Category: societe

  • Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Devant de nombreux étudiants, architectes, enseignants et associatifs, des militants du mouvement HouseEurope! ont présenté, vendredi soir à l’IMVT, le court-métrage The Great Together, du collectif Docar. Le doc explore des exemples de transformation de grands ensembles à Rome, Vienne, Toulouse et Belgrade. HouseEurope! milite pour une architecture écologique, sociale et demande à la Commission européenne de « rendre l’industrie de la construction plus soutenable ». Moins démolir, mais rénover en améliorant l’existant.

    « L’association Un Centre-Ville Pour Tous est partenaire du projet FaireVille et du collectif Stop Démolitions ! Nous travaillons sur le manque de démocratie dans la fabrique de la ville », rappelle Hélène Froment. « Les programmes Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) à Marseille prévoient près de 5 000 démolitions de logements sociaux, alors que la livraison de logements abordables ne dépasse pas 1 000 logements par an. Concernant le quartier Félix-Pyat, État et Métropole ont acté leur intention de démolir la tour B, sans prévoir aucun financement pour le relogement des 168 familles (80% en logement social et 10% propriétaires occupants). » À cela s’ajoute l’annonce du projet de démolition des deux tours de la copropriété Bel Horizon, « sans perspective de relogement abordable de proximité et sans reconstitution de l’offre locative. Les 450 ménages de ces deux ensembles pourraient être forcés à habiter loin du centre-ville ».

    « Tout ce que j’aime, les bureaux d’études lyonnais le démolissent », ironise l’urbaniste Nicolas Mémain, qui fait le deuil des « petites choses humbles » démolies. Ainsi de la chaudronnerie Arnaud rasée au 8 rue Melchior-Guinot, à Marseille (3e). « Ce bâtiment d’angle faubourien d’après-guerre était d’une beauté très simple. Son caractère, sa singularité, sa personnalité rayonnaient. On aurait pu construire autour, passer en porte-à-faux au-dessus. L’arbitrage financier a fait qu’il a été démoli. »

    Déconcentrer la pauvreté

    En ligne de mire, les bulldozers non négociables de l’Anru. « L’Anru porte le même inconscient collectif que le Second Empire, celui de ne pas revouloir la révolution avec de grandes lignes vides comme des systèmes de visée au canon. L’Anru, c’est le projet haussmannien sécuritaire, avec des sols en béton lavé, des lampadaires les plus chers qui ressemblent à des épées de Dark Vador. C’est une espèce de fiction de police parfaite qui crée des ambiances urbaines minables de traumatisme collectif. »

    « Le modèle ne change pas. Les politiques publiques sont faites pour déconcentrer la pauvreté et stimuler la production de neuf », analyse la chercheuse Lina Raad, qui constate que les 165 000 démolitions de logements sociaux du premier programme de l’Anru n’ont pas toutes été compensées. « On a un déficit net de 25 000 logements sociaux et les logements reconstruits sont plus petits et plus chers. » Une note d’optimisme avec Stéphane Labatut de l’agence 8 et demi, dont les projets démontrent qu’« on peut sauvegarder des résidences avec l’adhésion des habitants ».

  • [Entretien] Raynier Devillier : « La greffe, ce n’est pas un traitement du VIH »

    [Entretien] Raynier Devillier : « La greffe, ce n’est pas un traitement du VIH »

    La Marseillaise : Une patiente a été guérie du VIH à Marseille, la première en France. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce cas de rémission du Sida ?

    Raynier Devillier : C’est une patiente qui a été traitée grâce à une greffe de moelle osseuse et, dans les suites, a été guérie de son VIH (virus de l’immunodéficience humaine) par ce traitement. Toutes les greffes qui ont abouti à une guérison du VIH ont été réalisées pour autre chose que le VIH. C’est un message clé pour qu’il n’y ait pas de confusion sur le sujet. Parce que ce qui revient souvent sur la table, c’est « pourquoi ne greffe-t-on pas toutes les personnes vivant avec le VIH ? ». La greffe, ce n’est pas un traitement du VIH, c’est le traitement d’un cancer hématologique avant tout. à Marseille, la patiente a développé une leucémie aiguë. C’est un cancer du sang fatal sans traitement et pour lequel la greffe de moelle osseuse reste un des traitements qui donne le plus de chance de survie, à long terme.

    Comment expliquez-vous qu’elle ait pu guérir du Sida à la suite de cette greffe ?

    R.D. : Pour réaliser une greffe, il faut un donneur que l’on recherche soit dans la famille, soit sur le fichier international des donneurs volontaires de moelle. Nous savions que la patiente était également soignée contre le VIH avec des antiviraux en très bonne réponse. On a donc cherché, sur le fichier international, un donneur qui avait des particularités génétiques spécifiques. Dans la plupart des cas, les personnes ont, sur leurs globules blancs, que l’on appelle les lymphocytes et qui sont la cible du VIH, des récepteurs sur la surface de cette membrane-là. Les récepteurs en question servent au virus pour entrer dans la cellule. Or certaines personnes ont des variants génétiques de ces récepteurs, ce qui fait que certains types de virus du VIH ne vont pas pouvoir entrer dans les cellules. Ce que nous avons fait, c’est choisir un donneur compatible avec la patiente sur le plan du groupe sanguin, qui soit aussi porteur de cette particularité génétique, avec l’objectif que le virus du VIH ne puisse pas rentrer dans les lymphocytes du donneur. On l’a donc traitée et guérie de la leucémie en implantant, dans son corps, le système immunitaire d’un donneur résistant à l’infection par le VIH. C’est pour cela que les cas de guérison du VIH après greffe sont des cas extrêmement rares. On n’en compte pas dix dans le monde.

    Comment se fait-il que les lymphocytes de la patiente, déjà touchés par le virus, n’aient pas eu d’incidence sur la greffe et la guérison ?

    R.D. : Tous les virus du VIH ne sont pas les mêmes et le fait est que ce donneur était résistant au type du virus que portait cette dame, ce qui complique encore les choses. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la patiente avait déjà une charge virale non détectable grâce au traitement. Dans le cadre du processus de soin pour la greffe, nous avons enlevé l’ensemble des globules blancs de la patiente, donc l’entièreté du réservoir pour le VIH, afin d’implanter le système immunitaire résistant du donneur. Ainsi, le virus il n’a plus pu se multiplier.

    Vous avez donc fait en sorte, dans vos recherches, de trouver une solution simultanée ?

    R.D. : Tout à fait. C’est un point très important d’ailleurs, car il faut bien avoir en tête qu’il y a quelques années, des patients qui avaient une infection par le VIH et qui étaient bien traités ne recevaient pas les traitements optimaux des cancers, ce qui leur amputait des chances. On s’est ensuite rendu compte qu’on arrive à traiter ces cancers hématologiques, au même titre que les personnes séronégatives. Donc la dynamique a changé de ce côté-là. Au sein de l’IPC, nous avions à cœur et avons tout mis en œuvre pour que les patients puissent avoir un traitement optimal de leur cancer. C’est pour cela qu’on s’est donné les moyens de donner à la patiente un avantage par rapport au VIH. C’était ça, notre réflexion initiale, et cela a été rendu possible grâce à une synergie entre les services de l’AP-HM et de l’IPC.

  • Sida, entre prévention et espoir de guérison

    Sida, entre prévention et espoir de guérison

    La lumineuse salle d’attente du centre de dépistage gratuit de la rue Barbe est loin d’être comble, ce vendredi. « C’est toujours comme ça le vendredi, il y a plus de monde en début de semaine », explique un homme de 34 ans qui patiente. « Je viens tous les six mois, pour être sûr. J’utilise des préservatifs, mais on ne sait jamais vraiment ce qu’on risque et puis, quand on consomme de l’alcool ou des drogues, on se relâche… », confie-t-il, avant de filer en consultation. Arthur, 20 ans, est venu sans rendez-vous « pour récupérer mon dossier de vaccination HPV (papillomavirus humain) » et avoue quant à lui utiliser un préservatif « la plupart du temps, plus par peur de mettre une fille enceinte que du Sida ».

    Progrès médicaux et prévention ont permis d’éloigner les années les plus meurtrières du virus, dans les pays les plus développés. Entre 2014 et 2024, le nombre de jeunes de 15-24 ans venus se faire dépister a progressé de 43%. Mais l’incidence du VIH observée durant dix ans ne diminue plus ces deux dernières années, « voire amorce une reprise », alerte Santé public France. La population « des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes nés en France reste la plus exposée à la contamination », observe le Dr Kahina Kugeler.

    Autre donnée inquiétante, « près de la moitié des personnes nées à l’étranger qui ont découvert leur séropositivité ont été contaminées après leur arrivée en France ». Sur les tables de la salle d’attente, les dépliants informatifs de la campagne de dépistage sont traduits en plusieurs langues, de même que le message invitant à alimenter la boîte a idées pour un meilleur accompagnement. En plus des médecins, des infirmiers, d’une pharmacienne et d’un psychologue, une assistante sociale complète l’équipe du centre pour orienter les plus précaires dans leurs démarches.

    Si « aujourd’hui, on peut vivre avec, il reste qu’on vit toujours mieux sans », rappelle Sylvain Di Giovanni, conseiller départemental délégué à la santé. Surtout, « on s’en est rendu compte, lors du Delta festival, que si les jeunes étaient réceptifs à la prévention, ils l’étaient moins à l’usage du préservatif. Or d’autres maladies font leur retour », ajoute-t-il.

    Ils seraient aussi aujourd’hui plus de 7 000, en France, à avoir recours à la PrEP (prophylaxie pré-exposition), un traitement préventif qui empêche le virus du VIH de se développer et de se fixer dans le corps. Mais ce n’est pas non plus une formule miracle, « parce qu’elle demande un suivi et aussi parce qu’une PrEP ne protège pas d’autres infections », souligne le Dr Audrey Issad.

    Les IST regagnent

    du terrain

    D’après le réseau Sentinelles, plateforme de surveillance épidémiologique, « trois infections sexuellement transmissibles (IST) ont connu des hausses de contamination importantes entre 2020 et 2022 : +16% pour la chlamydia, +91% pour la gonorrhée et +110% pour la syphilis ». La chlamydia est l’une des « plus fréquentes, qui concerne une femme sur dix, indique le Dr Kahina Kugeler. Non traitée, elle peut entraîner une inflammation pelvienne, voire l’infertilité chez les femmes. On recommande un dépistage tous les 4 mois. » Comme le papillomavirus, ses symptômes n’apparaissent pas toujours rapidement. La maladie étant transmissible par contact, le préservatif n’est pas non plus le bouclier parfait. « Le dépistage régulier ne peut être que fortement recommandé, car on ne découvre vraiment quelque chose que quand on le cherche », conseille le Dr Audrey Issad, en accompagnant un jeune homme dans un des trois bureaux médicaux pour un Trod (test rapide d’orientation diagnostique).

    Installé dans le fauteuil du Dr Thierry Savarese, le candidat au test est détendu. Une simple piqûre au bout du doigt permet de récolter quelques gouttes de sang. L’analyse est rapide : le révélateur vire au négatif. « Quand on a un doute, c’est toujours un soulagement », lâche le jeune homme, avant de repartir l’esprit tranquille.

    Le docteur confirme l’importance d’un dépistage « le plus tôt possible, soit un mois après le rapport, car si le test se révèle positif, il faut compter un an et demi à deux ans de délais pour une décontamination ». Les traitements, en injectable tous les deux mois ou par prise quotidienne de cachet, sont aujourd’hui assez performants. Une trithérapie d’urgence est aussi possible dans les 48h après un rapport à risque.

    Quelque peu relâchée ces dernières années et face à la progression des pratiques « chems » (produit chimique), la prévention remet les bouchées doubles à destination des publics jeunes et des plus précaires, en « allant vers eux pour les ramener vers les centres », annonce Sylvain Di Giovanni. Le CeGIDD réalise quelque 200 interventions extérieures, en établissements scolaires ou centres d’hébergement.

    ET AUSSI

    À Marseille, des stands dans la rue

    Ce lundi, à partir de 14h, la Ville de Marseille met en place un stand, sur le cours Belsunce, où des professionnels du Centre de vaccinations internationales (CVI) vont sensibiliser et informer les habitants sur le VIH. L’occasion, pour la municipalité, de rappeler que l’arme la plus efficace contre le Sida est le préservatif. 2 000 seront d’ailleurs distribués dans la journée. Via un partenariat avec les associations, la Ville installe deux stands de sensibilisation et d’information sur le square Stalingrad et devant le Centre LGBTQIA+, rue du Chevalier-Roze, de 10h à 16h.

    Info à l’hôpital de Toulon

    Ce lundi, à l’hôpital Sainte-Musse, sont prévus stands d’information et ateliers de prévention et dépistage, avec l’équipe du CeGIDD 83 et des associations. Mais aussi des échanges avec les équipes de l’hôpital de jour récemment ouvert. Et présentation des dispositifs de prévention et de suivi des personnes vivant avec le VIH.

    EN CHIFFRES

    53 000

    C’est le nombre de consultations qui ont été effectuées dans les neuf CeGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic) des Bouches-du-Rhône, en 2024, soit près de 19 000 patients sur l’année.

    96

    En Paca, 96% des personnes vivant avec le VIH sont diagnostiquées, 97% d’entre elles sont traitées par antirétroviraux et 97% ont une charge virale indétectable et ne transmettent plus le virus.

    619

    Le Coress Paca (Comité régional de santé sexuelle) note une diminution du nombre de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et qui ignorent leur séropositivité : 619 en 2024, contre 663 en 2023.

    5 000

    En France, 5 000 personnes ont découvert leur séropositivité en 2024, dont 68% d’hommes, 30% de femmes, 2% de personnes transgenres. Et, parmi eux, 1% sont des usagers de drogue injectable.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : l’alimentation, une bataille de classe

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : l’alimentation, une bataille de classe

    Nous avons développé les mutuelles d’achat de bouchers, 16 groupes qui réunissaient 420 bouchers sur 800 à Marseille. Malgré les difficultés nombreuses, la population marseillaise n’a pas été privée de viande pendant de longues périodes. Elle nous valut des lettres de remerciements. La pêche locale qui rapportait, cinq tonnes par jour, était insuffisante pour les besoins de Marseille qui étaient de 50 tonnes par jour. Nous sommes intervenus auprès des UD, situées autour de l’Océan pour nous aider. Nous avons pu ainsi développer les arrivages de l’Océan en encourageant la création de mutuelles directes de poissonniers qui groupaient 50% des détaillants et ont fonctionné à partir de janvier 1947, Les arrivages passèrent 430 tonnes par mois, quantité qui permit de respecter les prix taxés pour la première fois.

    Hausse des prix et salaires

    Nos comités de lutte s’acharnaient aussi contre les trafiquants et obtenaient des résultats : fermeture pour trois mois de deux moulins de la société française qui étaient les plus importants sur la place de Marseille, ouverture d’une instruction contre A., gros trafiquant de porcs que nous avions fait arrêter mais qui fut vite relâché, fermeture pour trois mois de l’établissement C. et C., importants grossistes en épicerie de Marseille, qui avaient détourné trente tonnes de sucre. En résumé, notre action a certes porté ses fruits, nous avons freiné la hausse des prix de détail, mais je reconnais que nous étions incapables de la stopper. Le ministre Philips avait fait monter les prix de gros : ils dépendaient en grande partie des comités d’entreprise dont l’activité avait été très faible par rapport aux comités de lutte contre la hausse des prix. J’avais d’ailleurs dénoncé cette faiblesse lors du congrès de la CGT de 1947 : nous avions obtenu de magnifiques résultats. Notre activité n’était contestée par personne, bien au contraire, et nous donnait la possibilité d’obtenir plus, mais nous n’étions pas seuls. Nos adversaires, partisans du pouvoir personnel et du retour aux méthodes vichyssoises, nous attaquaient et développaient la thèse de la classe ouvrière et la démocratie étaient en recul. Même les minoritaires de la CGT nous accusaient d’avoir été incapables d’appliquer la baisse des prix, prétexte qui permettait d’attaquer l’orientation générale de la CGT, passant sous silence les causes réelles du succès de nos adversaires. Certains ne voulaient pas gêner les vrais responsables de la hausse de prix de gros. Analysant les frais précis de l’augmentation des prix à la conférence nationale, nous démontrions chiffres en main et force à l’appui, aux représentants des ministères du Travail, des Finances (d’en convenir ainsi que les patrons d’ailleurs) la validité de nos analyses. Ainsi, « 25% d’augmentation des salaires pourraient être accordés sans répercussion réelle sur le coût de la vie ». La contre-offensive patronale n’a pas tardé à se produire car ces messieurs ne pourraient sans réagir porter atteinte à leur marge de profit.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Cancers masculins, parlons-en 3/3] Géraldine Pignot : « Les patients sont demandeurs de cette technologie ! »

    [Cancers masculins, parlons-en 3/3] Géraldine Pignot : « Les patients sont demandeurs de cette technologie ! »

    Le Dr Géraldine Pignot est diplômée du Desc d’Urologie depuis 2009 et exerce à l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) depuis 2015. Elle est membre du comité de cancérologie de l’Association française d’urologie. Elle est impliquée dans de nombreux projets concernant la qualité des soins et les innovations thérapeutiques. Elle travaille notamment sur les tumeurs de la vessie. Ce jeudi, la docteure Pignot opère un patient de la prostate, une opération relativement classique à l’IPC, à ceci près qu’elle est aidée d’un allié un peu particulier : le robot Da Vinci. Ce gros bras mécanisé high-tech assiste les chirurgiens avec une très grande précision.

    Pendant l’opération, la chirurgienne en explique le fonctionnement : « Le robot dispose d’un module de vision relié à une petite caméra qui se trouve au bout de son bras, dans le corps du patient. Les images sont directement retransmises dans le module. En plus de cette petite caméra, j’utilise une minuscule pince et un petit ciseau, tous deux d’une taille de quelques millimètres. Je contrôle à distance ces outils grâce à des manettes placées sur des axes. Enfin, à mes pieds se trouvent des pédales qui me permettent de chauffer l’instrument pour cautériser et aider à la coagulation. » Pour accompagner la chirurgienne dans ses gestes, une opératrice contrôle et nettoie régulièrement les instruments du robot.

    Une machine ultra-précise

    Ce prolongement du bras du médecin offre de très nombreux avantages, comme le précise Vincent Werner, infirmier anesthésiste : « Avec les anciens robots, il fallait mettre le patient la tête en bas. Ils étaient inclinés pour que les organes penchent vers le haut et remontent. Là on ne fait plus ça, ce qui leur offre une meilleure tolérance respiratoire. » Avec le Da Vinci, les patients sont en position allongée « classique ». Autre innovation : la petitesse de l’unique incision pratiquée pour opérer (environ 4 centimètres) qui assure une meilleure cicatrisation. Enfin, détail qui a son importance : « Lors de cette opération, on préserve le nerf d’érection, le patient pourra garder une sexualité normale, ce qui est grandement facilité par la précision du robot ! », assure la chirurgienne. Il est devenu aujourd’hui très fréquent de se faire opérer, notamment de la prostate, par le robot. Le docteur Pignot prévoit d’ailleurs dans la même journée une autre opération avec son camarade mécanique, et quatre autres ce lundi.

    Et les patients, qu’en disent-ils ? L’équipe médicale est unanime : la confiance s’est installée entre l’homme et la machine. L’urologue n’a pas vu de réticence particulière de la part de ceux venus se faire opérer : « Ils ont confiance et je dirais même plus : ils viennent en étant demandeurs de cette nouvelle technologie ! »

  • Intimidation policière au collège Fontcarrade à Montpellier

    Intimidation policière au collège Fontcarrade à Montpellier

    Au collège Fontcarrade, ce qui ne devait être qu’un exercice « alerte intrusion » s’est transformé en intervention policière disproportionnée. L’affaire démarre le vendredi 7 novembre. Dans la salle de permanence, les collégiens sont surexcités et ne respectent pas les consignes. La CPE demande alors aux agents de police d’entrer et de leur expliquer l’importance de ce genre d’entraînement, quand l’un des élèves s’écrie : « Garde-à-vous ! » « L’un des policiers s’est mis en colère. Il a dit qu’il fouillerait les élèves si personne ne se dénonçait », raconte un.e AED (assistant d’éducation) sous couvert d’anonymat.

    Une menace rapidement mise à exécution. Les agents ont alors désigné six garçons au hasard, les ont placés contre le mur, les ont fouillés et ont relevé l’identité de quatre d’entre eux… « Nous, on était choqués. On ne s’attendait pas du tout à ce genre de réaction. On ne savait même pas si c’était légal ou pas », raconte l’AED. Dans un communiqué publié le 20 novembre, SUD Éducation dénonce un « abus de pouvoir » injustifié et illégal.

    « C’était un exercice, ce n’était pas un contrôle diligenté par le procureur. Et il a été réalisé sans l’accord du chef d’établissement, qui n’était même pas présent au début des fouilles », complète Philippe Pacheco, délégué SUD Éducation au sein du collège. Pour l’heure, le rectorat n’a souhaité répondre ni aux sollicitations du syndicat, ni à celles de la presse. Contactée, la préfecture affirme quant à elle avoir réclamé un rapport administratif à la Dasen (Directrice académique de l’éducation nationale) et à la DIPN (Direction interdépartementale de la Police nationale).

  • Pratiques new-age douteuses : le CHU de Montpellier en plein « bad-trip »

    Pratiques new-age douteuses : le CHU de Montpellier en plein « bad-trip »

    L’affaire est surréaliste… Selon une enquête publiée par le Youtubeur
    G Milgram le 21 novembre, plusieurs médecins du Centre d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD) de Montpellier pratiqueraient des méthodes douteuses impliquant des pseudo-traumatismes transgénérationnels, des remèdes à base de coquille d’huître, et des sur-interprétations fumeuses liées aux tenues vestimentaires des patientes…

    Selon Camille*, patiente anonyme atteinte de douleurs chroniques et à l’origine du signalement, le référent du centre anti-douleur du CHU de Montpellier aurait vrillé au tout premier rendez-vous. « Il m’a posé plein de questions sur ma grand-mère. Selon lui, la fibromyalgie est due à des traumatismes générationnels. Il me disait que c’était soit de la faute de la mère, soit de la grand-mère. Ça n’avait aucun sens », raconte-t-elle dans l’enquête vidéo. Un récit corroboré par une vidéo captée à Dax lors d’une conférence sur la fibromyalgie, une pathologie mal maîtrisée par le corps médical. Face à une patiente présente dans le public, Patrick Ginies s’adonne alors à une interprétation loufoque : « Quand on porte un bleu profond à votre âge encore jeune, c’est qu’on a perçu chez la mère ce défaut d’amour. » Même rengaine face à une patiente arborant une marinière ornée d’un cœur en strass. « Derrière ce cœur, il y a un cœur brisé », tente-t-il à la manière d’un médium…

    Dans la vidéo, Camille affirme avoir ensuite été prise en charge par le docteur Abossolo, ex-médecin du CETD, parti exercer en Suisse en 2024. L’homme lui aurait prodigué un massage du dos quasi-chamanique, à grand renfort de claquements de doigts et de cris stridents. Selon son récit et selon un document relayé par G Milgram, le médecin lui aurait ensuite prescrit un traitement à base de coquilles d’huîtres en poudre destiné à « reprogrammer les gênes ». « La guérison dépend de nos pensées, de notre spiritualité. Elle dépend aussi de notre relation à Dieu », affirme encore le médecin en public lors d’une conférence sur les médecines alternatives… sa blouse du CHU sur le dos.

    Procédure disciplinaire

    Quelques heures après la publication de la vidéo de G Milgram, qui a dépassé les 280 000 vues en cinq jours, l’hôpital de Montpellier a annoncé avoir suspendu Patrick Ginies à titre conservatoire le temps d’une enquête interne. La doyenne de la faculté de médecine a également initié « une évaluation pédagogique des enseignements pour apporter toute la transparence attendue sur les faits révélés ». Pour sa part, l’Ordre des médecins a aussi ouvert une procédure disciplinaire.

    « Cette vidéo m’a choqué… Je suis tombé des nues », confie le président Philippe Cathala. Suite à un signalement de la Miviludes (Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires), l’Ordre des médecins avait ouvert une procédure à l’encontre du docteur Abossolo mi-2024, mais il n’imaginait pas que d’autres personnels du centre anti-douleur pouvaient aussi baigner dans ces pratiques obscures. « Ici, l’algologie et le docteur Ginies ont une très bonne réputation. Les patients étaient adressés en confiance. J’y ai aussi adressé mon propre père qui était en fin de vie il y a quelques mois », argue encore le légiste, abasourdi.

    Dès qu’il a pris connaissance de l’enquête, Philippe Cathala a appelé son confrère pour tenter de comprendre. Mais au bout du fil, le médecin assume. « Il ne se rend pas compte de l’effet dévastateur sur les gens qu’il essaie de remuer à la sauce psychanalytique de comptoir. » L’instruction de la procédure de l’Ordre des médecins prend en moyenne un à deux ans. D’ici là, le docteur Ginies aura probablement déjà pris sa retraite.

    Contacté, le docteur Ginies
    n’a pas donné suite.

  • [On passe à table] Le flan pâtissier traditionnel à la vanille de Madagascar

    [On passe à table] Le flan pâtissier traditionnel à la vanille de Madagascar

    Douceur emblématique de l’établissement, le flan traditionnel à la vanille dans son plus simple appareil est l’une des spécialités de Pascal Guglielmi, ancien cheminot devenu pâtissier par passion et dont il vous partage la recette.

    Réaliser la pâte sablée

    Dans un batteur ou saladier mettez la farine, le sucre, le sel et votre beurre bien froid coupé en petits cubes. Puis au robot ou avec les mains – une activité ludique à faire avec les plus jeunes – réalisez ce que l’on appelle le sablage. Filmez la pâte au contact et faites reposer au frigo quelques heures ou au congélateur si vous voulez aller vite mais pas plus d’une demi-heure. Après le temps de repos, étalez la pâte sur quelques millimètres, et faites un cercle d’environ 26 cm pour qu’il puisse remplir un cercle ou un moule de 18 cm de diamètre. Foncez la pâte sablée pour enlever le surplus et ainsi avoir la quantité suffisante pour tapisser l’entièreté du moule ou cercle, bords compris. Placez au congélateur pendant au moins une heure. L’objectif étant que l’appareil à flan ne dégouline pas de partout quand vous allez le verser sur la pâte.

    Une onctueuse crème pâtissière

    Pendant ce temps, vient le moment de réaliser la crème pâtissière du flan. Dans une casserole versez un litre de lait entier ou demi-écrémé puis ajoutez deux gousses de vanille maximum. Faites chauffer à feu doux et dans un saladier à part, blanchissez les œufs et le sucre. Versez-y ensuite la maïzena qui permet à la crème de bien se tenir. Quand le lait est à ébullition sortez du feu, versez une partie du lait dans le mélange qui se trouve dans le saladier. Puis une fois que tout est homogène, versez ledit mélange dans la casserole sur le feu avec le lait restant, mettez de nouveau à feu doux et mélangez jusqu’à épaississement de la crème. Au sortir du feu, déposez un petit morceau de beurre.

    Sortez la pâte du congélateur et remplissez avec la crème pâtissière à l’aide d’une louche, vous pouvez lisser le tout avec une spatule. Enfournez le tout à 170° pendant une heure.

    Afin que le flan se tienne bien il vous faudra attendre le lendemain pour le déguster sinon avec la chaleur il risquerait de s’écrouler… Alors, on patiente et la dégustation n’en sera que meilleure ! Bon appétit.

    Les ingrédients

    Pour un flan il vous faudra :

    – 250g de farine

    – 125g de beurre froid

    – 260g de sucre en poudre

    – 5 œufs entiers

    – 1 pincée de sel et 2 gousses de vanille

    – 100g de maïzena

    – 1L de lait demi-écrémé ou entier

    Agathe L’hôte

  • Homophobie : « Jeunes d’Oc » affiche sa haine

    Homophobie : « Jeunes d’Oc » affiche sa haine

    Ils sont ouvertement homophobes et ils en sont fiers. Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 novembre, les militants du groupuscule Les Jeunes d’Oc ont recouvert les peintures arc-en-ciel qui ornaient certains trottoirs de la ville et le parvis de la gare Sud de France, à Montpellier, de peinture noire et de tags « Stop woke ». Leur but : anéantir toute marque de soutien à la cause LGBTQIA+.

    Fondés par d’anciens militants du groupuscule Génération identitaire (dissous en 2021), les Jeunes d’Oc ont aussi justifié leur action par un discours nauséabond directement adressé au maire Michaël Delafosse. « Michaël, arrête tes bêtises : il faut arrêter de mettre des peintures LGBT dans toutes les rues, ce n’est pas comme ça que tu récupéreras les voix de l’extrême gauche. Notre ville ne sera pas le tableau de toutes les dérives. Stop à la propagande sur la théorie du genre dans les écoles, les lycées, les facs, les entreprises. Stop aux cours de transsexuelles pour les enfants, oui à la normalité », ont-ils posté sur leurs réseaux sociaux.

    Ne pas céder

    Des propos abjects aussitôt dénoncés par la Ville. « Leur intolérance et leur haine de l’autre doivent trouver une fermeté totale », a réagi le maire sur X. Le lundi 24 novembre, la municipalité a également déposé plainte pour dégradation du bien commun. « On sent qu’avec la montée des idées fascistes dans notre pays et dans le monde, une partie de la jeunesse d’extrême droite se désinhibe. Elle n’hésite pas à se manifester dans l’espace public, avec violence parfois », explique l’élu à la sécurité Sébastien Cote. « On est face à des gens qui incarnent tout ce que Montpellier n’est pas, c’est-à-dire l’intolérance ». Dans les jours à venir, les trottoirs et le drapeau du parvis de la gare reprendront les couleurs de l’arc-en-ciel. « Il est hors de question de céder à ce genre d’intimidation. De la même manière, nous continuerons à soutenir la pride de Montpellier, et à faire flotter le Rainbow flag », poursuit Sébastien Cote.

    Dans la capitale héraultaise, les incursions fascistes dans l’espace public s’avèrent de plus en plus fréquentes ces dernières semaines. La Ville dénombre en effet de nombreux tags racistes, homophobes et xénophobes. Sans compter les agressions fascistes survenues aux abords de la manifestation du 18 septembre, et dont les auteurs n’ont pas encore été sanctionnés. Cette fois-ci, l’action est signée…

  • Écoles délabrées : les candidats sommés de s’engager publiquement

    Écoles délabrées : les candidats sommés de s’engager publiquement

    Le collectif « Élémentaire Verne et Maternelle Mabily », né en 2017 de l’engagement commun des parents d’élèves des deux écoles et des organisations syndicales FSU, CGT et Unsa, dresse à nouveau un constat alarmant concernant les conditions de travail des élèves de ces deux écoles ainsi que des personnels de l’Éducation nationale et municipaux.

    Des établissements qui, grâce au rapport de force installé, devaient renaître de leurs cendres avec la construction d’un nouveau groupe scolaire avec restauration. Le projet avait été acté et budgété par la municipalité précédente, de gauche celle-là. Avec une entrée des élèves prévue pour septembre 2021. Mais c’était sans compter l’arrivée de la droite aux manettes. Annulé, retoqué, déplacé… Entre promesses non tenues et abandons successifs, le dossier est allé depuis de rebondissements dans la presse en démentis. Selon le dernier projet, le groupe devait être érigé sur l’emplacement de l’ancien CCAS. Ce sera au final un parking de 15 places.

    Sur le terrain politique

    La bataille se poursuit donc aujourd’hui sur le terrain politique. Les candidats aux élections municipales de 2026 étant sommés de prendre position sur ce dossier et des engagements. C’est ce qu’est est venu expliquer le collectif vendredi devant l’école Verne.

    Dressant une liste à la Prévert, malheureusement non exhaustive, les syndicalistes pointent pour la maternelle Mabily des locaux partagés avec une autre école, des salles de classe trop petites, pas assez de sanitaires, ou encore une cour et une bibliothèque inadaptées. Sans compter l’absence de salle des maîtres.

    Pour Verne c’est encore pire, insiste Cédric Turco (FSU), avec « la présence d’amiante du sol au plafond », des salles trop exiguës, un bâtiment délabré, une isolation défaillante. Sans compter l’absence de salle de motricité et de salle informatique. « Ils ont fait quelques travaux de peinture dans l’école Verne mais les conditions sont loin d’être réunies pour permettre aux élèves de travailler dans les meilleures conditions », ajoute le syndicaliste.

    « Les salles n’ont pas été agrandies. Quand il pleut, il y a toujours des fuites. Et ne parlons pas des fenêtres. C’est une véritable passoire thermique », ajoute Sophie Grimaud Chiantaretto (Unsa)

    Michèle Lherminier (CGT Éduc’action) dénonce plus globalement « un manque d’investissement de la Ville dans la restauration des écoles qui sont restées majoritairement délabrées, mal entretenues ». Avec une absence de planification et des interventions en urgence.

    Une question claire est donc posée aux postulants : « Si vous êtes élu, quelles suites comptez-vous donner au projet de construction, sur un même site des deux écoles Verne-Mabily avec restauration scolaire ? »

    Le collectif assure qu’il publiera sans changer une virgule toutes les réponses écrites qui lui seront parvenues à l’adresse suivante : ecolesvernemabily.laseyne@gmail.com

    Et de conclure : « On a rencontré les parents de Verne et de Mabily pour les informer d’une nouvelle pétition et on ne s’interdit aucun moyen d’action, de l’occupation d’école au rassemblement devant la mairie, tant qu’on n’aura pas ce nouveau groupe scolaire, on restera mobilisés déterminés et ensemble. »

    La balle est aujourd’hui dans le camp des politiques ? Que ce soit ceux déjà en responsabilité ou ceux qui le seront.