Tag: Avignon

  • Avec son programme, Olivier Galzi sécurise sa droite à Avignon

    Avec son programme, Olivier Galzi sécurise sa droite à Avignon

    Un petit film de présentation montre une belle carte postale d’Avignon, avec du monde dans les rues, de l’activité partout. Une vidéo diffusée ce jeudi soir, en ouverture de la présentation du programme du candidat DVD Olivier Galzi, à la salle de la Scala, archi comble avec quelque 700 personnes. Pourtant, à peine monté sur scène, l’ex-journaliste TV décline son antienne du déclin : « Avignon n’est plus assez sûre, propre, fluide, ambitieuse, attractive. »

    Une rhétorique déjà distillée à la mi-novembre, lors de sa première réunion publique, où il avait déjà insisté sur ce triptyque sécurité-propreté-circulation. La présentation globale du projet permet aussi de « mettre les points sur les i ». Se définissant comme le seul candidat en lice à n’avoir jamais été encarté, Olivier Galzi redit son opposition farouche à ne pas vouloir du soutien de Renaissance et de leur « chef de file [Julien Paudoie] qui ne sera pas dans mes équipes ». Il conserve toutefois le soutien de l’UDI ou d’Horizons et n’a pas démenti pencher à droite.

    Il glisse aussi quelques amabilités à ses concurrents sans les nommer : « Des héritiers qui réclament le trône, mais pas le bilan » [David Fournier, PS], « les vendeurs de rêve venus de Rognonas » [Stéphan Fiori, DVD], « les extrêmes qui surfent sur les colères mais n’apportent aucune solution » [Anne-Sophie Rigault, RN et Mathilde Louvain, LFI]. Sur le volet sécurité, abordé en premier, Olivier Galzi égratigne « la volonté politique » qui aurait manqué à la majorité sortante.

    Croire encore à la LEO

    Incognito dans la salle, venue « en observatrice mais pas en soutien », Catherine Gay a dû rire jaune. Celle qui fut adjointe à la sécurité durant ce mandat s’est vu retirer la délégation par la maire il y a quelques mois… Davantage de policiers sur le terrain et de caméras dites intelligentes, bouton d’alerte, tasers sont évoqués. Redisant sa volonté de prendre la présidence du Grand Avignon, Olivier Galzi souhaite ainsi mieux coordonner les actions de propreté entre Ville et agglo. Tout en « récompensant » les agents qui travaillent et « sanctionnant » ceux « qui nuisent au service ». Enfin, sur la circulation, le candidat veut encore croire à la liaison est-ouest (LEO) telle qu’imaginée en « mettant la pression pour récupérer les fonds ». Sans surprise, il veut revoir « massivement le plan Faubourgs », ou privilégie le bus à haut niveau de service vers Agroparc plutôt que le tramway.

    Le reste des thématiques est ensuite balayé plus rapidement. Santé (bus santé dans les quartiers), attractivité (animations toute l’année comme un rendez-vous médiéval), culture (fin de la gratuité des musées pour les non-Avignonnais, mieux mailler entre eux les musées), éducation (revenir à la semaine des 4 jours à la rentrée 2027, créer 150 places en crèches), logement (aider les classes moyennes à accéder à la propriété, lutter contre la vacance). Des mesures promises sans hausse d’impôts. Le social ? Pas un mot. Le terme pauvreté n’a pas été prononcé, ni ne figure dans le programme. Curieux dans une ville où plus de 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Sans étiquette peut-être, mais pas sans boussole.

  • La situation au Rojava mobilise 150 personnes à Avignon

    La situation au Rojava mobilise 150 personnes à Avignon

    Devant la cité administrative d’Avignon, alors que le soleil s’est couché depuis quelques minutes, ce sont les drapeaux jaune, rouge et vert du Rojava, zone autonome kurde du nord-est de la Syrie, et du PYD (Parti de l’union démocratique kurde-syrien), qui ont illuminé la place. 150 personnes se sont rassemblées en soutien au territoire qui subit, ces dernières semaines, des attaques du régime syrien dirigé par Ahmed al-Charaa, ancien combattant d’Al-Qaïda et de Daech.

    « Il faut mettre la pression sur l’État français et ses politiques pour qu’ils empêchent tout ça, clame Mehmet Ceri, représentant du Centre démocratique kurde d’Avignon. La première chose que les dirigeants syriens exigent, c’est l’arrêt de l’armée des femmes. Une défaite serait aussi un énorme revers pour le droit des femmes. » Pendant que le cortège remontait la rue de la République en direction de la place de l’Horloge et que des militants distribuaient des tracts expliquant la situation aux passants, des « Erdogan terroriste » résonnaient à travers la tranchée haussmannienne de la cité des Papes. Il est reproché au dirigeant turc de soutenir l’offensive des factions syriennes contre le Rojava.

    « Pour le peuple kurde, il s’agit clairement d’une guerre de survie face à un État islamiste. La révolution du Rojava porte nos espoirs à tous et toutes d’une société égalitaire véritablement démocratique », lance Pierre, militant du collectif No Pasaran 84, qui a coorganisé cette manifestation.

    Fumigènes interdits

    Le rassemblement s’est tenu dans le calme, avec une mobilisation policière conséquente, notamment devant le conseil départemental. La préfecture de Vaucluse avait notamment publié, ce mardi 27 janvier, un arrêté portant sur la « réglementation de l’achat, de la vente, de la cession, de l’utilisation, du port et du transport des artifices de divertissement et des articles pyrotechniques ». Ceci « afin de prévenir les débordements de voie publique à l’occasion de la manifestation revendicative », justifié à la fois par des tirs de mortiers survenus ces derniers mois dans plusieurs villes du département et par les incidents ayant émaillé la manifestation de Marseille du jeudi 22 janvier, au cours de laquelle des individus masqués avaient tiré sur les forces de l’ordre avec des mortiers d’artifice (lire notre édition de vendredi). Ces actes avaient été condamnés « avec la plus grande fermeté » par les organisateurs. À Avignon, le samedi 24 janvier, « une dizaine de participants » auraient également « tiré des fusées d’artifice ».

  • La nouvelle procureure d’Avignon séduite par son cadre de travail

    La nouvelle procureure d’Avignon séduite par son cadre de travail

    Ses « perspectives et axes d’actions » sont réservés à son discours d’installation, le 6 février, lors de l’audience de rentrée du tribunal d’Avignon. Mais Stéphanie Aouine, qui a pris ses fonctions de procureure de la République le 5 janvier, a toutefois reçu la presse, ce mercredi matin. La nouvelle cheffe du parquet est pour l’heure en phase exploratoire, mais prône une méthode « de proximité et de coordination, j’ai toujours travaillé comme ça, il n’y a pas de raison pour que ça change ».

    À 49 ans, Stéphanie Aouine prend la responsabilité de son 3e parquet, après avoir été procureure de la République à Châteauroux puis Angoulême, d’où elle arrive. « J’y ai passé à chaque fois 5 ans et demi, il est temps de relever de nouveaux défis », expose-t-elle. Et ils ne manquent pas. Comme avec le narcotrafic, un sujet abordé avec humilité : « Les acteurs de cette lutte n’ont pas attendu mon arrivée pour faire des choses, ma logique est plutôt de m’inscrire dans les stratégies locales qui sont déjà mises en œuvre. »

    La procureure n’occulte pas non plus « les atteintes aux personnes et violences intrafamiliales » ainsi que « la prise en charge et l’accompagnement des victimes ». Un sujet qui résonne pour celle qui a rédigé un mémoire de fin d’études universitaires sur les femmes victimes de viol. Après un peu plus de trois semaines à Avignon, Stéphanie Aouine pose un premier regard « optimiste et bienveillant ». « J’ai été très bien accueillie. Je suis frappée par l’engagement et la motivation des gens, attachés à leur territoire, cela, je ne l’ai pas forcément trouvé partout de manière aussi prégnante », salue la procureure.

    Des renforts attendus

    d’ici à une année

    Pourtant, il y aura « du travail » en interne pour redonner confiance à son équipe de parquetiers, ébranlée par le management de sa prédécesseure, Florence Galtier. Il y a deux mois, nous révélions que son départ était lié à un lourd malaise, ayant déclenché une inspection. « Je l’ai découvert en vous lisant », sourit-elle, sans vouloir « s’appesantir dessus ». « Ma préoccupation n’est pas de m’intéresser à ce qui s’est passé avant, mais d’observer en faisant la connaissance des équipes et en établissant un diagnostic du territoire et de la juridiction pour avancer », se projette la procureure. À son sujet, « le ressenti est plutôt très positif », nous confie-t-on au sein du parquet, en attendant « de voir à la pratique ». Des moyens humains, réclamés en interne, devraient arriver d’ici à un an avec deux nouveaux parquetiers attendus, contre dix aujourd’hui. « Notre ministère a tiré les conséquences des hausses d’activité à laquelle l’institution judiciaire doit faire face », conclut-elle.

  • Une journée sur les traces d’Anne Frank pour des collégiens et lycéens d’Avignon

    Une journée sur les traces d’Anne Frank pour des collégiens et lycéens d’Avignon

    Ton grave, guitare acoustique en fond et texte historique en main : dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville d’Avignon, quelques dizaines d’élèves des établissements scolaires du Vaucluse ont participé à un exercice théâtral de mémoire en hommage à Anne Frank.

    Cette journée citoyenneté était organisée par la municipalité à l’occasion du 81e anniversaire de la libération des camps nazis, et plus particulièrement de celui d’Auschwitz en 1945. Les jeunes de la 2e5 du lycée René-Char ont ainsi, pendant une bonne heure, lu des passages du journal intime d’Anne Frank devant des élus de la Cité des Papes et des représentants d’associations comme les Amis de la fondation pour la mémoire des déportés du Vaucluse (AFMD 84). Un projet porté par les enseignantes de l’établissement Anne-Marie Goulay, professeure d’histoire-géographie, et Nicole Sander, professeure de lettres.

    Dans le hall d’entrée, une exposition sous la forme d’une longue frise chronologique retraçant la vie d’Anne Frank, la montée du nazisme en Allemagne et la Seconde Guerre mondiale, ainsi que les exactions du régime fasciste, accueillait les jeunes visiteurs.

    Devant une classe de 3e du collège La Salle, un représentant d’association échangeait brièvement avec les élèves, offrant un cours d’histoire express, notamment sur « l’instauration d’un système de peur après une arrivée légale au pouvoir de l’extrême droite ». L’après-midi, une projection du film Elle s’appelait Sarah s’est tenue au cinéma Vox, suivie d’un débat animé par Daniel Cling, président de l’AFMD du Vaucluse.

  • [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver

    [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver

    On ne peut pas dire que la régulation du marché locatif saisonnier suscite de vifs débats dans une campagne où le temps des projets n’a pas encore éclos. Seule Mathilde Louvain (LFI) a jusque-là mis la focale sur la question du logement, souhaitant encadrer les loyers et mener une « action résolue contre la spéculation immobilière ». Une thématique qui frappe principalement Avignon et son centre-ville.

    D’après une étude de l’agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav), publiée en décembre dernier, 5 400 annonces de logement de courte durée étaient actives en 2024, à Avignon, dont la moitié en centre-ville. Dans l’intra-muros, sur 100 annonces de locations, 18 concernent ces meublés touristiques. Un marché qui a généré 38 millions d’euros de revenus. Sans surprise, l’été, en particulier juillet, concentre 42% de ces réservations, Festival oblige. « Le nombre de locations saisonnières avec au moins une nuit réservée a plus que doublé en l’espace de 8 ans », constate la municipalité.

    La prochaine équipe aux manettes ne partira pas d’une feuille blanche. Par deux fois, en septembre 2023 puis février 2025, la majorité a mis ce sujet sur la table du conseil municipal pour réguler ce marché très prisé des investisseurs immobiliers, mais qui « créé une pénurie d’offres accessibles pour les ménages ». En six ans, la part de studios, T1 et T2, est passé de 55% à 60% en centre-ville. « La part de loueurs possédant au moins deux biens est de 39% en 2024 et a fortement progressé en 6 ans », constate l’Aurav.

    La taxe sur les résidences secondaires majorée

    Pour s’en prémunir, la Ville a d’abord majoré de 50% sa taxe sur les résidences secondaires. Il a fallu attendre que le gouvernement place la commune en zone tendue, permettant ainsi d’actionner le levier fiscal. Le gain pour les finances municipales était espéré autour d’un million d’euros. Une mesure rejetée par le RN qui parlait de « taxe punitive ». Autres actions, actées il y a un an, la limitation de la location des meublés touristiques à 90 jours par an contre 120 auparavant. Mais également l’obligation de « soumettre le changement d’usage de locaux d’habitation à une autorisation préalable ».

  • Le chemin Cartoux à Avignon remis à neuf grâce au budget participatif

    Le chemin Cartoux à Avignon remis à neuf grâce au budget participatif

    Devant une cinquantaine d’élèves de l’école Jean-Henri-Fabre, le nouveau visage du chemin Cartoux, un passage d’une centaine de mètres longeant l’arrière de l’établissement, a été inauguré lundi 26 janvier par la municipalité.

    Très fréquenté par les enfants de l’école, ce passage a été rénové dans le cadre du budget participatif de la Cité des Papes, pour un montant de 141 000 euros. Le projet avait été retenu lors de l’édition 2024. Le chemin, totalement goudronné et peu accueillant, laisse aujourd’hui place à un axe au revêtement beige et surtout à des parties végétalisées sur les côtés. « Il fallait absolument perméabiliser car l’eau de pluie ne s’écoulait pas et les enfants avaient tous les jours les pieds dans l’eau », confie ainsi Patrick Froissac, porteur du projet. Des fresques colorées, avec des éléments naturels et des insectes, ont également été réalisées par les élèves du complexe, sous la supervision de l’artiste Ana Arango.

    La maire d’Avignon, Cécile Helle (PS), s’est elle aussi félicitée de ce projet mené à son terme. Pour l’une de ses dernières inaugurations avant la fin de son mandat, la première édile, visiblement émue, voit dans cette réalisation un exemple de « construction collective qui mobilise tous les habitants » en « remettant du beau en ville avec la collaboration d’artistes ». Julien De Benito, adjoint (PCF) délégué au quartier Nord Rocade, exprime sa « satisfaction de voir ce projet aboutir », évoquant son attachement particulier en tant qu’« ancien papa de l’école maternelle ». Selon lui, ces travaux « donnent une vraie plus-value au quartier et vont améliorer la vie des habitants ».

  • Le narcotrafic au cœur des municipales : en Vaucluse, chaque candidat a son plan

    Le narcotrafic au cœur des municipales : en Vaucluse, chaque candidat a son plan

    Fusillade mortelle à Avignon, qui a empêché le tramway de circuler pendant une semaine ; arrêté préfectoral pris à Orange pour interdire la distribution gracieuse de fournitures scolaires par un cartel local de drogue ; progression du trafic dans les campagnes… Le narcotrafic n’épargne pas le Vaucluse. Seule éclaircie, selon les autorités : la disparition des points de deal dans la cité du Dr Ayme à Cavaillon.

    À Avignon, la sécurité est l’un des thèmes majeurs de campagne. Avant la présentation exhaustive des programmes, beaucoup de candidats ont déjà ciblé des propositions sur ce thème : Paul-Roger Gontard (La Convention) souhaite un débat, Stéphan Fiori (DVD) compte prendre la délégation sécurité, David Fournier (PS) sollicitera « le ministre de l’Intérieur toutes les semaines », Olivier Galzi (DVD) veut plus de « bleu dans les rues » et Mathilde Louvain (LFI) souhaite une police municipale de proximité tournée vers la médiation.

    Du côté de Carpentras, le maire sortant et candidat Serge Andrieu (DVG) a mis en place, l’an passé, des mesures fortes et médiatiques. En avril, il a instauré un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans -voire 16 ans selon les quartiers – entre 23h et 6h « pour protéger nos jeunes et limiter leur implication dans les trafics de stupéfiants ». Une mesure prolongée, en décembre, pour six mois. En sept mois, « les mises en cause de mineurs pour des faits liés aux stupéfiants ont diminué de 78,26% et le nombre de mineurs victimes de coups et blessures a reculé de 46% », se félicite la municipalité. Autre dispositif, la création d’une brigade mobile d’intervention, à l’automne dernier. Une unité de la police municipale, unique en Vaucluse, exclusivement dédiée « au contrôle du domaine public pour prendre la place des guetteurs et ainsi éloigner les clients qui alimentent le trafic ». Fin 2022, Serge Andrieu avait porté à l’Élysée 5 000 lettres types d’habitants réclamant davantage de moyens humains en matière de police et de justice pour sa ville. Dix postes de policiers ont été créés depuis.

  • Soutien de LFI à Avignon, la cheffe de file écolo est hors jeu

    Soutien de LFI à Avignon, la cheffe de file écolo est hors jeu

    Samedi, lors du premier meeting de campagne de Mathilde Louvain (LFI), outre la présence de la députée LFI Mathilde Panot, une autre personnalité a été remarquée : Sabah Badji. Cheffe de file des Écologistes pour les municipales, elle n’a pas pris la parole, mais a été invitée à monter sur scène et a été présentée comme soutien. Problème, son parti s’est positionné, en novembre, pour une alliance avec la liste de David Fournier (PS).

    « Je rejoins la liste de Mathilde Louvain en tant que société civile », confie Sabah Badji à La Marseillaise, assumant de fait de perdre son statut de cheffe de file. « Clairement, je ne me retrouve pas dans la campagne conduite par le candidat du Parti socialiste. Il n’y a ni projet de rupture, ni écologie ambitieuse à la hauteur des enjeux actuels », poursuit-elle dans un communiqué, déplorant « l’attitude et les négociations sournoises menées en coulisses », au détriment « de la construction programmatique ».

    Le choix de Sabah Badji n’est pas une surprise, elle qui plaidait pour un soutien de son parti à LFI. « On l’a suspendue dans la journée », réagit François Thiollet, membre du bureau national des Écologistes et représentant de la tutelle du parti dans la région : « Elle ne jouait pas le jeu de l’alliance avec le PS, ne faisait pas campagne, on aurait pensé qu’elle serait partie dès novembre. » Désignée cheffe de file en juin face à Jean-Pierre Cervantès, élu d’opposition, Sabah Badji n’a pu assez convaincre en interne pour faire alliance avec LFI.

  • Paul-Roger Gontard sur un frêle fil jusqu’au-boutiste

    Paul-Roger Gontard sur un frêle fil jusqu’au-boutiste

    Depuis qu’en juin dernier, Paul-Roger Gontard s’est positionné dans la course aux municipales pour prendre la suite de Cécile Helle à Avignon, l’adjoint (La Convention) à l’urbanisme est adepte du louvoiement. D’abord sans afficher clairement son intention, parlant d’idées et pas de casting, puis en se disant prêt à endosser le costume de maire tout en assurant vouloir élargir la majorité actuelle. « Nous arriverons à l’union, c’est une exigence », assurait-il dans nos colonnes il y a un mois et demi. Entre-temps, son possible allié le plus proche, Joël Peyre, s’est retiré de la course et la maire (PS) Cécile Helle a apporté son soutien à David Fournier (PS).

    Si quelques-uns des soutiens initiaux de Joël Peyre l’ont depuis rejoint, son espace politique s’est assez restreint. Virer vers le centre droit d’Olivier Galzi est une option qui a été très vite rejetée. Ce vendredi matin devant la presse, Paul-Roger Gontard avait pour but de présenter son projet culturel et patrimonial avec 15 propositions. Mais à moins de deux mois du premier tour, avec qui porter ce programme ? « Il n’est ni questions d’ego ou de posture mais d’une candidature aujourd’hui qui propose une offre politique claire aux Avignonnais », défend-il, pensant incarner « l’espace social-démocrate, progressiste, écologiste ».

    Pour justement clarifier, Paul-Roger Gontard, qui ne souhaite pas d’accord avec les insoumis et la liste de Mathilde Louvain au second tour (la réciproque est vraie), reproche à David Fournier de ne pas s’engager sur la question. « C’est un sujet important mais pas le seul », poursuit-il, évoquant « une charte éthique, un élément décisif dans l’exercice des responsabilités publiques ». Sur la question de LFI, David Fournier renvoyait, il y a une semaine, sa réponse au soir du 1er tour. « Ce sera une décision collégiale », indiquait-il, guidée par les scores des listes respectives.

    Pour l’heure, Paul-Roger Gontard confirme « absolument » qu’il sera candidat le 15 mars. « Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout, nous ne voulons pas tomber dans une gouvernance de majorité qui serait instable et prise en otage par les extrêmes et les alliances », martèle-t-il. Mais en gardant la porte ouverte « à une main tendue et discours d’ouverture » car « personne ne pourra gagner seul ». Manière d’accentuer la pression sur David Fournier avec qui une rencontre est encore prévue en début de semaine ?

  • Le mouvement Debout de Ruffin se lève en Vaucluse

    Le mouvement Debout de Ruffin se lève en Vaucluse

    Pas une nouvelle liste de gauche à Avignon mais un nouvel acteur politique. Le mouvement Debout, impulsé par le député ex-LFI François Ruffin, vient de s’implanter en Vaucluse. Fort de 400 sympathisants et 50 adhérents, il a été présenté ce vendredi à Avignon. « La politique doit servir à protéger les gens, pas à les écraser, François Ruffin représente une voix qui n’a jamais accepté que la résignation devienne la règle, il montre que l’on peut mener un combat sans se trahir », fait valoir Philippe Pascal, référent départemental.

    Connu comme lanceur d’alerte comme inspecteur de l’Urssaf, – « François Ruffin faisait partie de mon comité de soutien » – celui qui a porté une candidature DVG aux dernières législatives à Avignon avant de soutenir au second tour Raphaël Arnault, défend « la dignité au travail, la justice fiscale, les services publics et la lutte contre la précarité ». Des thèmes qu’il entend porter dans la campagne des municipales mais pas à n’importe quel prix.

    « On va discuter avec David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) mais on ne veut pas de liste hétéroclite entre amis d’aujourd’hui ensemble et ennemis d’hier puis de demain, on veut échapper à la cuisine et aux arrangements dont les gens ont marre », pose Philippe Pascal, orphelin de Joël Peyre dont il était un soutien initial. « Certains m’ont demandé de prendre sa suite mais il y a déjà assez de listes à gauche pour ne pas rajouter de la division », estime-t-il. Debout Vaucluse pourrait donc aussi ne soutenir aucun candidat mais « dans tous les cas, on appellera à voter à gauche, le pire serait d’abandonner le terrain aux marchands de haine », assure Philippe Pascal. Notons que hors Avignon, Philippe Armengol, maire-candidat de Velleron est membre de Debout.