Tag: France

  • Le grand JT des territoires du 13 septembre

    Le grand JT des territoires du 13 septembre

    Sommaire :

    À 66 ans, Coco est une super mamie et surtout une championne internationale de CrossFit ! Des performances incroyables qui allient force et agilité à découvrir dans cette édition.

  • La précarité crée l’angoisse du lendemain

    La précarité crée l’angoisse du lendemain

    Le constat établi par le baromètre Ipsos pour le Secours populaire français va bien au-delà de la description d’une situation économique et sociale difficile, voire dramatique pour une partie toujours plus importante de la population. Pour rappel, plus de 5 millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté en France, selon les derniers chiffres de l’observatoire de la pauvreté.

    L’angoisse, la peur, le stress, le pessimisme, la perte de sens touchent une part croissante de la population française et européenne, et en particulier les jeunes : « un tiers des Français craint de basculer dans la précarité », une crainte qui n’est pas un fantasme, « près de trois Français sur cinq connaissent un proche vivant une situation de pauvreté » et « un Français sur cinq se déclare dans une situation précaire ». Les raisons sont connues et se généralisent à grands pas : en premier lieu, « des revenus insuffisants » pour faire face au quotidien, la crainte de « dépenses imprévues importantes » qui les mettraient sous l’eau, et celle d’un problème de santé physique qui amoindrirait leur capacité à travailler et à subvenir à leurs besoins. Le fait d’avoir « un travail » est loin de répondre aux craintes, comme l’atteste déjà la montée en puissance des travailleurs pauvres dans les files d’attente des associations caritatives. « Pour près d’un actif sur trois, les revenus du travail ne permettent pas de faire face à l’ensemble des dépenses », ont-ils répondu en masse.

    Prolongement logique de cette réalité : « la majorité des Français se montre pessimiste pour les futures générations, estimant que le risque qu’ils connaissent une situation de pauvreté est plus élevé que pour leur génération ». Et 86% des jeunes expriment un sentiment négatif quant à leur avenir : « angoisse, désespoir, colère… »

    Pour autant, face une situation sociale toujours très tendue, « les Français ne baissent pas la garde et maintiennent un haut niveau d’engagement », auprès de leurs proches, en signant des pétitions, en faisant des dons ou du bénévolat. Un paradoxe qui n’en est pas un pour Farida Benchaa, la secrétaire générale de la fédération du Secours populaire des Bouches-du-Rhône et secrétaire nationale. Face à un climat anxiogène, une situation sociale difficile, « cet engagement permet de reprendre la main, de redonner du sens à sa vie », constate-t-elle. Même si ce n’est pas la panacée. Tendre la main, c’est aussi faire un choix « et ne plus subir ». Aider l’autre, c’est aussi s’aider soi.

    « L’engagement permet de reprendre la main et de redonner du sens à sa vie »

  • Une Fête de l’Huma en pleine mobilisation anti-austérité

    Une Fête de l’Huma en pleine mobilisation anti-austérité

    Des concerts, de la gastronomie populaire, de la convivialité mais aussi beaucoup de politique. C’est la recette de la Fête de l’Humanité dont la 90e édition se tient au Plessis-Pâté en Essonne à partir de ce vendredi. Cette année, la crise politique et sociale qui secoue le pays sera évidemment au cœur des échanges.

    Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, s’exprimera sur la situation samedi à 11h30 sur le stand national des communistes. Un meeting retransmis sur les réseaux sociaux après avoir croisé le fer avec Michel-Édouard Leclerc dans un face-à-face programmé vendredi à 19h30 et intitulé « Vie chère, alimentation, produits d’hygiène et de soins : où sont les marges, où vont les profits, quelles solutions ? ».

    Ce jeudi lors de son passage sur le plateau des 4 Vérités, le dirigeant communiste a appelé à se rendre à la Fête de l’Humanité et à poursuivre la mobilisation « pour le pouvoir d’achat, l’emploi, les services publics. Il faut que le peuple s’en mêle pour que ça change. »

    Dans une période où les gauches peinent à dialoguer, l’agora de l’Humanité accueillera samedi à 12h45 Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Stéphane Peu, député communiste, coprésident du groupe GDR, François Ruffin, député et président de Debout !, et Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes sur le thème « Rentrée politique, la gauche face à la crise sociale et démocratique ».

    Un peu plus tard, sur le stand national des communistes, Igor Zamichiei (PCF) ; Cyrielle Châtelain (Les Écologistes) ; Hadrien Clouet (LFI) et Boris Vallaud (PS), croiseront leurs points de vue autour de l’idée de projet alternatif à l’austérité pour la France.

    Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, a quant à lui prévu un meeting samedi toujours, sur le stand de la FI, intitulé « Macron destitution ! ».

    Le directeur de l’Humanité et sénateur PCF de Seine-Saint-Denis, Fabien Gay, tiendra meeting sur la grande scène de la Fête de l’Huma à 18h30, samedi également. La veille, il affrontera Patrick Martin, le président du Medef dans l’agora de l’Humanité.

    La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, s’exprimera samedi à 16h sur les enjeux de la rentrée sociale également dans l’agora de l’Humanité.

    Enfin, le stand national des communistes accueillera dimanche à 11h, un débat sur le thème « 80e anniversaire de la sécurité sociale et alternative à l’austérité » avec le député PCF de l’Allier, Yannick Monnet, l’administrateur confédéral de la CGT, Laurent Brun et la secrétaire générale de la FSU, Caroline Chevé.

    Des échanges qui nourriront la réflexion des participants sur l’issue qu’il convient de trouver à la crise politique et sociale en cours, mais aussi qui encourageront la mobilisation anti-austérité du 18 septembre à l’appel de l’intersyndicale.

    « Il faut que le peuple s’en mêle pour que ça change pour le pouvoir d’achat, l’emploi, les services publics. »

  • « Derrière l’élection de Trump, il y a l’extrême droite »

    « Derrière l’élection de Trump, il y a l’extrême droite »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?

    Patrick Le Hyaric : J’ai été sollicité pour de nombreuses conférences à la suite d’un précédent livre. Donc, j’ai fait beaucoup de rencontres, de conférences un peu partout. Au fur et à mesure du déroulement des événements et notamment de la deuxième élection de Trump, j’ai senti un questionnement nouveau lié à cette situation. Cette élection est le signe d’un mouvement général où de plus en plus d’autocrates prennent le pouvoir, où on nie la science et l’enseignement. Derrière tout cela, il y a la montée des forces de l’extrême droite partout dans le monde. C’est un basculement extrêmement important du monde qui est en train de se dérouler sous nos yeux est le résultat des contradictions d’un capitalisme mondialisé à bout de souffle et qui cherche des solutions à ses contradictions et à ses crises. C’est tout ça qui m’a conduit à faire ce livre.

    Dans votre livre, vous parlez d’une internationale brune. Qu’est-ce que cela ?

    P.L.H. : C’est tous ces gens qu’on voit aujourd’hui : Bolsonaro, qui heureusement a été battu au Brésil, le président actuel du Salvador, Trump. Et tous ceux autour de lui : Peter Thiel, Steve Bannon, Elon Musk et les seigneurs de la tech qui ont rallié pour des intérêts bien particuliers : celui de la révolution numérique. Et en Europe, il y a Viktor Orban, Giorgia Meloni et tous les partis d’extrême droite qui monte comme l’AfD en Allemagne ou Nigel Farage au Royaume-Uni. C’est cela l’internationale brune : les forces du nouveau capitalisme, qui choisissent de nouveaux mandataires, voire qui vont directement au pouvoir. Par exemple, autour de Donald Trump, ce ne sont pas des ministres, ce sont des secrétaires d’État, mais ce sont des ministres qui sont issus du monde capitaliste lui-même.

    Le terme « internationale » fait penser à des échanges entre eux. S’organisent-ils ?

    P.L.H. : Oui, elle est organisée. Elle se réunit. Il n’y a pas si longtemps que ça, au mois de juin, dans le Loiret, autour de Bardella et de Le Pen [où l’extrême droite Européenne s’est réunie]. Il y a eu deux grandes réunions à Madrid et en Italie avec Bannon et d’autres. Elle aura évidemment des contradictions liées à la défense des capitalismes nationaux. Comme ils sont nationalistes, ce qui les rend encore plus dangereux, ils se développent chacun dans leur coin ce qui provoquera inévitablement des contradictions.

    Vous affirmez que l’élection de Donald Trump est le résultat de la dérégulation des années 80. En quoi ?

    P.L.H. : La liberté totale de circulation des capitaux et des marchandises a abouti au fait que les capitaux se délocalisent pour aller exploiter des mains d’œuvre à moindre coût. Dans ce système globalisé et libéralisé, une part de l’appareil productif occidental est partie vers les pays du Sud-Est asiatique ou au sein de l’Europe. Cela a fait beaucoup de mal à l’ancienne industrie et aux classes ouvrières. La stratégie de Trump, a été de parler à ces couches-là contre la mondialisation capitaliste. Il a donc mis en place des taxes douanières en disant à ces ouvriers « on va vous protéger ». Mais, le capitalisme nationaliste n’a pas aboli le capitalisme. Et ceux qui vont payer ce sont évidemment les pays affectés par les taxes et les consommateurs.

    Quelles solutions ?

    P.L.H.  : Je crois beaucoup à quelque chose qui apparaît utopique aujourd’hui : l’alliance des peuples, pour transformer le monde pour qu’il soit plus juste et humain.

  • La colère sociale face à un pouvoir bunkérisé

    La colère sociale face à un pouvoir bunkérisé

    « Linstabilité politique commande à l’humilité et à la sobriété », a déclaré, faussement modeste, le nouveau Premier ministre, au cours d’une prise de parole de trois minutes. Un signe de fébrilité ? Au même moment, des manifestations se déroulaient sur tout le territoire dans le cadre du mouvement « Bloquons-tout » contre la politique antisociale d’Emmanuel Macron. « On va y arriver, il n’y a pas de chemin impossible », a ajouté Sébastien Lecornu, conscient de ne pas disposer, comme son prédécesseur, François Bayrou, de majorité à l’Assemblée nationale.

    Sans développer sa pensée, il a annoncé « des ruptures sur le fond » et des changements « dans la manière de travailler avec nos oppositions ». Il a aussi dit vouloir s’attaquer « au décalage entre la vie politique du pays et la vie réelle » qui devient « préoccupant ». Mais il n’a pas eu un mot pour le mouvement social en cours ni évoqué le prochain budget, dont les grandes lignes ont été dévoilées le 15 juillet par François Bayrou, avec 44 milliards de coupes budgétaires. C’est sur la base de cette cure d’austérité que le président du Modem a chuté, le 8 septembre, en engageant sa responsabilité devant les députés.

    Le premier geste politique du 5e Premier ministre de ce second quinquennat a été de débuter par des tractations avec ses soutiens, issus d’un « socle commun » de plus en plus fragilisé. Il a ainsi reçu, mercredi après-midi, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et président du groupe des députés Ensemble pour la République. En dépit de ses rancœurs envers le chef de l’État, qui l’avait débarqué sans ménagement de Matignon en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale, le 9 juin 2024, Attal a assuré le Premier ministre, dès sa nomination, de son entier soutien. Ont suivi dans le bureau de Matignon, Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, ministre de l’Intérieur démissionnaire, et Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Deux hommes qui représentent un parti dont la moitié des députés a refusé la confiance à Bayrou. Retailleau, qui tient à rester place Bauveau, sort affaibli de cette fronde des députés de droite.

    Politique pro-riches

    Dans la foulée, le nouveau Premier ministre a aussi déroulé le tapis rouge à un ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe, aujourd’hui président du parti Horizons et dont les ambitions présidentielles sont limpides. « Sébastien Lecornu me paraît avoir les qualités pour essayer d’amener autour de la table des gens qui ne feront pas exactement ce qu’ils souhaitent, mais qui pourront s’entendre pour éviter que la France aille plus mal », a-t-il déclaré, le 9 septembre, sur TF1. Sur le fond, la politique pro-riches n’est remise en cause par aucune des formations du socle commun. Pour ne pas immédiatement sauter, Sébastien Lecornu doit composer avec les gauches et notamment le PS. Il recevra les représentants des partis et des groupes de gauche (pour l’heure la FI ne serait pas invitée) dans les prochains jours. « Si c’est pour nous dire que “tout change pour que rien ne change” nous censurerons », prévient le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Pour arracher la passivité des socialistes, Lecornu fera-t-il des concessions ? Le choix d’Emmanuel Macron de le nommer à Matignon ne semble pas le suggérer.

    Quant à l’extrême droite, Jordan Bardella dit attendre « une rupture » et n’agite pas de censure a priori, mais avance l’obsession de son parti en demandant le durcissement de la politique migratoire.

    Les syndicats seront aussi reçus. Ils comptent s’appuyer sur le mouvement social, amorcé ce mercredi et qui se poursuivra le 18 septembre, pour exiger la justice sociale pour tous et la fin de l’austérité.

  • La rupture est dans la rue

    La rupture est dans la rue

    Des centaines de manifestations, occupations de ronds-points, piquets de grève dans les entreprises publiques et privées, blocages de collèges, lycées et universités, pacifiques et responsables dans leur écrasante majorité, ont donné le coup d’envoi, partout en France et massivement dans notre région, de l’irruption dans le débat public de la question sociale et de l’exigence d’une réponse à la hauteur : la justice sociale après huit ans de politique macroniste, honnie et impopulaire tant son caractère ultra-libéral a appauvri les ménages.

    Huit années terribles pour le monde du travail et la cohésion de la société. La réforme inique des retraites, passée en force au mépris de son rejet par les Français, demeure l’acte le plus sombre d’une politique du chaos tournée vers les plus aisés et contre les citoyens.

    Rompre avec la régression sociale

    Mais la macronie a-t-elle entendu ? Nous pouvons sérieusement en douter avec la nomination à Matignon de Sébastien Lecornu, ministre balayé comme François Bayrou après le refus de la confiance, le 8 septembre.

    Le nouveau Premier ministre n’a pas eu un mot, ce mercredi, pour les mobilisations populaires. Il a néanmoins déclaré qu’« il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond. » S’il n’a pas été plus loquace, la rue, elle, lui a envoyé un message limpide : « Oui » pour rompre avec cette politique de régression sociale que Sébastien Lecornu soutient depuis 2017. Sa nomination a donné du carburant au mouvement social qui entend s’inscrire dans la durée. Aujourd’hui, la rupture est dans la rue.

  • Des centaines d’actions ont été menées en France

    Des centaines d’actions ont été menées en France

    Toulouse

    Un défilé mêlant gilets jaunes, syndicalistes ou encore salariés d’Airbus a réuni 13 000 personnes selon la préfecture, 30 000 selon la FSU.

    Nantes

    5 000 personnes ont défilé. Les forces de l’ordre ont fait usage de lacrymogènes et interpellé 24 personnes.

    Lille

    La police annonce 8 500 manifestants contre 40 000 pour la CGT, très représentée dans les cortèges avec notamment le mot d’ordre « faire du métal sans Mittal » pour soutenir les salariés d’Arcelor en lutte.

    Valence

    Près de 2 500 manifestants ont également défilé, selon la préfecture. Quelque 300 personnes ont bloqué les voies de la gare TER, interrompant le trafic, avant d’être évacuées.

    Lyon

    La préfecture de police a compté 8 000 manifestants contre plus de 10 000 pour les organisateurs. Les cortèges ont été bloqués et la cible de tirs de gaz lacrymogènes.

    Paris

    L’intervention de la police a conduit à l’interpellation de 203 personnes. Des images impressionnantes d’un restaurant en feu ont suscité l’ouverture d’une enquête par le parquet, qui privilégie pour l’heure la piste d’un « feu involontaire, qui pourrait être lié à l’intervention des forces de l’ordre ».

    Grenoble

    11 000 manifestants ont battu le pavé selon la police, 12 500 selon la CGT.

    Montpellier

    La mobilisation a rassemblé 8 000 personnes selon la police. Un canon à eau a été utilisé pour disperser les manifestants, fait savoir la préfecture de l’Hérault.

  • Sébastien Lecornu consulte à défaut de pouvoir gouverner

    Sébastien Lecornu consulte à défaut de pouvoir gouverner

    Un premier ministre défait devant l’Assemblée nationale, François Bayrou, a donc passé les clés de Matignon à un de ses ministres démissionnaires, Sébastien Lecornu, mercredi. L’ex-ministre des Armées, macroniste de la première heure, avait été nommé la veille par Emmanuel Macron, retranché à l’Élysée.

    « L’instabilité politique commande à l’humilité et à la sobriété », a déclaré, faussement modeste, le nouveau Premier ministre, lors de la passation entre ces deux soutiens historiques du locataire de l’Élysée, au cours d’une prise de parole de trois minutes. Un signe de fébrilité ? Au même moment, des manifestations se déroulaient sur tout le territoire dans le cadre du mouvement « Bloquons-tout » contre la politique antisociale d’Emmanuel Macron.

    « On va y arriver, il n’y a pas de chemin impossible », a ajouté Sébastien Lecornu, conscient de ne pas disposer, comme son prédécesseur, de majorité à l’Assemblée nationale.

    « Des ruptures sur le fond »

    Sans développer sa pensée, il a annoncé « des ruptures sur le fond » et des changements « dans la manière de travailler avec nos oppositions ». Il a aussi dit vouloir s’attaquer « au décalage entre la vie politique du pays et la vie réelle » qui devient « préoccupant ». Mais il n’a pas eu un mot pour le mouvement social en cours ni évoqué le prochain budget, dont les grandes lignes ont été dévoilées le 15 juillet par François Bayrou, avec 44 milliards de coupes budgétaires. C’est sur la base de cette cure d’austérité que le président du Modem a chuté, le 8 septembre, en engageant sa responsabilité devant les députés.

    Le premier geste politique du 5e Premier ministre de ce second quinquennat a été de débuter par des tractations avec ses soutiens, issus d’un « socle commun » de plus en plus fragilisé. Il a ainsi reçu, mercredi après-midi, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et président du groupe des députés Ensemble pour la République. En dépit de ses rancœurs envers le chef de l’État, qui l’avait débarqué sans ménagement de Matignon en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale, le 9 juin 2024, Attal a assuré le Premier ministre, dès sa nomination, de son entier soutien : « Il est essentiel que les forces politiques se mettent autour de la table pour donner un budget à la France, assurer une stabilité pour les 18 prochains mois et garantir le respect de l’ordre dans notre pays. »

    Ont suivi dans le bureau de Matignon, Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, ministre de l’Intérieur démissionnaire, et Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Deux hommes qui représentent un parti dont la moitié des députés a refusé la confiance à Bayrou. Retailleau, qui tient à rester place Bauveau, sort affaibli de cette fronde des députés de droite.

    Dans la foulée, le nouveau Premier ministre a aussi déroulé le tapis rouge à un ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe, aujourd’hui président du parti Horizons et dont les ambitions présidentielles sont limpides. « Sébastien Lecornu me paraît avoir les qualités pour essayer d’amener autour de la table des gens qui ne feront pas exactement ce qu’ils souhaitent, mais qui pourront s’entendre pour éviter que la France aille plus mal. » a-t-il déclaré, le 9 septembre, sur TF1. Sur le fond, la politique pro-riches n’est remise en cause par aucune des formations du socle commun.

    Les gauches prêtes

    à censurer

    Pour ne pas immédiatement sauter, Sébastien Lecornu va devoir composer avec les gauches et notamment le PS. Il recevra les représentants des partis et des groupes de gauche (pour l’heure la FI ne serait pas invitée) dans les prochains jours. Si c’est pour nous dire que “tout change pour que rien ne change”, nous censurerons », prévient le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Pour arracher la passivité des socialistes, Lecornu fera-t-il des concessions ? Le choix d’Emmanuel Macron de le nommer à Matignon ne semble pas le suggérer. Quant à l’extrême droite, Jordan Bardella dit attendre « une rupture » et n’agite pas de censure a priori, mais avance l’obsession de son parti en demandant le durcissement de la politique migratoire.

    Les syndicats seront aussi reçus. Ils comptent s’appuyer sur le mouvement social, amorcé ce mercredi et qui se poursuivra le 18 septembre, pour exiger la justice sociale pour tous et la fin de l’austérité.

  • Bayrou-Lecornu : une passation en pleine tempête sociale

    Bayrou-Lecornu : une passation en pleine tempête sociale

    Renversé par l’Assemblée nationale lundi 8 septembre, François Bayrou a quitté Matignon ce mercredi 10 septembre en fin de matinée en laissant les clés au nouveau locataire, Sébastien Lecornu. L’ancien ministre des Armées, macroniste de la première heure, avait été nommé mardi par Emmanuel Macron. « L’instabilité politique commande à l’humilité, à la sobriété », a déclaré le nouveau premier ministre lors d’une allocution éclair alors que des manifestations se déroulent dans tout le territoire dans le cadre du mouvement « bloquons tout » contre la politique d’Emmanuel Macron.

    « On va y arriver, il n’y a pas de chemin impossible », a ajouté Sébastien Lecornu, conscient de ne pas disposer, comme son prédécesseur, de majorité à l’Assemblée nationale. Sans entrer dans les détails, Sébastien Lecornu a annoncé « des ruptures sur le fond » et des changements « dans la manière de travailler avec nos oppositions ».

    Sébastien Lecornu devait recevoir mercredi après-midi les responsables des partis du « socle commun » : à 14h30, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et président du groupe des députés Ensemble pour la République ; à 15h30, Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, ministre de l’Intérieur démissionnaire et Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Dans la foulée, le premier ministre recevra également Edouard Philippe, président du parti Horizons. Les représentants des partis et des groupes de gauche au parlement devraient aussi être reçus dans les prochains jours ainsi que les représentants des syndicats et du patronat. C’est à l’issue de ces consultations que le locataire de Matignon, le 7e depuis 2017, le 5e depuis le second quinquennat, proposera son gouvernement à Emmanuel Macron.

  • Macron maintient son cap et nomme Lecornu à Matignon

    Macron maintient son cap et nomme Lecornu à Matignon

    Venu de la droite, fidèle de Macron depuis son entrée au gouvernement en 2017, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a été nommé Premier ministre par Emmanuel Macron, mardi peu avant 20 heures, François Bayrou ayant déposé sa démission en début d’après-midi. Un François Bayrou qui lui avait d’ailleurs « soufflé » le poste en décembre dernier, menaçant le président de la République de retirer les centristes du fragile camp présidentiel s’il n’accédait pas à Matignon. Neuf mois après, les désirs macronistes s’accomplissent. La passation de pouvoirs aura lieu, aujourd’hui, à 12h.

    Emmanuel Macron « l’a chargé de consulter les forces politiques représentées au Parlement en vue d’adopter un budget pour la Nation et bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains mois.
    à la suite de ces discussions, il appartiendra au nouveau Premier ministre de proposer un gouvernement au président de la République », précise la présidence dans un communiqué.

    « Le Président tire la dernière cartouche du macronisme, bunkerisé avec son petit carré de fidèles », a immédiatement réagi Marine Le Pen sur X. Un agacement de façade. Car Sébastien Lecornu coche bien la case d’acceptabilité par l’extrême droite, avec laquelle il a de réguliers rendez-vous comme l’a révélé Le Canard enchaîné en avril dernier, pointant un dîner officiel à l’Hôtel du ministère des Armées et mentionnant d’autres rencontres plus officieuses. Comme il séduit la droite, dont il est originaire. Le chef des Républicains, Bruno Retailleau, a d’ailleurs immédiatement dit qu’il souhaitait « trouver des accords » avec le nouveau Premier ministre.

    Proche de Darmanin

    Proche de Gérald Darmanin et d’Édouard Philippe, il revendique comme fait d’arme d’avoir fait adopter, à la quasi-unanimité, la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, en hausse de 40% par rapport à la précédente. Originaire de Normandie, petit-fils de résistant, il a un temps pensé faire Saint-Cyr, mais s’est lancé très jeune en politique. Sa carrière a débuté à droite, à l’UMP puis chez les Républicains (LR), battant plusieurs records de précocité. Assistant parlementaire à 19 ans, il devient en 2008 le plus jeune conseiller dans un cabinet ministériel – celui de Bruno Le Maire aux Affaires européennes – puis en 2015, le plus jeune président d’un Département, l’Eure, devenu un fief puissant de l’extrême droite, après avoir été maire de sa ville, Vernon. Propulsé au gouvernement à 31 ans, il passe par plusieurs ministères : l’écologie, les Collectivités, l’Outre-mer, puis les Armées.

    « Ses jours sont déjà comptés »

    Cet homme de droite et farouchement macroniste est donc nommé la veille d’une journée de mobilisation citoyenne et syndicale afin de réclamer un changement de cap. Le message est clair. Il n’aura pas lieu. « Aucune prise en compte de l’avis des Français », déplore le sénateur communiste Ian Brossat, avant d’ajouter : « À peine nommé, ses jours sont déjà comptés. Rendez-vous dans la rue ». Emmanuel Macron « prend le risque de la colère sociale légitime et du blocage institutionnel du pays », a dénoncé le PS, dans un communiqué. « Seul le départ de Macron lui-même peut mettre un terme à cette triste comédie du mépris du Parlement, des électeurs et de la décence politique », a de son côté réagi le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon. Tandis que la patronne des écologistes, Marine Tondelier, a dénoncé sur BFMTV une « provocation » et « un non-respect total des Français », estimant que « tout ça va mal se terminer ».

    « Orgueil, le plus fatal des conseillers humains » : l’adage de Musset s’applique à Lecornu comme il s’est décliné avec Bayrou et Barnier, qui étaient sûrs de parvenir à maintenir le cap. Lui qui avait coanimé les « grands débats » avec Macron après le mouvement des Gilets jaunes se voit manifestement comme l’homme de la situation. La rue va très vite lui montrer que non.