Tag: Avignon

  • Alinea doit proposer un plan de relance

    Alinea doit proposer un plan de relance

    L’enseigne française d’ameublement de la galaxie Mulliez, Alinea, qui compte 36 magasins dont six en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en tout 1 200 salariés, a été placée jeudi en redressement judiciaire par le tribunal des activités économiques de Marseille.

    Il y a cinq ans, l’enseigne avait déjà connu le même sort. Le 12 janvier prochain, la direction devra présenter à ce même tribunal un plan de relance. Le redressement judiciaire de l’entreprise en grande difficulté financière (moins 47 millions d’euros de résultat net en 2024 pour 162 millions d’euros de chiffre d’affaires), sera assorti d’une période d’observation de six mois, selon des sources syndicales. La première des conséquences du redressement judiciaire se traduit par le gel des dettes de l’entreprise. Cela signifie que les créanciers de l’entreprise en redressement judiciaire ont l’impossibilité de se faire rembourser les créances échues avant le jugement d’ouverture.

    1 000 salariés licenciés

    en 2020

    La marque espérait atteindre la rentabilité en 2024, selon les prévisions affichées en 2023, lorsqu’elle avait présenté son plan prévoyant la transformation d’une vingtaine de magasins Zodio (également galaxie Mulliez) en enseignes Alinea.

    Fondée en 1989 à Avignon, Alinea avait déjà été placée en redressement judiciaire en 2020 en pleine pandémie de Covid-19. Elle avait été finalement reprise par ses propres actionnaires, opération rendue possible par une ordonnance gouvernementale prise à la faveur de la crise sanitaire, perdant au passage 17 magasins sur 26 et près de 1 000 salariés sur 1 800. « La direction a exprimé l’espoir de trouver un ou des repreneurs, mais pour l’instant elle est dans la confidentialité et nous ne pouvons rien savoir. Nous craignons cependant que cette éventuelle reprise ne soit que partielle, et ne porte pas sur tous les magasins », a déclaré une source syndicale proche du dossier.

  • Relancer la vaccination pour les personnes à risque en Vaucluse

    Relancer la vaccination pour les personnes à risque en Vaucluse

    Le retour du froid est synonyme de retour des pathologies hivernales telles que la grippe ou la bronchiolite. Face à ça, comme le rappelle l’ARS de Vaucluse, la vaccination permet de protéger les plus fragiles. Mais le message ne passe pas forcément.

    « Il y a eu une baisse de 49% de vaccinations pour la population à risque », déplore ainsi Loïc Souriau, directeur départemental de l’ARS Vaucluse, ce mercredi 19 novembre depuis ses bureaux à Avignon. Le taux étant descendu en dessous des 50% en 2024 pour les catégories à risque, à savoir les plus de 65 ans, les femmes enceintes et les personnes atteintes d’affections de longue durée et de maladies graves. Tout en précisant que l’idéal pour réellement freiner serait un taux de 75% pour ces populations. Un geste qui a toute son importance en termes d’impact sur la santé publique. En effet, toujours d’après l’organisme de santé, deux tiers des personnes admises en réanimation à cause de ces maladies hivernales n’étaient pas vaccinées. Tout en rappelant que le spectre du Covid plane toujours au-dessus de nos têtes et qu’il est possible de se vacciner simultanément pour les deux maladies, et d’ainsi éviter de surcharger le personnel de santé.

    Pourquoi ce recul ? « Il y a malheureusement des croyances erronées à ce propos. Les fake news ont la vie dure. Alors qu’on se pose beaucoup moins de questions lorsque l’on prend un Doliprane et des antibiotiques, alors qu’il y a un risque hépatique pour l’un et que cela crée des bactéries résistantes pour l’autre », embraye le directeur de l’ARS. Pour y remédier, la campagne a démarré plus tôt, soit avant le 14 octobre cette année. Tout en insistant sur les gestes barrières, notamment à l’approche des fêtes et l’inévitable brassage de la population.

    Papillomavirus

    Autre vaccin pour lequel l’ARS est mobilisée : celui contre le papillomavirus, en particulier dans les collèges du territoire. Depuis trois ans désormais, l’organisation s’associe avec le centre hospitalier d’Avignon afin d’organiser une campagne dans les établissements pour les élèves de 5e, avec deux doses nécessaires données à plusieurs mois d’écart. Mais souvent, très peu de jeunes sont vaccinés « alors que c’est une question de santé majeure », regrette Loïc Souriau, le virus pouvant dégénérer en cancer de l’utérus, de la gorge, des testicules ou encore de l’anus. Et surtout pour les jeunes hommes, pour lesquels le taux de vaccination ne dépasse pas encore les 20%. Le directeur de l’ARS prend exemple sur l’Australie et la Nouvelle-Zélande où « la dynamique très engagée a permis une disparition des lésions précancéreuses pouvant dégénérer », assure le responsable. Pour rappel, d’après une étude publiée en 2023, près d’un tiers (31%) des hommes de plus de 15 ans serait atteint par au moins l’un des variants du virus.

    Hôpital d’Apt et médecins volontaires

    Loïc Souriau a également confirmé l’arrêt de la chirurgie à Apt, assurant que l’hôpital a besoin « d’un nouvel élan » et que les équipes de Cavaillon « sont prêtes depuis des années » à accueillir l’activité. Concernant l’accueil de médecins volontaires sur les zones en manque, les débuts « restent timides », mais confie que de nouvelles permanences ont été ou vont être assurées à Lapalud, Sault et Valréas ces prochaines semaines.

  • Alinea fixée sur son sort ce jeudi

    Alinea fixée sur son sort ce jeudi

    Nouvelle zone de turbulences pour Alinea. Jeudi 14 novembre, a relayé le quotidien La Provence, l’enseigne aux 36 magasins en France, dont deux dans les Bouches-du-Rhône (Aubagne et Cabriès), un à Avignon Vedène (Vaucluse) et un à Toulon (Var) a déposé auprès du tribunal de commerce de Marseille une déclaration de cessation de paiements. Ce qui signifie que la trésorerie dont elle dispose n’est plus suffisante pour régler ses dettes. Alinea, spécialisée dans le mobilier et la décoration, a été créée en 1988, et le 1er magasin a été ouvert à Avignon Le Pontet en 1989. Elle compte aujourd’hui plus de 1 000 salariés en France. La précédente grosse crise pour l’enseigne, dont Alexis Mulliez (de la famille Mulliez, propriétaire de Leroy Merlin, Decathlon…) a repris les rênes en 2017, date de 2020.

    « Un peu cher mais beau ! »

    À cette date, rapporte Libération, Alinea ferme 17 magasins et licencie près de 1 000 collaborateurs.

    Mardi, dans les allées de l’enseigne à Aubagne, aucun salarié n’a souhaité s’exprimer sur la situation : « On ne sait rien. On n’a pas d’informations. » Ni de la direction du magasin, ni de l’enseigne. Patricia, 68 ans, sort de chez Alinea. « Il y a vingt ans, on pouvait y trouver des rideaux en organdi pas cher. Aujourd’hui, l’offre est devenue plus lambda. L’enseigne cible des produits d’appel pour attirer les clients, mais globalement c’est pas donné… ». Camille, 28 ans, estime que ce qu’on y trouve « est peut-être un peu cher, mais c’est beau ! C’est pas de la camelote ».

  • Le quartier du Pont des deux Eaux, à Avignon, entame sa transformation

    Le quartier du Pont des deux Eaux, à Avignon, entame sa transformation

    Un parvis de la mairie annexe Est d’Avignon, dans le quartier du Pont-des-Deux-Eaux, qui « doit devenir la place du village », lance Fabrice Tocabens, adjoint (PS) au maire d’Avignon, en présentant les travaux à venir sur la zone.

    Avec donc en tête de gondole le projet du parvis de la maison commune. Et où une grosse partie du parking laissera place à une piste cyclable pédagogique ouverte à toute heure, qui pourra être utilisée pour des cours de vélo dans les écoles ou les associations des alentours. Des réfections qui commencent le 1er décembre prochain. Et pas de risque de ne plus avoir d’emplacement pour se garer, assure la municipalité. « On a la chance d’avoir beaucoup, beaucoup de parkings autour », précise l’adjoint tout en montrant les plans du futur espace qui devrait voir le jour en début d’année prochaine. Coût de l’opération : 170 000 euros.

    Vitesse importante

    Mais il n’y a pas que « la place du village » qui est refaite à neuf. Avec un projet autour du parvis de l’école Farfantello. En effet, la municipalité constatait « un gros problème de survitesse » autour de celui-ci, détaille Fabrice Tocabens. Le projet consiste ainsi à élargir le parvis, à rétrécir la voie et à monter un plateau afin d’obliger les automobilistes à abaisser leur vitesse s’ils tiennent à ce que leur carrosserie reste intacte. Tandis qu’autour de cet espace, les voies de mobilité douce sont également refaites pour un coût total de 400 000 euros. Tandis qu’en parallèle, trois toilettes publiques sont depuis cet été mises à disposition au parc Chico-Mendes.

  • Avignon : LFI s’inscrit en faux après les accusations de Faryssy

    Avignon : LFI s’inscrit en faux après les accusations de Faryssy

    En dévoilant sur la place publique, ce qui couvait depuis plusieurs mois en privé au sein de la France insoumise à Avignon, Farid Faryssy a jeté un pavé dans la mare des municipales à gauche. En attendant d’en connaître les conséquences en termes d’alliances ou d’affaiblissement du score des Insoumis [en 2020, la liste LFI conduite par Farid Faryssy avait récolté (5,36%)], la France insoumise a tenu à démentir les vifs reproches proférés par l’ancien candidat.

    « Ses récentes déclarations publiques, contenant des propos mensongers et diffamatoires à l’encontre de notre mouvement et de ses membres, notamment la tête de liste, Mathilde Louvain, et le député Raphaël Arnault, sont inacceptables, estime dans un communiqué le mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon. Ces attaques personnelles ne traduisent en rien la réalité du fonctionnement de la France insoumise et visent à nuire à la crédibilité du travail collectif mené dans le département, et en particulier à Avignon. »

    Il y a une semaine, Farid Faryssy (notre édition du 13/11) avait annoncé « se mettre en retrait » de LFI, parlant de « dérives » et d’un « climat local gravement dégradé ». En cause ? « Les comportements autoritaires, les pratiques d’intimidation et les violences verbales qui s’y sont installés ont rendu impossible tout travail collectif sincère et apaisé », accusant Raphaël Arnault d’être « devenu le principal vecteur de ces violences et de cette division ». En réponse LFI parle « d’ambitions personnelles à assouvir ».

    Lors des législatives de 2024, Farid Faryssy, qui pensait obtenir l’investiture comme deux ans plus tôt, n’avait que peu goûté voir débouler Raphaël Arnault, sans toutefois s’en ouvrir publiquement. Désigné co-chef de file des municipales en juin avec Mathilde Louvain, il pensait, là encore, pouvoir être promu tête de liste. En vain. Face à l’impossibilité de se mettre d’accord localement, le national avait opté pour Mathilde Louvain. Farid Faryssy vient de lancer son collectif, Humains libres et égaux et compte bien encore jouer un rôle pour le scrutin de mars. À ce stade, un rapprochement avec David Fournier (PS) est plausible. Un parti dans lequel Farid Faryssy a été encarté jusqu’au début des années 2010.

  • Missions locales : en Vaucluse, un impact pour 2 300 jeunes

    Missions locales : en Vaucluse, un impact pour 2 300 jeunes

    Cette semaine, la mission locale du Grand Avignon démontrera, s’il y en avait besoin, son rôle majeur auprès des 16-25 ans du territoire. Deux initiatives sont prévues : ce mercredi après-midi à Sorgues, le forum « Bouger pour réussir », dédié à la mobilité, à la prévention routière, à l’emploi et à la formation, est organisé. Le lendemain, à Avignon (Château Saint-Chamand), c’est l’orientation qui sera mise en avant à l’occasion d’un forum dédié. Deux événements qui s’adressent potentiellement aux plus des 5 500 jeunes (16-25 ans) suivis par la structure du Grand Avignon. Qui, à l’instar de ses trois autres collègues vauclusiennes (Comtat Venaissin, Luberon et Haut Vaucluse) s’inquiète de la potion budgétaire amère actuellement concoctée par le gouvernement. Si la baisse de 13% des crédits est actée, une vingtaine de postes de conseillers pourraient être supprimés. Avec comme répercussion immédiate un défaut de suivi pour 2 300 jeunes Vauclusiens. Le tout dans un département présenté comme le 5e plus pauvre de France.

    « La jeunesse n’est pas une variable d’ajustement, c’est de l’investissement dans l’avenir du pays », revendiquait, il y a dix jours, la présidente de la mission locale du Grand Avignon, Lilou Quennesson, également conseillère municipale d’Avignon déléguée à l’emploi et l’insertion. Le dossier budget doit arriver au Sénat la semaine prochaine, les missions locales poussant pour des amendements annulant cette coupe financière.

  • Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Sapins et guirlandes de Noël sont déjà de sortie devant les Galeries Lafayette du centre commercial Cap Sud d’Avignon en ce jeudi 13 novembre, mais pas de foules à l’image de celles vues le 16 octobre dernier pour la première journée de liquidation des Galeries du centre Bourse, à Marseille.

    Dans les allées, sous un éclairage aux lumières blanches et entre les produits de marques plus ou moins connues des férus de mode, une douzaine de clients flânent en regardant parfois un produit qui attire l’œil. Parmi eux, des habitués comme Marcelle et Anita, retraitées avignonnaises du groupe Monoprix, pour qui ce « serait dommage » de voir disparaître « ce genre d’endroit symbolique qui porte un peu de chic dans la ville ». Tout en regrettant « des prix qui ont rendu inaccessibles ces produits à la plupart des gens ». « Franchement, une fermeture ne me ferait absolument rien », rit, après avoir fait les gros yeux devant les étiquettes de prix d’une veste, Nathalie. Venue avec son fils Tom, 17 ans, car ils passaient dans le coin, « c’est la première fois en 15 ans que je viens ». « Il y a presque trop de choses. À l’heure des plateformes de seconde main, je ne comprends pas ce type de magasin. Même si je conçois que ça manquera aux personnes qui ont l’habitude de s’habiller ici », abonde Tom, sac d’une enseigne de prêt-à-porter à bas prix en main.

    « Il n’y a pas de craintes de fermeture », assure Olivier Bernardi, directeur du site. Et ce, car le magasin a été affilié en 2021 par le groupe Retail Avignon, qui est aussi propriétaire des Galeries Lafayette de Béziers et Nîmes. « Les finances sont totalement dissociées. Et tout se passe bien à Avignon. En 2025, nous avons fait entrer plusieurs nouvelles marques, par exemple, et en 2024, on était en progression de 5 points », détaille le responsable.

    Un rachat qui a réorganisé le fonctionnement du magasin et chamboulé certains employés comme Jérôme*, plus de trente ans d’ancienneté et en arrêt maladie depuis plus d’un an. « Suite au rachat, la charge de travail a augmenté et on nous a supprimé nos primes alors qu’on a un salaire minable. Je ne reconnais plus mon magasin. Après tant d’années de joie, je ne peux plus approcher du centre commercial sans ressentir de l’angoisse », soupire-t-il.

    *Prénom modifié à sa demande

  • L’aéroport d’Avignon a entamé la mise aux normes de sa piste

    L’aéroport d’Avignon a entamé la mise aux normes de sa piste

    Depuis de nombreuses années, l’aéroport d’Avignon vit avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête : l’obligation de mettre aux normes de sécurité européennes [Resa, dans le jargon aéronautique, pour Runway end safety area] sa piste pour pouvoir continuer à tourner. Un dossier qui est en passe de se finaliser. Depuis trois semaines, à défaut d’avions de vols commerciaux, des engins de chantier sont entrés en piste.

    En bordure de la route de Morières, obligeant le golf à trouver un nouvel emplacement pour son trou numéro 6 (lire ci-dessous), des monticules de terre sont retournés. « On le répète et le martèle, il n’y a pas d’extension de piste parce qu’il y a toujours une crainte de la part des riverains de voir une déviation de la voie communale, ce sont des projets qui ne sont absolument plus à l’ordre du jour », assure Guillaume Desmarets, directeur de l’aéroport, qui a pris ce dossier brûlant à son arrivée il y a un an et demi. Sans trop avoir le choix puisque l’aéroport frisait la fermeture. La direction de l’aviation civile lui a accordé une dérogation le temps de finaliser les travaux d’ici à janvier.

    La piste, d’une longueur actuelle de 1 880m, sera réduite de 5m tandis que le périmètre de l’aéroport sera agrandi. « Cela nécessite des travaux d’aplanissement du terrain en bout de piste donc c’est pour ça qu’il y a un petit mouvement de clôture périphérique, la Région [propriétaire de l’aéroport] récupère une partie du terrain qui lui appartenait déjà », souligne Guillaume Desmarets. Contactée, la collectivité n’a pas, « à ce stade », voulu nous répondre sur le détail et coût du dossier. Mais, selon le marché attribué pour les travaux, ce serait de l’ordre de 620 000 euros.

    Un recours au tribunal

    Dans un courrier adressé aux services de la Ville de Morières, consulté par La Marseillaise, la Région a, en revanche, été plus disserte pour justifier pourquoi les travaux n’ont eu besoin d’aucune autorisation d’urbanisme. Elle estime qu’ils relèvent « de la sécurité de la circulation aérienne » et que la loi et la jurisprudence ne nécessitent pas d’être mis en conformité avec le plan d’urbanisme local. L’Un-Adrac, association de riverains qui milite pour l’arrêt de l’aéroport, a une lecture tout autre. Elle a envoyé, le 4 novembre, une mise en demeure au préfet « pour faire cesser les travaux ».

    L’Un-Adrac soulève plusieurs motifs, comme « l’atteinte à des zones protégées et un risque environnemental immédiat ». Sont notamment évoquées « les nappes phréatiques du champ captant de la Saignonne, les zones humides de la Durance et la biodiversité locale ». « Ces atteintes seraient irréversibles », soutient la missive adressée au préfet. « L’aéroport s’affranchit des règles au motif d’un intérêt public, c’est un passage en force », dénonce Yves Marie-Cardine, président de l’Un-Adrac.

    Pas de quoi inquiéter le directeur de l’aéroport : « On est dans un cadre strictement légal, qui n’entre pas dans le champ d’un diagnostic. Il n’y a aucune atteinte à la zone de captage, les travaux se déroulent en dehors des zones interdites, défend Guillaume Desmarets. La biodiversité va même y gagner, car la zone sera dépourvue de toute artificialisation liée au golf, son bunker et l’herbe coupée à 3cm qui n’a rien de naturel ». Faute de réponse positive du préfet, l’Un-Adrac a saisi le tribunal administratif de Nîmes pour un référé-suspension. L’office français de la biodiversité s’est aussi saisi du sujet.

  • Du côté du golf d’Avignon, le parcours en voie de modification

    Du côté du golf d’Avignon, le parcours en voie de modification

    Arrivé à la tête du golf d’Avignon Châteaublanc en juillet dernier, Julien Rueda ne pensait pas à devoir gérer si vite le dossier de la mise aux normes de l’aéroport, véritable serpent de mer de son voisin de parcelles. « On m’a dit, t’inquiète pas, de toutes façons c’est un projet qui est dans les tuyaux depuis 25 ans, ça sort pas, et puis finalement ça s’est accéléré et bousculé », parvient à en sourire le directeur. « L’emprise du golf mordait sur une partie des terrains de la Région », détaille Guillaume Desmarets, directeur de l’aéroport. Un emplacement que le golf utilisait pour son trou numéro 6, désormais inaccessible.

    Entre golf et aéroport, au-delà de la proximité géographique, il y a des liens entre propriétaires : le golf est installé sur un domaine appartenant à la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), elle-même actuelle gestionnaire de l’aéroport. «On a une délégation de service public jusqu’en décembre 2030 », précise Julien Rueda, stipulant qu’à cause des travaux, un allongement de la concession « est en discussions ».

    En attendant, le golf, qui reste ouvert, a du parer au plus pressé. « On a été obligés de prendre une décision rapide pour pouvoir continuer à proposer à nos membres [750 licenciés] un parcours provisoire de 18 trous et accueillir des compétitions », fait valoir le directeur du golf. Concrètement, un nouveau trou a été aménagé autour du trou numéro 1, qui passe d’un par 5 en un par 4.

    En parallèle, un projet est en cours de finalisation pour que « dès janvier, on commence les travaux pour construire un nouveau trou en remplacement du trou n°6, sur un secteur derrière les trous n°7 et 8 », détaille Julien Rueda. Notons que la direction développe une politique de golf pour tous « pour casser les clichés ». Plusieurs initiations gratuites de deux heures sont proposées chaque week-end.

  • « Les politiques contre la drogue sont un échec total »

    « Les politiques contre la drogue sont un échec total »

    La Marseillaise : En tant que présidente de la LDH, vous avez choisi de venir à Avignon pour cette journée de débats. Cela montre-t-il que les politiques autour de la drogue sont un sujet qui vous tient
    à cœur
     ?

    Nathalie Tehio : C’est effectivement un sujet particulièrement important. On se rend compte qu’il y a un vrai problème de sécurité lié au trafic de drogue. Et particulièrement dans le Vaucluse, d’où le choix d’organiser cette journée ici. On me parlait de la fusillade qui a touché un tram et c’est particulièrement grave, car cela montre que cela peut toucher n’importe qui. Donc, il est important de se poser à un moment donné pour réfléchir de nouveau, puisque la seule solution qui est proposée, comme une sorte d’engrenage, est une solution sécuritaire. C’est-à-dire qu’on nous dit : « Puisque le principe est de chercher la sécurité, vous acceptez les mesures que le gouvernement et les exécutifs locaux vous proposent », y compris lorsqu’elles sont contraires aux droits et aux libertés.

    Cette politique est-elle un échec, selon vous ?

    N.T. : C’est un échec total. Il faut rappeler qu’en Europe, la France est à la fois le pays qui a la politique la plus répressive et celui avec la population la plus consommatrice de drogues. C’est quand même fou et ça montre bien qu’il faut changer de politiques.

    À quoi cet échec est-il dû ?

    N.T. : C’est le résultat de politiques néolibérales. La loi prévoit, par exemple, un plan quinquennal d’éradication de la pauvreté, dont le lien avec le trafic de drogues est prouvé. Or, depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir, il n’a pas été fait. On voit qu’éradiquer la pauvreté n’est pas une cause nationale. Tout comme le choix de la politique du chiffre mise en place lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir. On demande des comptes aux policiers et les enquêtes pour faire tomber un réseau durent des mois et des mois. Donc, on s’attaque aux petites mains, au trafic de rue ou encore au consommateur, car ce sont des cas résolus souvent en cinq minutes. Il faut que l’on se concentre sur le haut du panier et pas l’inverse.

    Quelles solutions portez-vous justement ?

    N.T. : On prône, par exemple, la dépénalisation de l’usage de stupéfiants. C’est ce que prône également l’ONU. Pour la grande majorité de ceux qui consomment des drogues, l’usage est tout à fait contrôlé et raisonné. Tout en sachant qu’il peut y avoir des effets nocifs à l’égard d’autrui et il faut bien sûr en tenir compte.

    Quels sont vos leviers d’action ?

    N.T. : Tout d’abord à travers des journées comme celles-ci. Cette journée d’étude est nationale. Et on porte nos propositions au gouvernement avec le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD). Dans ce cadre, nous avons rédigé clés en main une proposition de loi qui est sur la dépénalisation de l’usage de stupéfiants. Des propositions dont des députés et sénateurs se sont emparés. La sénatrice écologiste de Paris, Anne Souyris, a déposé une loi à ce propos, avec un texte largement inspiré de notre travail. On est toujours dans cette dynamique-là et on veut relancer d’autres sujets, comme celui des haltes soins addictions.

    L’événement se tient de 8h30 à 17h30, ce samedi, à la Scierie, 15, quai Saint-Lazare.