Tag: Marseille

  • [Théâtre] La dame en noir prend de la lumière à Marseille

    [Théâtre] La dame en noir prend de la lumière à Marseille

    Le public a gardé en mémoire d’elle son Aigle noir et ses robes sombres. Pourtant, « Barbara a une joie et un humour que les gens ont oublié. On a juste retenu la femme triste et mélancolique alors que ce n’est pas du tout le cas », rappelle Emmanuel Noblet, metteur en scène de Barbara (par Barbara) qui se joue du 29 septembre au 3 octobre sur la scène des Bernardines. Pouvant aussi bien susciter les rires que les larmes, un spectacle musical incarné par Marie-Sophie Ferdane, d’une clarté profonde, qui puise sa matière dans des interviews, « lettres inédites et intimes de la correspondance amoureuse de Barbara ».

    « Il y a cette pénombre,

    et je vais en liberté »

    « J’ai choisi de chanter et tout d’abord il y a cette pénombre, et je vais en liberté. Là, vous m’avez emprisonné dans cette lumière, là, dans un lieu qui est le mien mais que vous avez refait vôtre. Moi, je suis quelqu’un d’autre, là, en quelque sorte », affirme Barbara en direction d’un journaliste à quelques heures de se produire au Théâtre Bobino. Sur les lèvres de Marie-Sophie Ferdane, et accompagnée par le pianiste Olivier Marguerit, des propos qui illustrent toute la profondeur et la sensibilité d’une icône de la chanson trop souvent réduite à son allure austère. « On convoque l’âme de Barbara. On entend sa plume, ses sentiments, son rapport aux hommes, un chapitre important de sa vie », résume Emmanuel Noblet.

    P.A.
  • [Cinéma] « Notre salut » ou la banalité du mal

    [Cinéma] « Notre salut » ou la banalité du mal

    Inspiré librement de la vie de son arrière-grand-père, et d’une correspondance entre ses deux aïeux durant de la Seconde Guerre mondiale, Emmanuel Marre signe un film expérimental. Pas question pour le réalisateur de faire un biopic, ni d’utiliser les codes classiques d’un film historique. Emmanuel Marre veut proposer la relecture d’une Histoire nationale que beaucoup veulent faire oublier. Car en écho avec l’actualité.

    Le film s’inspire de l’histoire de son arrière-grand-père, Henri Marre, qui débarque à Vichy en septembre 1940. Sorti de Polytechnique, l’ingénieur a écrit un manuel édité à compte d’auteur intitulé Notre salut, une théorie pompeuse basée sur le management. Il va tenter sa chance dans l’administration de Vichy pour retrouver le train de vie que sa famille avait, avant d’avoir dilapidé la dot de son épouse. L’homme de 49 ans finira par décrocher un poste au Commissariat à la lutte contre le chômage à Limoges. Un nouveau service dépendant du ministère du Travail qui s’installera dans les anciens locaux de la CGT.

    Un homme insignifiant, prêt à tout

    Le réalisateur fait de cet aïeul un personnage de l’Histoire nationale. Un homme insignifiant prêt à tout pour faire carrière dans le régime de Vichy. En mal d’argent et pas forcément un idéologue convaincu, le « déclassé » se retrouve investi dans la collaboration.

    Quelques scènes manient l’humour féroce. Fréquentant les milieux collaborationnistes parmi lesquels se trouve un vivier d’opportunistes sans scrupule, de petits truands et de minables, Henri s’acharne à offrir ses services aux hauts fonctionnaires de Vichy. Un homme lui conseillera d’en faire un peu moins : « Vous avez l’air d’un couillon. » Car il faut assurer ses arrières : l’art du camouflage consistant à faire oublier son passé de collaborateur pour se convertir en résistant tardif ou agent double.

    Le réalisateur montre comment l’administration de Vichy a mis en place une législation anti-juive et comment la police française a collaboré allant jusqu’à anticiper les ordres des nazis. L’attaque est également frontale vis-à-vis d’une politique qui permet l’enrichissement financier. Qui offre l’occasion de faire valoir son intérêt personnel. Tout comme Henri, gravitent des sous-traitants capables de tout pour mériter leur part de gâteau. L’empressement à servir sa hiérarchie fait froid au dos y compris pour mettre en place des convois pour le « ramassage des israélites » de Toulouse ; le zèle qu’il dégage pour créer des camps pour travailleurs étrangers (les GTE) dans une logique d’efficacité.

    Swann Arlaud interprète Henri avec naturel. César du meilleur acteur pour Petit paysan en 2018, et du meilleur second rôle pour Grâce à Dieu en 2020, Arlaud nous avait conquis dans Anatomie d’une chute en 2024. Le duo qu’il compose avec l’actrice belge Sandrine Blancke (Paulette, l’épouse restée soit en retrait soit coachant son mari dans la banalité du mal) fonctionne à merveille. Nourris par un travail en profondeur pour leur rôle respectif, le dispositif opté par Marre laisse libre cours à l’improvisation.

    Que peut le cinéma face

    au fracas du monde

    Emmanuel Marre signe un film artisanal qui fait de nous les contemporains d’une pensée dominante qui cache son jeu. Une idéologie à l’image sécurisante et trompeuse comme l’avait fait Pétain et comme le fait Trump avec son slogan « Make America Great Again ». Faisant appel au dévouement de tous pour « redonner à l’Amérique sa grandeur ».

    « Ce qui m’intéresse, ce sont les germinations, les effets d’engrenage, les paliers qu’un régime franchit avant de devenir autoritaire. En tournant sur les lieux réels, à Vichy et à Limoges, avec de nombreux non-professionnels, j’ai cherché à faire du film le lieu d’un questionnement à plusieurs et au présent. »

    En salle le 30 septembre (2h39)

  • Une course à longue haleine pour promouvoir l’inclusion

    Une course à longue haleine pour promouvoir l’inclusion

    Mois de l’inclusion, top départ ! Depuis l’année passée, octobre correspond forcément au mois de l’inclusion par le sport au sein du calendrier des événements marseillais. Une initiative lancée et imaginée par André Gireud, ex-président de la Fédération Française d’Athlétisme, co-créateur du Marseille-Cassis et de tant d’autres choses liées à sa ville et à la course à pied. Le projet regroupe les quatre courses historiques de la cité phocéenne que sont Marseille en rose, l’Algernon, les 5 et 10 kilomètres de la mémoire et donc Marseille-Cassis, feu d’artifice de quatre semaines intenses.

    Chaque course a son week-end et chaque course a ses actions spécifiques. Au sein du cadre idyllique qu’est le Cercle des nageurs, une conférence de presse s’est tenue, lundi matin, pour évoquer les grandes lignes de ce mois de l’inclusion. Bon nombre d’élus étaient présents comme Ludovic Perney pour la Région et Eric Mery, Thierry Santelli pour le Département et Sophie Guérard pour la Ville. Le tout chapeauté par Patrick Montel et Stéphanie Noguès-Besson, présidente du Collectif inclusion par le sport.

    Jean-Michel Leclercq, délégué régional académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes), ouvrait le rendez-vous avec ces mots : « André est venu me voir pour me parler de son projet et on s’est dit “alors peut-être”. André est persuasif, je ne vous l’apprends pas, et ça s’est lancé. Je souligne l’adhésion de toutes les courses et collectivités locales. C’est un événement dans la continuité de Septembre bouge, qui a ramené beaucoup de monde sur le Vieux-Port. »

    Une poignée de projets liés à ces courses

    Marseille en rose s’apprête à ouvrir le bal, les 3 et 4 octobre. L’initiative phare de cette année sera de permettre à des femmes en rémission d’un cancer du sein d’être au départ. Ces derniers mois, elles ont été accompagnées par Laura Sabiani, chirurgienne à l’hôpital de la Conception, qui leur a permis de reprendre progressivement l’activité physique. Ensuite, l’Algernon occupera la Corniche Kennedy le week-end suivant. « 42 ans que l’on fait de l’inclusion par la course à pied et d’autres actions à travers l’année. L’idée est de gommer toutes les différences au départ, pour qu’il n’y ait plus de personnes valides ou handicapées et que l’on fasse tous un », souligne les organisateurs. Une soixantaine d’animations sont prévues sur les deux jours de l’événement. 8 300 personnes sont attendues au départ.

    L’association Courir pour la mémoire va fêter le 10e anniversaire de ses 5 et 10 km de la mémoire. Cette association « lutte contre les génocides et le négationnisme ». « Nous voulons porter et diffuser ce message de paix. Notre slogan pour 2026 est “toujours debout”, avec l’intention de créer un petit îlot de résistance sur la Corniche », explique Pascal Chamassian. Le parrain de l’édition n’est autre que Youri Djorkaeff, champion du monde 1998 et d’origine arménienne. Enfin, Marseille-Cassis bouclera le mois. Après les dossards verts en 2025, les dossards solidaires entrent en jeu pour 2026. Avec l’appui de quatre associations, l’initiative permettra d’aborder plusieurs sujets clés comme l’environnement et la santé. Ils seront 1 000 liés à ce projet, avec le dessein d’être le double en 2027.

  • Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force ouvrière montre les muscles avant la journée de grève et d’actions de ce mardi 29 septembre. « Pour les secteurs comme les écoles, les crèches, les cimetières, les bureaux municipaux, la grève va être très suivie », se félicite Patrick Rué, l’indéboulonnable secrétaire général du syndicat FO des agents territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole.

    Ce lundi, sur le parvis du Mucem, son syndicat entend faire une démonstration de force avec la visite spéciale d’un bus deux étages de la Fédération des services publics FO et la présence de son secrétaire général, Laurent Mateu. « Le bus est là dans le cadre d’un tour de France en vue des élections professionnelles mais aussi pour informer la population soit sensible aux problèmes des fonctionnaires », développe Patrick Rué. Son secrétaire général abonde : « On arrive dans une période où une grande partie des agents de la fonction publique territoriale touche moins que le Smic. Il est temps de bouger, le mécontentement doit se faire entendre. »

    Des tensions

    avant les élections

    Problème : Avant la visite au Mucem, ce bus FO a fait un tour auprès de Franck Bergamini, le secrétaire général de l’UD FO 13 (lire encadré ci-contre). Une UD qui ne reconnaît pas comme légitime le syndicat des territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole tenu par Patrick Rué, depuis l’émergence d’un autre syndicat dissident, uniquement sur le champ métropolitain, dirigé par Carine Pinet (lire notre article du 06/03). En effet, Franck Bergamini jugeait le syndicat historique de Patrick Rué « en dehors des statuts confédéraux ». Et ce, alors que la fédération a pris parti pour Patrick Rué. En bref, des dissensions qui ressurgissent avant les élections professionnelles, en décembre prochain, où FO joue sa place de première organisation dans les deux collectivités. « On n’a pas reconnu le syndicat de Carine Pinet. Notre secrétaire confédéral, Frédéric Souillot, a préconisé une assemblée générale. Quoi qu’il arrive, il y aura des listes déposées, et l’on verra quelle liste sera retenue. Il faut gérer ça au mieux », explique Laurent Mateu. Cette espérance de résolution du conflit par le haut est partagée par Franck Bergamini, mais avec une nuance. Car dans le cas où deux listes seraient bien déposées, il prévient : « La confédération tranchera. » D’ici là, les territoriaux fidèles à Patrick Rué se rassemblent devant leur local du boulevard d’Athènes pour cette grève du 29.

  • Spartiates à l’accent suédois

    Spartiates à l’accent suédois

    Il y a quasiment deux fois plus de Suédois à avoir porté le maillot des Spartiates que celui de l’Olympique de Marseille. Avec l’arrivée en dernière minute d’Anton Gradin la semaine passée, survenue suite à la vague importante de blessures, notamment sur le secteur offensif marseillais, à l’image d’Adel Koudri, Oscar Gustafsson et Emil Tavernier, la formation marseillaise a attiré son treizième joueur en provenance du pays des Trois Couronnes. « Quand on regarde des profils et qu’on veut certains joueurs, on n’est pas forcément focus sur la nationalité. Ça vient un peu en deuxième temps. Maintenant, les Suédois, ils ont des bons joueurs », reconnaît Luc Tardif, l’entraîneur des Spartiates. Par ailleurs, son demi-frère Jonathan Zwikel, directeur général du club, et Damien Fleury, directeur du développement des jeunes au Marseille Hockey Club Amateur (MHCA), ont tous les deux déjà évolué dans le championnat suédois. Mais « il n’y a pas une filière en particulier », selon Luc Tardif, conscient que de plus étroites relations ont été tissées avec d’autres pays étrangers. Au classement historique des nationalités étrangères les plus représentées au sein de la structure marseillaise, la Suède n’arrive qu’en quatrième position. La République Tchèque arrive en tête avec 19 joueurs, suivie par le Canada (18) et la Finlande (16), mais devant les États-Unis (11) et la Russie (8).

    Philosophie adéquate

    Pour ce quatrième exercice en Ligue Magnus, les Spartiates comptent quatre Suédois dans leurs rangs : le défenseur Bobbo Petersson, puis les attaquants Albin Nilsson, Oscar Gustafsson et Anton Gradin. « C’est une bonne destination pour les Suédois, parce que je pense que nous sommes des joueurs assez durs. Ils travaillent fort et veulent performer en tant que membre à part entière de l’équipe. Ça correspond à la philosophie que le club met en place depuis plusieurs saisons maintenant. C’est un match parfait », lance David Åslin, pensionnaire du Palais Omnisports Marseille Grand-Est lors de la deuxième partie de saison 2023-2024. Comme Anton Gradin, et très probablement la future recrue qui devrait être annoncée prochainement selon une source proche du club, l’attaquant expérimenté de 37 ans avait débarqué dans la cité phocéenne en cours de saison comme renfort. Il a inscrit neuf buts et délivré treize passes décisives en seulement 31 rencontres de saison régulière. Lors de son départ à l’intersaison suivante, les Spartiates ont recruté trois autres Suédois : le gardien Stefan Steen, puis les défenseurs Viktor Björkung et Albin Lindgren. Le premier a été recruté comme « joker médical » afin de pallier la blessure du gardien titulaire à cette époque, Marek Ciliak, mais les deux autres se sont imposés comme des éléments forts de la défense marseillaise, surtout Björkung avec ses 7 buts et ses 30 passes décisives. Depuis Johan Hedberg, en 2012-2013, chaque hockeyeur suédois a, à sa manière, laissé son empreinte aux Spartiates de Marseille.

  • Des séniors aux minots, du sport pour tous à la Foire

    Des séniors aux minots, du sport pour tous à la Foire

    Le Village des Sports accueille, tout au long de la Foire, les visiteurs curieux de découvrir ou redécouvrir des sports comme le pickleball, le basket, ou du Handisport. Le tout est organisé et encadré par plusieurs associations sportives.

    Ce mardi est une journée dédiée aux femmes sur la Foire, pour qui l’entrée y est gratuite. À cette occasion, deux sportives de haut niveau seront présentes sur le Village. Une joueuse de flag football et prétendante à une sélection en équipe de France, et une joueuse de hockey sur glace, membre de l’équipe des Spartiates, répondront aux questions des visiteurs de 10h30 à 11h30, avant de passer à une démonstration de leur sport respectif. De plus, les joueurs du Marseille Provence Handball seront également présents ce mardi pour partager leur passion et leur expérience à travers divers ateliers et défis.

    Accueil des élèves

    en semaine

    « Pendant les jours de semaine on accueille surtout des classes d’école, et on leur fait découvrir les différents sports représentés sur le Village », précise Jean-Baptiste Bremond, responsable de la communication du Comité départemental olympique et sportif des Bouches-du-Rhône. Lundi après midi, c’est la classe de CM2 de l’école Pomme Sainte Madeleine, qui a pu en profiter. « Le Village est vraiment super cette année. L’an dernier on était dans un endroit bien moins adapté, mais cette année on nous a installés sur la grande esplanade rénovée », confie M. Guirado, leur enseignant. « Je trouve ça bien qu’ils découvrent d’autres sports. Y’a pas que le football dans la vie », poursuit-il avec le sourire. Au total, ce sont 28 élèves qui ont pu découvrir notamment le flag football et une déclinaison de hockey handisport pendant une après-midi. Malgré la quarantaine de minutes de transports en commun pour venir à la Foire et pour rentrer à l’école dans le 11e arrondissement en fin de journée, il trouve que ce déplacement « vaut le coup ».

    « C’est les encadrants du Comité olympique 13 qu’il faut saluer, c’est grâce à leur travail que tout ça a lieu », conclut-il avant de rejoindre ses élèves. Lui-même ravi de donner la possibilité aux minots d’avoir accès à ce type d’activités, et d’inciter ces collègues à faire de même : « Certains profs se plaignent que les élèves ne font pas assez de sport… mais il reste encore des créneaux libres pendant la Foire ! ».

    En plus de l’accueil des écoles, des activités douces liées au sport-santé étaient proposées, ce lundi, aux seniors, pour favoriser l’autonomie et profiter des bienfaits du mouvement.

  • Une voix collective dans la rue

    Une voix collective dans la rue

    À 48 heures de la présentation du budget où 54 milliards d’euros « d’effort » sont déjà annoncés via des coupes dans les dépenses qui vont toucher prioritairement les services publics mais aussi le possible gel du point d’indice des fonctionnaires, une large intersyndicale de la fonction publique appelle à manifester dans la rue.

    Pour faire entendre la voix de ceux qui font « fonctionner le pays », qui en sont l’épine dorsale collective comme on a pu le mesurer durant la pandémie ou les épisodes caniculaires et les incendies. La voix de ceux qui assurent au quotidien la réalité de l’égalité territoriale, qui permettent de se soigner, de se déplacer, de s’éduquer, qui s’occupent des enfants comme des personnes âgées, qui permettent aux salariés d’aller travailler.

    Argent public

    Face à ce modèle social construit après-guerre notamment par la création du statut de fonctionnaires par le ministre communiste Maurice Thorez et des trois versants de cette fonction publique par un autre communiste, Anicet Le Pors, cette journée est l’occasion de dire que la dérive libérale qui ne cesse de vouloir tout déléguer au privé qui coûte pourtant plus cher et d’exhorter à toujours faire plus avec moins, n’est plus possible. L’occasion de dire à ceux qui vont discuter le budget que non, l’aide publique aux entreprises ne peut pas être le troisième poste de dépense de l’État, que non des grandes entreprises ne peuvent pas engranger des milliards de bénéfices sur le dos des difficultés des citoyens comme TotalEnergies avec la nouvelle crise pétrolière sans qu’on ne leur demande rien.

    À quelques heures de la présentation du budget, cela revient in fine à poser une question simple : que veut-on faire de l’argent public. En l’occurrence, pas ce que prépare le gouvernement Lecornu.

  • À Marseille, les arts de la rue s’infiltrent dans le quotidien

    À Marseille, les arts de la rue s’infiltrent dans le quotidien

    Vous laisserez-vous surprendre ? De parcs en places, de ruelles en artères, avec quelques échapées en mer, de manière inopinée ou sur réservation, physiquement ou sur la toile, durant dix jours, des artistes français, libanais, tunisiens, égyptiens, marocains ou espagnols vont investir l’espace urbain pour interroger « l’état du monde ». Avec quelques propositions collaboratives dans le cadre de la Saison Méditerranéenne.

    Entre Vallier et Sébastopol, place du 4 septembre, aux Catalans ou au Prado, on croisera Jérôme Portier, bousier humain qui pousse une grosse boule dans laquelle s’est aggloméré tout le merdier de sa vie. À Pastré, c’est Tania El Khoury qui partage son perchoir installé à l’ombre des arbres du parc pour s’immerger, au « tweet » des oiseaux, dans un récit sur la violence politique. Il y a aussi Caroline Amoros, Alias Miss Rose et son chien Poster, qu’on apercevra en train de planter des salades sur le bitume, fêter un anniversaire, descendre de Notre Dame de la Garde, arpenter la corniche ou prendre le bateau pour le château d’If. On retrouve les formes totalement impromptues, à saisir au vol, qui ont tissé la trame de la première édition.

    Un festival protéiforme

    Et des formes plus calées sur les horaires. « L’idée du festival reste d’ouvrir la possibilité aux artistes d’intervenir dans le quotidien de la ville car il y a peu de programmation pour ça, mais les artistes qui créent ces formes ne sont pas si nombreux, explique Alexis Nys, directeur de Lieux Publics, on a laissé place à des rendez-vous plus classiques ». Au centre social Del Rio, à la Viste (15e), comme à la Plaine (5e) les quatre danseurs de la compagnie marocaine Chara embarquent le public dans une chorégraphie qui transforme les codes traditionnels en danse urbaine.

    Voire des formes à réserver, à jauge limitée. Au Parc Longchamp, le duo hispano-argentin Marcos Krivocapich et Leon Siewert-Langhoff proposent une déambulation expérimentale au cours de laquelle, guidé par la voix du PDG, chacun fait des choix qui déterminent son destin. Le Théâtre de la Joliette, en partenariat avec le théâtre de Lenche et dans le cadre du festival Nous, la lune et les voisins, accueille le collectif libanais Kahraba pour une promenade poétique et sinueuse dans les ruelles du Panier.

    Quatre artistes, en exil ou en résidence, investissent aussi l’espace numérique, « dernier refuge quand l’espace public est contraint » avec des vidéos réalisées à Marseille. « La création dans un contexte de guerre » donne lieu à un séminaire organisé par la FAI-AR à l’amphithéâtre de l’AMU à Saint-Charles. Pour la clôture, rendez-vous autour totem d’UV LAB au jardin du Pharo, avec un DJ set au soleil couchant.

    Tout le programme sur www.performerlaville.com

  • Le patrimoine architectural sous tous les angles s’expose à Marseille

    Le patrimoine architectural sous tous les angles s’expose à Marseille

    À l’occasion du Bicentenaire de la photographie, le réseau des maisons de l’architecture, en lien avec le ministère de la Culture, présente une exposition photographique itinérante de septembre 2026 à septembre 2027 consacrée aux édifices et ensembles bénéficiant du label Architecture contemporaine remarquable (ACR). Sur les 35 édifices sélectionnés, deux sont dans les Hautes-Alpes, un dans les Alpes-de-Haute-Provence, deux sur Marseille et deux dans le Var. Comme cet incroyable Palais bulles croisement de l’habitat troglodyte avec un vaisseau spatial, sans aucun angle situé à Théoule-Sur-Mer et réalisé en 1975 par l’architecte et habitologue d’origine hongroise Antti Lovag.

    Le label ACR valorise les réalisations les plus significatives de la production architecturale de moins de 100 ans et développe leur compréhension.

    Des visites guidées

    Composée d’une soixantaine de photographies, cette exposition invite le public à découvrir un patrimoine des XXe et XXIe siècles qui façonne notre quotidien. À l’occasion du mois de l’architecture, jusqu’au 31 octobre sa programmation sera enrichie d’une série de conférences et des visites guidées, ainsi que par la projection de films produits par Image de ville. Après Marseille, Toulon, Poitiers, Saint Denis de la Réunion et Paris accueilleront tour à tour l’exposition.

    Entrée libre et gratuite, ouvert
    au public du 1
    er octobre au 16 octobre, du lundi au vendredi, de 9h à 17h. 12 bd Théodore Thurner, 13006 Marseille

  • [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, la gauche unie en tête, l’extrême droite s’installe

    [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, la gauche unie en tête, l’extrême droite s’installe

    Les résultats ne sont pas encore officiellement proclamés que déjà les applaudissements éclatent dans les escaliers d’honneur de la préfecture de région. Avec 1 008 voix et 27% des suffrages, la liste d’union de la gauche est arrivée en tête des sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, une première depuis 2008. Elle conserve ainsi les trois sièges des sénateurs sortants, Jérémy Bacchi (PCF), Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (EELV). « La gauche fait la démonstration qu’elle est le meilleur rempart contre l’extrême droite », réagit le sénateur communiste tête de liste de la gauche. Et d’insister : « Cela nous oblige pour la suite, nous devons parler à l’ensemble des maires des forces républicaines pour leur dire qu’il y a un danger réel dans ce département ». Avec en ligne de mire les prochaines échéances électorales.

    « Je veux simplement retenir une leçon : l’unité de la gauche amène à la victoire, souligne lui aussi le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. Nous sommes dans un département où la droite et l’extrême droite poussent et où la gauche résiste et gagne ». Mais il aurait fallu à peine plus d’une centaine de voix supplémentaires pour que soit remporté un quatrième siège. « Ce soir, nous aurions une sénatrice de plus si certains n’avaient pas joué aux apprentis sorciers, si certains ne s’étaient pas adonnés à leur propre égo », charge l’édile marseillais. En ligne de mire, le maire du Puy-Sainte-Réparade Jean-David Ciot (PS) et ses 249 voix (6%), qui lui-même reconnaît que ce résultat « n’est pas ce que j’attendais ». La sénatrice guériniste sortante Mireille Jouve obtient, elle 168 voix (4%), la France insoumise, 77 voix (2%).

    En face, le RN célèbre bruyamment sa victoire, avec l’élection de deux sénateurs dans le département, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi. « C’est une première étape vers la présidentielle», se gargarise le député RN Franck Allisio qui annonce la constitution pour la première fois d’un groupe au Palais du Luxembourg. Les 685 voix obtenues (18%) placent même la liste d’extrême droite devant la liste d’union de la droite et du centre, de Brigitte Devésa (UDI) et Renaud Muselier (Ren.).

    Le prix des divisions

    Le président de Région a malgré tout remporté son siège, à une quarantaine de voix près. Sa liste obtient seulement 16% des suffrages (581 voix). « Le total de nos voix est clair : unis, nous remportions ce quatrième siège », déplore-t-il dans un communiqué en pointant le prix de la division à droite, « un sénateur RN de plus ». Le pari de la sénatrice sortante LR Valérie Boyer a pourtant été payant. Elle conserve son siège en obtenant 395 voix (10%), et ne cachant pas son émotion face aux félicitations envoyées par l’ancien Premier ministre François Fillon. Le maire (LR) de Gardanne Hervé Granier lui n’obtient finalement que 201 voix (5%). «Il faut accepter les résultats », glisse-t-il, inquiet pour la prochaine présidentielle. Quant à Stéphane Ravier (ex-RN), il quitte le Sénat avec ses outrances xénophobes et 265 voix (7%).

    « La gauche est le meilleur rempart contre l’extrême droite »