Tag: France

  • L’extrême droite attend de « juger sur pièces »

    L’extrême droite attend de « juger sur pièces »

    À la sortie de l’Hôtel Matignon, mercredi, les responsables de l’extrême droite RN ont envoyé un message au nouveau Premier ministre : ils attendent de « juger sur pièces » Sébastien Lecornu et son futur gouvernement, loin d’être encore constitué. L’ancien ministre des Armées les a longuement reçus dans l’après-midi dans le cadre de ses consultations des groupes et partis politiques.

    Marine Le Pen a ainsi affirmé que c’était au nouveau Premier ministre de « prouver qu’il est véritablement dans une rupture » avec « la politique macroniste ». La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, sous le coup d’un procès en appel après sa condamnation à 5 ans d’inéligibilité dans l’affaire des assistants au Parlement européen, a usé d’ambiguïté. Pour mieux sceller un pacte tacite impliquant des mesures d’extrême droite contre une abstention du RN à l’Assemblée nationale ? « Pour l’instant, ses intentions restent des intentions et moi, je suis trop expérimentée pour m’en contenter. Donc je vais attendre de juger sur pièces », a-t-elle ajouté à des journalistes devant Matignon.

    « Il y a des attentes très fortes aujourd’hui dans le pays et s’il poursuit la politique qui est menée jusqu’à présent, alors il tombera », a prévenu à ses côtés le président du RN Jordan Bardella après leur rendez-vous avec le Premier ministre.

    Lors du débat sur le vote de confiance, le 8 septembre, qui s’est soldé par la chute du gouvernement Bayrou, l’ancienne candidate à la présidentielle avait martelé un seul message : la dissolution de l’Assemblée nationale est incontournable. Une option qui relève de la seule autorité du chef de l’État. Hier, le RN n’en a pas dit un mot comme elle n’a pas non plus évoqué une éventuelle censure.

  • La Grèce invitée d’honneur du salon du livre métropolitain

    La Grèce invitée d’honneur du salon du livre métropolitain

    « Cet événement s’inscrit dans le cadre de Capital bleu qui entrevoit l’eau comme un récit métropolitain célébrant le lien entre l’homme et la mer », présente Daniel Gagnon délégué à la culture à la Métropole.

    Un salon dédié à l’économie du livre au sens large. « L’idée ici est de faire une fête du livre et pas un salon standard avec simplement de la vente de livres. Mais plutôt, un événement d’ampleur où de nombreuses rencontres ponctuent ces 3 jours, sans oublier des événements festifs », relaie Véronique Vassiliou chef de projet livre et lecture à la Métropole.

    Vingt-cinq conférences et rencontres sont prévues avec des traducteurs et auteurs venus d’Athènes, Thessalonique, Palerme… Un banquet littéraire offrira des causeries assorties de dégustations, animées par des spécialistes. À noter qu’il est gratuit et sur inscription physique sur site dès 14h, le samedi 18 septembre.

    La Grèce dans toute son ampleur sera mise à l’honneur : mer, archéologie, films, musiques, chants, danse, avec notamment la venue du grand cinéaste Costa Gavras.

    Trois expositions photographiques sont aussi à découvrir dont l’une dédiée à la BD autour des voyages d’Astérix célèbre explorateur du bassin méditerranéen.

    Synergie locale

    « On a aussi beaucoup travaillé avec les acteurs locaux, la communauté hellénique de Provence, de l’étang de Berre jusqu’à l’embouchure des Salin-de-Giraud », insiste Véronique Vassiliou. Sans oublier la mise en lumière de la traduction de la littérature grecque en France. « qui est assez peu traduite » regrette-t-elle. L’occasion de parler d’un dispositif tout à fait unique. « Depuis une 15e d’année, le CIPM a imaginé un atelier collectif et mutuel de traduction entre des poètes français et des poètes d’une autre langue » expose François Lespiau responsable de l’action culturelle au sein du Centre international de poésie Marseille (CIPM). « Cette année, 3 auteurs grecs sont invités en amont du salon et accueillis pour travailler avec 3 poètes français qui vont les traduire collectivement en temps réel jusqu’à parvenir à une forme qui correspond à un poème français qui est un décalque du Grec » détaille-t-il. Une belle aventure humaine publiée grâce à un acteur local Zoème, à la fois galerie, librairie et une maison d’édition indépendante. « Au moment du salon, des lectures bilingues ont aussi lieu. » Quelques mois plus tard ce sont les auteurs français, qui partiront à Athènes pour être traduits par les poètes grecs.

    ampmetropole.fr

  • « Les agriculteurs ne m’insultent pas, ils me demandent de l’aide »

    « Les agriculteurs ne m’insultent pas, ils me demandent de l’aide »

    La Marseillaise : Vous êtes agroclimatologue. Pouvez-vous rappeler votre parcours et ce qui vous a conduit à ce métier ?

    Serge Zaka : Je suis docteur en agroclimatologie. Mon travail, c’est d’étudier l’impact du climat à long terme sur l’agriculture, mais aussi celui de la météo à court terme : la canicule de la semaine, le gel tardif, la grêle. Ce qui me passionne, c’est de rendre ces phénomènes compréhensibles pour tous. Sur les réseaux sociaux, je vulgarise avec des chiffres, des graphiques, sans exagération. C’est cette visibilité qui m’a fait connaître… mais qui m’expose aussi aux attaques.

    Depuis plusieurs années,
    vous êtes pris pour cible sur les réseaux sociaux. Comment vivez-vous ce harcèlement ?

    S.Z. : Il y a eu plusieurs étapes. Au début, ce n’était que des moqueries. Puis les canicules, l’élection de Donald Trump et, plus récemment, le rachat de Twitter, ont libéré une violence énorme. On parle de centaines, parfois de milliers de messages par jour. 99% relèvent d’insultes ou de dérision, mais 1% sont hors-la-loi : menaces de mort, de viol, racisme, incitations au suicide. Parfois, ce sont même des mails ou des messages que je reçois directement. Je travaille avec la gendarmerie et le ministère de l’Intérieur pour signaler ces contenus. Car au-delà du moral, il y a un risque physique : un jour, certains pourraient passer à l’acte.

    Pourquoi ces discours climatosceptiques trouvent-ils encore un écho ?

    S.Z. : En réalité, ils sont minoritaires dans la société. Beaucoup de comptes sont automatisés, des « bots » qui visent à décrédibiliser la parole scientifique. Derrière, on trouve des entreprises, parfois même des États. Ceux qui relayent ces contenus se voient comme des sauveurs de la vérité, mais n’apportent aucun argument scientifique. Ils sont très bruyants, très organisés, surtout à l’extrême droite, mais peu nombreux. Dans la vraie vie, la majorité des citoyens et des agriculteurs constatent bien les effets du changement climatique.

    Face à cette violence, avez-vous songé à vous taire ?

    S.Z. : Non. Leur objectif est de nous faire taire, je fais donc l’inverse. Je réponds rarement, mais toujours factuellement, avec des données locales, des graphiques, en ciblant des leaders d’opinion, comme les élus ou les personnalités médiatiques. Les insultes ne résistent pas aux faits. Cette méthode attire beaucoup de jeunes qui apprécient de voir un scientifique confronter un discours mensonger. Et chaque fois que je démonte une intox, je gagne en visibilité. C’est un moyen de retourner la situation à notre avantage. Cela dit, il faut distinguer : l’humour et la dérision sont utiles, mais les menaces graves, elles, ne doivent pas être banalisées.

    Vous êtes en contact direct avec le monde agricole. Que vous disent les agriculteurs ?

    S.Z. : Contrairement à ce que prétendent mes détracteurs, les agriculteurs ne me voient pas comme un ennemi. Bien au contraire. Une preuve de plus qu’ils n’agissent pas réellement dans l’intérêt de ceux qu’ils prétendent défendre. J’ai conseillé ou formé plus de 15 000 d’entre eux l’an dernier. Beaucoup m’écrivent, parfois désespérés, pour comprendre comment s’adapter. Certains envisagent même de quitter leur région pour continuer à produire ailleurs. Mon rôle, c’est de leur montrer qu’il existe des solutions : changer de variétés, modifier les dates de semis, investir dans des protections. Mais cela demande des moyens et une stratégie nationale. Nous avons besoin d’un véritable plan Marshall pour l’agriculture face au climat.

    Quel est, selon vous, le mot d’ordre pour l’avenir ?

    S.Z. : Anticiper. C’est le mot d’ordre. On peut s’adapter si on comprend les risques et si on investit dès maintenant. C’est tout le sens de mes travaux et des outils que je développe, comme agroclimatologie.fr, qui propose gratuitement des données précises aux agriculteurs. Plus on aura de données fiables, plus on coupera court à la désinformation. Je consacre ma vie à ça, par passion, pas pour l’argent. Et je crois qu’à terme, les faits l’emporteront sur les discours. Mais il faut que l’État, l’Europe et la société tout entière soutiennent réellement les agriculteurs dans cette transition.

    Propos recueillis par Axel Jolidon

  • La gauche resserre l’étau sur Matignon

    La gauche resserre l’étau sur Matignon

    Après avoir consulté les partis de son « socle commun », du centre macroniste à la droite LR, puis les syndicats et organisations patronales, Sébastien Lecornu reçoit les responsables des partis de gauche pour poursuivre les discussions budgétaires, exception faite de la France insoumise.

    Comme avec Bayrou, LFI a refusé l’invitation, a indiqué la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot. « Monsieur Lecornu cherche dans le champ politique une forme de non-censure (…). Nous voterons la censure », a répété Manuel Bompard sur RTL. « L’attitude du Parti socialiste est consternante », déplore au passage le coordinateur insoumis, regrettant des propositions qui « envoient valdinguer le programme du Nouveau front populaire ».

    Le Parti socialiste

    Le Premier ministre « aura devant lui ni des partenaires, ni des soutiens, ni des supplétifs », mais « une opposition déterminée », a répondu le sénateur PS Patrick Kanner sur Public Sénat. Il sera reçu en matinée avec le premier secrétaire socialiste, Olivier Faure.

    « Nous répondons toujours aux invitations au dialogue ce qui ne préjuge pas de l’issue. En République, on se parle même en partant de points de vue opposés », assume ce dernier. « Le plan Bayrou est tombé avec Bayrou. Si la vision Lecornu est la même, notre réponse sera rapide : les mêmes causes produisent les mêmes effets, nous censurerons. »

    Le socialiste pose un « contre plan » réduisant le déficit de 22 milliards, et relançant l’activité, notamment dans des secteurs à décarboner (logement et transport), et en donnant les moyens aux services publics (hôpital, éducation, sécurité) de fonctionner. Le plan prévoit de « rendre 6 milliards de pouvoir d’achat », aux Français aux revenus inférieurs à 1 920 euros par un taux différencié de CSG : « Le gain serait de 900 euros par an pour une maman célibataire ou 1 500 euros pour un couple. »

    Les Écologistes

    Également « prêts à censurer le futur gouvernement avec un ministre de l’Intérieur comme Retailleau », les Écologistes, aussi, seront à Matignon dans l’après-midi. « Nous sommes respectueux des institutions de ce pays », assure Marine Tondelier, la secrétaire nationale, « ce sont des rendez-vous où on se dit les choses et on fait connaissance. Malgré tous nos désaccords, il n’y aurait rien de pire pour la démocratie que l’incommunicabilité ».

    Considérant que « Monsieur Lecornu est illégitime et qu’il ne doit pas rester Premier ministre », Marine Tondelier ne présage de rien : « Nous voterons la censure et si après ce vote il est encore Premier ministre, alors nous discuterons avec lui du budget comme nous avons discuté avec ses prédécesseurs. C’est le travail de nos parlementaires. On a notamment proposé un plan de sortie de crise écologique, proposé un contre-budget et aussi des propositions sur l’environnement, le social, la démocratie. On sera ravis de pouvoir présenter ces propositions. »

    Le Parti communiste

    Secrétaire national du PCF, Fabien Roussel rencontrera le Premier ministre non « pas pour négocier mais pour mettre sur son bureau quatre propositions simples et claires », et censurera « sans état d’âme » un budget qui fera mal au pouvoir d’achat des Français. Lui demande l’évacuation de toutes les mesures toxiques du budget Bayrou (deux jours fériés supprimés, doublement des franchises médicales, non-indexation des pensions…), une augmentation des salaires avec leur indexation sur l’inflation, et du Smic, l’abrogation de la réforme des retraites. Et enfin de la justice fiscale : « Nous sommes sérieux budgétairement, devant les dépenses nous mettons des recettes. Et elles doivent provenir des plus riches, du capital qui a bénéficié depuis huit ans de toutes les exemptions imaginables », martèle Fabien Roussel. « C’est fini, les travailleurs, les retraités, la jeunesse, nous avons assez donné… C’est même une question prioritaire pour l’économie. Nous avons besoin de relancer la consommation par le pouvoir d’achat. Il faut rompre avec la politique de l’offre. »

  • Lecornu dans le corner

    Lecornu dans le corner

    Le niveau de mobilisation monte, monte, monte, monte… Même les chiffres prévisionnels qui filtrent du ministère de l’Intérieur connaissent une augmentation exponentielle. Peu après la mobilisation du 10 septembre qui avait réuni 200 000 personnes selon la police, les estimations pour la journée à l’appel de l’intersyndicale ce jeudi montaient à 400 000. Hier elles ont doublé à 800 000 personnes attendues.

    C’est dans ce contexte que les responsables des partis de gauche, à l’exception de la FI, vont rencontrer Sébastien Lecornu pour lui dire tout le mal qu’ils pensent du budget en forme de potion amère concocté par son prédécesseur.

    Ils préviennent à l’unisson : les mêmes causes produiront les mêmes effets. Autrement dit : la « rupture » annoncée par le nouvel hôte de Matignon ne peut pas être un slogan qui dissimule mal le recyclage des orientations du précédent gouvernement.

    Abandon de la réforme des retraites

    Difficile pourtant d’attendre autre chose d’un macroniste fervent et fidèle qui, du fait de sa proximité avec le président de la République a eu son ticket d’entrée dans chaque gouvernement depuis 8 ans.

    Raison de plus pour accroître la pression dans les institutions comme dans la rue pour faire entendre l’exigence de progrès social, de justice fiscale et réponse au défi écologique.

    Sébastien Lecornu est dans le corner, il n’en sortira pas sans concession significative à commencer par l’abandon de la réforme des retraites, minoritaire dans les urnes et dans l’opinion.

  • Budget : le RN toujours dans l’imposture sociale

    Budget : le RN toujours dans l’imposture sociale

    Le Rassemblement national n’ira visiblement pas demander l’abrogation de la réforme des retraites au nouveau locataire de Matignon, ce mercredi. À la veille de sa réception par Sébastien Lecornu, le Premier ministre, ce mercredi, les représentants du parti d’extrême droite reviennent à leurs fondamentaux. « Si la rupture consiste pour lui à un retour aux sources du socialisme, alors la crise politique continuera », lance Marine Le Pen, ce mardi, sur le plateau de Cnews. Alors que le Premier ministre consulte la gauche en vue de son budget, espérant éviter la censure via une forme d’accord avec le PS qui attend « des concessions spectaculaires » de sa part, la députée du Pas-de-Calais prévient : « Le socialisme était la source du macronisme (…) Avec la taxe Zucman, ils veulent offrir au Parti socialiste des victoires symboliques pour pouvoir durer et rester. » Si elle fait du PS son bouc émissaire pour mieux censurer Lecornu, in fine, c’est surtout les mesures de justice sociale réclamées par la gauche et le mouvement social prévu le 18 septembre qu’elle vise. À la hausse des salaires et l’abrogation de la réforme des retraites, elle préfère s’attaquer aux « dépenses toxiques : l’immigration, le coût de l’Union européenne, les fraudes et le train de vie de l’État ».

    En meeting ce week-end à Bordeaux, Jordan Bardella était sur la même ligne, réclamant la fin de l’aide médicale de l’État (AME) et la tenue d’un référendum sur l’immigration : « Chaque année, des milliards sont engloutis pour prendre en charge (…) une immigration d’assistanat qui a transformé la France en guichet social de l’Europe. » Preuve que l’imposture sociale du RN est toujours d’actualité, les représentants sont bien moins loquaces sur la taxation des puissants. Marine Le Pen se contentant de dire qu’il « n’est pas anormal que ceux qui sont les plus riches participent » à l’effort national…

  • Sébastien Lecornu s’est fait cajoler par les centristes mardi

    Sébastien Lecornu s’est fait cajoler par les centristes mardi

    Après la consultation du camp présidentiel et des partis du « socle commun », puis celle d’une partie des organisations syndicales et patronales du pays, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu, ce mardi, les partis se classant au centre de l’échiquier politique : le groupe parlementaire Liot (Libertés, indépendants et outre-mer et territoires), le Parti radical, le Parti radical de gauche (PRG) et le parti Utiles (proche de Liot).

    Mais avant le gros du morceau, c’était l’Union des entreprises de proximité, U2P, qui était dans le bureau de Sébastien Lecornu. « Je ne suis pas allé le voir avec des lignes rouges. Le pays a besoin d’être apaisé, nos petites entreprises sont en difficulté aujourd’hui en grande partie à cause de l’instabilité politique que l’on connaît depuis un an maintenant », relate Michel Picon, président de l’U2P. Sans ligne rouge certes, mais avec des positions qui reprennent les intérêts patronaux : « On a fait valoir nos arguments sur l’ineptie de la taxe Zucman. Je pense que nous partageons le même point de vue là-dessus: taxer l’outil de travail, c’est une folie. »

    Le groupe Liot, composé d’une vingtaine de députés d’horizon divers, est particulièrement attendu au tournant à la vue de sa position stratégique dans l’échiquier politique. Classé centriste avec des élus issus de la droite comme de la gauche, une partie de ses membres s’étaient largement opposés à la réforme des retraites. À tel point que Charles de Courson, député de la Marne, était devenu une figure de proue de la contestation de la mesure. D’où l’attention particulière sur son positionnement. Et pour l’heure, il joue plutôt la carte du dialogue.

    Le président du groupe, Laurent Panifous a salué les « deux-trois premières annonces qui vont dans le bon sens ». Mais il reste visiblement vigilant en plaidant pour « essayer de trouver le chemin du compromis », à l’inverse du gouvernement Bayrou « qui avait fait le choix du passage en force ».

    « Budget de compromis »

    En clair, le groupe se dit « conscient de la nécessité d’apporter des solutions au déficit important du pays mais avec la volonté d’une justice fiscale et sociale ». Un difficile entre deux à tenir tant les positions des différentes forces à l’Assemblée nationale sont opposées. À titre d’exemple, le patron des députés LR, Laurent Wauquiez, a mis en garde son parti, ce mardi, contre « la pression beaucoup plus forte du PS » dans les discussions actuelles avec le gouvernement de Sébastien Lecornu craignant qu’il « n’y ait plus rien sur l’immigration, la sécurité ou l’assistanat » dans le budget. Et de refuser tout compromis sur la question des retraites qui « serait une faute politique absolument majeure ». De quoi contraster avec Liot qui défend « un budget réaliste, un budget de compromis mais pas un budget punitif » à Matignon.

  • La rupture c’est dans la rue que ça se passe

    La rupture c’est dans la rue que ça se passe

    Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu dit vouloir incarner une « rupture ». Audacieux pour un macroniste de la première heure qui figure depuis 8 ans dans tous les gouvernements. Pour l’heure, il s’avère disposé à rompre avec des mesures non encore adoptées comme la suppression des deux jours fériés envisagée par François Bayrou ou avec des dispositions symboliques comme les avantages accordés aux anciens membres du gouvernement.

    Rien qui ne rompe réellement avec le fond de la politique libérale menée depuis la première élection du président de la République. C’est la raison pour laquelle la CGT lui a rappelé ce lundi où se situaient les vraies ruptures attendues par le monde du travail. D’abord l’abrogation de la réforme des retraites qui est minoritaire dans l’opinion comme à l’Assemblée nationale, ensuite l’augmentation des salaires et des pensions, au contraire de l’année blanche prônée par le gouvernement démissionnaire.

    Des preuves

    Sébastien Lecornu, consulte, prend des notes… Il doit désormais agir s’il ne veut pas rejoindre la liste des Premiers ministres éjectés. On dit souvent que l’amour c’est bien mais que les preuves d’amour c’est mieux. C’est finalement pareil avec la rupture. Il ne suffit pas d’en parler, il faut des preuves tangibles.

    Le Premier ministre ne semble pas disposé à en apporter spontanément. C’est par le rapport de force que ces ruptures seront obtenues, quel que soit l’hôte de Matignon.

    En cela, la réussite de la journée du 18 septembre sera d’une importance déterminante.

  • Lecornu consulte, la riposte se prépare

    Lecornu consulte, la riposte se prépare

    Le Premier ministre fraîchement nommé, Sébastien Lecornu, poursuit son opération séduction aux allures de mission impossible. Après la CFDT et le Medef vendredi dernier, le macroniste de la première heure poursuit sa série de rencontres avec les différents syndicats et organisations patronales du pays, ce lundi. Des réunions sur les charbons ardents, qui débutent avec la réception de la CGT et de sa secrétaire générale, Sophie Binet.

    Et autant dire que la rencontre n’a pas été de nature à changer les plans de la confédération, dont les militants se mobilisent ce jeudi avec une journée d’actions et de grève, à l’appel d’une large intersyndicale. « On n’a pas besoin d’un Premier ministre pour prendre des notes », tempête Sophie Binet, à la sortie de la réunion. Avant de dérouler : « On a besoin d’un Premier ministre pour apporter des réponses aux besoins et aux exigences des travailleurs et des travailleuses. On est au pied du mur. » De quoi donner le ton des échanges à Matignon. D’autant que dans la matinée, la syndicaliste avait annoncé la couleur, au micro de la matinale de TF1 : « Je vais lui dire que s’il ne veut pas rejoindre le cimetière des Premiers ministres qui est déjà bien rempli, il faut qu’il pose des actes de ruptures immédiats, et ça commence par l’abrogation de la réforme des retraites. » Un point sur lequel Sébastien Lecornu est visiblement resté intransigeant puisque Sophie Binet explique avoir « senti que le Premier ministre n’était absolument pas déterminé à agir [sur le sujet] ». Et pour cause, l’ancien ministre des Armées avait affirmé, sur la potentialité de l’abrogation de la réforme, « qu’il n’en a jamais été question », ce week-end dans les colonnes de plusieurs titres de presse quotidienne régionale. « S’il n’y a pas d’abrogation de cette réforme, son gouvernement comme les précédents, tombera », répond Sophie Binet, toujours à la sortie de la réunion. Outre ce dossier épineux, Sébastien Lecornu n’a visiblement pas envoyé de signaux positifs sur le reste de sa politique économique et sociale à venir. « À part les deux jours fériés, il n’a renoncé à rien dans le musée des horreurs qu’Emmanuel Macron avait prévu dans son projet de budget », critique la secrétaire générale. Arrêt des licenciements dans l’industrie, hausse des salaires et pensions, moyens des services publics… « Il n’a absolument pas répondu à nos demandes, il ne s’est engagé à rien du tout. »

    En clair, la « rupture » évoquée par Sébastien Lecornu reste au stade de la déclaration d’intention. « Le Premier ministre, à ce stade, parle de rupture dans ses discours mais ne pose aucun acte de rupture vis-à-vis de l’Élysée », tacle-t-elle. Pire, elle affirme même « qu’il n’a donné aucune garantie qu’il n’y ait pas de nouvelle réforme de l’assurance chômage ».

    Rendez-vous pris avec le PCF, le PS et EELV

    Résultat des courses : la syndicaliste ressort de la rencontre encore plus remontée qu’à son entrée. « Ce rendez-vous confirme plus que jamais la nécessité de se mobiliser le 18 […] C’est la seule chose qui permettra de gagner des avancées, de faire en sorte que les exigences sociales soient entendues », tonne Sophie Binet. Elle retient tout de même « un point positif » de la rencontre avec le Premier ministre : « Il est conscient de sa fragilité, cela confirme à quel point les travailleurs sont en position de force. » Sébastien Lecornu a ensuite reçu la CFTC et la CFE-CGC, deux organisations parties prenantes de l’appel intersyndical à la grève pour le 18 septembre. Mais aussi l’organisation patronale, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). Le tout, alors qu’il a reçu un coup de pression du patron des patrons, Patrick Martin, président du Medef, menaçant d’une « grande mobilisation » en cas de hausse d’impôts sur les entreprises.

    De quoi planter le décor avant la réception des représentants de plusieurs partis dans les jours à venir. Après la consultation des formations du camp présidentiel, le groupe centriste Liot est reçu mardi et les partis de gauche (EELV, PS et PCF) ont rendez-vous mercredi à Matignon. Sébastien Lecornu consultera également le parti d’extrême droite, le Rassemblement national, le même jour. « Le seul message que nous avons à faire passer : faire appel à l’intervention des salariés et de la jeunesse pour être très très nombreux le jeudi 18 septembre », répondait le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, à la fête de l’Humanité.

    « Le Premier ministre
    est conscient de sa fragilité, […]
    les travailleurs sont en position de force »

  • Lecornu commence son opération séduction

    Lecornu commence son opération séduction

    « J‘ai décidé de retirer la suppression de deux jours fériés », a déclaré le nouveau chef de gouvernement, dans son premier entretien accordé à la presse quotidienne régionale, publié après un déplacement à Mâcon samedi.

    Quatre jours à peine après sa nomination, le nouveau Premier ministre, qui avait promis une « rupture » en arrivant à Matignon, a assuré aux quotidiens régionaux qu’il misait sur « le dialogue avec les partenaires sociaux » pour trouver « d’autres sources de financement » que l’abandon de deux jours fériés qui, selon François Bayrou, devait rapporter 4,2 milliards d’euros dans le budget 2026. En revanche, Sébastien Lecornu a coupé court aux spéculations sur une réouverture du conclave entre syndicats et patronats sur les retraites : « il n’en a jamais été question ».

    Interrogé sur l’éventuelle mise en place d’une taxe sur les très hauts patrimoines dite « Zucman » et le renoncement au 49.3, il est resté prudent. Pour la première, il s’est dit soucieux du « patrimoine professionnel » et pour le second, il préférerait ne pas l’utiliser mais ne veut pas se démunir d’emblée de cet outil constitutionnel pour faire adopter le budget.

    Tendant la main à la gauche pour une « discussion parlementaire moderne et franche, de très bon niveau » avec les socialistes, les Écologistes et le Parti communiste pour sortir de l’impasse budgétaire, il a aussi annoncé le lancement d’une nouvelle réforme de décentralisation, et plus symboliquement la suppression des avantages bénéficiant aux anciens ministres.

    « Envoyer le budget Bayrou aux oubliettes de l’histoire »

    Si le retrait de la suppression des jours fériés est qualifié de « première victoire » par Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT et une « première bonne nouvelle » pour Marylise Leon de la CFDT, l’heure reste à la grande mobilisation programmée pour jeudi. « Nous voulons battre le fer pendant qu’il est chaud, envoyer l’ensemble du musée des horreurs du budget Bayrou aux oubliettes de l’histoire », a encore résumé dimanche Sophie Binet.

    De son côté, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a annoncé dimanche qu’« une grande journée d’action » aura lieu le 26 septembre autour des questions des échanges internationaux pour les produits agricoles. Quant au patronat, il est monté au créneau par la voix du président du Médef Patrick Martin pour avertir que le gouvernement ferait face à « une grande mobilisation patronale » sous la forme de meetings de milliers de chefs d’entreprise si les impôts sur les sociétés augmentaient.

    Dans la sphère politique aussi, les réactions ne se sont pas fait attendre. « Tout le monde a compris la manœuvre : renoncer aux deux jours feriés pour maintenir toutes les autres mesures toxiques du budget Bayrou », tacle le sénateur communiste Ian Brossat, avant de conclure : « Si c’est ça, Lecornu finira censuré comme les autres ».

    « Si le Premier ministre souhaite demeurer en poste, il doit comprendre qu’il y a une soif de changement dans le pays. (…) La rupture, c’est suspendre la réforme des retraites, c’est permettre l’augmentation des salaires », a rappelé le député Philippe Brun sur Franceinfo. « Nous ne souhaitons pas, nous Écologistes, que M. Lecornu reste Premier ministre. Nous trouvons qu’il n’a rien à faire là », a pour sa part asséné Marine Tondelier dans l’émission Le Grand Jury RTL.

    À droite, le patron des LR Bruno Retailleau a posé ses conditions pour participer au gouvernement : la lutte contre l’immigration et « l’assistanat » et le refus de la taxe Zucman sur les hauts patrimoines.