Tag: France

  • Léon Landini, le dernier FTP-MOI est mort à 99 ans

    Léon Landini, le dernier FTP-MOI est mort à 99 ans

    C’était le dernier des Francs-tireurs et partisans de la main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) : Léon Landini est décédé dimanche, jour international de la paix, à 99 ans.

    Il y a un peu plus d’un an, il était au Panthéon pour accompagner son camarade Missak.

    Fils d’immigrés italiens qui avaient fui le fascisme en 1921, Léon est né en 1926 au Muy près de Saint-Raphaël. Il adhère au PCF à 16 ans. Le 12 octobre 1942, il participe au sabotage de la voie ferrée qui relie Saint-Raphaël à Cannes, provoquant le déraillement d’un train de marchandises allemand. Au sein de son groupe FTP-MOI, il prend part également au sabotage d’une mine de bauxite à Brignoles le 26 février 1943, puis à l’attaque d’un baraquement de l’armée italienne à Fréjus-Plage le 4 mars de la même année. Après le dépôt infructueux d’une bombe à l’Hôtel Bellevue de Saint-Raphaël, il est envoyé dans la Creuse pour y rejoindre le maquis FTP.

    Son action dans la résistance se poursuit jusqu’à Lyon où, de mai à juillet 1944, il participe à des attaques contre des soldats allemands, à des destructions de véhicules militaires, des déraillements, ainsi qu’à la mise hors service d’usines travaillant pour l’occupant. Arrêté le 25 juillet 1944, il est torturé par les miliciens français sous l’autorité de la Gestapo lyonnaise au sein de la prison Montluc : boîte crânienne enfoncée, vertèbres cervicales abîmées, testicules écrasés. Le 24 août 1944, à la suite de l’insurrection de Villeurbanne, déclenchée notamment par le Bataillon Carmagnole-Liberté ils se libèrent obligeant les gardiens allemands à déguerpir.

    Selon son témoignage après la Libération, il traîna d’hôpitaux en hôpitaux jusqu’en février 1946, date à laquelle, il fut réformé, démobilisé et renvoyé dans ses foyers. Léon Landini est grand mutilé de guerre à 100%. Cependant, il fut délégué de la Creuse au congrès des JC en 1945.

    Il revint à Saint-Raphaël et devint exploitant forestier avant de s’installer à Paris en 1963 et de travailler dans la restauration collective. Domicilié à Bagneux, il a été élevé au grade de chevalier (1992) puis officier (1998) de la Légion d’honneur et préside depuis 1967, l’Amicale FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté. Longtemps engagé au PCF, il fut ensuite président du PRCF.

    Signe de l’importance de son engagement, la ministre démissionnaire chargée de la Mémoire et des Anciens combattants s’est jointe aux nombreux hommages : « Résistant des FTP-MOI, Léon Landini nous a quittés. Engagé dans la résistance contre les nazis dès ses 16 ans, il a été arrêté, torturé et a survécu. Après la guerre, il a été un passeur de mémoire notamment au sein de l’Amicale des anciens FTP-MOI de Carmagnole-Liberté, qu’il présidait. Ses précieux témoignages nous rappellent le prix de la Liberté et la nécessité de la défendre. J’adresse mes sincères condoléances à sa famille et à ses proches. »

    Le décès de Léon Landini, internationaliste convaincu, a fait réagir également l’ambassadeur de Cuba en France, qui a rappelé qu’en tant qu’« exemple de résistance et de courage, le gouvernement cubain lui avait décerné la médaille de l’amitié ».

    Dans notre région, où il a marqué de son empreinte la Résistance notamment à Saint-Raphaël, la fédération PCF du Var et la section Var Est se sont inclinées devant sa mémoire.

    « Officier de la Légion d’honneur, médaillé de la Résistance, grand mutilé de guerre… Léon Landini fait partie de ces militants qui n’ont jamais plié qui ont combattu toute leur vie pour libérer la France du nazisme, pour l’idéal communiste, pour une société bâtie sur l’émancipation des hommes et des femmes », salue le communiqué des communistes varois. Et de souligner que rappeler ses actions exemplaires est indispensable, « au moment où des esprits révisionnistes malsains tentent de faire disparaître la mémoire de ces grands résistants y compris en enlevant la plaque commémorative où figurent les noms de Roger et Léon Landini sur le front de mer à Saint-Raphaël ».

    La Marseillaise s’associe aux hommages rendus et adresse ses condoléances à tous ses proches.

    Fabien Roussel

    Secrétaire national du PCF

    Léon Landini, dernier des FTP-MOI vient de nous quitter. Nous nous étions retrouvés au Pantheon, autour de Manouchian. Ensemble, ils symbolisaient la résistance communiste et l’internationalisme.

    Assan Lakehoul

    Secrétaire général du Mouvement des Jeunes communistes

    Léon Landini, résistant communiste FTP-MOI, est mort. La France perd un combattant de la liberté, à l’heure où ils sont à nouveau tellement nécessaires. L’histoire se répète. Notre génération saura aussi unir dans la lutte drapeaux rouge et tricolore.

    PRCF

    Camarade Léon Landini, tu restes à jamais un exemple et un honneur pour nous tous ! Léon Landini à jamais : l’avenir appartient aux révolutionnaires, aux résistants, à ceux qui reconstruisent le parti communiste, combattent le fascisme et la guerre pour la liberté des peuples, les droits des travailleurs.

    Ian Brossat

    Porte-parole national du PCF
    et sénateur

    Résistant, engagé au sein des FTP-MOI dès l’âge de 16 ans, communiste jusqu’à son dernier souffle, il fut une grande et belle figure de la classe ouvrière. Hommage à lui et à tous ses camarades de combat.

    Marie-Hélène Amiable,

    Maire PCF de Bagneux

    C’est avec une grande émotion que j’ai appris le décès de Léon Landini, à presque 100 ans. Avec lui disparaît l’un des plus illustres Balnéolais, l’un des derniers représentants des FTP-MOI, ces résistants communistes et étrangers au courage inouï qui ont combattu l’occupant nazi.

    Jean-Luc Mélenchon

    Fondateur de la France insoumise

    Léon Landini est décédé. Une douleur pour tous ceux qui le connaissaient. Un ami, un modèle est parti. On va suivre l’exemple. Et ne jamais oublier la leçon : quelles que soient les circonstances, toujours savoir que la seule bataille perdue d’avance est celle qu’on ne mène pas.

    François Ruffin

    Député Debout !

    Lui et ses camarades ont tenu bon dans les pires moments de notre histoire. À notre tour de ne pas baisser les bras.

    Gilles Perret

    Réalisateur

    J’apprends avec tristesse le décès du copain, résistant FTP-MOI, Léon Landini qui dans mon film Les Jours Heureux symbolisait la lutte armée qui permit au programme du CNR d’être signé puis largement adopté à la Libération. Un militant qu’on croyait immortel ! Salut Léon !

  • « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    La Marseillaise : Que s’est-il passé à la Courtine en 1917 ?

    Jean-Yves Le Naour : C’est un événement un peu exceptionnel, une sorte de prolongement de la révolution russe en pleine Creuse. En 1914, la France a moins d’hommes que l’Allemagne et demande donc au tsar russe des hommes contre des fusils. La Russie envoie donc 40 000 hommes, bien que la France en ait voulu 500 000. Ces hommes se sont bien comportés mais lorsque la révolution russe survient en février 1917, ils n’ont qu’une envie, rejoindre la Russie pour participer au partage des terres. Ils n’ont plus du tout envie de faire la guerre. Ils commencent alors à s’organiser en soviet et à questionner l’autorité. On les retire donc du front et on les met dans une caserne au centre de la France, à la Courtine, en Creuse. On les oublie un peu, mais ils s’organisent et prennent le contrôle de leur caserne. Pour les soumettre, la France va les encercler et les bombarder, faisant une dizaine de morts en septembre 1917. Quand ils se sont rendus, ils ont été envoyés dans un bagne en Algérie.

    Y a-t-il eu d’autres mutineries de cette ampleur lors de la Grande Guerre ?

    J.-Y.L.N. : Il y a eu des Tunisiens qui ont refusé d’obéir en décembre 1914, parce qu’ils sont épuisés. C’est l’hiver, il fait froid, ils pataugent dans l’eau, ils ne dorment pas. Quand on leur a demandé d’attaquer, ils n’ont pas pu. Il y a donc eu plusieurs fusillés, pour l’exemple, mais peut-on parler de mutinerie ? Je ne sais pas. Il y a aussi les mutineries de 1917 des poilus qui sont très documentées.

    Quels sens ont ces mutineries ?

    J.-Y.L.N. : Il y a le désir de paix. Mais pour les Français, le désir de paix est inatteignable, en dehors d’un renversement de l’ordre politique. Ils se replient donc vers des revendications acceptables : comme davantage de permissions. Les Français ne veulent pas la défaite de la France. Lénine lui, prône le défaitisme révolutionnaire, qu’il a théorisé. Mais ce défaitisme révolutionnaire n’est pas porté par les socialistes français. Ils veulent sortir de la guerre, mais pas au prix de la défaite de leur pays. Ils sont donc coincés. Les soldats français ont fait la guerre tout en la maudissant, mais ils l’ont faite. À gauche, on a consenti à la guerre en imaginant que c’était la dernière et qu’on allait tuer la guerre en renversant les trônes, les Kaisers, les Césars, l’impérialisme. Mais on s’est aperçus, trop tard, que c’était la guerre elle-même, la barbarie. Ces mutineries elles disent une part de résistance à cela.

  • Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Comment s’est-on opposé aux conflits dans le monde depuis la Première Guerre mondiale ? C’est la question que vont se poser historiens, déserteurs et objecteurs de conscience les 4 et 5 octobre à Vitry-sur-Seine. Organisé par l’association La Courtine 1917 en partenariat avec La Marseillaise, ce colloque veut mettre en avant ces femmes et ces hommes qui ont refusé d’aller ou de continuer le combat.

    C’est un parcours chronologique que propose de suivre les organisateurs de cet événement. Le point de départ sera la mutinerie des 10 000 soldats russes en 1917, dont l’association qui organise l’événement est le porteur de mémoire. C’est donc l’historien Rémi Adam, spécialiste de l’événement qui ouvrira le colloque le samedi. Une première journée consacrée aux oppositions pendant la première guerre mondiale. Il y aura notamment « le maire de Gentioux où se trouve un monument aux morts célèbre où un enfant lève le poing face à une inscription “Maudite soit la guerre” », déroule Jean-Paul Gady, membre du conseil d’administration de l’association La Courtine 1917 et organisateur de l’événement.

    Refuser les guerres coloniales

    Le dimanche sera plutôt l’occasion d’évoquer le refus de certains de prendre part aux guerres coloniales. L’historien Victor Pereira évoquera le cas des Portugais. « Ce sont des travailleurs et jeunes Portugais qui ont refusé de partir dans l’armée coloniale dans les années 1965 jusqu’à la révolution portugaise des années 1974. Ils étaient 250 000 à avoir donc fui leur pays pour ne pas être enrôlés », précise l’organisateur de l’événement.

    Les opposants à la guerre d’Algérie seront également mis en avant. à travers le témoignage de Thomas Liechti, petit-fils du premier soldat qui refusa la guerre d’Algérie. Il évoquera la vie de son grand-père. Enfin la chercheuse et historienne Armelle Mabon évoquera le massacre par l’armée française de tirailleurs sénégalais. « Ce sont des interventions prévues extrêmement variées, insiste l’organisateur. Mais en même temps, tout ramène à une chose : comment la réaction individuelle et collective peut se faire quand on refuse la guerre. »

    Cet ensemble de conférences sera accompagné de ventes de livres et de dédicaces de tous les historiens présents. L’association La Courtine 1917 tiendra également un stand pour vendre leurs différentes revues et livres. Une soirée est également prévue le samedi soir de 20h à 23h aux 3 cinés Robespierre, à Vitry-sur-Seine.

    Echos à l’actualité

    Elle débutera avec une pièce de théâtre intitulée Vincent Moulia, évadé pour survivre. Dans un seul en scène, un acteur retracera la fuite de cet homme accusé de mutinerie. Cela sera suivi à 21h30 par la projection d’un film documentaire qui évoque la mutinerie de La Courtine.

    Un cycle de conférences qui sera ponctué de témoignages de déserteurs ukrainiens, russes ou israéliens qui refusent de participer aux guerres actuelles. « Ce colloque a un écho avec l’actualité mortifère, insiste le membre du conseil d’administration. Notamment en France où des centaines de milliards d’euros sont programmés pour la dépense militaire. Face à cette situation de tension et de guerres qui ne manquera pas d’arriver en Europe, nous souhaitons faire de l’éducation populaire pour montrer que ces déserteurs, souvent minoritaires avaient raison. Il ne sert à rien d’abonder dans une logique capitaliste. »

    Inscription nécessaire par mail : lacourtine1917@gmail.com

  • Répondre à l’urgence

    Répondre à l’urgence

    C’est un cap historique que s’apprête à franchir la France en reconnaissant officiellement l’État de Palestine, à l’ONU. Ce geste, longtemps espéré, représente certes un symbole. Mais pas seulement. Il manifeste la volonté de relancer un processus de paix agonisant et d’affirmer le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

    Malgré les vives critiques, venues d’Israël et de son allié inconditionnel américain notamment, la France n’est pas isolée : neuf autres pays, dont le Royaume-Uni ou la Belgique, reconnaîtront aussi l’État de Palestine. Cette démarche « s’inscrit dans un plan de paix complet pour la région », a considéré Emmanuel Macron.

    Face à l’impasse diplomatique, à la violence qui ravage Gaza et à l’enlisement du conflit, la France rappelle que la solution à deux États reste la voie crédible vers une paix juste et durable.

    Une position constante

    Cette initiative s’inscrit dans une tradition diplomatique constante. Dès les années 1960, le général de Gaulle posait les bases d’une politique française indépendante, appelant à la coexistence de deux États, israélien et palestinien, vivant côte à côté dans des frontières sûres et reconnues. Comme le prévoit le plan de partage de l’ONU, voté en 1947, avec la voix de la France.

    Reconnaître la Palestine, c’est rejeter l’amalgame entre un peuple et le Hamas. C’est aussi répondre à l’urgence. Chaque jour qui passe rend la perspective d’un État palestinien plus lointaine. Cette reconnaissance n’est, cependant, pas une finalité. Alors que la Journée internationale
    de la paix vient d’être célébrée, la communauté internationale doit se mobiliser pour que le droit prime sur la force.

  • Reconnaître la Palestine, un chemin de paix

    Reconnaître la Palestine, un chemin de paix

    Enterré depuis près de 30 ans et laissant les Palestiniens au désespoir de voir leur droit à l’autodétermination s’accomplir, le processus de paix est rendu de plus en plus incertain depuis l’attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023, contre des civils israéliens, et la vengeance sanglante qui s’en est suivie, orchestrée par le gouvernement de Benjamin Netanyahu contre les Palestiniens, dans la bande de Gaza, mais aussi en Cisjordanie occupée. Un peuple génocidé sous les yeux du monde avec la complicité des États-Unis.

    Cette reconnaissance intervient alors que l’armée israélienne est en train de raser la ville de Gaza en dépit des condamnations internationales, essentiellement verbales.

    Le président de la République, Emmanuel Macron, prendra la parole à la tribune des Nations Unies à New York à 15h30 heures locales, 21h30 en France. Il s’exprimera devant les représentants de tous les pays de l’ONU rassemblés pour l’Assemblée générale de l’organisation qui célèbre cette année son 80e anniversaire dans un contexte international sanglant.

    Jeudi 17 septembre, Emmanuel Macron a défendu, sur la chaîne de télévision israélienne N12, sa décision de reconnaître un État palestinien, « meilleure manière d’isoler le Hamas » tout en condamnant une fois de plus vivement l’offensive à Gaza qui « détruit totalement » la « crédibilité d’Israël ». Pour lui, « reconnaître un État palestinien, c’est simplement décider de dire “la perspective légitime du peuple palestinien et ce qu’il endure aujourd’hui, n’a rien à voir avec le Hamas” ». Il a plaidé la cause de son plan, qui accompagnera son annonce formelle ce lundi à l’ONU, estimant qu’il s’agissait d’un « processus » censé « déclencher une série de nouveaux comportements et de nouveaux engagements ». Le président français, lors de l’entretien accordé à la télévision israélienne, a aussi estimé que « l’approche de votre gouvernement, de quelques ministres particulièrement, est de détruire la possibilité d’une solution à deux états ». Or « il y avait urgence », notamment en raison des menaces d’annexion de la Cisjordanie occupée. « C’était la dernière occasion avant que proposer la solution à deux états ne devienne totalement impossible », a-t-il insisté.

    Mahmoud Abbas interdit de visa par Donald Trump

    L’assemblée générale de l’ONU a déjà adopté à une large majorité, le 12 septembre, ce plan franco-saoudien qui exclut clairement le mouvement islamiste palestinien de toute gouvernance future. Ce geste « symbolique » pourrait avoir une vraie portée « si les pays qui reconnaissent la Palestine enchaînent avec d’autres mesures pour tenter de faire pression sur Israël pour mettre fin à sa campagne à Gaza », commente Richard Gowan, de l’International Crisis Group. Mais l’analyste craint dans le même temps des représailles israéliennes, évoquant un risque d’« escalade » de la part du Premier ministre Benjamin Netanuyhu, qui doit s’exprimer à la tribune de l’assemblée générale, dans les prochains jours, et a clairement dit qu’« il n’y aurait pas d’État palestinien ».

    Les États-Unis, principal allié d’Israël, se sont eux aussi publiquement opposés à ce processus et ont annoncé qu’ils n’accorderaient pas de visa à la délégation palestinienne, dont le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Il pourrait s’exprimer par vidéo mais ne pourra se rendre à New York.

    Donald Trump a aussi usé une nouvelle fois du veto américain au conseil de sécurité de l’ONU, le 17 septembre, pour empêcher l’adoption d’un texte réclamant un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et l’accès humanitaire au territoire palestinien. Depuis le début des représailles israéliennes, près de 65 000 Gazaouis ont été tués sur quelque 2,2 millions d’habitants, soit plus de 10% de la population initiale de la bande de Gaza.

    148 pays sur 193 pays membres de l’ONU reconnaissent l’État palestinien. Si le Royaume-Uni rejoint la France, quatre des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies auront reconnu ce nouvel état, puisque la Chine et la Russie l’ont fait dès novembre 1988, dans la foulée de la déclaration d’indépendance de la Palestine, le 15 novembre 1988 par le conseil national palestinien, présidé à l’époque par Yasser Arafat.

  • Une plongée avec les scaphandriers du nucléaire à Marseille

    Une plongée avec les scaphandriers du nucléaire à Marseille

    « Sous l’eau, tout est plus compliqué. On a toujours de l’air dans les mains, les gestes sont plus longs. C’est un peu comme pour les astronautes, on a les mêmes sensations. » Julien Pillard, scaphandrier pour Onet Technologies, vient à peine de sortir de la piscine de la Comex (compagnie maritime d’expertise) dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec encore de l’eau sur sa combinaison et son attirail de plus de 50 kilos sur le dos, il ressort d’un exercice « de montage-démontage mécanique » quasi en conditions réelles.

    Pendant sa plongée, il était surveillé par son collègue Rémi Douzou, ingénieur et scaphandrier depuis un poste de commande aux multiples écrans et un assistant prêt à intervenir à tout moment pour la sécurité du plongeur. « Chacun de ses déplacements est suivi par des caméras et des remontées d’informations radiologiques qu’on a avec toutes les sondes qui équipent le plongeur », détaille Rémi Douzou. Une surveillance de tous les instants qui s’explique facilement : l’exercice visait à reproduire l’immersion dans une piscine d’un réacteur nucléaire, la spécialité des scaphandriers d’Onet Technologies. « On a les plongeurs en milieu nucléaire les plus expérimentés du monde », note Rémi Douzou. Une affirmation pas exagérée : ils réalisent une centaine de missions par an, en France et à l’international. « On est sollicité par tous les exploitants du nucléaire et on intervient sur les centrales, qu’elles soient en activité ou en démantèlement, mais aussi sur les usines de recyclage de déchets nucléaires ou les centres de recherche… », développe l’ingénieur. Un métier encore plus spécifique que les soudeurs sous-marins et scaphandriers en travaux publics, déjà réputés pour leurs dangerosité et pénibilité, puisqu’ils sont « dans un milieu contaminé radiologiquement ». Mais rien d’insurmontable pour Julien Pillard : « La pression, c’est de ne pas s’approcher d’éléments irradiants. On a des capteurs et le chef d’opération en surface nous dit de s’approcher ou pas des éléments. Il faut toujours rester vigilant mais quand ça fait des années qu’on en fait, c’est un travail comme un autre. »

    250 ingénieurs à Marseille

    De quoi mettre en valeur les travailleurs d’Onet Technologies, division axée sur le nucléaire et l’ingénierie de l’entreprise marseillaise. « On est très connu pour la propreté, beaucoup moins pour d’autres métiers », reconnaît Magali Bousquet, directrice marketing et communication du groupe Onet. Pourtant, avec 40 ans dans le milieu et 3 000 salariés, son expertise n’est plus à prouver : « On est aussi aux États-Unis et au Japon, où l’on participe au démantèlement de Fukushima. » Et son siège marseillais a une place bien particulière. Claire-Amélie Gabriel, responsable de la communication et du marketing d’Onet Technologies met en avant le « centre d’ingénierie avec 250 ingénieurs spécialisés et 20 000m2 de capacité industrielle pour la fabrication » du site. En bref, une expertise made in Marseille.

  • Mettre KO l’austérité

    Mettre KO l’austérité

    La journée d’hier est sans appel. Mouvement social : 1, Lecornu : 0.

    Alors que le nouveau Premier ministre n’est parvenu à convaincre que les partisans du gouvernement renversé, l’intersyndicale, elle, a démultiplié les capacités de mobilisation de la journée « bloquons tout » du 10 septembre.

    Dans les rues, c’est de la colère qui s’est exprimée avec force à l’égard de l’austérité, de l’injustice sociale, du déni de démocratie mais aussi de la joie d’être ensemble et de l’envie de construire un avenir meilleur.

    Premier ministre seul

    La volonté répressive affichée par le ministre démissionnaire de l’Intérieur n’aura pas découragé les manifestants. Et les cortèges encadrés par l’intersyndicale ont permis à toutes et tous de défiler dans la sérénité, démontrant à ceux qui en doutent, l’importance et l’efficacité des organisations pour faire vivre la démocratie sociale.

    Face à un Premier ministre dépourvu de majorité, de gouvernement et de popularité, le mouvement social n’a jamais été en si grande position de force depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

    Si le chef de l’État et le double de lui-même qu’il a nommé à Matignon s’obstinent dans le libéralisme et la poursuite des choix politiques à l’œuvre depuis trop longtemps, le mouvement s’amplifiera encore.

    Il faut rompre avec la réforme anti-démocratique des retraites, avec l’asphyxie des services publics, et les bas salaires.

    Sébastien Lecornu semble s’y refuser, alors qu’il déclare forfait.

    Le monde du travail est prêt à mettre KO l’austérité.

  • La colère déborde partout en France

    La colère déborde partout en France

    Selon le ministère de l’Intérieur, 451 789 personnes ont participé aux manifestations en France (hors région parisienne) et la préfecture de police de Paris a dénombré 55 000 manifestants dans la capitale. Plus de 600 actions et manifestations ont été recensées dans tout le pays. Les cortèges ont réuni de 8 800 à 35 000 manifestants à Bordeaux, selon les autorités ou les syndicats, de 14 000 à 20 000 à Lyon, de 1 800 à 3 000 à La Rochelle et de 18 000 à 40 000 à Toulouse.

    Partout, l’intersyndicale a rassemblé plus de monde dans les rues que le mouvement né sur les réseaux sociaux « Bloquons tout », le 10 septembre dernier.

    « Nous avons recensé 260 manifestations dans toute la France », a salué Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, avant le départ du cortège parisien, se félicitant des nombreux piquets de grève.

    Dans le monde éducatif, près d’un enseignant sur six était en grève dans les premier et second degrés, selon les chiffres du ministère. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a fait état de 45% des personnels de collèges et lycées grévistes. Selon le ministère, 23 lycées ont par ailleurs été complètement bloqués et des blocages filtrants ont été mis en place devant 52 autres établissements.

    Les agents de la fonction publique d’état étaient au total 10,95% sur 2,5 millions d’agents à faire grève, principalement dans l’éducation nationale, selon le ministère. Ce taux d’agents en grève est plus de deux fois supérieur à celui du 10 septembre, à l’appel du mouvement « Bloquons tout » (4,58% sur l’ensemble de la journée). Selon le syndicat L’Union étudiante, « 110 000 jeunes » étaient mobilisés, avec « 14 facs bloquées et 60% des universités mobilisées avec des actions diverses ».

    Dans les transports, le trafic était fortement perturbé, conformément aux prévisions, mais pas « bloqué », selon le ministre des Transports démissionnaire, Philippe Tabarot.

    Les pharmaciens se sont eux aussi mobilisés pour dénoncer la réduction des remises commerciales sur les médicaments génériques. Selon le syndicat de pharmaciens FSPF, environ 18 000 pharmacies sont fermées sur 20 000.

    « L’intersyndicale s’exprimera demain »

    Les huit organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) ont appelé à une journée de manifestations dans toute la France pour peser sur les choix budgétaires du nouveau Premier ministre macroniste, Sébastien Lecornu, renouant avec l’unité.

    « On lance un avertissement très clair au gouvernement et à Sébastien Lecornu », a prévenu Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT. « On veut un budget de justice fiscale, sociale et écologique », a-t-elle ajouté.

    Dans le cortège parisien, Hervé Renard, délégué syndical CFTC de 57 ans, s’agace. « On demande encore aux ouvriers de faire des efforts. Je n’ai pas de dettes, moi. La dette de l’état c’est lui qui l’a faite, pas moi », tacle l’ouvrier du BTP.

    Dans un communiqué, jeudi soir, la CGT a indiqué : « Le gouvernement affaibli ne peut plus ignorer la colère, elle est légitime, elle grandit. L’intersyndicale s’exprimera demain pour tirer les leçons et ouvrir des perspectives pour la suite. »

  • Populaire et déterminé

    Populaire et déterminé

    Avant même que les centaines de cortèges s’élancent partout en France ce jeudi 18 septembre à l’appel d’une intersyndicale soudée pour la justice sociale et fiscale et contre les projets d’austérité du énième gouvernement de la Macronie, le monde du travail a d’ores et déjà gagné les cœurs et les têtes.

    Selon un sondage rendu public mercredi par Elabe pour BFMTV, 56% des Français « soutiennent » l’appel de l’intersyndicale.

    Une large majorité (66%) estime aussi que la politique du nouveau Premier ministre sera « dans la continuité de celle menée par
    les gouvernements précédents d’Emmanuel Macron
    ». Le mot de « rupture » avancé par Sébastien Lecornu ne fait pas illusion, pas plus que son auteur n’a convaincu les représentants de gauche qu’il a reçu mercredi à Matignon.

    Changer de cap

    Les Français veulent du changement dans leur vie et un cap clair. Cela passe par de bons salaires, de bons emplois, de bons services publics et une fiscalité juste avec la taxation des ultra-riches. Bref, ils exigent que l’orientation politique menée depuis huit ans par Emmanuel Macron s’arrête et que notamment l’inique réforme des retraites soit abrogée.

    les professions intermédiaires sont d’ailleurs 64% à soutenir la mobilisation du mouvement social, et 60% des employés et ouvriers également. Nombre de ces travailleurs seront soit en grève soit en manifestation.

    Face à la puissance de ce mouvement, le gouvernement démissionnaire et minoritaire, panique. Signe de sa fébrilité, le déploiement des forces de l’ordre est à un niveau inégalé alors qu’il est désormais éclatant que le rapport de force est du côté des travailleurs, rassemblés dans un élan populaire et déterminé.

  • Les gauches reçues par un Premier ministre « très flou »

    Les gauches reçues par un Premier ministre « très flou »

    « Ma grand-mère disait : quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup… » Lancé en 2011 par la socialiste Martine Aubry en pleine bataille des primaires du PS, et passée à la postérité (aujourd’hui on parlerait de « punchline »), l’expression résume parfaitement le halo de fumée entretenu par le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu. En premier lieu, cet exercice de souffleur pour poêle s’adresse aux formations politiques qu’il a reçues mercredi, du matin au soir et singulièrement aux gauches qui ont fait le déplacement, LFI ayant décliné l’invitation.

    Premiers à ouvrir le bal, les socialistes : le premier secrétaire du parti Olivier Faure et les deux présidents de groupe au Parlement, Boris Vallaud (Assemblée) et Patrick Kanner (Sénat), sont ressortis après deux heures d’entretien pour le moins frustrés. « Pour l’instant, nous sommes restés sur notre faim et nous verrons bien ce qu’il a à nous dire dans les prochains jours » a déclaré Olivier Faure. Si Sébastien Lecornu est « là pour refaire François Bayrou, (…) nous censurerions dès la [déclaration] de politique générale » a prévenu le socialiste. Ce discours de politique générale pourrait être prononcé « début octobre » devant les députés, selon Marine Tondelier. Mais le Premier ministre engagera-t-il la responsabilité de son gouvernement, pour l’heure introuvable ? Rien n’est moins sûr. « On n’a pas eu de réponses très claires », a déclaré la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, estimant que le Premier ministre « n’arrive pas à boucler son équation ». Donc « soit Sébastien Lecornu renverse la table, soit il sera renversé », a complété la cheffe de file des députés verts Cyrielle Chatelain.

    Le nouveau Premier ministre a ensuite reçu le Parti communiste, son secrétaire national Fabien Roussel et les présidents des groupes de l’Assemblée et du Sénat, Stéphane Peu et Cécile Cukierman qui ont mis sur la table la « taxation des plus riches » et « l’abrogation de la réforme des retraites ». Fabien Roussel sera l’invité de RTL ce jeudi matin à 7h40 pour détailler cette entrevue et réaffirmer que s’il le faut « nous appuierons sur le bouton de la censure ». Le porte-parole du PCF, Ian Brossat, a de son côté déclaré sur le plateau de BFMTV qu’il fallait « arrêter de faire semblant. la seule chose qui peut faire bouger le rapport de force, c’est la mobilisation sociale. du monde en grève, du monde dans les rues, il n’y a que ça qui fera craquer Macron et Lecornu ».

    Le locataire de Matignon a terminé la journée par Place publique de Raphaël Glucksmann. Ces entretiens se sont déroulés sous la pression du mouvement social à la veille de la journée de grèves et de manifestations.

    Le RN en embuscade

    Les premiers petits gestes de Sébastien Lecornu ont été jugés très insuffisants par les syndicats et les formations de gauche : retrait de la proposition de supprimer deux jours fériés, premier déplacement consacré à l’accès aux soins, et suppression, très symbolique, des derniers avantages « à vie » octroyés aux ex-Premiers ministres.

    Les socialistes comme les Écologistes ont aussi cité un sondage Ifop commandé par le PS montrant que les Français, quelles que soient leurs sensibilités, plébiscitent les mesures poussées par le PS. Parmi elles, la création d’une taxe de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, la fameuse taxe Zucman. Sébastien Lecornu s’est dit prêt à travailler sur la « justice fiscale », mais il veut faire « attention au patrimoine professionnel » visé par cette taxe. À ce titre, il est raccord avec le RN qui rejette lui aussi la taxe Zucman. Fidèle à son fonds de commerce, Marine Le Pen a dit en revanche se « réjouir » de tous ceux qui demandent un référendum sur l’immigration, comme le patron de la droite Bruno Retailleau, et « espérer » que Lecornu en parle. « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment » écrivait le cardinal de Retz dans ses Mémoires. Une sentence que pourrait méditer le Premier ministre.