Tag: France

  • Macron envoie la flotte en Méditerranée

    Macron envoie la flotte en Méditerranée

    Une allocution brève depuis le palais de l’Élysée : Emmanuel Macron s’est adressé ce mardi ce soir aux Français, pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Un conflit déclenché par une offensive menée samedi par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Mais pour le président français, la République islamique « porte » la « responsabilité première de cette situation », par le développement d’un « programme nucléaire dangereux » et des « capacités balistiques inédites », mais aussi en finançant ses proxys : le Hezbollah libanais, les Houthis au Yémen, des milices chiites en Irak et enfin le Hamas dont le but est « de détruire l’État d’Israël ». L’Iran « qui a une nouvelle fois, en janvier dernier, donné l’ordre de tirer sur son propre peuple », justifie-t-il en référence aux mouvements de protestation durant lesquels des milliers de personnes ont été tuées.

    Les opérations militaires israélo-américaines qui ont suivi, ont été menées « en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver », reconnaît néanmoins Emmanuel Macron, sans les condamner pour autant. La France demande, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, un arrêt « au plus vite de ces frappes » et la reprise de négociations diplomatiques.

    Nul ne sait combien de temps cette guerre peut durer. Dès lors, le chef d’État français annonce le renforcement de la sécurité des bases militaires de la région, de même que les ambassades. Les 400 000 Français présents dans la région se verront proposer, s’ils le souhaitent, des solutions de rapatriement. Le gouvernement a renforcé sur le territoire national le dispositif de protection militaire Sentinelle et « la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées ».

    Le jeu des alliances

    Puis, alors qu’une carte de la région est projetée, il rappelle les accords de défense signés avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis et les engagements qui lient la France avec la Jordanie, l’Irak et les alliés kurdes. Il confirme que des avions Rafale, des systèmes de défense anti-aérienne et des radars aéroportés ont été déployés « ces dernières heures » dans la région. Quand, à Chypre, pays membre de l’UE qui a été frappé, des moyens de défense anti-aérienne « supplémentaires » ont été envoyés, en plus de la frégate Languedoc qui arrivera au large de l’île « dès ce (mardi) soir ». Le président dénonce par ailleurs « la faute majeure du Hezbollah » qui a lancé des frappes sur Israël. Alors que l’État hébreu prépare une offensive terrestre, il met en garde contre ce qu’il estime être « une escalade dangereuse et une erreur stratégique ».

    Enfin, avant de conclure, le président qui est le chef des armées, dit avoir ordonné le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle, ses moyens aériens et son escorte de frégates, en Méditerranée. Ce qui peut être considéré comme une escalade, un point de bascule. « La France demeure une puissance qui protège les siens, une puissance attachée à la paix, fiable, prévisible et déterminée », assure le président de la République. Ce n’est pas le « nous sommes en guerre », au temps du Covid, mais ça y ressemble.

    Réactions

    Parti communiste français

    « L’annonce de l’envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle marque une nouvelle étape dans l’escalade militaire au Proche et au Moyen-Orient. (…) Ne participons pas à une logique de surenchère guerrière. Portons une voix indépendante pour un cessez-le-feu, la reprise des négociations sous l’égide des Nations unies et le respect du droit international. »

    Olivier Faure Premier secrétaire du PS

    « L’urgence est au retour du droit international et au refus d’une escalade régionale dont personne ne maîtrise l’ampleur. Le rôle de la France est de fixer des repères clairs dans un moment où de faux démiurges s’acharnent à les effacer. »

    Marine Tondelier secrétaire nationale d’EELV

    « La guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran n’est pas la nôtre. Elle peut déstabiliser durablement la région. Nous ne défendons pas un camp mais le droit international qui est bafoué par l’Iran, par son programme nucléaire, et par cette intervention militaire sans mandat de l’ONU. »

    Raphaël Glucksmann eurodéputé place publique

    « On est entrée dans un moment de bascule extrêmement dangereux. Il y a un réel risque d’embrasement de la région et ce moment-là ne va pas s’arrêter rapidement. Et il faut que l’Europe, qui n’est absolument pas préparé à ce type de moment historique, prenne au sérieux la situation et affirme sa souveraineté. »

    Jean-Luc Mélenchon fondateur de La France insoumise

    « Il est pénible d’entendre le Président français retirer toute responsabilité de la situation à Trump et Netanyahou. (…) Pour autant le respect des engagements internationaux de notre pays, notamment avec Chypre, membre de l’Union européenne, est légitime. Mais les actions de protection ne peuvent d’aucune manière devenir des actions offensives (…) le cessez-le-feu immédiat est l’urgence politique. »

    L’après

    « Il faut créer, dans le respect du droit international, les conditions pour que les Iraniennes et les Iraniens puissent décider librement de leur futur démocratique. »

    Philippe Poutou Nouveau Parti anticapitaliste

    « Non à la guerre impérialisme et à bas la république islamique ! Solidarité avec les peuples d’Iran en lutte pour la justice sociale, l’égalité et la liberté ! »

    Bruno Retailleau président de Les Républicains

    « La France ne peut rester spectatrice en Iran. Lorsque des missiles visent nos alliés et mettent en danger nos ressortissants, nous devons participer à leur interception. Une nation qui se respecte protège les siens et assume ses alliances. »

  • [Passerelle interculturelle] Le chancelier allemand Friedrich Merz a promu la coopération lors de ses visites d’entreprises en Chine

    [Passerelle interculturelle] Le chancelier allemand Friedrich Merz a promu la coopération lors de ses visites d’entreprises en Chine

    Jeudi dernier matin à Pékin, Merz a effectué un essai de la nouvelle Mercedes-Benz Classe S, découvrant son système de conduite assistée intelligente dans le cadre de sa visite officielle en Chine.

    « C’est incroyable. Je pense que c’est l’une des technologies d’avenir pour la mobilité », a déclaré M. Merz à l’issue de l’essai, saluant la coopération étroite entre les constructeurs allemands et les entreprises technologiques chinoises. Mercedes-Benz a indiqué dans un communiqué publié jeudi avoir établi en Chine une implantation locale complète et un réseau de coopération couvrant l’ensemble de sa chaîne industrielle. L’équipe chinoise de recherche et développement joue un rôle de plus en plus crucial au sein du réseau mondial de R&D du groupe.

    La visite officielle de M. Merz en Chine s’est déroulée les 25 et 26 février. Les visites d’entreprises des deux pays et la promotion d’une coopération concrète figuraient parmi les principaux points à l’ordre du jour jeudi dernier.

    Robots humanoïdes

    M. Merz est arrivé à Hangzhou, dans la province du Zhejiang, à l’est de la Chine, jeudi dernier à midi. Chez Unitree Robotics, il a observé des robots humanoïdes accomplissant différentes tâches et s’est dit impressionné par leur agilité. Ces robots se sont récemment distingués lors du gala de la Fête du Printemps, où ils ont offert une performance remarquée aux côtés d’artistes humains. Leur prestation, mêlant danse synchronisée, mouvements complexes et interaction fluide avec la scène, a illustré les progrès rapides réalisés par la Chine dans le domaine de la robotique humanoïde et de l’intelligence artificielle.

    Wang Xingxing, fondateur et PDG de Unitree, a déclaré à CMG que la visite de M. Merz mettait en lumière l’attention mondiale portée à l’industrie chinoise de la robotique. M.Wang a ajouté qu’il se réjouissait d’approfondir la collaboration avec les entreprises allemandes et internationales afin de faire progresser la robotique humanoïde et l’intelligence artificielle vers un nouveau niveau. M. Merz a également visité Siemens High Voltage Circuit Breaker Co. Ltd., à Hangzhou, où il s’est informé du développement des entreprises à capitaux allemands en Chine.

    Des dirigeants d’environ 30 grandes entreprises allemandes, issus de secteurs tels que l’automobile, la chimie, la biopharmacie, les machines et l’économie circulaire, ont accompagné M. Merz lors de sa visite. Plus de dix accords commerciaux ont été conclus, envoyant un signal clair d’un approfondissement de la coopération pragmatique.

    À l’issue de son voyage, M. Merz a déclaré qu’il quittait la Chine avec une impression profonde du pays, soulignant que l’Allemagne et la Chine entretiennent une bonne coopération, tout en faisant face à des défis qu’elles doivent relever ensemble.

  • [Passerelle interculturelle] Les secrets derrière les exploits technologiques : des robots d’arts martiaux impressionnent au Gala de la Fête du Printemps

    [Passerelle interculturelle] Les secrets derrière les exploits technologiques : des robots d’arts martiaux impressionnent au Gala de la Fête du Printemps

    Ces robots humanoïdes ont réalisé des performances spectaculaires : parkour, saltos arrière sur une jambe, grands sauts, changements rapides de formation. Ils ont aussi combattu avec des humains et exécuté des mouvements comme le style de l’homme ivre. Leur précision, leur agilité et leur fluidité ont été très applaudies.

    Ces robots ont été développés par l’entreprise chinoise Unitree Robotics, basée à Hangzhou, ville située à l’Est de la Chine. Ils ont réalisé plusieurs exploits techniques inédits au monde, premier parkour continu avec saut par-dessus une table, premier salto aérien lancé atteignant plus de 3 mètres de hauteur, premiers saltos continus sur une seule jambe, salto arrière avec appui sur un mur en deux pas.

    Le fondateur et PDG de l’entreprise, Wang Xingxing, a expliqué qu’ils voulaient « repousser les limites des robots sur la scène du gala ». Pour réussir ces figures, l’équipe a effectué des centaines de millions de simulations avant de tester les robots dans le monde réel. Ces mouvements demandent un contrôle très précis de l’équilibre et de la stabilité.

    Des progrès importants depuis l’an dernier

    En 2025, les robots faisaient des mouvements simples et des formations basiques. En 2026, ils peuvent courir vite tout en exécutant des mouvements complexes et parfaitement synchronisés. Cela a été possible grâce à un nouveau système de contrôle en groupe, qui permet à des dizaines de robots de bouger ensemble en temps réel avec très peu de retard.

    Les robots utilisent aussi une technologie d’intelligence artificielle qui combine leurs capteurs internes et un lidar 3D. Ils analysent leur environnement des centaines de fois par seconde, ce qui leur permet de rester stables même après des mouvements très intenses. Chaque geste a été ajusté avec précision pour être synchronisé avec la musique et les artistes humains, avec une précision de 0,1 seconde.

    Des applications concrètes dans la vie réelle

    Le but n’est pas seulement le spectacle. Selon Wang Xingxing, améliorer les mouvements permet aux robots d’être plus stables et plus sûrs pour travailler avec les humains. Le système de contrôle en groupe peut être utilisé dans les usines pour l’inspection, le tri en entrepôt ou la coordination sur les chaînes de production. La capacité des robots à résister à des forces extérieures tout en gardant une prise stable peut servir pour l’assemblage précis, le transport de charges lourdes ou les services à domicile. Leur capacité à sauter et éviter des obstacles est utile pour placer des objets sur des étagères, se déplacer dans des espaces étroits ou monter des escaliers. Avec ces avancées, la performance du gala montre non seulement un spectacle impressionnant, mais aussi le grand potentiel des robots pour transformer de nombreux secteurs à l’avenir.

  • Le grand JT des territoires du 21 février

    Le grand JT des territoires du 21 février

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde

    La plus grande ferme du monde a ouvert ses portes ! Malgré un contexte tendu, la profession agricole donne rendez-vous aux visiteurs Porte de Versailles à Paris pour le Salon de l’agriculture.

    Municipales 2026 : Qui arborera l’écharpe de maire dans votre commune ? Accessoire emblématique porté par les maires, immersion dans ce journal lors de sa fabrication.

    Une reconstitution exceptionnelle de la bataille de Waterloo, avec 22 000 figurines ! À Versailles, un passionné expose son œuvre sur ce moment historique.

  • L’extrême droite veut faire de Quentin son « martyr »

    L’extrême droite veut faire de Quentin son « martyr »

    L’extrême droite mondiale a les yeux rivés sur Lyon, où Quentin Deranque, militant de ses rangs est mort le 14 février dernier. C’est ici, qu’entre 2 000 et 3 000 militants nationalistes, néofascistes et néonazis se réuniront dans l’après-midi. L’appel est notamment relayé par l’Action française Lyon, qui dit vouloir rendre hommage à son « camarade », qualifié de « martyr nationaliste lyonnais ». L’étudiant en mathématiques a fréquenté le mouvement royaliste historiquement antisémite, avant de rejoindre Allobroges Bourgoin, dont l’organisation nationaliste révolutionnaire a été inaugurée lors du défilé néofasciste du Comité du 9-Mai. « Audace Lyon », un groupuscule local descendant du Bastion Social, lui-même héritier du GUD, se joindra au cortège. Lui, qui imagine la ville comme la « capitale du nationalisme » propose des entraînements dits d’autodéfense « contre la violence des milices d’extrême gauche et des bandes ethniques », auxquels Quentin Deranque aurait participé selon leur porte-parole à l’AFP.

    Plus d’un millier de militants d’extrême droite venus de toute l’Europe sont attendus sur place. Malgré les appels à son interdiction, relayés par le maire de la ville Grégory Doucet (EELV), la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes a autorisé la manifestation. « Pour l’instant, la liberté est plus importante que l’inquiétude », a déclaré le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez sur RTL ce vendredi matin. Les forces de l’ordre disent prévoir un large dispositif avec les renforts de CRS, de gendarmes mobiles et de policiers d’autres départements. Et puis, tant pis si des néonazis envahissent les rues.

    Dans un courrier, Jordan Bardella enjoint les cadres du Rassemblement national à ne pas rejoindre le défilé. Le parti à la flamme, qui entre dans l’ultime phase de sa banalisation, tente de se distancier de ce qu’il nomme « l’ultradroite ». Mais les faits sont têtus.

    Marche organisée

    par une ex-candidate RN

    L’organisatrice de cette marche Aliette Espieux, militante anti avortement notoire, a été, lors des élections municipales de 2020, candidate sur la liste RN du 5e arrondissement de Lyon. Son époux, un certain Eliot Bertin, membre d’Audace Lyon est l’ancien leader de Lyon Populaire, un groupuscule accusé de « faire apologie de la collaboration avec le nazisme et de provoquer à la haine, à la violence et à la discrimination envers les étrangers », dissout en avril dernier par Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, en même temps qu’Urgence Palestine et la Jeune garde.

    L’organisation antifasciste cofondée par le député LFI Raphaël Arnault est mise en cause dans la mort de Quentin Deranque. Une occasion rêvée pour l’extrême droite de pointer du doigt et d’attaquer tous ceux qui luttent contre le fascisme. Une pétition du collectif féminin identitaire Némésis visant à « classer la mouvance antifa sur la liste des organisations terroristes », recueille plus de 14 300 signatures à l’heure où nous écrivons ces lignes. Le RN développe sa proposition, en conférence de presse, à l’Assemblée nationale. Ce même parti, fondé par des Waffen SS, des néonazis, des membres de l’OAS, veut s’inspirer des Américains qui considèrent les antifascistes comme des terroristes. Se joignent à lui, l’AfD allemande, dont la dirigeante, petite-fille de nazi, instrumentalise elle aussi la mort de Quentin Deranque, de même que la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui, dès ses débuts en politique louait le Duce.

    L’extrême droite veut faire des antifascistes les nouveaux « fascistes », rejoint par une partie de la presse de notre pays et des responsables politiques qui renvoient ce qu’ils nomment « les extrêmes » dos-à-dos. « La faute politique majeure » du centre-gauche et de la droite, dénoncée par l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, dans un long post sur X. « L’enjeu, c’est celui d’une prise de pouvoir sur les esprits (…). Nous approchons d’un point de non-retour. Quelque chose commence à nous échapper », alerte-t-il. En début de semaine, le siège de LFI a été vidé « suite à une menace à la bombe », des permanences ont été ciblées notamment à Belfort, Tours, Saint-Nazaire, des menaces de morts et de viols ont été proférées envers les élus. Ces mêmes attaques visent désormais des locaux du PCF, des militants du PS. L’atmosphère est insoutenable. Le bruit assourdissant des bottes résonne face au silence affligeant et complice des pantoufles.

  • Un salon de l’Agriculture sous tension

    Un salon de l’Agriculture sous tension

    C’est malheureusement devenu une constante. Le Salon international de l’agriculture, dont le coup d’envoi est donné ce samedi à Paris, Porte de Versailles, va se tenir dans un contexte de tension exacerbée, dans la lignée des précédentes éditions et de la colère du monde agricole.

    En toile de fond, les politiques libérales, historiquement pointées du doigt par une large part du milieu. Et dans le rôle de l’ennemi public numéro 1, l’Union européenne, vectrice de dumping social, de concurrence entre ses membres et d’accords de libre-échange nocifs pour les agriculteurs. C’est justement sur ce dernier point que le courroux a atteint un niveau particulièrement important ces derniers mois, avec la signature, crainte depuis des années et désormais entérinée, d’un accord de libre-échange entre Bruxelles et le Mercosur.

    De ce fait, la Confédération paysanne a annoncé qu’elle boycottait l’ouverture du salon et le traditionnel petit-déjeuner entre le président de la République et les syndicats. « Nous ne voulons pas être la caution de ce spectacle désolant lors duquel Emmanuel Macron a pour habitude de mentir », dénonce Thomas Gibert, porte-parole national du syndicat.

    « Sortir du dogme

    de la compétitivité »

    Ce dernier pointe du doigt l’absence de « la mise en place des prix planchers, qu’il avait promise il y a deux ans. L’année d’après, il nous avait promis, la main sur le cœur, de tout faire pour empêcher le traité de libre-échange avec le Mercosur. Encore une fois, la promesse n’a pas été tenue. Il n’a pas été assez proactif pour construire la minorité de blocage nécessaire ». Mais il indique que la Confédération paysanne sera bien présente pour le reste du salon, afin de porter « la question de la régulation du marché qui est selon nous indispensable pour avoir un revenu paysan et changer de modèle agricole. Les lois récentes, comme la loi Duplomb, ont pour objectif de rester compétitifs sur le marché international. Le problème est qu’on va aller vers toujours plus d’industrialisation, d’abaissement des normes environnementales et sociales. On a besoin de réguler le marché pour sortir de ce dogme de la compétitivité, de produire d’une manière moins intensive, pour utiliser moins de pesticides, avoir un meilleur revenu, pour protéger notre agriculture et de fait notre alimentation ».

    Le syndicat compte également dénoncer la loi d’urgence agricole annoncée en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu : « C’est une réponse aux revendications de la FNSEA. On s’oppose à cette vision de l’agriculture, qui défend les intérêts d’une poignée au détriment de l’ensemble du monde paysan, toujours à destination de l’agro-industrie. On veut crier haut et fort cette différence, et pointer cette cogestion entre la FNSEA et le gouvernement, qui a poussé les politiques agricoles depuis des décennies dans l’impasse dans laquelle on se trouve », clame Thomas Gibert.

    Autre problématique : la dermatose nodulaire contagieuse, et la critique de l’action gouvernementale en la matière. Pour la première fois de son histoire, aucun bovin ne sera présent au salon, ce qui constitue, pour le syndicaliste, « la vitrine de l’échec de cette politique sanitaire inhumaine. L’abattage n’est pas justifié, c’est une décision prise uniquement sous le prisme d’une visée exportatrice, alors que des solutions scientifiques existent ». Une maladie dont ce maraîcher de Haute-Vienne « craint la résurgence au printemps, car les vecteurs risquent de se réveiller avec la hausse des températures. Il est hors de question qu’on revive le même drame que cet hiver, mais on n’a pas de réponse, et il n’y a toujours pas de volonté politique de sortir de l’abattage total », martèle-t-il, annonçant une conférence de presse à ce sujet lundi.

    « La régulation du marché
    est indispensable »

  • « Ce qui nous manque vraiment, c’est notre liberté »

    « Ce qui nous manque vraiment, c’est notre liberté »

    Il faut un talent hors du commun pour être italien. De la patience (à profusion), de la soumission, de la résilience et une bonne dose de résignation.
    Il y a deux jours, j’ai quitté Naples pour Rome. Il s’agit d’un trajet d’une heure en TGV, ce qui a un certain coût. Mon retour était prévu à 18h15. Malheureusement, les horaires de la gare Termini ont commencé à clignoter, annonçant des retards.

    On ne parle pas de minutes, mais d’heures. Et cela se produit régulièrement depuis que le vice-Premier ministre Matteo Salvini est devenu ministre des Transports. J’ai moi-même été victime de ces retards inexplicables à maintes reprises. Mais, comme l’autre jour, mon sentiment de droit acquis finit par l’emporter sur ce « talent » italien que le nouveau fascisme du gouvernement Meloni apprécie tant.

    Ça m’arrive. Je l’admets. Et je considère comme une insulte à l’intelligence d’expliquer les retards de train par des actes de sabotage, comme le prétend le ministre Salvini. Ainsi, nous avons des gares, et pas seulement celle de Rome, lourdement gardées par les forces de l’ordre, et des trains qui n’arrivent pas à destination. La propagande de l’état d’urgence, comparée par les responsables gouvernementaux aux années du terrorisme, est appliquée à la moindre perturbation. Dans les écoles, avec des détecteurs de métaux ; dans les lieux publics et dans les hôpitaux, avec une présence policière accrue pour intervenir au cas où un citoyen s’emporterait après une nouvelle violation de ses droits.

    Le décret de sécurité est clair. Toute personne manifestant s’expose à une détention policière et à des poursuites pour de nouveaux délits violant les droits constitutionnels. Dans ce contexte, un train en retard ne peut être qu’un sabotage, ou simplement… un clou, comme l’expliquait le vice-Premier ministre en octobre dernier, lorsque la paralysie du trafic ferroviaire dans la capitale s’expliquait ainsi : un employé d’une entreprise privée avait… planté un clou dans le mauvais câble.

    « Écoutez, expliquait Matteo Salvini à l’époque, je veux le nom, le prénom et le numéro d’identification fiscale de la personne qui a gâché la journée de milliers d’Italiens bloqués du nord au sud. Et comme on paie pour ses erreurs, je veux savoir s’il y a une responsabilité et qui est responsable. » Pendant quelques jours, l’ouvrier qui plantait des clous la nuit était ainsi devenu l’homme le plus recherché d’Italie.

    Vous pensez peut-être, chers lecteurs, que je plaisante. Pourtant, c’est la réalité. Environ 14 millions d’euros ont été investis dans la construction du pont reliant Messine, en Sicile, au continent. Ce projet inutile, à l’impact environnemental discutable, remplacera un ferry qui transportait traditionnellement les wagons de train directement vers le continent, un trajet de quinze minutes entre l’île et le continent. En Italie, la liberté est sacrifiée au profit de la sécurité, la propagande au profit d’une information exacte.

    Vous vous demandez peut-être à quelle heure je suis finalement rentrée rentré. 23h ! Épuisée par l’attente, incapable de protester en entraînant les autres voyageurs dont la patience, il faut bien le reconnaître était manifestement une vertu plus développée que la mienne. Et puis, manifester est risqué sous l’œil vigilant des forces de l’ordre, qui ont le droit de détenir les contrevenants jusqu’à douze heures.

    Et ceux d’entre nous qui, comme moi, croient en certaines valeurs, n’ont d’autre choix que la « résistance constitutionnelle ». En s’appuyant sur ce texte fondamental que nos gouvernants tentent de modifier par le biais du référendum sur les pouvoirs judiciaires, prévu en mars. Un référendum qui, au-delà de la question extrêmement sensible qu’il soulève, vise à saper l’état de droit. Un vote qui marquera une ligne de partage entre ceux qui veulent de cette extrême droite qui montre les muscles et les Italiens qui ne cèdent pas.

    Journaliste et romancière, Stefania Nardini vit entre Naples et Rome

  • Mort du militant identitaire : 7 mises en examen requises

    Mort du militant identitaire : 7 mises en examen requises

    De très nombreuses investigations [menées] » dans un « contexte très très sensible » : le procureur de la République de Lyon a donné une conférence de presse ce jeudi à 17 heures pour communiquer les derniers développements de l’enquête sur la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque. L’étudiant lyonnais, récemment converti au catholicisme proche des milieux traditionalistes, cofondateur d’un groupuscule national révolutionnaire – entre autres – est décédé samedi d’un traumatisme crânien. Frappé à mort alors qu’il était venu défendre le collectif féminin d’extrême droite Némésis qui manifestait contre la tenue d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.

    Sept personnes ont ainsi été identifiées et le parquet de Lyon requiert leur mise en examen pour « homicide volontaire » contre Quentin Deranque, « violences aggravées » et « association de malfaiteurs ». Deux de ces personnes auraient refusé de s’expliquer sur les faits, les autres ont reconnu leur présence sur les lieux, certains ont admis les coups, « en revanche, ils contestaient tous une intention homicide », détaille le magistrat.

    Thierry Dran a par ailleurs précisé le profil de ces sept personnes : ils ont entre 20 et 26 ans, « ce sont pour l’essentiel des étudiants, des employés dans le privé, un est sans-emploi et un, comme vous le savez, assistant parlementaire », faisant ici référence à Jacques-Élie Fravot, ex collaborateur du député vauclusien Raphaël Arnault (LFI), fondateur de l’organisation antifasciste « La Jeune Garde », désormais dissoute. Le jeune homme « a reconnu (…) la commission de violences et sa présence sur les lieux » mais « a indiqué qu’il n’était pas l’auteur des coups qui ont provoqué le décès de M. Deranque », avait indiqué mercredi son avocat Bertrand Sayn. Et d’ajouter : « il a exposé également qu’en aucun cas il ne s’agissait d’un guet-apens, mais en vérité d’un affrontement ».

    Pour les sept suspects, « certains appartiennent à des associations et trois déclarent avoir fait partie, ou être proche, de la mouvance d’ultragauche », a précisé le procureur de la République de Lyon. Deux ont des antécédents judiciaires : l’un pour violences et usage de stupéfiants, l’autre pour vol et port d’armes. Un troisième « fait actuellement l’objet d’un contrôle judiciaire par une juge d’instruction à Paris à la suite de faits de violences aggravées en raison de la race, l’ethnie ou la religion », a-t-il encore détaillé et affirmé ne pas savoir s’ils étaient fichés S. Ils seront tous placés en détention provisoire.

    D’autres personnes restent à identifier

    Quatre autres personnes – dont trois femmes – mis en cause pour « recel de malfaiteurs » ont été arrêtées, placées en garde à vue et relâchées à l’issue de leur interrogatoire. Le procureur de la République de Lyon affirme que plusieurs personnes restent toujours à identifier, « les juges sont saisis de l’ensemble de l’enquête », explique Thierry Deran. Une information judiciaire est ouverte, pour déterminer, ce qui s’est passé avant, pendant et après les faits.

    Les réseaux d’extrême droite ont relayé des appels à l’organisation d’une marche, ce samedi à Lyon, en hommage au militant nationaliste. Le maire de la ville, Grégory Doucet (EELV) a réclamé son interdiction, « face au risque réel de débordements violents ».

  • Nationaliser pour sauver l’acier français

    Nationaliser pour sauver l’acier français

    Un « espoir pour les salariés » : la proposition de loi de nationalisation d’ArcelorMittal sera débattue mercredi 25 février à 16h30 au Sénat, durant la journée réservée du groupe communiste républicain citoyen et écologiste – Kanaky (CRCE-K). « Si on ne nationalise pas, Arcelor va partir et la filière acier va s’effondrer », alerte la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi, « c’est un enjeu de souveraineté nationale qui doit dépasser les clivages partisans ». Adopté in extremis à quelques minutes de la fin de la niche parlementaire des députés insoumis en novembre dernier, le texte risque cependant de se heurter à la réticence d’une chambre haute du Parlement dominée par la droite.

    Le 30 octobre dernier, les sénateurs communistes avaient déjà tenté de porter cette proposition de loi auprès de leurs collègues qui l’avaient alors rejetée… « La démocratie, elle se fait au grand jour et chacun doit assumer ses votes », prévient la cheffe du groupe PCF au Sénat Cécile Cukierman. « Chaque sénatrice et chaque sénateur verra en face de son nom ce qu’il a voté. Pour faire de la démocratie, on a besoin d’avoir de la transparence puisque sinon, on a parfois des parlementaires qui oublient ce qu’ils font à Paris quand ils redescendent dans leur département », glisse-t-elle.

    La direction d’ArcelorMittal a annoncé en avril 2025 la suppression de plus de 600 postes en France. Puis, le 29 janvier dernier, la direction Europe du groupe dit envisager de délocaliser ses fonctions support en Inde, ce qui concerne « plus de 5 600 salariés » en Europe, « dont 1 650 pour la France », selon le comité d’entreprise européen. Les conséquences d’un départ de l’aciériste du territoire national seraient dévastatrices. « Derrière tout ça, il y a des familles. Si on prend le seul exemple de Dunkerque c’est 3 200 emplois directs », appuie Gaëtan Lecoq, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal sur ce site du Nord, avant d’ajouter : « On a fait une estimation, si demain Dunkerque tombe, c’est, à peu près, 20 000 emplois directs et indirects qui vont tomber. »

    « Il n’y a pas d’avenir pour un pays sans industrie »

    Face à cela, l’entreprise a doublé son bénéfice net en 2025 pour atteindre plus de 3 milliards de dollars en 2025. Au même moment, elle continue à verser à ses actionnaires des dividendes de 300 à 400 millions de dollars. « Arcelor c’est aussi devenu un triste symbole, celui de la démission de l’État face à la financiarisation de l’industrie et de tous ces responsables politiques et économiques qui ont laissé en 2006 Mittal faire sa sinistre OPA sur notre fleuron national qu’était Arcelor », fait remarquer Sophie Binet.

    Le gouvernement s’oppose à la nationalisation d’Arcelor, invoquant, entre autres, son coût estimé entre 1 et 2 milliards d’euros. Stéphane Peu, coprésident du groupe PCF à l’Assemblée nationale renvoie le président de la République à ses incohérences : « En 2017, quand il est arrivé au pouvoir, il y avait 13% du PIB de la France qui était produit par de l’industrie et aujourd’hui, on est tombé à 9%. Il y a un abaissement de l’industrie dans notre pays et tout ça est gravissime ! », déplore le député.

    La cheffe de la CGT pointe une échéance : 2030. « Tout ce qui n’est pas décarboné en 2030 sera soumis à des quotas carbone rédhibitoires. L’heure est cruciale. Soit on décarbone maintenant, soit l’acier français ne sera plus compétitif (…) Il n’y a pas d’avenir pour un pays sans industrie », martèle-t-elle. À ce stade, sur les 40 sites que compte le groupe en France, le projet de décarbonation ne concerne qu’un seul des deux fours à Dunkerque à hauteur de 1,3 milliard d’euros, dont 650 millions sous forme de dettes publiques.

    Parlementaires et syndicalistes entendent maintenir la pression. Des centaines de salariés ont prévu de se rassembler le 25 février aux abords du Sénat. « Depuis juin 2024 on est sur le dossier à la CGT, on se bat comme des acharnés (…) On s’en prend plein la gueule, la répression syndicale on se la mange, mais on continuera à se battre pour les salariés », avertit Gaëtan Lecoq. Les députés communistes prévoient déjà l’inscription du texte à sa niche parlementaire du 15 juin prochain en cas de rejet mercredi. « On sera opiniâtres et on ne lâchera rien », pousse Stéphane Peu.

    « Si on ne nationalise pas, Arcelor va partir et la filière acier va s’effondrer. »

  • Mise à l’index, LFI dénonce une « instrumentalisation »

    Mise à l’index, LFI dénonce une « instrumentalisation »

    À 15 heures, en ouverture de la séance de questions au gouvernement, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence en hommage à Quentin Deranque. « Personne ne devrait mourir pour ses idées », martèle la présidente de la chambre basse du Parlement, Yaël Braun-Pivet. Le militant d’extrême droite est mort samedi, roué de coups en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Institut d’études politiques de Lyon, dans ce qui a été qualifié la veille d’« homicide volontaire » par le procureur de la République de Lyon. « Avec les risques qu’on a aujourd’hui, qui sont maintenant tristement très, très clairs, évidemment non, il n’y aura pas d’autres meetings de ce type-là dans les établissements », a par ailleurs fait savoir le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste sur BFMTV.

    Ce moment de recueillement réclamé par le groupe UDR d’Éric Ciotti a été validé à l’unanimité. Seul le groupe Liot a exprimé des réserves : « il y a bien un crime qui a été commis, pour l’instant j’aimerais en avoir les tenants et les aboutissants avant de savoir si véritablement il faut faire une minute de silence ou pas », tempère le député Paul Molac. Les communistes ont demandé à ce qu’elle « soit élargie à l’ensemble des personnes qui ont été victimes des violences politiques ». « Depuis 2022, il y a eu 12 morts liés à des exactions de groupes d’extrême droite », fait valoir le chef du groupe, Stéphane Peu. En vain.

    Le RN veut dissoudre les

    « organisations antifa »

    La séquence qui a suivi a quasi exclusivement été consacrée à cette affaire, dans une atmosphère tendue. Le Rassemblement national a lancé les hostilités, pointé du doigt la Jeune Garde en demandant au gouvernement la dissolution des « organisations antifa » qu’elle veut voir « reconnaître comme terroristes ». Le camp brun se gargarise, profite de ce drame pour avancer ses pions et faire taire ceux qui se sont construits en opposition à son idéologie mortifère. Cette position du parti à la flamme a été défendue en la personne de Tiffany Joncour, députée lyonnaise, proche de Génération Identitaire, qui a bénéficié durant sa campagne du soutien des groupuscules identitaires locaux dont son époux est un ancien cadre, rapporte Streetpress dès 2024. « La brutalisation de la vie politique doit arrêter […] Il y a de la brutalisation quand on justifie l’action de la Jeune garde et qu’on investit aux élections législatives son dirigeant déjà condamné pour violences physiques », répond le ministre de la Justice Gérald Darmanin faisant ici référence au député vauclusien Raphaël Arnault, cofondateur de l’organisation antifasciste lyonnaise.

    S’il n’était pas présent physiquement dans l’hémicycle, son nom était sur toutes les lèvres et pour cause : son assistant parlementaire Jacques-Elie Favrot fait partie des neuf personnes interpellées ce mardi soir (lire ci-contre). « Il appartiendra à la justice de condamner mais il appartient à chacun d’entre nous ici de dénoncer les responsabilités politiques qui ont mené à cette violence, elle ne vient pas de nulle part. L’extrême gauche a du sang sur les mains », éructe le député LR Laurent Wauquiez.

    Utiliser ce drame

    « pour nous salir »

    Les Insoumis ont été la cible de toutes les accusations, du camp macroniste à la droite et son extrême. « Nous n’acceptons pas que la violence physique d’où qu’elle vienne soit employée pour régler les conflits (…) ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir doivent cesser (…) aucun insoumis n’est impliqué ni de près, ni de loin dans ces violences », insiste la cheffe des députés LFI Mathilde Panot. « Si nous combattons l’extrême droite et les groupuscules fascistes violents autour d’elle c’est précisément car ils glorifient la mort et la brutalité, il faut méconnaître l’Histoire pour accepter la victimisation de l’extrême droite et prétendre que les violences seraient à gauche de cet hémicycle », a-t-elle renchéri avant d’interpeller le gouvernement sur son silence quant à l’assassinat en 2022 du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú à Paris tué par des militants du GUD, groupuscule d’extrême droite.

    « Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject », rétorque Sébastien Lecornu, sous les applaudissements de la moitié de la salle, à l’exception de la gauche. « Il est temps que vous fassiez le ménage, Madame la présidente Panot, le ménage dans vos propos, le ménage dans vos idées, et surtout le ménage dans vos rangs », tempête le chef du gouvernement.