Lancée lundi, la concertation préalable volontaire initiée par l’association des salariés de la Centrale (ATCG) a donné lieu à une première réunion publique tenue elle, ce mardi soir. Objectif : présenter le projet biométhane, qu’ils portent conjointement avec la société Gazotech. Si le projet a majoritairement été soutenu par les riverains présents, nombreuses ont été les interrogations et surtout les oppositions au projet, tel quel. À commencer par l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution de Gardanne (ANLP) qui a tenu une prise de parole unique avant de quitter la salle avec la FNE13 et les CIQ Gardanne Est et Langarie. « Aucune véritable co-construction n’a été organisée avec les associations locales, aucune étude globale sérieuse n’a été présentée sur les impacts cumulés avec la centrale P4 aujourd’hui et tous les autres demains », déroulait Marie Christine Borgna, pour l’ALNP, précisant rester « disponibles pour une véritable concertation indépendante ». Jean-Louis Debard, pour la CEPG (Convergence écologique du Pays d’Aix), estimait que « les associations comme les populations ont été mises à l’écart, cantonnées dans des réunions de cadre de vie inefficaces et limité dans leur objectif ». La réunion passée, il concède : « On est prêts à discuter. Les moyens qu’ils ont sont limités, et pour nous aussi. » Jean-Michel Rocassalva, secrétaire de la CGT de la Centrale, rapporte de son côté que « les garants [de la concertation] ont proposé à ces associations de nous rencontrer avant la réunion publique. Ils ne l’ont pas souhaité (…) on a jamais été opposés à présenter notre projet à qui que ce soit ».
Category: societe
-

Les élèves des écoles d’art imaginent les Alpes en 2126
Une centaine d’élèves des écoles d’art de Digne, Forcalquier, Gréoux-les-Bains et Barcelonnette ont inauguré et présenté mercredi soir leur exposition imaginant le département dans 100 ans. Jules, 11 ans, élève à l’école d’art IDBL à Digne, a ainsi imaginé avec quatorze de ses camarades un monde où « on a voulu réparer le réchauffement climatique, mais on a tout foiré ». « C’était un projet très amusant à faire, et chacun a pu apporter ses idées pour imaginer le futur », a renchéri son camarade Gabriel. « Nous avons aimé inventer notre vision du monde de demain, parce que nous sommes aussi les adultes du futur », a lancé Jules. Dans leur monde imaginaire, « le 04 est devenu un monde fragmenté qui flotte dans les airs. Le monde est bloqué dans un hiver éternel », explique le petit garçon. « Les humains habitent dans des bulles et l’atmosphère est irrespirable. »
« Nous, on s’est dit qu’en 2126, ce serait quand même bien que ce soit quelque chose de meilleur qu’aujourd’hui, sinon c’est anxiogène pour les enfants », a défendu Catherine Hall, professeure d’arts plastique à l’école intercommunale de Forcalquier. « Avec le réchauffement climatique, on en a conclu qu’il y aurait des ananas, des bananes, des oranges dans les arbres, et que le coq pondrait des œufs », a-t-elle décrit. Sur l’un des leurs kakémono (œuvre d’art suspendue), on peut distinguer la citadelle de Forcalquier sous l’eau.
« Ce que vous découvrez ce soir est une illustration de ce qu’ensemble nous pouvons accueillir lorsque nous mettons l’art et la créativité au cœur de nos politiques publiques, à savoir faire des arts un levier de développement humain et de cohésion pour l’ensemble de notre territoire », a défendu Alain Deslaux, conseiller départemental délégué notamment à la culture.
Une première rencontre« C’est la première fois que les quatre écoles du département travaillent ensemble », se réjouit Isabelle Laban-Dal Canto, conservatrice du patrimoine au département. « La présidence nous a demandé d’organiser des expositions dans cette salle de l’hôtel du département, donc on a fait plusieurs propositions, dont deux ont été retenues : l’artothèque et celle-ci. »
« C’est compliqué de travailler comme ça avec plein de gens à distance qui ne se croisent pas forcément », a témoigné la directrice de l’école d’art dignoise IDBL, Émeline Eudes. Les quatre écoles qui ont participé, entre Gréoux-les-Bains et Barcelonnette, sont très éloignées, d’un bout à l’autre du département. « Je me mets à la place des jeunes d’aujourd’hui, c’est déjà hyper anxiogène pour nous, entre les guerres, le climat », a ajouté la directrice de l’école. « Sur les kakémonos de l’Ubaye, je trouve qu’il y a un truc intéressant, parce qu’ils parlent du ski, des remontées mécaniques… C’est un vrai sujet aujourd’hui pour toutes les petites stations de ski qui sont en train d’essayer de se transformer. »
Ce projet s’inscrit dans le schéma départemental, qui assure un maillage territorial « qui permette à toutes les populations disséminées sur le territoire d’avoir une offre accessible financièrement et géographiquement », explique Emeline Eudes. « C’est une obligation légale pour la musique, la danse et le théâtre. Les arts plastiques ne sont pas dedans. Le ministère de la culture oublie systématique l’existence des arts plastiques quand il parle d’enseignement artistique », regrette-t-elle. Heureusement, le département a décidé de les inclure.
Ce schéma « n’oblige pas le Département à donner des subventions, mais on le fait », avance Anne Rinjonneau, directrice adjointe aux stratégies culturelles. « Souvent, il y a plus de temps de déplacement que d’heures de cours », déplore-t-elle. Le Département a profité de l’occasion pour remettre un chèque de 400 euros à chacune des écoles « pour leur permettre d’acheter du matériel », a annoncé Alain Deslaux.
-

Les actes de haine anti-LGBTI toujours en hausse
SOS Homophobie tire la sonnette d’alarme. Lors de la précédente publication de son rapport annuel, l’association alertait sur la montée « de courants réactionnaires et conservateurs véhiculant une parole hostile de plus en plus décomplexée, cautionnant ainsi des violences et discriminations répercutées dans la société ». Un an plus tard, elle fait état d’un « climat de plus en plus anxiogène et délétère ».
Et pour cause, ce sont 1 771 cas de LGBTIphobies qui sont recensées dans cette 30e édition de cet ouvrage publié lundi, soit près de 200 de plus qu’en 2024. Parmi les témoignages récoltés, celui de Pierre, la quarantaine, qui vit en zone rurale près d’Aix-en-Provence. Sans emploi depuis six ans, il dit avoir été « “contraint de partir” de son ancien poste de vendeur, “à cause de rumeurs et de harcèlement au travail du fait de son homosexualité” », relate le document. « Il raconte, par exemple, qu’un collègue lui avait raconté qu’un homosexuel de son entourage venait de se suicider, et que c’était pour lui la meilleure chose à faire », note SOS Homophobie.
Sont exposés au fil des pages, de nombreux témoignages de personnes vivants dans le « sud » de la France. Comme par exemple celui de Sarah, une femme trans lesbienne, en couple. « Depuis plus de trois ans, des jeunes d’extrême droite qui habitent son immeuble ne cessent de l’insulter et de l’agresser. Elle a déjà reçu plusieurs menaces de mort, ainsi que des coups de poing. Ces agressions ont commencé quand elle a emménagé avec sa compagne », peut-on lire dans le rapport. Sur les 280 personnes trans tuées dans le monde en 2025, 90% sont des femmes.
L’association française fait état d’un contexte politique qui « ne laisse pas présager un avenir meilleur pour les personnes LGBT ». Et ce, à un an d’une élection présidentielle où l’extrême droite est au plus haut dans les sondages.
-

À Avignon, la maison du Parc fermée pour raisons économiques
Depuis 2023, la Maison du Parc était animée chaque jeudi soir sur les bords du Rhône, sur l’île de la Barthelasse, à Avignon, avec notamment ses « guinguettes », offrant une vue sur le Palais des Papes et le pont Saint-Bénézet, les pieds dans l’eau, instaurées par Cécile Helle. Mais les grands volets vert clair resteront fermés. Les équipes d’Olivier Galzi (DVD) ont décidé de ne pas ouvrir le bâtiment cet été, du moins pour le moment, afin de faire des économies.
« Le bon sens, c’est de stopper des dépenses, pour proposer un modèle économique. La gratuité ne peut pas exister partout ! », lance ainsi Corinne Chatriot, 1ère adjointe au maire, sur son compte Facebook, tout en partageant gratuitement et en intégralité un article payant sur le sujet de nos confrères de Vaucluse Matin… Contacté, le cabinet du maire a confirmé cette information. Dans ce même article, la nouvelle élue estime que « face à l’hémorragie financière, il valait mieux fermer tout de suite plutôt que d’ouvrir encore une saison et de continuer les dépenses ». Et de lister ensuite les coûts d’une ouverture, en citant par exemple une réhabilitation qui a coûté 600 000 euros en 2023 « alors qu’on est en zone inondable », 53 000 euros pour les trois agents en poste de la mi-avril à la fin septembre, 100 000 euros en charges et ménage, et 1 500 euros par semaine pour les guinguettes. Quelques autres néo-adjoints soutiennent cette décision. « C’est une décision sage et réfléchie. Il est nécessaire d’imaginer un autre système avec un autofinancement », estime Jean-Luc Queyla, adjoint à la sécurité et aux risques majeurs.
Pour la suite de ce bâtiment, la Ville devrait lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI), avec, à terme, l’installation d’un commerçant ou d’un restaurateur. Et pouvoir ainsi en percevoir un loyer.
Simple ligne budgétaireUne annonce qui n’a pas manqué de faire réagir l’ex-majorité, avec en tête l’ancienne adjointe et conseillère départementale Laurence Lefèvre (DVG). Toujours sur Facebook, tout en concédant en amorce que « faire des économies est sans doute parfois nécessaire » et que « personne ne conteste la nécessité d’une gestion responsable des finances publiques », elle estime que « réduire la Maison du Parc, sur l’île de la Barthelasse, à une simple ligne budgétaire serait oublier ce qu’elle a réellement représenté ces trois dernières saisons : un lieu de vie, de rencontre et de convivialité ». Et de conclure en clamant sa fierté « d’avoir appartenu à une majorité municipale qui a su aussi faire cette distinction essentielle : celle entre le bon sens budgétaire et le sens donné à la vie collective, entre la gestion et la vision, entre l’économie nécessaire et l’ambition de faire société ».
-
![[Entretien] Judith Sasportes : « Un jeu non digital peut gagner le concours Lépine ! »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/500e386c8828fa0074c710f46a35397c.jpg)
[Entretien] Judith Sasportes : « Un jeu non digital peut gagner le concours Lépine ! »
Comment éviter les prises de tête autour des devoirs de maths ? Judith Sasportes, marseillaise de 26 ans, a peut-être trouvé la solution avec son jeu « Maths et ma toque », médaille d’argent au concours Lépine 2026. L’ancienne étudiante à la faculté d’Aix-Marseille a poursuivi des études d’ingénieure avant de se lancer dans une école de commerce. Son bagage universitaire, complété par un fort investissement associatif, notamment auprès des scolaires, l’ont poussé à s’intéresser à l’apprentissage. Entretien avec une inventeuse engagée.
La Marseillaise : Quel est l’objectif de votre jeu « Maths et ma toque » ?
Judith Sasportes : Ce jeu tend à réduire le traumatisme de l’apprentissage des mathématiques ! Le but est de monter en grade en réalisant des recettes de cuisine à l’aide de calculs mathématiques. Il existe cinq niveaux, allant de la simple addition à des fractions ou encore la règle de trois. Les enfants et les adultes peuvent jouer ensemble. C’est très important qu’il y ait ces moments de partage, de montrer aux enfants qu’il est normal de se tromper à n’importe quel âge.
Comment vous est venue l’idée de ce jeu ?
J. S. : Après mes études d’ingénierie informatique, j’ai voulu développer mon entreprise. J’ai fait une école de commerce et en parallèle, je suis rentrée en lien avec des enfants, des familles, des professeurs, en ayant en tête de réaliser un projet utile pour l’apprentissage. Grâce à mes échanges, j’ai constaté que les méthodes d’apprentissages des mathématiques étaient trop déconnectées de la réalité. Les enfants pensent souvent que les maths ne servent à rien, ou alors à compter l’argent. Mais ils n’en ont pas, donc ça reste très abstrait ! Aussi, j’ai commencé à réfléchir à ce premier jeu didactique.
Les jeunes filles sont moins représentées dans le domaine scientifique, est-ce que vous avez pensé votre jeu autour de cette problématique ?
J. S. : Je m’engage depuis plusieurs années pour l’égalité des chances dans les sciences, notamment en étant marraine de l’association « Ambitieuses ingénieuses » qui soutient les collégiennes dans leur projet d’études scientifiques. Sur la boîte de « Maths et ma toque », j’ai fait figurer deux personnages, masculin et féminin. Dans le jeu, les personnages sont assez androgynes. En école d’ingénieure, 25% des étudiants sont des femmes. Les représenter, c’est leur donner confiance en leur légitimité dès leur plus jeune âge.
Que représente pour vous cette médaille d’argent au concours Lépine ?
J. S. : Cette reconnaissance prouve qu’un jeu didactique qui n’est ni technologique ou digital peut gagner un concours d’invention en 2026 ! La semaine d’exposition à Paris-Expo en amont du prix m’a beaucoup touché. J’ai rencontré des enfants en difficulté qui se sont amusés en faisant des maths, cela leur a redonné confiance en leurs compétences. C’était des beaux moments de partage.
Avez-vous d’autres projets de jeu ?
J. S. : Je suis en cours de production d’un jeu autour de l’apprentissage du français ! Je ne peux pas en dire plus, mais je travaille actuellement avec des professeurs sur ce projet qui sortira prochainement. En attendant, je suis à fond dans la diffusion de mon premier jeu !
Pour tout renseignement et commande : https://maths-et-ma-toque.fr
-

À Miramas, les lycéens sont en mal de transports pour aller étudier
« Tout le monde devrait avoir le droit de se déplacer et d’étudier », assène Lilyrose élève de 1ère au lycée Jean Cocteau, avant de franchir les grilles mercredi matin. L’établissement est traversé par un vent d’inquiétude depuis la fin de semaine dernière. En cause, l’absence de transports praticables pour se rendre à Aix-en-Provence depuis Miramas.
« Ça prend deux heures de train en passant par Salon alors qu’on met que 40 minutes en voiture », illustre Kawtar Kassioui, autre élève de terminale concernée par la poursuite d’études à Aix. Sans compter le retour d’autant plus difficile. « Beaucoup d’autres autour de moi galèrent aussi », souligne-t-elle.
Les élèves rencontrés à l’entrée du lycée ne donnent pas tord à leur camarade. « J’aimerais bien étudier à Aix mais j’ai pas les moyens de payer un appartement sur place », souligne Lilyrose, actuellement en 1ère. La voiture n’est pas une alternative selon sa camarade de classe Carla : « J’ai l’âge de passer le permis, mais tout le monde n’a pas l’âge ni les moyens », fait-elle remarquer. « L’essence devient chère, les voitures aussi. Il faudra une alternative », renchérit Lilyrose.
Trois cents élèves concernésC’est en abordant le sujet en réunion avec les parents, au lycée, que Kawtar Kassioui a fait la rencontre de Natacha Mallet. « Le sujet me préoccupe aussi en tant que mère d’élève, j’ai mené le même combat quand j’étais lycéenne », explique la communiste et cheminote.
C’est pour cela qu’avec l’aide des communistes miramasséens, Kawtar Kassioui a pu formuler une proposition politique au problème. À partir d’un sondage réalisé sur les 843 élèves du lycée, 305 ont répondu être intéressés par la création d’une ligne de bus reliant Miramas à Aix-en-Provence, sur 396 répondants.
« On ne parle que de Cocteau, mais il y a déjà des étudiants de Miramas à Aix. Il faut aussi penser aux travailleurs et aux musées d’Aix qu’on n’a pas », considère la nouvelle militante. « C’est aussi un enjeu écologique, les voitures c’est pas top, un bus dans l’immédiat c’est bien, mais le train c’est mieux ! Il y en avait un jusqu’en 2008, il faut le remettre en route », affirme Kawtar Kassioui. Le conseiller municipal (PS) Christophe Caillault, présent devant le lycée, se dit « épaté » par la mobilisation lycéenne, promettant que le sujet sera soumis au maire Frédéric Vigouroux (DVG), par ailleurs vice-président de la Métropole aux transports. « Il faut d’abord créer une ligne de bus pour répondre à l’urgence, mais il faudra remettre en service la ligne ferroviaire passant par Rognac », considère Natacha Mallet. Le communiqué du PCF miramasséen diffusé au même moment parle d’interconnexion avec le bassin ouest du département, proposant de l’inclure dans le projet de service express régional métropolitain.
-

Un centre de recherches « Cezanne » au Jas de Bouffan
« Cela fait 25 ans que l’on en rêve, qu’on travaille pour ça, et voilà, ça arrive », résume avec émotion Denis Coutagne. En petit comité, dans une ambiance solennelle, le cofondateur et président de la Société Paul Cezanne s’est vu remettre les clés de la ferme du Jas de Bouffan, qui jouxte la Bastide, maison familiale de Paul Cezanne. Entre ces quatre murs ou seront abritées une bibliothèque de « plus de 5 000 livres » et des archives autour du peintre aixois, un petit comité de spécialistes du maître aixois œuvrera à faire de ce lieu un centre de recherche et de documentation.
C’est ici, à Aix, que sera conservé, travaillé et pérennisé le catalogue raisonné de Cezanne, sorte de répertoire répondant à une logique scientifique, qui permet de retracer le parcours artistique du peintre. De repérer, authentifier puis collectionner les œuvres qu’il a laissées, et retrouvées au gré des siècles.
Pérenniser le travailDans ce catalogue se trouvent notamment les fresques du jeune Cezanne peintes à même les murs du salon de la Bastide du Jas, alors en réhabilitation en vue de l’année 2025, dédiée au peintre. Ce lieu deviendra un espace dans « lequel on va installer un centre de recherche et de documentation international sur Cezanne ». Un projet imaginé dès 1979 par Denis Coutagne, alors tout juste arrivé sur Aix. « C’est la volonté que nous avons à Aix de rapatrier Cezanne à Aix et de le faire rayonner d’ici. Maintenant qu’on est dans la ferme, on va commencer à créer intellectuellement, scientifiquement cette dimension », précise Denis Coutagne. Pour retracer brièvement l’histoire de ce catalogue raisonné, la première des encyclopédies le composant fut publiée en 1936, par Venturi. Suivi de trois autres éditions, en 1973, puis en 1984 et en 1996. Jusqu’en 2011, année de publication du catalogue raisonné de Cezanne en ligne, sous la responsabilité de David Nash, Walter Feichenfeldt et Jane Warman, présente pour la cérémonie de ce jour. Pour son travail, le clou « Cezanne » de la Ville, lui a été offert. Désormais, la tâche est entre les mains de la Société Paul Cezanne, composée d’une petite centaine de spécialistes, mais dont un comité restreint sera attaché au travail dans la ferme du Jas de Bouffan. Le lieu, sera à terme ouvert au public. « Aujourd’hui, le monde entier sait que Cezanne est à Aix, que Cezanne est chez lui, comme nous l’avons tant répété au cours de cette année Cezanne 2025 », conclut le maire (UDI), Sophie Joissains.
-

Douze ans de prison pour le recruteur d’un ado tueur
Le jeune homme de 24 ans représente « une dangerosité » en raison de « l’extrême gravité des faits », a détaillé la présidente, qui a déploré son « absence de prise de conscience » et de « culpabilité ». D’abord évoqués, ses « liens avec la DZ mafia ne (sont) pas avérés », a-t-elle précisé.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet qui s’était plus tôt inquiété d’une personnalité marquée « par un défaut total d’empathie ».
L’un de ses complices, Blaise M., a été déclaré coupable « d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime en bande organisée ». Il a été condamné à une peine de 6 ans d’emprisonnement et son maintien en détention. Lola D., 23 ans, accusée d’avoir acheminé une Kalachnikov auprès de l’adolescent tueur, est condamnée à cinq ans de prison, mais n’effectuera qu’un an sous bracelet électronique en raison de sa détention provisoire. Le tribunal a pris en compte la réinsertion de cette secrétaire médicale depuis sa sortie de prison.
Abattre une « cible »L’adolescent de 17 ans, contacté via Snapchat par Hacène Larbi depuis sa cellule de la prison de Réau (Seine-et-Marne) pour abattre une « cible », doit lui être jugé en juin par le tribunal pour enfants.
Surpris dans une impasse des quartiers nord par un passant qu’il a blessé à l’arme blanche, l’adolescent avait fui avant d’être dénoncé dans un appel anonyme aux policiers, passé depuis le téléphone qu’utilisait Hacène Larbi en détention.
La présidente relève que le lycéen des Yvelines recruté avait tenté trois fois de se suicider. « Madame, c’est son problème », rétorque Hacène Larbi. « Au moment des faits, il était parfaitement conscient de ce qu’il voulait faire » et on ne « lui a pas mis le couteau sous la gorge ». Une violence « plus seulement organisée, mais ubérisée », selon la procureure : « Il s’agit de faire tuer sans se salir les mains » avec de « jeunes précaires influençables » qui cherchent à recréer dans le réel « les codes de la violence ».
L’affaire fait écho à un autre dossier dans lequel Hacène Larbi est mis en examen : le meurtre, le 4 octobre 2024, d’un chauffeur de VTC marseillais sans lien avec la criminalité, par un mineur de 15 ans.
« Je sais au fond de moi que je ne suis pas une mauvaise personne », a déclaré le « H », condamné à 19 reprises, dans ses dernières paroles à la barre. « On m’a toujours dénigré, rabaissé, toujours vu comme un enfant de la Ddass. »
Lundi, Hacène Larbi avait brièvement retracé une jeunesse fracassée, dénuée de toute affection : placé bébé en foyer puis en familles d’accueil, séparé de son jumeau à douze ans, il est incarcéré dans un quartier pour mineurs dès 2017, première d’une longue série de détentions dans une vie ancrée dans la délinquance et la violence.
« Perte totale de repères »Lors d’une rare période de liberté, il est victime en 2022 d’une séquestration accompagnée d’actes de torture, sur laquelle il ne s’étend pas.
« Le cheminement de ma naissance jusqu’à présent » s’est fait « dans un environnement de violence », a-t-il expliqué dans ses dernières déclarations, affirmant avoir « un travail à faire. »
En octobre 2024, le procureur de la République de Marseille Nicolas Bessonne avait pointé « une perte totale de repères » chez « des jeunes garçons (qui) vont répondre à des annonces (…) pour aller ôter la vie d’autrui sans aucun remords, sans aucune réflexion ». Il s’était questionné sur le « rôle des réseaux sociaux » dans cette évolution.
-

Des fouilles archéologiques à la Base Navale de Toulon mettent au jour des vestiges antiques
À Toulon, l’histoire antique continue de s’écrire. En vue de la construction du France Libre, le porte-avions nouvelle génération qui stationnera à la base navale de Toulon dès 2035, et de ses infrastructures, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) mène, depuis septembre 2025, des fouilles archéologiques sur une zone de 11 500 m² correspondant à l’emprise partielle de l’ancienne île de Milhaud.
Y ont ainsi été découverts les vestiges d’un établissement antique dédié au commerce. Les objets et infrastructures retrouvés (vaisselle, fours, parures…) témoignent d’habitations, activités artisanales (production de farine et vin ou huile) et commerciales entre le IIe siècle avant J.-C. et le IIIe siècle.
Une découverte unique sur le littoral provençalRattachée au continent depuis 1935 dans le cadre de l’élargissement de la base navale, l’île fut autrefois un pôle commercial stratégique, dès le IIe siècle avant J.-C., avant et après la fondation de Telo Martius (cité antique romaine ancêtre de Toulon, fondée au Ier siècle avant J.-C.). Les grandes quantités de fragments d’objets retrouvés montrent que l’établissement mis au jour, dont la découverte est sans équivalent sur le littoral provençal, a occupé une place significative dans les échanges commerciaux maritimes. Leur qualité et leur origine témoignent de l’empreinte romaine, avant la naissance de Telo Martius, malgré l’emprise grecque en Méditerranée à l’époque. Ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle que le site devient une emprise militaire, avec, notamment, l’édification d’une poudrière.
D’autres fouilles devraient commencer dans la Rade, sur les fonds marins, qui devront être creusés pour permettre le passage du porte-avions.
-

La Métropole exige la libération de l’espace public privatisé
Avec le printemps, c’est un plaisir évident de boire un verre en terrasse au soleil. Pour autant certains commerçants poussent tables et chaises sans autorisation obstruant les trottoirs pour leur business. Un phénomène chronique que les collectivités qui se partagent les secteurs, peinent à juguler en dépit d’une « charte des terrasses » visant à harmoniser l’esthétique et garantir un cheminement piéton minimal. L’association nationale Sites et Monuments alerte depuis des mois les autorités sur ces violations frontales en site patrimonial remarquable (SPR) et sur le site classé du Vieux-Port.
À l’angle de la Canebière et du quai des Belges où le flux touristique est particulièrement intense, l’établissement Cappuccino a ouvert il y a six mois dans les anciens locaux des Eaux de Marseille. « Il a progressivement colonisé les arcades du Club Pernod. On ne peut plus circuler », proteste Josiane une riveraine. « Et là regardez toutes ces tables et ces chaises qui débordent maintenant devant les arcades. Ils privatisent le trottoir. Ils en ont mis tout le long et depuis quelques jours, ils ont monté des palissades en bois pour leur crêperie. C’est parfaitement intolérable. Un automobiliste se prend 135 euros s’il monte sur un trottoir et ici c’est Marseille bébé ! » Contacté, l’exploitant n’a pas donné suite.
La Ville de Marseille, déjà saisie de la reconstruction sans permis de la terrasse couverte de la Samaritaine, nous répond que « ce commerce est titulaire d’un arrêté uniquement côté Canebière » autorisant une terrasse de 30 m² (7,5mx4m) détachée du commerce et délimitée hermétiquement par des jardinières contre la piste cyclable. « Pour la partie sous les arches, nous n’avons pas autorité. Le pourtour du Vieux-Port est à ce jour sous l’égide de la Métropole. »
« Une occupation illégale »La Métropole reconnaît la situation. « L’absence d’AOT pour cet établissement est parfaitement identifiée par nos services. Une facturation majorée pour occupation sans droit ni titre a d’ores et déjà été émise à l’encontre de l’exploitant. Cette mesure financière marque la détermination de la Métropole à ne tolérer aucune forme de régularisation tacite de cette situation », explique la collectivité décidée à aller au contentieux. « Face au maintien de l’occupation illégale, la Métropole prépare actuellement la saisine du tribunal administratif afin d’obtenir la libération de l’espace public. La Métropole réaffirme sa volonté absolue de faire respecter les règles d’occupation du domaine public dans ce secteur. »
La Ville se borne souvent à des signalements au parquet, sans plus. Les contraventions de 5e classe à 1 500 euros sont indolores au regard des profits tirés. D’où cette culture ancrée à Marseille de privatiser la rue. C’est d’ailleurs le cas du portique à arcades du Club Pernod : il a été édifié en 1970 non seulement sans permis mais en empiétant sur le domaine public qui doit rester inaliénable et imprescriptible car à l’usage de tous.
