Tag: Avignon

  • La jeunesse nombreuse d’Avignon fortifie la lutte

    La jeunesse nombreuse d’Avignon fortifie la lutte

    C’est le keffieh autour du cou et l’autocollant CGT collé sur sa chemise que Louis, étudiant à Avignon Université, s’est exprimé devant plus de 2 500 manifestants sur la place du Palais des Papes, ce jeudi 2 octobre, en fin de manifestation, pour réaffirmer « que la jeunesse lutte aux côtés des travailleurs et des travailleuses ». Une scène qui se répète après celle du 18 septembre dernier et qui témoigne de l’importance grandissante que prennent les jeunes générations dans la lutte.

    « L’avenir, c’est la jeunesse. Et elle ne sera pas spectatrice de notre état social. Ce énième gouvernement macroniste, fidèle serviteur du Medef, veut nous soumettre, nous écraser, briser les acquis sociaux et nos services publics. Nous ne laisserons pas le grand patronat l’emporter », poursuit l’étudiant sous les applaudissements. En effet, la rentrée sociale en cité des Papes est marquée par la présence en nombre d’étudiants et de lycéens qui se joignent au cortège de l’intersyndicale, comme on a pu le constater les 10 et 18 septembre derniers. Des journées pendant lesquelles le lycée Mistral avait notamment été bloqué. « On est là pour faire passer le message qu’on est dans une grande colère. On en a marre de l’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes et de subir la politique économique et sociale de Macron. Si l’on ne se bat pas aujourd’hui pour nous-mêmes… Personnellement, j’essaie de motiver mes camarades de classe, mes amis et même mes parents à nous rejoindre », confie Nino Martinez, scolarisé au lycée Mistral à Avignon, pendant que le chant « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos » est repris en chœur par ses camarades.

    Quelques minutes auparavant, ce même groupe de plus de 250 jeunes avait bruyamment rejoint la place Jean-Jaurès, point de départ de la manifestation, avant que le cortège complet de l’intersyndicale ne s’élance, comme s’ils étaient attendus. « Il faut absolument que l’on continue ça. C’est avec ce genre d’actions que l’on crée des liens, ce qui permettra à tous de plus nous impliquer », confie Nathan Mahaud, étudiant en sciences politiques à l’Université d’Avignon. Tout en confiant être mobilisé « pour soutenir les actions en faveur de Gaza », mais aussi pour exprimer son « désaccord avec la négation de démocratie d’Emmanuel Macron et les coupes budgétaires ».

    Porteuse d’espoir

    Une présence massive qui réjouit aussi les syndicats, comme le confirme en fin de manifestation Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse qui, au nom de l’intersyndicale, quelques minutes auparavant, dénonçait « une politique de classe toujours plus antisociale qui pressure le salariat ». « L’important, c’est que cette jeunesse qui se mobilise aujourd’hui ait conscience des conditions d’études et des mesures d’austérité qu’elle subit depuis de nombreuses années. Et ce qui l’attend avec les prochains budgets du Premier ministre ne va qu’accentuer ces difficultés. Cette mobilisation d’étudiants est le révélateur d’une très grosse colère sociale. Elle porte beaucoup d’espoir, cette jeunesse », poursuit la responsable syndicale. Elle se réjouit également de la présence d’étudiants en alternance d’ores et déjà syndiqués, révélatrice pour elle d’une « conscience politique élevée, tant au niveau de leurs conditions de travail que des conditions de l’environnement ». « Mais il ne faut pas oublier les jeunes travailleurs. Car ce sont eux qui ont le pouvoir de bloquer l’économie demain. Mais ils sont souvent loin du syndicalisme et de la gauche », tempère, tout en se réjouissant de la forte présence de jeunes, Pablo Biancarelli, secrétaire fédéral des Jeunes communistes de Vaucluse.

  • Un centre de santé, premier pas du programme de Joël Peyre

    Un centre de santé, premier pas du programme de Joël Peyre

    Il n’y a qu’un seul médecin dans ce quartier et il a mon âge, donc il ne va pas exercer encore 20 ans. C’est pour cela qu’il faudrait un centre de santé municipal ici, et c’est la première chose que je porterais », lance Joël Peyre, candidat (PRG) aux élections municipales d’Avignon, ce 1er octobre dans le quartier de Saint-Chamand, quartier populaire d’Avignon.

    Une présentation d’une des premières mesures que l’actuel conseiller municipal délégué aux finances mettrait en place, en cas d’élection. Une idée qu’il a exposée également aux quelques habitants qu’il a pu croiser lors d’une déambulation dans certains lieux du quartier. À commencer par les membres de l’Association pour la culture et l’éducation des Comoriens d’Avignon (APCECA), qui a prêté ses locaux pour les premières esquisses. « Je suis né à Avignon et j’ai exercé en tant que médecin pendant 40 ans. Il faudrait normalement un médecin pour 1 000 personnes, et dans cette zone d’environ 6 000 personnes, dont 4 000 en QPV, il n’y en a qu’un. De plus en plus de personnes renoncent aux soins et une offre adéquate est indispensable », assure l’ancien médecin, à la retraite depuis fin 2024 et qui n’a pour l’heure pas prévu de renfiler la blouse.

    Le projet, qu’il aimerait voir se déployer ensuite dans d’autres quartiers de la ville, serait que des médecins généralistes salariés s’installent en permanence dans des locaux pour l’heure pas encore définis. Et ce, dans des conditions « adaptées à ce que recherchent les médecins qui sortent d’études. Ce sont en majorité des femmes qui ne veulent pas travailler seules, mais plutôt entourées, et en étant déchargées des démarches administratives, par exemple. Cela se fait notamment beaucoup en région parisienne et ça marche », expose ensuite Bernard Autheman, soutien de Joël Peyre, également conseiller municipal délégué aux bibliothèques, aux musées et à la culture provençale, ainsi que médecin psychiatre. L’établissement accueillerait également des kinés, des infirmiers, un orthophoniste ou encore des médecins spécialistes de façon alternée.

    Autres thématiques

    Une mesure qui semble enchanter la dizaine d’habitants croisés au cours de la matinée dans les quelques commerces ouverts. « Ces difficultés, on les voit au quartier. Le médecin d’ici n’ouvre parfois que de 8 heures à 11 heures. Cela pourrait être très efficace », confie dans ses locaux Ahamada Athoumani, président de l’APCECA et habitant du quartier. « Cela serait très bien. J’ai trouvé un médecin, mais il part également bientôt. Il me trouve mes autres rendez-vous car je n’arrive pas à le faire seule », confie Mireille Guyer, cliente de la pharmacie Filio Pierre, en plein cœur des tours. « Je vais souvent du côté de l’hôpital, mais je dois prendre le bus et le tram, car ce n’est pas à côté. Un seul docteur pour le quartier, ce n’est vraiment pas assez », ajoute Annick, habitante croisée dans la boulangerie.

    Un premier rendez-vous d’annonces qui en appelle d’autres. En effet, Joël Peyre assure que sa campagne sera ponctuée de « points mensuels sur des sujets comme la sécurité, le logement ou encore l’économie ». Une première réunion publique est organisée le lundi 13 octobre à 18h30 en mairie Nord d’Avignon.

  • Stéphan Fiori se lance en candidat libre de la droite

    Stéphan Fiori se lance en candidat libre de la droite

    À ce stade, Stephan Fiori, sorti de nulle part, est le candidat le plus avancé dans la campagne des municipales des 15 et 22 mars : affiche, slogan, visuels de projets, candidats sur sa liste… Ce chef d’entreprise de 47 ans dans les assurances a frappé fort, ce mardi soir au Novotel du centre-ville, pour officialiser sa candidature.

    Il fallait au moins ça pour sortir de l’anonymat politique. « Je crois en moi », nous confie-t-il, très sûr sur sa personne et son destin, à l’issue de plus de deux heures de meeting, réunissant quelque 250 personnes. « Il y a toute la jet-set d’Avignon », glisse un connaisseur. Dans l’assistance, beaucoup de commerçants, chefs d’entreprise et quelques encartés LR, dont Yohan Courtois, candidat aux législatives de 2024, et son suppléant, Pierre Bories, époux de Pascale Bories, maire LR de Villeneuve. « En 2023, je me suis rapproché de LR, mais j’étais trop bridé, le meilleur moyen de défendre sa ville est de partir libre, sans parti », estime Stephan Fiori, dont les 52 autres colistiers n’ont aussi « aucun passif ». S’il y a bien eu quelques échanges avec Julien Aubert (LR), ils ont été vains.

    Se posant en pur Avignonnais – il vient d’y racheter un logement car vivant à Rognonas -, le candidat a déjà dévoilé plusieurs mesures phares, reposant sur un état des lieux assez précis et pédagogue. Mais les réponses peuvent paraître parfois symboliques (maire qui prend la délégation sécurité), voire populiste : « Plus aucune construction de logement social ». Sans surprise, la sécurité, la propreté et la circulation (fin du plan faubourgs, retour de la voiture en centre-ville) ont principalement animé son propos.

  • Sur la Rocade, les Restos du cœur restent sous l’eau après la pluie

    Sur la Rocade, les Restos du cœur restent sous l’eau après la pluie

    Il est à peine plus de 9h, ce mardi matin. Près d’une dizaine de personnes patiente devant les portes de l’antenne des Restos du cœur sur la rocade, l’une des trois que compte Avignon. À côté de l’arrêt de tram des Olivades, le sous-sol de la salle polyvalente désaffectée de la Cabrière abrite l’association caritative. La porte affiche encore les stigmates de la semaine passée, où un mot indique que « suite aux fortes pluies, le centre est fermé mardi 23 et jeudi 25 ».

    La réouverture a donc lieu ce mardi. « On a envoyé un SMS groupé aux bénéficiaires », expose Antoine Perroy, bénévole et responsable de l’accueil et des inscriptions. Soit quelque 640 familles qui, une fois par semaine, ont accès à une distribution alimentaire, mais aussi à quelques produits d’hygiène de première nécessité. « Le nombre de bénéficiaires a progressé ces dernières années », constate-t-il.

    Dès qu’on pénètre dans le local, un ancien parking semi-enterré, l’odeur de l’humidité est encore prégnante. Mais ce n’est rien comparé à l’état observé de la semaine dernière, où jusqu’à 5cm d’eau ont envahi les lieux. « Le lundi, on a commencé avec les moyens du bord pour nettoyer, mais le mardi, la Ville a envoyé une société de nettoyage », souligne Antoine Perroy.

    Fort heureusement, les pertes alimentaires n’ont pas été majeures, avec un seul congélateur qui a rendu l’âme. « Mais c’est toujours écœurant de devoir jeter la nourriture », se désole Inès, bénévole depuis le mois de mai. Aux côtés de Jean-François, elle est dévolue ce mardi au rayon légumes et conserves. « Je ne sais pas si on aura plus de monde cette semaine, mais pour certaines familles, ça a dû être très compliqué de manger la semaine dernière », redoute Inès, tout en délivrant des attentions aux bénéficiaires qui défilent de stands en stands. Certains, comme Wafa, sont à la fois bénéficiaires et bénévoles. « C’est ma manière de les remercier », confie pudiquement cette maman de trois enfants.

    « Avec 570 euros par mois, vous ne vivez pas »

    « C’est vraiment la galère », lâche Christine. À 65 ans, elle est au RSA et espère toucher sa retraite dès le mois prochain. « Avec 570 euros par mois, vous ne vivez pas, assène-t-elle. Je ne suis pas venue depuis un mois à cause de soucis de santé, j’habite Verquières [petite commune du nord des Bouches-du-Rhône, Ndlr], je suis prête à vendre ma voiture, mais il n’y a rien là-bas, sauf une petite épicerie qui vend les yeux de la tête. La baguette est à 1,40 euro, alors je me rabats sur du pain de mie longue conservation à 70 centimes. » Cherchant à se rapprocher de sa fille à Avignon, Christine est en attente d’un logement social.

    Les Restos du cœur cherchent aussi, depuis longtemps, un nouveau toit, la salle polyvalente devant être rasée. L’inondation de la semaine dernière est venue renforcer la nécessite d’un local moins vétuste, de 600 à 700 m2. « On ne sait pas encore quand aura lieu la démolition, mais les besoins sont là, on a des idées, mais pour le moment ça ne colle pas », fait valoir Antoine Perroy. Le but étant de rester dans le secteur Rocade. Au plus près des besoins.

  • Mathilde Louvain, tête de liste LFI, plaide l’union, mais pas à tout prix

    Mathilde Louvain, tête de liste LFI, plaide l’union, mais pas à tout prix

    Jeudi dernier, le comité électoral de la France insoumise a désigné Mathilde Louvain comme tête de liste pour les municipales des 15 et 22 mars (lire notre édition de vendredi). Une suite logique après avoir déjà hérité du statut de co-cheffe de file en juin, aux côtés de Farid Faryssy. Le choix du national intervient deux semaines après une assemblée municipale locale, « qui s’est passée de manière plus ou moins simple et régulière », selon Mathilde Louvain qui, désormais, « ne ferme la porte à aucun militant » pour l’épauler dans la construction du programme.

    Au-delà du cadre interne aux insoumis, Mathilde Louvain pourra s’appuyer sur Raphaël Arnault. Le député LFI-NFP se voit en « coordinateur » de la campagne et ne sera sans doute pas situé loin sur la future liste insoumise. Une liste qui ne sera pas estampillée 100% LFI. « Notre volonté première est l’union, mais pas n’importe comment et pas vers n’importe quel objectif », pose Mathilde Louvain qui, à 32 ans, se lance pour la première fois dans une élection comme candidate. En clair, le rassemblement ne se fera pas sur la base d’une incantation à l’unité, mais sur des idées, car « aujourd’hui voir un assemblage de logos sur un tract, ce n’est pas une garantie, l’union doit être populaire, à savoir intégrer la population dans le processus de travail », prône-t-elle.

    Salariée d’une structure culturelle, « Avignonnaise depuis trois ans », Mathilde Louvain assure discuter « jusqu’à David Fournier (PS) ». « Pour contrer la menace de l’extrême droite, il faut un programme pour et ne pas utiliser cette menace comme seul argument, estime-t-elle. Mais on n’ira pas faire d’alliance contre-nature jusqu’à la Macronie ou même avant. »

    « Aucun sens à faire tabula rasa »

    Dans le cadre d’un éventuel rassemblement, LFI pose aussi sa condition de leadership. « On a toujours été transparents à vouloir une tête de liste LFI ouverte à des citoyens ou partis de gauche », assume-t-elle. Quoiqu’il advienne des tractations qui peuvent aller jusqu’à décembre, Mathilde Louvain mise sur le collectif pour élaborer un projet. « Il y a plusieurs groupes de travail sur l’urbanisme, la culture, l’éducation… qui travaillent avec les habitants afin d’aller à la source des préoccupations », prône-t-elle. D’ailleurs, si elle accède à l’Hôtel de ville, Mathilde Louvain entend rompre « avec le rôle individuel de la fonction ». Militante à la CGT spectacles, elle trace quelques axes du projet sans encore dévoiler « de mesures fortes » : logement, gestion publique de l’eau, tranquillité publique (davantage de médiateurs) ou santé. « Il n’y a aucun sens politique à faire tabula rasa », prévient-elle.

  • A Avignon, l’extrême droite rejette le soutien aux civils de Gaza

    A Avignon, l’extrême droite rejette le soutien aux civils de Gaza

    Depuis presque deux ans et le massacre d’Israéliens du 7 octobre par le Hamas, le conflit israélo-palestinien n’avait guère résonné en conseil municipal. Ou pour de mauvaises raisons quand, en juin dernier, Anne-Sophie Rigault (RN) avait cru bon de monter une polémique au sujet du foulard-ceinture aux couleurs de la Palestine porté par l’adjointe aux sports (PS) Zinèbe Haddaoui.

    Ce samedi, au cours d’une séance plutôt calme, ce sujet a animé les débats. En ouverture, la Ville, par la voix de la maire Cécile Helle (PS), a décidé de voter « une contribution exceptionnelle en faveur des populations civiles de Gaza ». Un total de 100 000 euros, versé pour moitié au comité français des Nations unies pour l’enfance et à Médecins sans frontières. « Un caractère d’humanité et de solidarité important », souligne la première magistrate, quelques jours à peine après la reconnaissance par la France d’un État palestinien. Pas moins de 16 élus prendront la parole. À commencer par Michel Bissière (DVD), dont la hauteur de vue a été saluée par la majorité. « Les valeurs universelles de paix et de protection de l’enfance dépassent les clivages politiques, ce vote est un acte humaniste qui ne doit pas être instrumentalisé et ne marque pas le soutien à un camp », énonce-t-il. Une analyse absolument pas partagée par l’extrême droite. « La reconnaissance de l’État palestinien risque d’encourager le terrorisme contre les Juifs », pense Ghislaine Persia (Reconquête), qui s’abstiendra. Autre stratégie au RN, où les 6 élus ont préféré ne pas prendre part au vote. En se drapant de vertu réglementaire, au motif qu’une telle délibération serait hors la loi. « 14% des inscrits ne vous permets pas de parler au nom de tous les Avignonnais, vous n’avez pas la compétence locale pour délibérer sur un sujet international », estime Anne-Sophie Rigault. La candidate investie par le RN aux municipales de mars accuse même la majorité « d’apporter de la division dans une ville qui a besoin d’unité ». De quoi faire bondir, au sens propre, Zinèbe Haddaoui. Debout, l’adjointe aux sports montre sa tenue jaune et bleue, en écho à l’Ukraine, sans ceinture palestinienne. « Vous avez l’indignation à géométrie variable, nous avons un devoir de solidarité envers les enfants du monde entier, c’est vous qui créez le conflit et l’animosité », renvoie l’élue.

    Le Premier adjoint sur la retenue

    À ses côtés, Paul-Roger Gontard, (La Convention), convie les symboles et s’empresse d’aller chercher la statue de Joseph Viala dans l’ancienne salle du conseil, « un enfant martyr de la Révolution, frappé [à 15 ans] d’une balle d’un adulte ». « On voit bien que l’humanité ne fait pas partie de vos valeurs », assène aussi David Fournier (PS) à Anne-Sophie Rigault. Julien De Benito (PCF) rappelle, lui, « les accointances de l’extrême droite avec Benjamin Netanyahou, qui a reçu en mars Jordan Bardella ». Claude Nahoum est un peu plus gêné. Le Premier adjoint, ex-président du consistoire d’Avignon, « soutient la délibération à caractère humanitaire » mais aurait aimé « un peu plus de soutien quand l’arbre en hommage à Ilan Halimi a été abattu cet été [en Seine-Saint-Denis] ». Enfin, à Mouloud Rezouali (les Écologistes), qui regrettait l’absence de drapeaux palestiniens sur l’Hôtel de ville, Cécile Helle répond « devoir de concorde » du maire. « Je n’ai jamais raté de cérémonies d’hommage aux peuples qui ont souffert », conclut-elle sur le chapitre.

  • A Avignon, l’extrême droite rejette le soutien aux populations civiles de Gaza

    A Avignon, l’extrême droite rejette le soutien aux populations civiles de Gaza

    Depuis presque deux ans et le massacre d’Israéliens du 7 octobre par le Hamas, le conflit israélo-palestinien n’avait guère résonné en conseil municipal. Ou pour de mauvaises raisons quand, en juin dernier, Anne-Sophie Rigault (RN) avait cru bon de monter une polémique au sujet du foulard-ceinture aux couleurs de la Palestine porté par l’adjointe aux sports (PS) Zinèbe Haddaoui.

    Ce samedi, au cours d’une séance plutôt calme, ce sujet a animé les débats. En ouverture, la Ville, par la voix de la maire Cécile Helle (PS), a décidé de voter « une contribution exceptionnelle en faveur des populations civiles de Gaza ». Un total de 100 000 euros, versé pour moitié au comité français des Nations unies pour l’enfance et à Médecins sans frontières. « Un caractère d’humanité et de solidarité important », souligne la première magistrate, quelques jours à peine après la reconnaissance par la France d’un État palestinien. Pas moins de 16 élus prendront la parole. À commencer par Michel Bissière (DVD), dont la hauteur de vue a été saluée par la majorité. « Les valeurs universelles de paix et de protection de l’enfance dépassent les clivages politiques, ce vote est un acte humaniste qui ne doit pas être instrumentalisé et ne marque pas le soutien à un camp », énonce-t-il. Une analyse absolument pas partagée par l’extrême droite. « La reconnaissance de l’État palestinien risque d’encourager le terrorisme contre les Juifs », pense Ghislaine Persia (Reconquête), qui s’abstiendra. Autre stratégie au RN, où les 6 élus ont préféré ne pas prendre part au vote. En se drapant de vertu réglementaire, au motif qu’une telle délibération serait hors la loi. « 14% des inscrits ne vous permets pas de parler au nom de tous les Avignonnais, vous n’avez pas la compétence locale pour délibérer sur un sujet international », estime Anne-Sophie Rigault. La candidate investie par le RN aux municipales de mars accuse même la majorité « d’apporter de la division dans une ville qui a besoin d’unité ». De quoi faire bondir, au sens propre, Zinèbe Haddaoui. Debout, l’adjointe aux sports montre sa tenue jaune et bleue, en écho à l’Ukraine, sans ceinture palestinienne. « Vous avez l’indignation à géométrie variable, nous avons un devoir de solidarité envers les enfants du monde entier, c’est vous qui créez le conflit et l’animosité », renvoie l’élue.

    Le Premier adjoint sur la retenue

    À ses côtés, Paul-Roger Gontard, (La Convention), convie les symboles et s’empresse d’aller chercher la statue de Joseph Viala dans l’ancienne salle du conseil, « un enfant martyr de la Révolution, frappé [à 15 ans] d’une balle d’un adulte ». « On voit bien que l’humanité ne fait pas partie de vos valeurs », assène aussi David Fournier (PS) à Anne-Sophie Rigault. Julien De Benito (PCF) rappelle, lui, « les accointances de l’extrême droite avec Benjamin Netanyahou, qui a reçu en mars Jordan Bardella ». Claude Nahoum est un peu plus gêné. Le Premier adjoint, ex-président du consistoire d’Avignon, « soutient la délibération à caractère humanitaire » mais aurait aimé « un peu plus de soutien quand l’arbre en hommage à Ilan Halimi a été abattu cet été [en Seine-Saint-Denis] ». Enfin, à Mouloud Rezouali (les Écologistes), qui regrettait l’absence de drapeaux palestiniens sur l’Hôtel de ville, Cécile Helle répond « devoir de concorde » du maire. « Je n’ai jamais raté de cérémonies d’hommage aux peuples qui ont souffert », conclut-elle sur le chapitre.

  • A Avignon, David Fournier pose une petite première pierre vers l’union

    A Avignon, David Fournier pose une petite première pierre vers l’union

    Sans faire offense à Génération écologie, ce n’est pas un partenaire de poids qui vient d’officialiser son soutien, ce vendredi, à David Fournier, chef de file PS pour les municipales des 15 et 22 mars 2026. Mais, dans le match à distance qui oppose, pour l’heure, le candidat assumé au poste de maire aux autres prétendants de gauche à l’Hôtel de ville, chaque ralliement est bon à prendre. « C’est le premier acte d’un rassemblement, il y en aura d’autres dans les prochaines semaines », assure David Fournier.

    Alors qu’en milieu de semaine, Joël Peyre (PRG), conseiller municipal en charge des finances et également candidat, se targuait d’un soutien important au sein de la majorité, David Fournier veut sortir de cette logique comptable. « Je n’attaquerai personne, mais j’ai au moins trois fois plus de soutiens que les cinq ou six prétendus », prend-il quand même le soin de préciser. Une manière aussi de préserver un climat apaisé en vue d’une unité que chacun appelle de ses vœux, mais qui reste difficile à concrétiser. D’autres adjoints, à l’instar d’Éric Deshayes (lire ci-dessous), pressent ses camarades à s’entendre.

    Plus d’un mois après un point presse de rentrée où David Fournier appelait à l’unité derrière lui au nom de la continuité socialiste, voilà donc avec Génération écologie (GE) un soutien presque d’ouverture. « Pas du tout, GE était déjà inscrit dans un rassemblement écologiste en 2020 autour de Jean-Pierre Cervantès [actuel élu d’opposition, Ndlr.] », défend David Fournier. Onzième de cette liste lors des dernières municipales, Mazy Djezzar, référent GE 84, se range cette fois derrière le candidat PS.

    « Pas un bricolage tactique »

    Ce jeune professeur de maths, originaire des Grands-Cyprès, défend « une écologie sociale et solidaire qui ne peut pas être qu’un luxe pour quelques urbains éclairés ». Ce ralliement « n’est pas un bricolage tactique, David incarne une vision verte et solidaire pour Avignon et il aime les gens », plaide Mazy Djezzar. « Nous avons beaucoup de points d’accords programmatiques, que nous dévoilerons plus tard, et il y a aussi l’objectif commun de maintenir une gauche dynamique en responsabilité », revendique David Fournier. Bien que dirigé actuellement par l’ancienne ministre (ex-PS) Delphine Batho et soutien du NFP, GE s’est parfois associée à la droite. Comme France Gamerre, adjointe à Marseille sous Jean-Claude Gaudin entre 2001 et 2008. « Je me fous de la droite ou de la gauche, je suis une écologiste non dogmatique », assume la présidente d’honneur de GE. À ses côtés, vendredi, Cécile Vignes, co-référente régionale et élue à Marseille sur une liste de droite dont elle est revenue aujourd’hui. « À Avignon, les forces de gauche portent un projet qui défend le vivant, je suis de leur côté », conclut-elle.

  • A Avignon, Génération.s sonde les candidats à gauche

    A Avignon, Génération.s sonde les candidats à gauche

    Une semaine après avoir porté, avec le PCF et l’Après, une pétition appelant au rassemblement à gauche en vue des municipales des 15 et 22 mars, Génération.s poursuit son combat pour l’union. « Certaines formations politiques s’entredéchirent pour choisir leur stratégie et leur tête de liste. Nous faisons le pari de l’intelligence citoyenne et parions sur le programme comme base de l’unité », brosse Éric Deshayes, co-référent Génération.s Vaucluse et adjoint en charge de la ville démocratique.

    Dans cette optique, son parti vient d’adresser un questionnaire aux candidats déclarés ou à venir, mais aussi chefs de file des partis de gauche. « On souhaite avoir des engagements et de la transparence auprès des habitants sur le bilan de la majorité, la lutte contre l’extrême droite, les priorités, la gouvernance ou le périmètre de l’union », détaille Éric Deshayes. En parallèle, Génération.s demande un retour sur 20 premières propositions qu’il porte : maison des citoyens, expérimentation d’un revenu d’existence jeunes, renforcement de la vidéo surveillance, création d’une brigade du civisme ou illumination du pont d’Avignon aux couleurs de l’Ukraine et de la Palestine.

    En sondant les candidats, Génération.s espère prouver que les projets des uns et des autres se ressemblent. « On veut pousser la logique au maximum et montrer aux gens qu’ils sont d’accord sur plein de choses », insiste l’adjoint, qui rappelle « qu’on a tous très bien travaillé ensemble pendant ce mandat, on ira là où il y a le plus grand rassemblement collectif ».

  • Mobilisation agricole calme et revendications fermes

    Mobilisation agricole calme et revendications fermes

    Sur ce paquet de pâtes, il y a marqué “origine UE et non UE” sans précisions. Il y a de grandes chances que ce soit du blé canadien traité au Roundup », tonne haut et fort Sylvain Bernard, secrétaire général de la FDSEA 84, paquet de pâtes dans les mains, dans les rayons du Lidl situé route de Montfavet, à Avignon, ce vendredi 26 septembre.

    Une prise de parole qui résume bien la matinée passée par une trentaine de militants de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs. De 8h à midi, ils ont inspecté les rayons, notamment ceux des fruits et légumes, du Auchan Avignon Nord, du Grand Frais, puis du Lidl, situé à quelques centaines de mètres. Ils ont scrupuleusement balisé chaque produit non issu de l’agriculture française, ou vendu à un prix jugé trop bas pour permettre une rémunération correcte des producteurs, notamment pour le vin.

    Les militants ont également distribué aux passants, panier ou caddie en main, un « menu déséquilibré », composé de produits d’origine étrangère cultivés dans des conditions interdites en France et en Europe, mais importés. « On entend beaucoup parler du Mercosur. Mais il y a d’autres accords, comme celui avec le Maroc, qui nous touchent beaucoup, surtout en Vaucluse, avec les cerises, les tomates ou le melon », poursuit le responsable syndical.

    Dans chaque magasin, les producteurs se sont aussi attardés devant les rayons d’amandes et de noix. « On essaie de relancer ces filières, mais il n’y a quasiment aucun produit français. On trouve beaucoup de produits des États-Unis et on sait dans quelles conditions ils sont produits là-bas », poursuit Julien Latour, viticulteur à Violès et secrétaire général adjoint de la FDSEA. Tandis qu’au rayon des vins de Lidl, c’est aussi le prix qui est dénoncé, avec des bouteilles à parfois moins de 2 euros. « À moins de 3 euros, n’achetez pas, car cela ne nous rémunère pas », lance un militant aux clients.

    Et maintenant ?

    À l’issue des quelques heures de mobilisation, les agriculteurs mobilisés se sont réunis autour de leur secrétaire général pour faire le point et envisager la suite. « Il faut passer un cap. Il faut se coordonner dans toute la France pour s’attaquer au portefeuille, sinon, on n’arrivera à rien », lance un des producteurs. « Si ça continue, on risque de se radicaliser, car on est à bout », avance un autre. « Ils doivent s’attendre à ce que ce soit plus dur qu’avant. Mais on ne peut pas faire n’importe quoi, car on peut finir devant des tribunaux », tempère Sylvain Bernard. Ce dernier souhaite « mettre la pression en permanence » tout en proposant d’aller à la rencontre des patrons de la grande distribution, « qui sortent d’écoles de commerce et ne connaissent même pas la saisonnalité des produits ».