Category: societe

  • [En immersion avec les jeunes de La Martine 4/4] Un film engagé pour mieux se raconter

    [En immersion avec les jeunes de La Martine 4/4] Un film engagé pour mieux se raconter

    « Ce film, il nous parle, c’est notre langage. » Dans la grande salle du centre social La Martine, ce matin-là, on vient de rallumer les lumières sous les applaudissements. Venus du centre social La Provence à Aix-en-Provence, une dizaine d’ados ont rejoint ceux du secteur jeunes pour la projection du second volet d’Adosblessang, un court-métrage d’une trentaine de minutes, imaginé, réalisé et monté en quatre mois à peine. Un projet financé notamment par la politique de la Ville.

    Après un premier épisode sur le harcèlement, c’est sur le phénomène des rixes entre bandes des cités que Yassine, Maïssa, Iqbal, Zakary ou Soulayman ont travaillé, cette année. « Malaza [animateur, Ndlr.] nous a proposé un squelette de scénario, on l’a modifié au fur et à mesure des réunions et puis on a tourné en une semaine », explique Yassine à la petite assemblée. Les contacts d’Amel, une des animatrices, ont permis d’assurer les décors in situ dans plusieurs cités, dont celle d’Air Bel (11e). Tirs de mortier, bagarres en gros plan, blessure sanguinolente, tout y est. La BO, percutante, a aussi fait son office. Là encore, c’est du fait maison. Les jeunes de La Martine sont allés enregistrer leurs textes en studio, toujours grâce à Malaza, qui a également des contacts dans le milieu artistique. Des beatmakers connus, « comme celui qui fait les instrus de Jul », ont filé la main. Le tout assemblé provoque un réalisme saisissant qui a frappé les jeunes spectateurs.

    Un projet aussi pour

    les générations futures

    « Les rixes, on y est souvent confrontés. Des embrouilles entre jeunes, il y en a plein, avec les collègues puis les collègues des collègues », assure Zayan. « Que ce soit à Marseille, Aubagne ou Marignane », ajoute Yassine. Pour lui, il s’agit de « sensibiliser les jeunes à ne pas faire ça, montrer aussi ce que l’on a dans la tête ». Les petits Aixois acquiescent. « Le contenu, les images, c’est super, c’est bien fait et puis c’est adapté à nos âges », estiment une partie d’entre eux. Leur animateur se dit « bluffé ». « On a fait des courts métrages, nous aussi, mais moins long, là c’est poussé », commente-t-il.

    Pour Malaza, ce projet, dont il est un peu l’initiateur, doit surtout servir aux prochaines générations. « Et après, et après, et après », déroule-t-il, se félicitant d’avoir réussi à réunir des « grands, petits, moyens » et « des familles aussi qui ont accepté de jouer dedans ». Surtout, certains se sont découvert des capacités. « J’aime bien faire l’acteur », reconnaît sans ambages Najdine, « et puis cela nous ouvre des portes, on peut le mettre sur le CV et cela nous aide aussi pour la vie de tous les jours ». Lui qui « avait du mal à parler », s’est « débloqué ».

    Tous se disent fiers de leur réalisation et de pouvoir la partager. Mieux, d’autres ont même été repérés par le milieu du cinéma et ont passé des castings.

    Il y a aussi ceux qui ont tout juste essayé, n’ont pas été jusqu’au bout et c’est bien là l’essentiel : donner à tous la possibilité de participer. Ce sera le cas pour un troisième volet, déjà dans les tuyaux, prévu pour 2026.

    Fidèle à lui-même, Kader, coordinateur du secteur jeunesse, voudrait aller encore plus loin, en rassemblant les trois films au sein d’une mallette pédagogique. « Pour aller les projeter dans toute la France pendant les vacances scolaires », précise-t-il.

    Des colis solidaires

    « Tous les mois, on prépare les colis, les gens paient 2 euros et viennent les chercher. C’est l’occasion de se parler. » Najdine, Soulayman, Iqbal et Yassine participent à l’initiative mise en place il y a 2 ans avec le Secours populaire. Une animatrice, Amel, les a aidés. « Cela fait du bien… De faire du bien », résume Soulayman. Mieux, les ados sont allés défendre leur projet auprès de la CAF et obtenu 5 000 euros pour financer, entre autres, l’achat de trottinettes électriques et livrer ceux qui ne peuvent pas venir.

  • La brasserie Meteor inaugurée à Marseille

    La brasserie Meteor inaugurée à Marseille

    à la carte, onze bières pression, dont les prix oscillent entre 4,5 et 6,6 euros pour 40 cl.
    Côté restauration, en plus des tartes flambées sucrées et salées, les clients pourront tenter d’étonnantes association aslacio-méditerrannéennes avec, par exemple, les falafels bibeleskaes, fromage blanc alsacien. Si le plat du jour reste accessible avec une proposition à 13 euros, le reste de la carte est affiché entre 16,5 et 26 euros.

  • Le collège jésuite bénit avec les fonds publics

    Le collège jésuite bénit avec les fonds publics

    « Tous les collèges alentour sont en réseau prioritaire avec des subventions largement insuffisantes », reprochait le représentant syndical de la FSU, devant l’entrée du flambant neuf collège Layola, dans le 15e arrondissement. Un rassemblement de l’Observatoire sur le financement des établissements scolaires privés (Ofsep) a accueilli les invités de cette inauguration en grandes pompes.

    Rattaché à l’École de Provence, le collège de 4 500m2 a ouvert ses portes à 48 sixièmes, à la rentrée de septembre, il accueillera trois classes de plus à la prochaine rentrée, jusqu’à une capacité de 500 élèves d’ici 2032. Le bâtiment jouxte le futur campus du numérique, également privé. L’établissement a été construit sur un terrain de 3 000 m2 initialement prévu pour un établissement public. Au final, c’est au privé qu’Euromed a vendu le terrain pour un projet soutenu à hauteur de près de 2 millions d’euros par le Département. L’École de Provence s’est encore vue gratifiée d’une garantie d’emprunt de 10 millions. « Retenez surtout que 18 millions n’ont pas été payés par la collectivité », objectait le père Sylvain Cariou-Charton, venu à la rencontre des contestataires.

    Un choix assumé

    À l’intérieur, devant une assemblée déjà conquise de représentants de collectivités, de donateurs (dont CMA-CGM) et de religieux, le directeur du collège, le père Aimé Yoh, a prêché en faveur du modèle jésuite, « qui met la mixité et les diversités au cœur du projet éducatif ». Présidente de l’établissement foncier public, Isabelle Campagnola-Savon a défendu « le développement stratégique » d’Euromed « pour attirer de nouveaux talents ». Pour la présidente du conseil départemental, Martine Vassal (DVD), accorder « le maximum possible », soit une « somme rondelette », est « un choix assumé car nous sommes dans un pays de liberté ». Pas d’objection non plus du côté de la Ville de Marseille, dont l’adjointe au maire, Samia Ghali (DVG), a aussi salué que sorte de terre « sur cet entre-deux », un établissement privé catholique « qui permette à ceux qui font le choix du privé de le faire, et de le faire ici ».

    Autre choix assumé et loué par Monseigneur Jean-Marc Aveline. « Celui que mes prédécesseurs ont fait de garder ouvertes des écoles dans les quartiers où il n’y avait plus de chrétiens. » Et, pour clore la grand-messe, l’archevêque de Marseille a joué l’apaisement en priant « de veiller à ce rien ne soit dérobé aux autres établissements qui ne disposent pas de tous les moyens jésuites derrière eux ». Un vœux pieux pour ce budget déjà clos.

  • 18 mois avec sursis requis contre Hammou

    18 mois avec sursis requis contre Hammou

    Le huis clos sollicité par Me Ammar, au nom de son client mineur, et accepté par la présidente du tribunal, n’a pas permis à la presse d’entrer dans le fond du dossier. Désigné le 14 octobre chef de file par EELV pour les municipales à Marseille, Hassen Hammou était, jeudi, face au tribunal pour répondre des chefs « d’incitation de mineur par un majeur utilisant un moyen de communication électronique à connaître un acte de nature sexuelle ».

    Un délit passible de sept ans de prison et 100 000 euros d’amende. Après trois heures d’audience, le procureur a réclamé 18 mois avec sursis probatoire assortis d’une interdiction professionnelle de rentrer en contact avec des mineurs. Ses deux avocats ont plaidé la relaxe de celui qui est suspecté d’avoir sollicité des rapports sexuels tarifés à un mineur.

    Les faits remontent à juin 2024. Hassen Hammou les conteste et se dit « victime ». Il assure être tombé dans traquenard après être entré en contact, via la plateforme Coco* et Snapchat, avec deux personnes qu’il pensait être un homme et une femme majeurs. Sur un parking à Aubagne, l’écologiste s’est retrouvé face à deux jeunes de 16 ans qui lui ont soutiré de l’argent, son porte-cartes… En septembre 2024, le tribunal pour enfants les a condamnés.

    Le second dossier de cette affaire qui l’oppose donc à un des jeunes a été mis en délibéré au 16 décembre.

    * Un tchat en ligne fermé par la justice pour des contenus pédophiles et à l’origine de guets-apens tendus à des homosexuels.

  • Une marche citoyenne pour la Palestine s’élance depuis la Busserine

    Une marche citoyenne pour la Palestine s’élance depuis la Busserine

    Une quinzaine de citoyens organisent, à partir de samedi, une marche citoyenne pour « l’égalité, la liberté et la justice » du peuple palestinien, et de tous les autres. Le départ est prévu à Marseille, depuis la gare de la Busserine (14e), et l’arrivée à Paris, le 29 novembre, où une manifestation nationale est organisée à l’occasion de la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien.

    Objectif : inviter tous ceux qui le souhaitent à se mettre en mouvement pour rencontrer des personnes qui ne sont pas encore sensibilisées au respect du droit international, humanitaire et humain, dans des espaces politiques, culturels, cultuels, juridiques, de santé ou d’enseignement.

    Concrètement, en passant Marseille, Martigues, Port-de-Bouc, Fos-sur-Mer, Arles, Tarascon, Avignon, Montélimar, Valence, Saint-Etienne, Lyon, Vaulx-en-Velin, Melin puis Paris, les marcheurs iront à la rencontre d’acteurs de tous les domaines pour aborder, avec eux, la question de la Palestine et du droit international.

    L’épopée, définie comme « citoyenne, transpartisane, laïque et non violente » portera quatre revendications essentielles : le droit des Palestiniens à « l’autodétermination », « la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid », l’exigence de « sanctions pour Israël » et l’application d’un « cessez-le-feu définitif ». Depuis les attentats du 7 octobre 2023, plus de 69 000 personnes sont mortes à Gaza, selon le ministère de la Santé local. Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre 2025.

    Itinéraire du samedi

    La marche partira à 8h samedi de la gare de La Busserine avec une première étape en train jusqu’à la gare Saint Charles (1er). A 8h45 depuis Noailles (1er), les marcheurs rejoindront la Joliette (2e), puis Arenc EuroMed (2e), avant une nouvelle étape en train jusqu’à Couronne, avec une arrivée prévue à 13h30. Les militants « apartisans » reprendront lla marche pour rejoindre Martigues, où ils déjeuneront, avant de rejoindre Port-de-Bouc puis Fos-Sur-Mer, à 19h, où ils passeront leur première nuit.

    Inscriptions : marchepalestine2025@gmail.com, @marchepalestineparis
    ou 07.46.40.45.05

  • Courir pour la Mémoire bat les records d’inscriptions

    Courir pour la Mémoire bat les records d’inscriptions

    Pascal Chamassian n’en revient pas : « 900 inscriptions en 2024. Sold out cette année ! Si on avait continué à prendre les demandes, on atteignait les 3 000 ! » L’association dont il est le président d’honneur et fondateur, Courir pour la Mémoire, est organisatrice de cet événement sportif créé en 2015 à Marseille à l’occasion des 100 ans du génocide arménien.

    Un succès fulgurant qu’il faudra « analyser la tête froide », selon Gérard Kirkorian, président de l’association, encore tout occupé aux préparatifs de la course. Il avance cependant des premières pistes : « Un regain d’intérêt pour la course à pieds chez les moins de 30 ans, la régularité de ce rendez-vous » et le bénéfice « d’être chapeauté par la Drajes ».

    Cette année, les 5 et 10 km de la Mémoire sont en effet inscrits dans un partenariat placé sous l’égide de la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes), qui réunit quatre courses marseillaises (avec Marseille en rose, Algernon et Marseille-Cassis) à fort caractère inclusif et citoyen, qui se déroulent en octobre. « Marseille est la première Ville à concrétiser l’inclusion avec une action par le sport », souligne André Giraud, l’ex-président de la fédération d’athlétisme. D’autant plus heureux que cet événement sportif, qui porte haut la volonté « de ne pas laisser un nouveau génocide se reproduire en toute impunité », rappelle Pascal Chamassian, se décline dans dix villes, à l’international, cette année.

    Portée à l’international

    Initialement prévue le 19 octobre, la course, qui bénéficie du parcours et de la sécurité du dispositif de la Ville, La Voie libre, a dû être décalée en novembre. Le parcours reste inchangé, avec un départ à 8h45 depuis le village installé sur le parking de la plage du Prophète, pour longer le « plus beau balcon suspendu au monde », en direction l’anse de Malmousque, avant un demi-tour pour revenir au village, avec deux tours pour les 10 km.

  • [Entretien] Sylvain Manternach : « Les Airbnb participent à l’augmentation des prix »

    [Entretien] Sylvain Manternach : « Les Airbnb participent à l’augmentation des prix »

    La Marseillaise : Comment s’est implanté Airbnb à Marseille et en Provence ?

    Sylvain Manternach : Sur ce territoire comme sur d’autres, ce sont d’abord les métropoles qui ont vu une activité importante sur Airbnb. Dès l’arrivée de la plateforme en France, en 2013, on voit une activité soutenue à Marseille ou à Aix, parce qu’il y a une masse de logements disponibles très importante. Au bout de quelques années, les communes du littoral ont vu une activité très forte se développer, si on la rapporte à la population. Mais, l’arrière-pays commence aussi à être concerné, notamment dans le Vaucluse, du côté du Lubéron. Aujourd’hui, cette présence s’est renforcée, sur les mêmes territoires, mais même les espaces préservés commencent à se remplir, peut-être un peu moins dans l’ouest varois. Marseille demeure la destination absolue, même si tout le secteur est concerné. Mais ça ne pose pas les mêmes problèmes en termes d’accès au logement dans les villages que dans les métropoles.

    Quel impact observez-vous, justement ?

    S.M. : Ce n’est pas toujours évident de faire le lien. Marseille a eu, ces dernières années, un changement d’image assez fort, avec un attrait touristique dont les Airbnb témoignent. Évidemment qu’ils s’ajoutent en terme d’activité et d’attractivité. Mais ils peuvent aussi participer à une augmentation des prix de l’immobilier et donc de l’augmentation de la difficulté à se loger dans une ville déjà touchée par des problématiques de logement considérables. Sur les quinze dernières années, il y a eu une baisse sensible du nombre de résidences principales. Ces nouvelles résidences secondaires ne sont pas toutes mises en location Airbnb, mais il y a quelque chose qui se passe, cela joue une part.

    Et dans les territoires ruraux ?

    S.M. : Il n’y a pas du tout le même impact. Ce qu’on a vu, au niveau national, ce que plus vous avez de l’activité touristique, et Airbnb nous a permis de le calculer, plus vous allez avoir de petits commerces qui vont pouvoir se maintenir. Cela a tendance à être positif, avec un poids sur le logement moins important. D’autant plus qu’il y a des territoires où la présence d’hôtels n’est pas possible, donc il n’y a pas de concurrence. Mais ce n’est pas à la campagne que c’est le plus plébiscité par les vacanciers, leur demande se rajoute surtout dans les secteurs les plus tendus, très touristiques. C’est ce qui est reproché à Airbnb.

    à qui profitent ces Airbnb ?

    S.M. : Il y a de bonnes chances pour que ceux qui sont en procès [une audience est prévue le 24 novembre pour quatre multipropriétaire, Ndlr.] soient le pire du pire, mais ils ne sont pas représentatifs de l’activité. D’abord, parce que entre 40 et 45% de ceux qui le font sont ceux qui occupent le lieu, un peu au-dessus de 50% à Marseille. Et, ensuite, parce qu’il y avait déjà beaucoup de résidences secondaires. Pour une partie, cela a été une opportunité de les mettre en location saisonnière. Mais, le logement secondaire a tendance à augmenter à Marseille, alors qu’il était relativement bas. Est-ce que c’est lié à l’attraction générale ou Airbnb ? Probablement les deux. Mais le costume est peut-être trop large pour Airbnb seul.

  • Airbnb : dans le Var, la nécessité de trouver un point d’équilibre

    Airbnb : dans le Var, la nécessité de trouver un point d’équilibre

    Dans le Var, l’offre Airbnb a augmenté de 12% entre 2019 et 2024. De quoi inquiéter les professionnels de l’hôtellerie, qui déplorent les avantages fiscaux dont bénéficie ce type de logement, malgré la loi Airbnb 2025 qui permet aux mairies de limiter le nombre de logements, et à 90 leur nombre de nuitées touristiques. « Les professionnels interpellent sur cette différence de réglementation, note Guillaume Decard, président de Var Tourisme. On entend, car s’il y a réglementation, c’est qu’il y a abus et une tension avec les habitants sur le logement. »

    Mais, selon lui, « il faut trouver le bon curseur, car Airbnb, dans le Haut-Var ou le Verdon par exemple, est une offre complémentaire sur laquelle l’hôtellerie traditionnelle et les campings sont en recul. On en a besoin ». à prendre en compte également, les changements de consommation. « Les meublés représentent 28% des locations, dont 75% de Airbnb. Il y a un bouleversement dans la manière de partir en vacances, les gens se centrent sur l’expérience. C’est une valeur ajoutée pour la consommation », affirme Guillaume Decard, qui ajoute : « Il faut faire cohabiter l’offre. Il y a un changement de conjoncture économique, mais l’hôtellerie a un rôle important à jouer, autour du haut de gamme ou du 3-4 étoiles, qui se renouvellent sans cesse. » Dans cette optique, Airbnb a été invité à participer aux assises du tourisme du Var, en 2026.

  • Airbnb : à Marseille, la municipalité est armée pour mener l’offensive

    Airbnb : à Marseille, la municipalité est armée pour mener l’offensive

    La Ville de Marseille est désormais bien armée pour contrer le tsunami de meublés touristiques qui, en dix ans, a déferlé sur le territoire communal, avec des progressions lunaires de 23% d’une année sur l’autre. De 9 600 meublés en 2021, Marseille comptait 12 722 locations touristiques, fin 2024, sur les plateformes Airbnb, Booking, Leboncoin, Abritel, Tripadvisor, avec un très léger fléchissement de 1%, l’an dernier. 45% des locations concernaient des résidences principales et 70% des propriétaires n’étaient pas Marseillais. La majorité des meublés sont concentrés dans le centre-ville, avec une pointe à 25% aux abords du Vieux Port.

    Le phénomène a pris une telle ampleur qu’une réponse réglementée claire, ferme et compréhensive s’est étoffée. C’est pourquoi le rendez-vous des « ambassadeurs du Airbnb », qui se tient vendredi et samedi, devrait être moins enjoué que les années précédentes. L’arsenal réglementaire est montée en puissance pour sortir de la jungle spéculative qui n’a fait qu’aggraver la crise du logement. La municipalité a fait adopter un nouveau règlement d’autorisation de changement d’usage. Une demande préalable pour toute location d’un meublé de tourisme hors résidence principale est obligatoire, depuis 2022.

    En 2024, la réglementation s’est encore durcie pour exiger la compensation d’une mise en location d’une résidence secondaire en meublé de tourisme par la création concomitante d’un logement de même surface, dans le même secteur. Au 1er janvier 2026, il sera interdit de louer plus de 90 jours par an, quand le seuil actuel est de 120 jours. En cas de dépassement, l’amende peut atteindre 15 000 euros. New York a abaissé son seuil à 30 jours.

    La brigade des meublés

    Pour donner une effectivité réelle à cette réglementation, une brigade de contrôle a été créée, en 2023, qui comptera 10 agents assermentés qui identifient déjà les annonces frauduleuses sur les plateformes et autres infractions. Des inspecteurs effectuent des visites, rédigent des PV de constat, convoquent des propriétaires, montent des procédures pour saisir la justice en cas de refus de mise en conformité. Dans certains cas, la Ville peut directement infliger des amendes administratives : jusqu’à 10 000 euros pour non enregistrement exigé depuis 2020 d’un meublé et 20 000 euros pour une fausse déclaration ou l’utilisation d’un faux numéro fiscal pour échapper à la taxe de séjour.

    Car 40% des meublés touristiques de courte durée sont en infraction à Marseille ! La Ville a déjà mis en demeure 300 propriétaires. Certains ont vite baissé les armes. D’autres font la sourde oreille. Certains résistent, voire narguent les autorités.

    Ferme dans ses principes d’action, la Ville a lancé les premières assignations judiciaires à l’encontre de quatre multipropriétaires (cumulant 33 meublés dans sept immeubles dont certains en péril) en infraction, qui seront jugés le 24 novembre. La Ville demandera au juge d’ordonner le retour à l’habitation classique des logements sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard et par mètre carré. Ce qui s’expose les contrevenants à de substantielles amendes civiles pouvant monter jusqu’à 100 000 euros par logement.

  • Marseille poursuit le déploiement des caméras

    Marseille poursuit le déploiement des caméras

    Les derniers raccordements réalisés, le dôme de la caméra est enfin installé au-dessus du portail de l’école de Montolivet (12e arr.). Un mois après avoir obtenu le feu vert du préfet de région pour installer 300 caméras de vidéosurveillance de plus, comme le révélait La Marseillaise (notre édition du 22/10), la municipalité phocéenne a convié la presse, ce jeudi après-midi, afin de mettre en avant son action en matière de sécurité.

    « Ici, nous sommes sur une école qui paraît apaisée, mais les riverains ont parfois soulevé une vitesse excessive, du stationnement gênant à la sortie des classes », explique l’adjoint (PS) à la Sécurité, Yannick Ohanessian. Et d’enchaîner : « Désormais, cette caméra sera immédiatement opérationnelle. » Et s’ajoutera ainsi dans la liste des 500 qui avaient été prévues dans le plan Marseille en grand, dont plus de 400 ont déjà été installées. De quoi porter à près de 2 000 leur nombre dans toute la ville, contre 1 558, il y a quatre ans.

    Pas d’IA sous le dôme

    Les alliés écologistes du Printemps marseillais avaient beau critiquer ces installations, l’adjoint élu dans le secteur assume : « Ce n’est pas l’alpha et l’oméga en matière de sécurité, mais c’est un outil parmi les autres. Cet été, grâce à nos caméras, nous avons réussi à interpeller un individu qui s’apprêtait à commettre des violences sexuelles ! » D’autant plus que les effectifs ont été presque doublés au centre de supervision urbain, pour atteindre près de 70 agents. Les leçons de l’audit réalisé par la mairie ont aussi été tirées, avec des implantations décidées par la police nationale. Mais sans vidéosurveillance algorithmique, malgré les pressions d’un secteur en quête de nouveaux marchés. Et sans retirer les caméras inutiles de l’ancienne mandature, en raison du coût de l’opération.

    Militant pour toujours plus de caméras, la droite n’en a pas moins critiqué leur implantation à Montolivet. « Je dénonce une pose à quelques mois des municipales faite de manière hasardeuse », déplorait, mercredi, le maire (LR) du secteur, Sylvain Souvestre, regrettant un « gaspillage d’argent ». « J’en ai ras-le-bol de ces discours d’un maire de secteur en fonction pendant des années, ils n’ont jamais été capables de poser la moindre caméra ici », réagit vertement Yannick Ohanessian. La campagne est lancée.