droit social et défense pénale – autour de l’engagement au sein de la profession se tiendront à la Maison de l’Avocat et au GR1, avec l’intervention à la fois d’avocats, de professionnels du droit, d’universitaires et d’acteurs associatifs. Le vendredi 22 mai, au GR1, la journée « Droit des étrangers » propose une analyse d’ensemble du Pacte européen sur l’asile et la migration et de ses traductions en droit français : architecture, applicabilité, effets sur le contentieux administratif, mobilisations du droit de l’Union, contrôle et enfermement aux frontières, évolution du contentieux de l’asile. Juristes, universitaires et associations décrypteront les écarts entre rhétorique de solidarité/efficacité et réalités de durcissement aux frontières et de procédures dérogatoires.

    Droits et garanties des salariés

    Le même jour, à la Maison de l’Avocat, la journée « Droit social » se concentre sur l’enquête interne en entreprise : droits et garanties des salarié·es, rôle des représentant·es du personnel, accès aux pièces (inspection du travail, RGPD, voies judiciaires), articulation avec la confidentialité, le régime des lanceurs d’alerte et le secret professionnel. Qui la pilote, qui peut y accéder et quelle valeur probante, y compris pénale ? Avocats, inspection du travail et représentants syndicaux croiseront leurs pratiques.

    Affirmer une boussole déontologique

    Le samedi 23 mai et dimanche 24 mai, le colloque de la défense pénale, intitulé « La Robe et la cause » se tiendra à la Maison de l’avocat sur la cohérence éthique de l’avocat.

    Est-on l’avocat·e de son client ou d’une cause ? L’éthique individuelle est-elle un guide suffisant face à la montée de l’extrême droite ? Les échanges aborderont la déontologie du pénaliste, la défense dans les procédures de violences sexuelles et sexistes, puis la place de l’avocat engagé face aux recompositions politiques contemporaines.

    Trois journées autour d’un fil conducteur : outiller la pratique, consolider les stratégies contentieuses et affirmer une boussole déontologique pour penser l’engagement des avocats.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • Les activités du lamanage sous un seul pavillon

    Les activités du lamanage sous un seul pavillon

    Les passagers des navettes ou du bateau qui dessert le Frioul auront déjà remarqué le nouvel emblème sur les vestes des équipages, « un blason dans lequel on retrouve les activités de chacune des entités », explique Yohann Repiton.

    Ce mardi, le PDG de la Coopérative du lamanage Marseille-Fos a profité du baptême du nouveau navire hybride de sa filiale Icard, l’Alcyon, pour présenter la nouvelle identité de la société désormais regroupée au sein du groupe Portens. « Nous ressentions un besoin de réunir sous la même bannière toutes ces sociétés qui semblent différentes mais qui ont des traits communs : ce sont des sociétés maritimes, avec un fort ancrage local », explique l’ancien lamaneur. Autour de l’activité historique du lamanage – les opérations d’amarrage à quai des navires – la coopérative ouvrière rassemble aussi les transports de passagers avec Transrade qui opère les navettes et bateaux concédés par la RTM à Marseille, mais aussi les Navettes provençales à Martigues ou les navires qui circulent dans les calanques avec Icard maritime, ainsi que des services d’avitaillement, de relève d’équipages avec la Méditerranéenne de services maritimes. « Cela va aider toutes les structures qui composent le groupe à pouvoir accéder à des projets auxquels ils n’auraient pas pu avoir accès compte tenu de leur taille », précise Yohann Repiton. Réunies, celles-ci regroupent ainsi 40 navires et 200 salariés, pour un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros. De quoi accompagner les ambitions de décarbonation du groupe à l’image des 1,7 million d’euros investis dans l’Alcyon. Ainsi le groupe espère pouvoir faire basculer vers l’hybride son troisième navire qui dessert les calanques en 2027, pour une circulation complètement électrique en cœur du parc national. La coopérative progresse aussi sur le projet d’une vedette de lamanage électrique pour le terminal croisières de Marseille. Et si le PDG espère que les navettes seront épargnées par les arbitrages métropolitains, il reconnaît accueillir « d’un œil bienveillant » la pétition qui réclame la desserte de l’Estaque toute l’année.

  • Un nouveau paiement dans les restaurants universitaires

    Un nouveau paiement dans les restaurants universitaires

    Depuis le 4 mai 2026, les étudiants d’Aix-en-Provence, de Marseille et d’Avignon bénéficient du repas à 1 euro. Cette nouvelle mesure a parfois suscité des inquiétudes, comme la crainte d’une trop forte fréquentation et un temps d’attente rallongé. Cela s’accompagne donc d’une réorganisation des modalités de paiement aux caisses pour les étudiants. Il faudra désormais obligatoirement présenter son compte Izly, sur lequel il est nécessaire de créditer de l’argent (carte ou QR code).

    Cela « permet de connaître le statut de l’étudiant avec certitude », selon le directeur général du Crous de l’académie, Marc Bruant. L’objectif est, selon lui, de « s’assurer que les étudiants ne prennent qu’un repas par service et par personne, et de gagner du temps lors du passage en caisse ». En 2025, ce sont environ 1 822 000 repas qui ont été vendus, seulement dans les trois villes de l’académie. Avec une hausse nationale de 12% de la fréquentation par rapport à l’année précédente.

    Régler par carte bancaire

    Auparavant, il était possible de régler le repas uniquement par carte bancaire. « On peut toujours », précise-t-il, mais il est tout de même nécessaire de présenter son compte Izly. Dans le cas contraire, c’est le prix de revient officiel qui s’applique : 8,20 euros. La majorité des caisses seront réservées au paiement par Izly. Une seule caisse par établissement pour la carte bancaire. Cette mesure bénéficie encore d’une phase de transition avant son entrée en vigueur stricte, prévue le mardi 26 mai, dans les 13 restaurants universitaires de l’académie.

    Marie Moreau

  • Quand l’écriture rapproche les mondes au cœur d’un festival à Marseille

    Quand l’écriture rapproche les mondes au cœur d’un festival à Marseille

    Une douce musique de flûte accompagne la lecture d’un livre pour enfants. L’atelier intitulé « Des livres et des bébés », organisé à la médiathèque Salim-Hatubou (15e), ce mardi, a lancé l’inauguration de la 4e édition du festival « Mots d’ici, mots d’ailleurs ». Des ateliers gratuits d’écriture et de création manuelle sont également proposés, durant les dix jours du festival, aux habitants des 15-16.

    Jennyfer, maman d’une petite fille de 10 mois, assiste à la séance de lecture. « La directrice de la crèche du Plan d’Aou est très investie et nous a encouragés à participer aux activités. L’initiation aux mots dès le plus jeune âge est primordiale », partage-t-elle. Elle ajoute : « Comme d’autres structures, la médiathèque est très dynamique, les jeunes du quartier viennent souvent. »

    Une dynamique

    collective locale

    Un cadre structurant également salué par Lola Burette, référente lecture et coorganisatrice du festival au sein de la Ligue 13 : « Sur les 15-16, il y a deux bibliothèques très structurantes et des centaines d’associations, des centres sociaux et des habitants très actifs. »

    Le projet est né d’une organisation conjointe menée par les Cités éducatives et la Ligue de l’enseignement, un « temps fort pour relier les écoles, les bibliothèques, les collèges, les centres sociaux et tous les acteurs éducatifs territoriaux ».

    Le festival répond à l’un des axes de travail principaux de la Cité éducative des quartiers Nord : « Favoriser la lecture et l’écriture », en réponse à « un besoin territorial lié aux lacunes en écriture et en lecture », explique Daniel Duthoit, animateur territorial des Cités éducatives.

    Dans le hall de la médiathèque, les travaux des enfants sont exposés, autour du thème « Croisons nos mondes », écho aux parcours multiculturels et multilinguistiques des familles du quartier. On peut notamment y lire le récit intime d’Eleyjah, 14 ans : « Je ne suis presque jamais sorti de mon quartier. Pour moi, Marseille… c’est juste un nom qu’on entend partout. »

  • Remotivés par un métier d’avenir en mettant les mains à la pâte

    Remotivés par un métier d’avenir en mettant les mains à la pâte

    « C’est super stylé ! » assure Amal. « Et 100% fait par nous-mêmes ! », complète Zinedine. Devant la mare du site de Paysan urbain remise à flot d’où s’échappent les coassements des grenouilles, agrémentée d’un garde-corps et d’une pergola en bois, Nizar, Rayan, Amel, Tavi, Zinedine, Pierre-Louis, Anna et Axelle partagent avec décontraction et une fierté non dissimulée leur expérience au sein de l’école Être*.

    Si, aujourd’hui, ce 5e groupe de pré-qualification aux métiers manuels de la transition écologique affiche la complicité d’une équipe soudée, aucun ne se connaissait avant d’entrer dans ce parcours découverte. « Ni en emploi, ni en formation, ils étaient tous en décrochage, mais pas tous pour les mêmes raisons, explique Marine de Haas, responsable du projet, qui a travaillé sur la création de l’école de Marseille en 2022. Cette diversité fait partie de notre pédagogie du faire ensemble. Le chantier est un fil rouge pour l’acquisition de compétences techniques. Avec un travail sur la confiance en soi. »

    Une variété également dans les ateliers pratiques : « Ce parcours est ciblé sur le paysage, il y a un volet construction du bois, maçonnerie paysagère, comme une initiation à la pépinière », précise Clara Touzeau, accompagnatrice socio-professionnelle qui travaille avec les jeunes sur leur projet professionnel.

    « Je vous revois, le premier jour, un peu perdus. Et puis, vous avez pris les outils en main, vous êtes appropriés les lieux et vous êtes venus sous la pluie ou par grand vent », rappelle l’aide architecte. Suzanne, autre accompagnatrice, souligne « les belles énergies. Et la volonté d’aller jusqu’au bout ». Car rien n’était gagné d’avance. Amel, comme Zinedine, reconnaissent un travail « laborieux, voire chaud par moments, avec le stress de ne pas finir un module ». Mais tous sont ravis et ont « beaucoup appris ».

    Remis dans le bain

    « J’avais besoin de passer par cette école », assure Amel, 21 ans, titulaire d’une licence théâtre, qui a « tout arrêté en plein master. Trop stressée, angoissée ». Elle avoue avec humour avoir d’abord été décontenancée par le nom de l’école : « Être, ça sonnait comme une secte. » Très vite, elle réalise : « Être c’est pas paraître, c’est exister et c’est important dans cette société capitaliste qui fait des ravages. Ici, on attache plus d’importance à la bienveillance qu’à la réussite. Parfois, la pression d’un diplôme, ça fait oublier pourquoi on le fait. » Travailler à la fois « de ses mains et sur soi, permet de reprendre confiance en soi. Je sais vers quoi je veux aller : un CAP menuiserie », affirme-t-elle.

    Le manque de confiance était également un frein pour Rayan, 25 ans, titulaire d’un CAP climatisation et d’un brevet professionnel d’aménagement paysager. « Démotivé » par une première expérience « d’agent d’entretien, multiservices », par « manque de sens » et « défaut d’assurance », il estime, avec ce parcours, avoir « été poussé à 100% » de ses capacités. « C’est une autre version de moi, qui a gagné en maturité, qui va au bout des projets. »

    Anna entame une formation bois menuiserie en septembre, Tavi s’oriente sur un master agro-écologie et Zinedine, qui avait lâché un master en géologie et s’épuisait autant qu’il se perdait dans des boulots en intérim, a « retrouvé le plaisir de se lever tôt » et démarre une formation d’électricien en juillet. Autre preuve de la réussite sur ce projet : « Les enfants ont adoré la mare, c’est devenu le site d’attraction de Paysan urbain », se félicite Amel. Et les grenouilles ont validé.

    *Formation gratuite avec prise en charge du transport et des repas du midi. Le projet est soutenu par la Ville et la Métropole

  • Une traque aux loups condamnée dans les calanques

    Une traque aux loups condamnée dans les calanques

    Le 6 septembre 2025 au matin, un cameraman était surpris par un garde du Parc national des Calanques, dissimulé derrière un filet de camouflage pour filmer des loups gris avec du matériel professionnel dans une zone de reproduction du loup. Pour le PNC, ce professionnel a perturbé la meute et ses louveteaux.

    Pièges photos et planque

    Alertés, des inspecteurs de l’environnement le contrôlaient. Il remettait son matériel après avoir conservé la carte SD. Plus tard, il montrait les images enregistrées le jour même où l’on voit des louveteaux, ainsi que des photos anciennes prises durant 15 jours en août grâce à des pièges photos. Ces « camtraps » étaient positionnés au cœur même du site d’élevage et de nourrissage de ces louveteaux nés en 2025.

    Une autorisation de tournage avait bien été délivrée à la société de production en vue d’un documentaire pour Arte sur les écosystèmes face au réchauffement climatique, mais elle avait expiré depuis un mois. Et surtout elle excluait explicitement les prises de vues de loups après refus catégorique et écrit du service d’instruction des autorisations du Parc en février 2024 : « S’agissant du loup, après discussion en interne, nous ne souhaitons pas qu’il y ait d’images de cette espèce. » La réalisatrice avait alors répondu : « C’est bien noté pour le loup, je transmets votre réponse à Arte. » Donc pas d’affût cinématographique du loup gris Canis Lupus.

    En audition, la réalisatrice a reconnu la frustration née de ce refus : « On était dégoûtés, toute la presse en parle et nous, on essaye de faire les choses correctement et on n’a pas le droit de parler de cette espèce. » D’ajouter : « On est tout le temps sur le fil entre l’envie de voir le loup et l’interdiction de le mettre dans le film. On espérait le voir. Pendant deux ans on n’a pensé qu’à lui. »

    Le tribunal a prononcé la relaxe du cameraman, de la réalisatrice et de la productrice du seul délit de « perturbation volontaire illicite d’une espèce protégée non domestique », estimant que la perturbation effective n’était pas caractérisée.

    Si un garde du Parc a témoigné que la meute de loups a délaissé le lieu de rencontre capté par l’opérateur trois ou quatre jours après et que les loups se sont alors déplacés près de la route de la Gineste, un louveteau ayant d’ailleurs été percuté par un véhicule, le garde a aussi précisé que ce déplacement pouvait s’inscrire dans le comportement normal des loups ou être causé par le passage d’un autre promeneur.

    L’intention de perturber est écartée au vu des nombreuses précautions professionnelles prises par l’opérateur qui s’était camouflé et qui gérait ses odeurs pour ne pas être détecté. Il indiquait avoir été à 150 mètres de la zone captée par le piège photo, correspondant au site de rendez-vous des loups, avoir estimé être à bon vent et avoir adopté des précautions olfactives. Il estimait avoir pris toutes mesures nécessaires pour ne pas perturber l’espèce.

    Pas d’autorisation

    En revanche, le tribunal a reconnu le chef opérateur et la réalisatrice d’exercice illégal d’une activité en cœur d’un Parc national. Les échanges d’emails et de messages sur WhatsApp prouvent qu’ils avaient bien conscience de l’expiration de l’autorisation et révèlent une stratégie pour filmer le loup en cachette afin de ne pas éveiller le Parc. Leurs intentions étaient d’intégrer le documentaire destiné à Arte.

    La productrice du documentaire est relaxée. Si la société était bien informée de l’interdiction globale du Parc, rien ne prouve qu’elle a participé aux échanges ni qu’elle avait validé ou rémunéré ce tournage avec des loups.

    Tenant compte de l’absence d’impact écologique direct des faits et de leur casier judiciaire vierge, l’opérateur écope de 2 000 euros d’amende avec sursis. Son matériel de tournage lui est restitué. La réalisatrice écope de 3 000 euros d’amende avec sursis. Une dispense d’inscription au bulletin n2 du casier judiciaire leur est accordée. En réparation de l’atteinte à sa mission statutaire et atteinte à son image, les deux condamnés devront verser 800 euros chacun au Parc national des Calanques. Constituées parties civiles aussi, quatre associations de protection de l’environnement (Aspas, Ferus, LPO Paca et One Voice) recevront chacune 1 000 euros en réparation de leur préjudice moral. Elles dénonçaient une « course aux images » aux conséquences dramatiques.

  • Un musée pour sensibiliser à la biodiversité du Frioul

    Un musée pour sensibiliser à la biodiversité du Frioul

    À l’intérieur, la sobriété domine, laissant la mer et l’île aride comme seuls éléments de décor. L’architecte Thierry Gueza a voulu y recréer l’atmosphère d’un cabanon marseillais. Le long de son balcon, des panneaux d’illustrations expliquent la faune et la flore maritime et terrestre de l’archipel. Les promeneurs des environs sont les bienvenus et même invités à visiter la Villa Marine, dédiée à la découverte et au respect de ce patrimoine protégé.

    Préserver l’archipel,

    un engagement collectif

    Les divers acteurs à l’initiative de ce projet étaient présents, pour l’inauguration, ce jeudi, fiers de cette convergence de savoirs scientifiques et de cette collaboration entre acteurs publics, associatifs et citoyens. « Ce qui est beau, c’est qu’on arrive à se retrouver hors des étiquettes politiques et construire des ponts entre nous pour protéger la mer », estime Christophe Madrolle (UDE), conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et président de la commission biodiversité, mer et littoral, parcs naturels régionaux, risques.

    L’objectif affiché est de préserver une « biodiversité exceptionnelle, qui lui a valu le bénéfice d’être incluse dans le périmètre du Parc national des Calanques en 2012 », rappelle Didier Réault, président du Parc des Calanques, par ailleurs vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Un titre qui a notamment gelé tout nouveau projet immobilier sur les îles. « Le Département que je représente, celui présidé par Martine Vassal, a à cœur d’être présent sur l’ensemble de ces espaces naturels et d’y adopter une bonne gestion », ajoute-t-il.

    L’archipel du Frioul accueille chaque année entre 400 000 et 500 000 visiteurs, tout en demeurant un quartier résidentiel de Marseille. Dans ce contexte, la gestion des eaux usées, de l’énergie et des usages humains constitue un enjeu primordial. La Ville de Marseille s’engage et agit aussi par la restauration des milieux naturels, la régulation des usages et le développement de mouillages écologiques. Pour Hervé Menchon, adjoint au maire en charge de l’environnement et de la biodiversité, cette inauguration marque un moment particulier : « En ces temps compliqués de mise à mal des engagements environnementaux et de défiances croissantes partout dans le monde face aux vérités scientifiques, il es t précieux de pouvoir ouvrir au grand public un nouveau lieu d’éducation à l’environnement », exprime-t-il.

    Un besoin de préservation qui se transmet puisque ce site s’inscrit dans la volonté affirmée par le maire (DVG) Benoît Payan, à l’occasion des Jeux olympiques d’été de 2024, d’offrir à tous les élèves de CM1 et CM2 une expérience au contact de la mer, avant leur entrée au collège. Les travaux de la Villa Marine auront nécessité l’intervention de 13 corps d’état et auront coûté 1,7 million d’euros aux partenaires financiers.

  • Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Marseille a accueilli 2,6 millions de croisiéristes en 2025

    Quelque 2,6 millions de passagers et 660 escales, soit une hausse de 8% par rapport à 2024. Dans un communiqué, Marseille Provence Croisière, se félicite d’un bilan 2025 positif qui s’explique par « une augmentation du nombre d’escales, des navires très bien remplis et une activité qui s’étale sur une grande partie de l’année ». Près de 30% de ces passagers sont des « têtes de ligne », poursuit l’association, « c’est-à-dire qu’ils commencent ou terminent leur croisière à Marseille ».

    De quoi générer « des retombées différentes de celles des passagers en escale, plus tournés vers les excursions », assure-t-elle. La somme dépensée par personne et par jour dans la ville s’élève à 57 euros avance à chaque occasion Jacques Hardelay, président de l’association. Marseille restant un pôle de départ « majeur » avec 452 bateaux qui appareillent en 2025, soit +3% par rapport à 2024.

    Pour Marseille Provence Croisière, l’activité contribue également à l’ouverture internationale de la cité phocéenne, « en combinant attractivité touristique et impact économique direct ». Parmi eux les Français restent un socle avec 497 361 passagers en 2025 (+0,91%), mais les clientèles internationales « progressent nettement », avec +21% d’Américains, les plus nombreux avec 13 117 passagers, suivi des Chinois, +16% 11 724 passagers ou des Canadiens, +41% 7 620 passagers. À noter également la progression des Kazakhs, +74% avec 7 348 passagers.

    Des prévisions à la hausse

    Autant d’éléments qui permettent pour l’association de tracer une perspective de 2,8 millions et 750 escales. Des prévisions qui pourraient faire bondir les riverains de ces géants des mers qui, à quai, émettent l’équivalent d’environ 20 000 voitures en polluants atmosphériques, quand 38% de la population régionale « est aujourd’hui exposée à un dépassement des normes 2030 de la qualité de l’air, avec des pics plus importants dans les villes-ports », note l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud. Un dépassement « plus significatif sur l’aire marseillaise », ajoute-t-elle.

    Mais la donne a changé assure Marseille Provence Croisière. Jacques Hardelay l’a bien compris : « Aujourd’hui, la performance de la croisière ne peut pas être dissociée de son impact environnemental et de son acceptabilité locale. » Marseille Provence Croisière mise sur la « transition » avec « 28% des escales réalisées par des navires propulsés au GNL, une part en progression de +9% » mais aussi et surtout le branchement électrique à quai.

    Une giga prise permettant de connecter trois navires en simultané, inauguré par le ministre des Transports le 11 avril dernier, qui réduirait de 70% les émissions de d’oxyde d’azote (NOx), dont le transport maritime représente le second émetteur à Marseille (37%) derrière le transport routier (45%) toujours selon AtmoSud. Le premier pas vers une décarbonation devenue le fil conducteur d’une « dynamique industrielle qui s’opère sur la zone de Fos » estimait Hervé Martel, président du directoire du Grand Port maritime de Marseille lors de l’inauguration.

    Associations et habitants espèrent eux que le Port aille plus loin en la matière. De son côté, la Ville de Marseille a d’ores et déjà prévenu que ce développement accru ne se ferait pas sans elle. « Cette croissance ne peut se poursuivre durablement que si elle devient respectueuse du choix démocratique et souverain de la ville et de ses habitants » avait indiqué le Marseillais Laurent Lhardit (PS) député des Bouches-du-Rhône, lors de l’inauguration.

  • Créer lien et partage avec les Jeux de l’inclusion

    Créer lien et partage avec les Jeux de l’inclusion

    Sport et inclusion, un mariage qui marche à tous les coups. Les premiers Jeux de l’inclusion se sont déroulés ce jeudi 21 mai, au centre Epide (15e). Les équipes de l’Algernon, Marseille-Cassis, Courir pour la Mémoire et Marseille en Rose se sont alliées pour réaliser cet événement réunissant près de 350 enfants venant de différents horizons. « L’idée, c’était aussi de brasser les milieux sociaux. Nous avons des enfants des Aygalades, issus d’un quartier prioritaire, et en face il y a l’école privée Chevreul Blancarde », explique Arnaud Chikli, directeur de la course Algernon.

    Ces jeunes âgés de moins de 10 ans ont été mélangés avec 80 enfants issus de structures médico-sociales de la ville de Marseille. L’unique but de cette première édition : créer des liens, s’entraider et progresser. Chaque minot est logé à la même enseigne par les bénévoles du Collectif inclusion par le sport ainsi que les formateurs de l’Epide. L’Établissement pour l’insertion dans l’emploi est l’hôte de ce rendez-vous et ouvre son espace de quatre hectares à ces écoliers. Un terrain de jeu grandeur nature rendant possible la tenue de ces olympiades.

    Les enfants ont représenté vingt pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique et ont même eu le droit à une cérémonie d’ouverture dans la matinée. Tous ont défilé sous un soleil de plomb, frappant fort leurs bouilles juvéniles. Le sport étant l’un des meilleurs outils d’inclusion – si ce n’est le plus efficace –, ces jeunes Marseillais ont pu tester différentes disciplines. Trois le matin, deux l’après-midi, pour réaliser un pentathlon. La boxe, le skateboard, le hockey sur gazon, le tir à l’arc faisaient partie des sports proposés. La boccia, épreuve paralympique, était également en test, tout comme le flag, qui fera son entrée aux JO 2028.

    D’autres rendez-vous déjà en préparation

    Présidente du Collectif inclusion par le sport, Stéphanie Noguès-Besson explique que c’est « une journée importante. Nous avons décidé d’unir nos forces, avec les quatre courses, et nous avons envie de construire et de pérenniser ce rendez-vous. Le sport, ce n’est pas qu’une fabrique de champions, cela crée des liens, des amitiés ». Une initiative qui souhaite conserver l’élan des JOP de Paris 2024. Un héritage à poursuivre, même après l’olympiade parisienne et même si les financements sont plus délicats à obtenir.

    En tout cas, les sourires étaient nombreux sur le visage de ces participants hauts comme trois pommes. Les différentes activités permettaient également de travailler la coordination et les efforts en groupe. Sur l’atelier skateboard, deux CM1 se rassuraient, main dans la main : « T’inquiètes pas, je te tiens, tu ne vas pas tomber ! » Après avoir déambulé sur les quatre hectares du site, les enfants ont eu droit à un pique-nique bien mérité, un retour aux épreuves avant de recevoir chacun un diplôme, lors de la cérémonie des récompenses.

    Dans un cadre assez similaire, en septembre, une initiation aux sports nautiques sera guidée par le collectif et le Cercle des nageurs de Marseille. « Un forum de l’inclusion, sur les plages du Prado, se tiendra également en ouverture du mois de l’inclusion en octobre prochain », ajoute la fille de Colette Besson, championne olympique 1968 du 400 mètres.

  • Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Faire face à l’anéantissement de Gaza. C’est le thème du colloque organisé durant deux jours au Mucem (2e), ces 21 et 22 mai. Tenu dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, le rendez-vous ambitionne de réunir « des artistes et chercheurs de Gaza (…), des institutions culturelles et artistes engagés pour la Palestine, ainsi que des spécialistes de la région et des migrations artistiques ».

    La journée de jeudi, après un accueil introductif d’une trentaine de minutes le matin, s’est ouverte avec un « état des lieux » de l’anéantissement à Gaza. Animée par la journaliste d’Orient XXI Sarra Grira, la rencontre a été l’occasion de revenir sur la destruction du patrimoine gazaoui. Une présentation assurée par Ahmed Ashour, chercheur à l’Université de Tours, spécialiste des politiques culturelles et de l’apprentissage communautaire dans des contextes marqués par la guerre et l’oppression.

    Aïda Delpuech, journaliste indépendante, a évoqué l’écocide en cours à Gaza, d’après elle outil important de la destruction durable de l’enclave. « Attaquer l’écosystème palestinien fait partie du mode opératoire israélien. Il faut comprendre que l’écocide est d’abord un outil du génocide à court terme, car si on prive une population de ses outils de production agricole, on alimente la famine et donc le génocide en cours, détaille-t-elle. Mais aussi à long terme : les bombardements rendent Gaza inhabitable pour une longue durée. On détruit les écosystèmes sur le moment, mais aussi après, avec des ressources, comme les sols, l’eau, l’air, qui sont durablement contaminées. »

    Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, est également intervenue, en visioconférence. « Nous devons accepter que nous vivons une destruction totale de ce qui est la Palestine en tant qu’identité », martèle-t-elle. Et de rappeler la définition des termes qu’elle emploie : « On parle de génocide lorsqu’il y a volonté de détruire totalement ou partiellement un groupe et religieux. Ici, la volonté n’est pas cachée. » D’après le ministère de la Santé du Hamas, plus de 70 000 personnes sont mortes dans l’enclave palestinienne, chiffre jugé fiable par l’ONU, depuis l’attaque terroriste du 7-Octobre du Hamas sur le sol israélien, qui a déclenché la guerre à Gaza.

    Protestations

    C’est notamment pour protester contre la présence de Francesca Albanese que le président du Crif Marseille, Bruno Benjamin, avait appelé, en début de semaine, à un rassemblement devant les portes du Mucem, qualifiant la rapporteuse de l’ONU d’« antisémite notoire ». Il reproche aussi à l’événement d’être trop orienté politiquement et exige qu’il y ait « la même chose pour le 7-Octobre ». Lui et une trentaine de soutiens, dont le collectif Nous vivrons, sont venus manifester, jeudi matin, devant le musée. En réaction, plusieurs collectifs de défense de la Palestine sont, eux aussi, venus protester. « Mettre sur le même plan le dominant et le dominé, le colonisateur et le colonisé, ça n’a strictement aucun sens », s’est indigné Pierre Stamboul, membre de l’Union des juifs français pour la paix, collectif pro-palestinien.

    Les 428 militants de la flottille pour Gaza expulsés d’Israël

    Les quelque 430 militants de la Global Sumud flotilla, interceptés entre lundi et mardi au large de Chypre par les forces israéliennes, ont finalement été renvoyés en Turquie. Jusque-là détenus dans la prison israélienne de Ktziot, ils ont, jeudi, « tous été expulsés », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien. Mercredi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait provoqué un tollé international en publiant une vidéo montrant des militants agenouillés et les mains liées.