Après la consultation du camp présidentiel et des partis du « socle commun », puis celle d’une partie des organisations syndicales et patronales du pays, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu, ce mardi, les partis se classant au centre de l’échiquier politique : le groupe parlementaire Liot (Libertés, indépendants et outre-mer et territoires), le Parti radical, le Parti radical de gauche (PRG) et le parti Utiles (proche de Liot).
Mais avant le gros du morceau, c’était l’Union des entreprises de proximité, U2P, qui était dans le bureau de Sébastien Lecornu. « Je ne suis pas allé le voir avec des lignes rouges. Le pays a besoin d’être apaisé, nos petites entreprises sont en difficulté aujourd’hui en grande partie à cause de l’instabilité politique que l’on connaît depuis un an maintenant », relate Michel Picon, président de l’U2P. Sans ligne rouge certes, mais avec des positions qui reprennent les intérêts patronaux : « On a fait valoir nos arguments sur l’ineptie de la taxe Zucman. Je pense que nous partageons le même point de vue là-dessus: taxer l’outil de travail, c’est une folie. »
Le groupe Liot, composé d’une vingtaine de députés d’horizon divers, est particulièrement attendu au tournant à la vue de sa position stratégique dans l’échiquier politique. Classé centriste avec des élus issus de la droite comme de la gauche, une partie de ses membres s’étaient largement opposés à la réforme des retraites. À tel point que Charles de Courson, député de la Marne, était devenu une figure de proue de la contestation de la mesure. D’où l’attention particulière sur son positionnement. Et pour l’heure, il joue plutôt la carte du dialogue.
Le président du groupe, Laurent Panifous a salué les « deux-trois premières annonces qui vont dans le bon sens ». Mais il reste visiblement vigilant en plaidant pour « essayer de trouver le chemin du compromis », à l’inverse du gouvernement Bayrou « qui avait fait le choix du passage en force ».
En clair, le groupe se dit « conscient de la nécessité d’apporter des solutions au déficit important du pays mais avec la volonté d’une justice fiscale et sociale ». Un difficile entre deux à tenir tant les positions des différentes forces à l’Assemblée nationale sont opposées. À titre d’exemple, le patron des députés LR, Laurent Wauquiez, a mis en garde son parti, ce mardi, contre « la pression beaucoup plus forte du PS » dans les discussions actuelles avec le gouvernement de Sébastien Lecornu craignant qu’il « n’y ait plus rien sur l’immigration, la sécurité ou l’assistanat » dans le budget. Et de refuser tout compromis sur la question des retraites qui « serait une faute politique absolument majeure ». De quoi contraster avec Liot qui défend « un budget réaliste, un budget de compromis mais pas un budget punitif » à Matignon.

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