Tag: France

  • À Roquevaire, Hélène Spinelli et la gauche ont un sérieux défi à relever

    À Roquevaire, Hélène Spinelli et la gauche ont un sérieux défi à relever

    Hélène Spinelli (DVG) est arrivée en tête du premier tour dimanche dernier avec 38,06 % des voix. Derrière elle, Éric Bouillé (DVC) est deuxième avec 25,71 %, suivi de Marie-France Bertin (UDR) avec 18,88% et de Judith Dossemont (DVD) avec 17,35 %. Une quadrangulaire s’annonçait donc à l’issue du premier tour. Mais une fusion a été actée entre les listes d’Éric Bouillé, Mieux vivre Roquevaire, et de Judith Dossemont, Roquevaire avenir.

    En additionnant les voix du premier tour, la fusion permet théoriquement aux candidats arrivés en deuxième et quatrième positions de totaliser 43,06 % des voix… La candidate de gauche, en tête au premier tour, se retrouverait à présent en ballotage défavorable. Hélène Spinelli qui se dit « sereine » compte sur les abstentionnistes et ses voix de réserve pour maintenir la mairie à gauche. Mais le scrutin s’annonce serré.

  • Amel Bent : « Plus qu’un concert, c’est l’histoire d’une vie »

    Amel Bent : « Plus qu’un concert, c’est l’histoire d’une vie »

    La Marseillaise : Vous êtes de retour sur le devant de la scène après deux ans d’absence totale. Pourquoi avoir fait le choix de vous effacer ?

    Amel Bent : Ce n’était pas un choix, j’ai vécu un épisode familial douloureux avec la perte de ma mamie, notre taulière au moment où je commençais à entrer en studio pour un huitième album. Je n’ai donc pas du tout suivi les plans qui étaient prévus. J’ai passé des mois à la maison, coupée du monde, à écrire parce que ça me faisait du bien, pour mettre de l’ordre dans ma tête et dans mon cœur. Ce décès, au-delà du deuil et du chagrin, m’a beaucoup fait réfléchir. Je me suis retrouvée comme dans une crise existentielle, une quête de sens, sans compter que mes 40 ans arrivaient… à cette période, l’urgence pour moi était de trouver des réponses à mes questions, de prendre soin de moi. Pas de faire des chansons. D’anciennes cicatrices ont également refait surface…

    À quel moment avez‑vous su qu’il était temps de revenir ?

    A.B. : Toute cette période a finalement été salvatrice, parce que quand j’ai commencé à sortir la tête de l’eau -c’est d’ailleurs pour ça qu’une chanson de l’album s’appelle Sous l’eau– je me suis aperçue que tout ce qui m’était parvenu, tout ce que j’avais écrit, était des thèmes de chansons.

    Que raconte donc ce huitième album, « Minuit Une » ?

    A.B. : Je chante mes enfants, ma mamie, mon couple, ma mère, ma charge mentale aussi, ainsi que mon enfance ou la solitude que j’ai pu ressentir. Ce sont bien plus que des thèmes à mes yeux, ce sont les moments importants de mon existence. Et ces chansons ne sont pas pour moi, c’est une déclaration à mon public, sur tout ce que j’ai traversé et j’avais hâte de leur partager, un peu comme on a hâte de raconter un scoop à notre meilleure copine ! (rires) C’est une grande émotion pour moi parce que c’est à ce moment-là que la boucle sera bouclée. J’espère qu’après le concert, on repartira tous le cœur plus léger. Cet album et ce concert, c’est l’histoire d’une vie en repartant de la douleur originelle pour la transformer en lumière.

    Ce concert et la part de votre vie que vous partagez sans filtre avec le public,
    peut-on dire que c’est
    une thérapie
     ?

    A.B. : Je ne m’en suis jamais cachée, la musique, c’est mon psy, ma meilleure amie, mon éducatrice aussi. Elle me soigne et m’apprend tellement. La musique a une place bien plus importante dans ma vie que d’être juste un art ! Je vois tout à travers le prisme de la musique depuis que je suis petite. C’est pour moi la plus belle des nourritures et je me sens repue humainement, ça c’est merveilleux.

    Vous évoquez votre enfance compliquée dans l’album.
    Le fait de fonder votre foyer a-t-il changé votre perception de l’enfance que vous avez vécue ?

    A.B. : Je pense sincèrement qu’avoir des enfants te force à faire la paix avec différents aspects de ta vie. Je suis encore une femme-enfant, je cohabite avec la petite Amel au quotidien. Je peux être très responsable, très adulte et parfois pas normale, mais on est comme on est (rires) ! Selon moi, il y a deux chemins possibles : soit tu éduques tes enfants en leur déposant dans le cœur tes failles, tes blessures, soit tu décides de régler ce qui t’appartient pour ne pas reproduire les mêmes schémas. La communication avec mes filles a une place très importante, elles savent qu’un papa ou une maman, ce n’est pas quelqu’un de parfait.

    En plus de l’album sorti en 2025, on vous retrouve sur grand écran avec
    le film «
     Ma Frère » nominé au Festival de Cannes. Pouvez-vous raconter cette expérience ?

    A.B. : Je m’étais engagée pour ce tournage et il est arrivé quand j’avais annulé tout le reste. Pour autant, ça a été une expérience intense. Je pense que je me suis reconstruite aussi grâce au regard que les jeunes, présents pour le film, portaient sur moi. J’étais pour eux la fille qui chante l’espoir, qui vient d’un quartier populaire, comme eux, et qui a transformé son destin, qui est forte. C’est grâce à eux que j’ai tout reconstruit et j’ai su qu’après ce tournage, rien ne serait plus pareil.

    Est-ce une nouvelle version de vous-même qui se dévoile au public ?

    A.B. : Ce n’est pas une nouvelle version parce que je suis toujours la même, mais avec une évolution imposée par le temps qui passe, l’expérience et ce que nous donne la vie sur le chemin. J’ai fait la paix avec certains aspects de ma vie, même si j’ai encore quelques pierres dans mon sac. Je peux changer, évoluer, mais je n’oublierai jamais qui m’a élevée, de quel bois je suis faite et surtout d’où je viens.

    Vous êtes d’origine franco-algérienne. Quel regard portez-vous sur la montée
    de l’extrême droite en France en cette période électorale
     ?

    A.B. : Je suis absolument apolitique et je pense que pas mal de gens le deviennent malheureusement. Peut-être par manque de considération face aux vrais combats du quotidien que mènent les gens tous les jours. J’essaie de combattre la violence à ma manière, où qu’elle soit, et je pense que ça commence autour de soi dans la façon dont on communique ou on éduque nos enfants par exemple. C’est ça ma façon de faire de la politique ou du moins de contrer ce que je vois et qui me fait peur ou me révolte. C’est essayer de contrer les discours politiques qui ne sont finalement que des discours. Je ne me sens pas représentée, alors oui, j’ai conscience que je suis privilégiée, mais je n’en suis pas déconnectée de la réalité. Loin de là. Dans ma famille, nous croyons beaucoup à la solidarité, à l’associatif. C’est dans ces valeurs que je m’épanouis, à travers le partage. Dans la vie, ce ne sont pas les politiques qui aident qui que ce soit, ce sont les gens, entre eux, quelle que soit leur religion ou leur couleur de peau. Je suis peut-être trop naïve ou utopiste, mais nous au moins, on sait encore avoir de l’empathie les uns pour les autres.

  • Les enjeux dans les villes cléspour la gauche, de Paris à Grenoble

    Les enjeux dans les villes cléspour la gauche, de Paris à Grenoble

    Quelle sera la physionomie du paysage politique français à l’issue du second tour du scrutin municipal ? Si au premier tour, le 15 mars, plus de neuf communes sur dix ont élu leur équipe municipale, le scrutin de dimanche concerne encore quelque 1 500 villes dont les plus grandes en nombre d’électeurs. Les stratégies d’union, notamment à gauche, seront-elles ou pas gagnantes ? Y aura-t-il un regain de participation alors que l’abstention a atteint un record de 57,2% ? Ce sont autant d’enjeux à moins d’un an de l’élection présidentielle. Selon le décompte de Maire info, le quotidien d’information des élus locaux, il y a dimanche 551 duels, 815 triangulaires, 166 quadrangulaires et 16 quinquangulaires. Tour d’horizon de villes clés. (Pour les enjeux à Marseille, lire nos informations pages 2 et 3 et sur lamarseillaise.fr).

    Paris

    La municipalité d’union de la gauche et des écologistes est menacée par la droite LR et affairiste de Rachida Dati au bénéfice de laquelle la candidate d’extrême droite de Reconquête !, Sarah Knafo (10,40% au premier tour), s’est retirée. Si le candidat de l’union de la gauche et des écologistes Emmanuel Grégoire est arrivé en tête au premier tour (37,98%) loin devant Rachida Dati (25,46%), la fusion de la liste de cette dernière avec celle de Pierre-Yves Bourbazel (Horizons, 11,34%) et le maintien de l’insoumise Sophia Chikirou (11, 72%) pourrait coûter la capitale aux progressistes au terme de cette triangulaire. Cette stratégie préfigure-t-elle la bataille à gauche en vue de la présidentielle de 2027 ? Le résultat parisien sera éclairant.

    Lyon

    Le maire écologiste de la cité des Gaules, Grégory Doucet, a déjoué les pronostics sondagiers. À la tête d’une union de la gauche il est arrivé en tête le 15 mars (37,36%) d’une courte tête devant le candidat divers droite Jean-Michel Aulas (36,78%). Le maire sortant a fusionné sa liste avec celle de la candidate LFI, Anaïs Belouassa-Cherifi (10,41%). Suffisant pour permettre aux progressistes de conserver la troisième ville de France ? Vendredi, Lyon Mag a publié un sondage donnant Aulas et Doucet à 50/50 avec une marge d’erreur de 4 points.

    Lille

    Grande ville de tradition socialiste, Lille va vivre une quadrangulaire. Arrivé en tête du premier tour, le socialiste Arnaud Deslandes (26,26%) a fusionné sa liste avec celle de l’écologiste Stéphane Baly (17,75%) au grand dam de la liste insoumise de Lahouaria Addouche (23,36%). C’est le véritable duel du second tour où les deux autres candidats, Violette Spillebout (Renaissance, 11,14%au premier tour) et la liste d’extrême droite RN de Matthieu Valet (10,92%) sont distancés.

    Bordeaux

    Les écologistes vont-ils conserver la cité de Montaigne ? Le maire Pierre Hurmic, à la tête d’une liste d’union de la gauche est arrivé en tête avec 27,68%mais il est talonné par la liste du socle commun de Thomas Cazenave (Renaissance) à 25,58%. Surtout le centriste Philippe Dessertine (20,20%) s’est retiré et offre une réserve de voix à Cazenave tandis que la liste de LFI de Nordine Raymond, non qualifiée, a réalisé 9,36%. Les électeurs vont-ils sanctionner l’ancien ministre macroniste Cazenave et renouveler leur confiance à la gauche ? C’est l’enjeu de ce second tour dans une ville qui fut un fief de droite historique.

    Grenoble

    L’ancien maire et repris de justice Alain Carignon, 77 ans, est arrivé en tête le 15 mars, avec 27,04%. L’homme de droite a devancé la candidate de la gauche unie, l’écologiste Laurence Ruffin (26,33%) qui est soutenu par le maire écologiste sortant Eric Piole. La liste insoumise d’Allan Brunon s’est retirée et lui a apporté son soutien. Ses 14,59% pèseront au second tour pour éviter le retour de la droite LR à la mairie.

  • JO d’hiver 2030 : après des mois de crise, le comité d’organisation veut repartir de l’avant

    JO d’hiver 2030 : après des mois de crise, le comité d’organisation veut repartir de l’avant

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu était lui-même monté au créneau fin février : « Tout le monde à son poste de combat et tirons tous (…) dans le même sens pour y arriver en 2030 », avait-il lancé depuis Albertville, où était fêtée la délégation tricolore après ses succès aux JO de Milan-Cortina. Car – très mauvais point pour l’image – c’est en pleins jeux d’hiver italiens que les organisateurs des JO-2030 dans les Alpes françaises avaient fait part de « désaccords insurmontables » entre Edgar Grospiron, président du comité d’organisation, et son directeur général Cyril Linette. Ce dernier a quitté le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) fin février, quatrième départ d’une série noire entamée avec la démission en décembre de la directrice des opérations, Anne Murac, suivie de celle du directeur de la communication Arthur Richer, puis du président du comité des rémunérations Bertrand Méheut, ancien président du groupe Canal+.

    « Après la phase critique que nous avons connue », le bureau exécutif de jeudi doit permettre aux parties prenantes – gouvernement, régions hôtes, comités olympique et paralympique – « d’acter » un certain nombre de décisions sur l’organigramme et l’organisation du Cojop, avait résumé la ministre des Sports Marina Ferrari au sortir de la précédente réunion, évoquant « un nouveau Meccano ».

  • Les derniers tests de Didier Deschamps avant le Mondial

    Les derniers tests de Didier Deschamps avant le Mondial

    C’est un avant-goût de Mondial qui attendra les Bleus durant la prochaine trêve internationale.

    Pendant que les derniers billets pour la phase finale seront distribués à l’occasion des barrages, l’équipe de France sera déjà aux États-Unis pour y disputer deux rencontres amicales, contre le Brésil, puis face à la Colombie. Deux confrontations de prestige qui vont permettre à Didier Deschamps d’effectuer ses derniers tests, avant de dévoiler la liste définitive, le 13 mai.

    Mbappé retrouve sa place

    Kylian Mbappé, qui a refait son apparition sur une pelouse mardi, en Ligue des champions, avec le Real Madrid en entrant en fin de match face à Manchester City (2-1) est présent.

    L’absence de Bradley Barcola, indisponible plusieurs semaines pour une entorse de la cheville, profite elle à Randal Kolo Muani, buteur avec Tottenham en 8e de finale retour de Ligue des champions. Le Monégasque Maghnes Akliouche, déjà présent en novembre, est également appelé.

    En défense, Deschamps a pallié le forfait de Jules Koundé sur le côté droit en convoquant le joueur de la Juventus Turin Pierre Kalulu, qui a connu son unique sélection face à l’Espagne en demi-finales de la Ligue des nations en 2025 (défaite 5-4).

    Côté gardiens de but, Lucas Chevalier, malgré la perte de son statut de titulaire avec le PSG, accompagnera Mike Maignan et le Rennais Brice Samba.

    Le groupe

    Gardiens : Lucas Chevalier (PSG), Mike Maignan (AC Milan), Brice Samba (Rennes).

    Défenseurs : Lucas Digne (Aston Villa), Malo Gusto (Chelsea), Lucas Hernandez (PSG), Théo Hernandez (Al-Hilal), Pierre Kalulu (Juventus), Ibrahima Konaté (Liverpool), William Saliba (Arsenal), Dayot Upamecano (Bayern Munich).

    Milieux de terrain : Eduardo Camavinga (Real Madrid), N’Golo Kanté (Fenerbahçe), Manu Koné (AS Rome), Adrien Rabiot (AC Milan), Aurélien Tchouameni (Real Madrid), Warren Zaïre-Emery (PSG)

    Attaquants : Maghnes Akliouche (Monaco), Rayan Cherki (Manchester City), Ousmane Dembélé (PSG), Désiré Doué (PSG), Hugo Ekitike (Liverpool), Randal Kolo Muani (Tottenham), Kylian Mbappé (Real Madrid), Michael Olise (Bayern Munich), Marcus Thuram (Inter Milan).

  • Handball : les Bleus battent l’Espagne, Desblancs fête son entrée

    Handball : les Bleus battent l’Espagne, Desblancs fête son entrée

    Soir de premières pour les Bleus du handball. Deux, précisément. Lors de ce France – Espagne, au Mans, les fans en tribunes ont pu découvrir Talant Dujshebaev, nouveau sélectionneur. Joueur puis entraîneur de légende, l’hispano-kirghize effectuait sa première rencontre sur le banc des sextuples champions du monde. Un jeune aixois a également fait ses débuts en équipe de France. Du haut de ses 21 ans, Eliott Desblancs commençait son aventure en bleu, après avoir connu toutes les catégories de jeunes.

    Le demi-centre du Pauc a rapidement été aperçu sur le parquet. Après un quart d’heure réussi de la France (9-5), Dujshebaev a changé tous ses joueurs et Desblancs a fait son entrée. Il était aux côtés de Melvyn Richardson et Elohim Prandi sur la base arrière. Rien que ça. Le numéro 20 a surtout réalisé des combinaisons pour ses deux partenaires et a joué les engagements rapides à chaque fois. C’est lui qui est allé chercher un jet de 7 mètres, à cinq secondes de la mi-temps, pour conserver une longueur d’avance. Et permettre aux Bleus de mener 16-15.

    Second France – Espagne dimanche

    Eliott Desblancs n’a ensuite plus été vu sur le terrain. Il faudra encore attendre pour voir le premier but de l’Aixois sous le maillot de l’équipe de France A. Avec des gardiens performants et des ailiers qui ont rempli leur rôle de finisseurs, les Bleus ont dominé cette partie. Ils ont aussi pu compter sur leurs hommes forts – Nedim Remili, Thibaud Briet, Elohim Prandi -, pour matraquer le secteur central espagnol. Résultat, une victoire 29-26 à l’Antares Arena. Revanche prévue ce dimanche, à 13h30, entre ces deux nations fortes du handball.

  • [Entretien] Christèle Lagier : « Le RN s’enracine sur la base d’électeurs de droite »

    [Entretien] Christèle Lagier : « Le RN s’enracine sur la base d’électeurs de droite »

    La Marseillaise : Le score du RN lors de ces municipales acte l’enracinement du parti dans la région ?

    Christèle Lagier : Il traduit l’implantation de longue date de ce parti sur un certain nombre de territoires du sud-est. Ce n’est pas si surprenant concernant Marseille quand on regarde les résultats des dernières législatives, le territoire était partagé. Ce qui s’est accentué sur ces élections, c’est une forme de recomposition politique actée au local qui a commencé en 2017, avec la non-qualification du candidat de droite lors de l’élection présidentielle. Le RN consolide aussi son enracinement sur la base d’électeurs de droite.

    L’extrême droite a, ici, remplacé la droite républicaine ?

    C.L. : C’est très net sur les territoires du Vaucluse sur lesquels je travaille. Je l’avais observé sur Avignon lors des départementales de 2011, où on avait une baisse significative des scores de la droite républicaine et une croissance des scores FN. Ça s’était confirmé sur les municipales de 2014. Quand on réalise des entretiens avec des électeurs du RN et de la droite, on voit très bien comment se discute collectivement dans les groupes, les familles, les socialisations immédiates, le fait de voter pour la droite ou l’extrême droite. Ces électorats font des allers-retours depuis des années selon les élections. Là, il y a un effet de renforcement très net qui vient évidemment des recompositions qu’on peut observer au national et se traduisent localement.

    À Marseille, Martine Vassal a-t-elle été sanctionnée pour ses positionnements droitiers ?

    C.L. : Les municipales sont des élections intermédiaires dans lesquelles les électeurs sanctionnent aussi le pouvoir national. Martine Vassal paye la confusion de son positionnement. Elle n’est ni vraiment chez les Républicains, pas tout à fait chez les macronistes et en même temps, elle envoie des signaux à l’extrême droite. Le manque de clarté dans ses positions et les quelques sorties qu’elle a pu faire qui la rapprochent de l’extrême droite ne sont pas des maladresses mais des signaux envoyés à ces électeurs. C’est un jeu très difficile à jouer et une place très difficile à tenir. C’est d’autant plus hasardeux quand on a une offre politique qui est clairement identifiée à l’extrême droite comme c’est le cas à Marseille.

    Les électeurs RN votent-ils par rejet des partis traditionnels ou par adhésion ?

    C.L. : Quand on travaille sur les préférences électorales, on constate que les décisions ne se prennent pas toujours sur des considérations programmatiques. Pour avoir fait des entretiens avec des électeurs du RN, ils ne connaissent pas le programme, à part quelques idéologues. Ce parti s’appuie sur un racisme très largement diffus dans notre société française qui est structurellement raciste et s’est construite sur une histoire coloniale qui produit encore aujourd’hui un certain nombre d’effets. Le RN active ses ressorts racistes qu’il vient associer à des thématiques sociales et sécuritaires, ce qui fonctionne très bien. Il ne fait pas reculer durablement l’abstention mais progresse sur des clientèles électorales qui votaient autrefois pour d’autres partis et se sont repositionnées faute de mieux. J’ai entendu plusieurs fois « on a tout essayé, pourquoi pas eux ? ». On n’est pas sur une adhésion positive à un projet de société. La question que je pose, c’est après le RN, qu’est-ce qui se passe ? On a un champ politique fracturé et une partie des électorats qui, soit se positionnent dans l’abstention intermittente, c’est-à-dire qu’ils ne votent pas tout le temps parce qu’ils sont très défiants à l’égard de la politique, soit des électorats qui étaient plutôt situés à droite de l’échiquier politique et qui trouvent dans le RN un vote de contestation.

    Comment s’expliquent les votes en faveur de ce qu’on appelle les « brebis galeuses », comme Frédéric Boccaletti à Six-Fours ou Laure Lavalette à Toulon ?

    C.L. : Ces gens-là, sont cadres du RN, ils sont installés et font partie des figures de référence. Ce ne sont pas des brebis galeuses, c’est l’ADN même de ce parti. Si on regarde son personnel, les conditions de sa formation historiquement, les groupuscules avec lesquels il a des liens, il est clairement situé à l’extrême droite, il a un programme fasciste. Cela ne freine pas les gens pour la bonne et simple raison que ce parti bénéficie depuis de nombreuses années d’un accompagnement médiatique contribuant à expliquer que finalement, c’est un parti comme les autres. Au même moment, des tas de responsables dans le reste du champ politique s’autorisent aussi à faire de la surenchère : je pense aux propos d’Aurore Berger sur l’anti-France ou les propos du ministre de l’Intérieur sur l’État de droit. On a un personnel politique, un champ médiatique et économique qui valide idéologiquement ce parti, cela doit nous inquiéter.

    Le « front antifasciste » est la bonne position à adopter ?

    C.L. : Si on est d’accord sur le fait que le RN est un parti structurellement raciste et dangereux alors oui je pense que le créneau antifasciste est celui qu’il faut adopter. C’est là-dessus que la gauche va pouvoir rassembler mais ça ne suffit pas. Elle doit arrêter de se préoccuper seulement des questions sociétales et revenir sur des questions de fond, qui sont sociales, d’augmentation des salaires, de défense des conditions de travail, et qu’elle défende des catégories qui votaient pour elle autrefois. C’est celles qui se sont détournées parce qu’elles ont eu le sentiment qu’on avait une gauche de gouvernement qui s’alignait sur des politiques de droite. Quand la gauche est unie et que l’offre politique est claire ça marche, on l’a vu sur les législatives de 2024.

  • De nouvelles règles pour accélérer le jeu

    De nouvelles règles pour accélérer le jeu

    L’International football association board (Ifab), qui édicte les lois de la pratique du football, a officialisé la mise en place de nouvelles règles, à l’issue de son assemblée générale au Pays de galles.

    Trois nouvelles utilisations de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) ont ainsi été actées. L’assistance vidéo pourra désormais intervenir, en présence de preuves manifestes, lorsqu’un carton rouge est donné après un deuxième carton jaune erroné. Lorsque l’arbitre sanctionne la mauvaise équipe pour une infraction entraînant un carton (rouge ou jaune) au mauvais joueur. Lorsqu’un corner est accordé à tort, si cette vérification peut être effectuée immédiatement et sans retarder la reprise du jeu.

    Dans une volonté déjà connue de limiter les pertes de temps, l’Ifab a également étendu son utilisation du compte à rebours, appliqué jusqu’ici à la conservation du ballon par les gardiens. Désormais, l’arbitre peut décider de lancer un compte à rebours virtuel de cinq secondes s’il considère qu’une remise en jeu ou qu’un dégagement est trop long. S’il est dépassé, la remise en jeu revient à l’adversaire, et le dégagement peut se transformer en corner.

    Par ailleurs, un joueur remplacé aura 10 secondes pour quitter le terrain une fois que le panneau d’affichage sera visible ou que l’arbitre aura signalé le changement. Si le délai est dépassé lorsque l’intéressé s’est exécuté, son remplaçant devra attendre le prochain arrêt de jeu pour entrer, forçant ainsi son équipe à poursuivre avec un joueur en moins dans l’intervalle.

    Enfin, l’Ifab a décidé d’obliger les joueurs blessés à sortir du terrain pendant au moins une minute en cas d’intervention du staff médical, avant de pouvoir revenir. Cette exclusion temporaire, qui a pour but d’éviter les blessures tactiques, ne pourra en revanche pas être appliquée aux gardiens.

    Plus de bouche masquée ?

    Ces modifications des lois du jeu seront mises en pratique à l’occasion de la prochaine Coupe du Monde, organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. La compétition dont le coup d’envoi sera donné le 11 juin, servira de test. À l’issue de la finale, le 19 juillet, l’Ifab invitera l’ensemble des fédérations nationales à mettre en pratique ces nouvelles règles.

    Celle interdisant aux joueurs et entraîneurs de masquer leurs lèvres avec la main en cas de discussion sur le terrain, sous peine de recevoir un carton jaune, est également à l’étude. Le président de la Fifa, Gianni Infantino, en a fait son nouveau cheval de bataille.

  • Deuxième Tournoi d’affilée remporté par le XV de France

    Deuxième Tournoi d’affilée remporté par le XV de France

    Victorieux avec six essais, dont un quadruplé de Louis Bielle-Biarrey, contre sept pour les Anglais, les hommes de Fabien Galthié (21 pts) remportent le Tournoi des Six Nations devant l’Irlande (19 pts), qui s’était imposée en début d’après-midi face au XV du Chardon à Dublin (43-21).

    K.O. debout après la claque à Edimbourg (50-40) et ces sept essais encaissés, les Bleus savaient au coup d’envoi qu’une simple victoire, même sans bonus, était suffisante pour oublier ce cauchemar et gagner le Tournoi. Et ils l’ont donc fait, pour les 120 ans du « Crunch », face à une équipe d’Angleterre qui était pourtant elle aussi revancharde après trois défaites d’affilée, dont le premier revers de son histoire contre l’Italie (23-18). « Pour moi, gagner deux fois cette compétition, ça veut dire que des joueurs étaient là, puis plus là, comme Antoine [Dupont] en fin de Six Nations l’an dernier, ça veut dire que l’équipe a bougé », a souligné Fabien Galthié, le sélectionneur du XV de France. « On a très, très bien démarré la compétition cette saison et puis il a fallu se battre pour rapporter un point d’Écosse (50-40), et se battre pour gagner ce match à la dernière seconde (48-46). C’est un Tournoi qui a une valeur sportive énorme, c’est monstrueux en termes de compétitivité », a poursuivi le technicien tricolore, conscient que ses Bleus se sont fait peur jusqu’au bout, malgré leur excellent début de match.

    Ramos, comme en 2024

    Bien lancés par deux essais de Louis Bielle-Biarrey, la fusée de l’Union Bordeaux-Bègles (7e et 13e minutes), les Français semblaient avoir pris la rencontre par le bon bout. Mais à chaque fois les Anglais ont répliqué avant de prendre le large sur deux pénaltouches (26e et 34e). Avec trois points de retard seulement à la mi-temps (24-27), et à 15 contre 14, l’équipe de France a ensuite puni le XV de la Rose en sept minutes, avec le troisième essai de Bielle-Biarrey (42e), son 28e essai en 27 sélections, puis celui de l’ailier palois Théo Attissogbe (49e), sur une pénalité jouée vite à la main par Antoine Dupont. Et c’est une nouvelle fois l’ailier bordelais qui a frappé, avec son 4e essai du soir, son 29e en 27 sélections, au bout d’une passe au pied en profondeur de Dupont encore. « Arme fatale, record d’essais, productions incroyablement prolixes… Les qualificatifs sont difficiles à trouver pour parler de lui. Il marche sur les traces d’Antoine [Dupont] », a lancé Galthié. Avec ce 30e essai dans ce Tournoi, les Bleus ont donc égalé le record établi par une équipe en un tournoi qu’ils avaient établi l’an dernier. Puis c’est Ramos qui a sauvé le pays, après la sirène, sur une ultime pénalité, alors que les Anglais avaient repris la tête encore une fois (45-46) sur un essai de leur centre Freeman (77e). De 45 mètres, l’arrière Toulousain n’a pas tremblé, offrant un succès qui semblait perdu, comme il y a deux ans à Lyon, quand il avait aussi frappé à la 80e minute contre ces mêmes Anglais (33-31). Cerise sur le gâteau pour le XV de France : avec ce Tournoi 2026, et ce doublé jamais réalisé par les Bleus depuis 2006-200, c’est le huitième trophée des Six nations qu’ils pourront exhiber à Marcoussis. Un de plus que les Anglais et deux de plus que les Irlandais et les Gallois.

  • Un second tour très incertain dans les grandes villes

    Un second tour très incertain dans les grandes villes

    Face à la droite extrémisée, nous sommes le seul rempart. » La déclaration du candidat de la gauche unie à Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire, résume la situation dans de nombreuses communes au lendemain du premier tour des élections municipales où le taux de participation national a été médiocre : 48,90% à 17h contre 38,77% en 2020, scrutin marqué par l’épidémie de Covid.

    La situation a Paris n’est pourtant pas la plus périlleuse pour la gauche unie hors LFI qui a choisi de présenter
    des listes autonomes dans la majorité des communes. Emmanuel Grégoire arrive largement en tête du premier tour avec 36,4% selon les premières estimations et relègue loin derrière la candidate de droite Rachida Dati qui pointe à 24,8% mais aussi l’insoumise Sophia Chikirou, créditée de 13,7%. Si Dati n’a pas ouvertement parlé de fusion avec Pierre-Yves Bournazel (Horizons), en capacité de se maintenir, elle estime que c’est « une nouvelle élection qui commence » appelant à un « rassemblement le plus large possible ». À l’heure où ses lignes sont écrites, on ne savait pas si la candidate d’extrême droite Sarah Knafo (Reconquête) atteignait les 10% des suffrages exprimés, barre obligatoire pour se maintenir au second tour. « Face à la droite extrémisée nous sommes le seul rempart », a déclaré dimanche soir Emmanuel Grégoire. Aucune fusion ne sera réalisée avec LFI dans la capitale. Mais ailleurs ? Les accords seront locaux car le Premier secrétaire du PS a répété qu’il n’y aurait « pas d’accord national entre le PS et LFI au second tour ». Plus ouverte à des alliances, l’écologiste Marine Tondelier a appelé à « éliminer la droite et l’extrême droite ».

    Danger à Marseille

    À Paris, comme à Marseille et à Lyon, les électeurs ont inauguré un nouveau mode de scrutin en votant cette fois directement pour l’équipe municipale et une seconde fois pour les conseillers d’arrondissements. Marseille, capitale du Sud, deuxième ville de France, est sous la menace de l’extrême droite. Son candidat Franck Allisio fait score égal avec le maire sortant Benoît Payan (DVG) avec quelque 35% des suffrages exprimés. La droite classique, représentée par Martine Vassal s’effondre à 12% et LFI et son candidat Sébastien Delogu obtient dans les 12%, en capacité donc de se maintenir. La fusion à gauche aura-t-elle lieu ? Le dépôt des listes est fixé à mardi, 18h. Sébastien Delogu (lire par ailleurs), a tendu la main au Printemps marseillais. C’est aussi le message délivré sur
    le réseau social X par Jean-Luc Mélenchon appelant les « coalitions de la gauche traditionnelle » à saisir « la main tendue », en vue du second tour.

    Quant à Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite, sont au coude à coude autour de 37% et Anaïs Belouassa-Cherifi en troisième position autour de 10%. La candidate mélenchoniste a proposé dès hier soir une « fusion ». « Nous sommes prêts à prendre nos responsabilités, nous sommes prêts à aller discuter et nous sommes prêts bien sûr à garder notre ville à gauche », a déclaré la députée insoumise sur BFM Lyon.

    De fusion, il n’en sera pas question à Montpellier où le maire sortant Michaël Delafosse, à la tête d’une liste de gauche unie, hors LFI, arrive très largement en tête avec 33% des suffrages exprimés, le double du score de la députée LFI, Nathalie Oziol, 16% et loin devant le troisième qualifié, le milliardaire Mohed Altrad 11%.

    Dans le Gard, la droite LR est en difficulté notamment à Nîmes, une des dernières grandes villes (150 000 habitants) qu’elle dirige. La cité romaine est en passe de vivre un tournant historique puisque la liste de gauche unie conduite par le communiste Vincent Bouget obtient 30,05%. Mais le candidat RN, le député européen Julien Sanchez, devance de très peu la gauche avec un score de 30,39% tandis que les deux candidats de droite, Franck Proust (19,55%) et Julien Plantier (15,55%) sont relégués comme le candidat insoumis avec seulement 4,46%. Rien n’est joué dans cette ville dirigée par la droite depuis un quart de siècle. Face au danger RN, Vincent Bouget a lancé dimanche soir un appel au rassemblement mercredi 18 mars.et avant tout dimanche 22 mars, dans les urnes.

    Car l’extrême droite a progressé et menace notamment de reprendre la ville de Toulon dans le Var où sa candidate est arrivée largement en tête (40%). Ses maires ont été réélus à Perpignan, Beaucaire, Fréjus, Hénin-Beaumont.

    Ces municipales sont-elles la répétition avant la présidentielle de 2027 ? Elles dessinent en tout cas les rapports de force politiques avec une droite en recul, vampirisée par l’extrême droite RN, une macronie, déjà peu implantée localement, en perdition et des gauches certes divisées mais en capacité de résister voire de gagner comme à Nîmes, ville symbole à bien des égards. Le maire de Montpellier Michaël Delafosse a décrit à sa manière ce clair-obscur : « Aujourd’hui, à travers les résultats nationaux, le bateau République française tangue et on voit comment les forces de défiance sont à l’œuvre ».

    « J’appelle au rassemblement de tous les Nîmois face
    à l’extrême droite »

    « Face
    à la droite extrémisée nous sommes le seul rempart »