Category: societe

  • [Entretien] Alain Evezard : « Les Restos du Cœur font appel à la bonne volonté ! »

    [Entretien] Alain Evezard : « Les Restos du Cœur font appel à la bonne volonté ! »

    La Marseillaise : L’association a annoncé avoir besoin de 2 000 bénévoles en renfort dans les Bouches-du-Rhône. Vous êtes en sous-effectif ?

    Alain Evezard : De manière générale, on est toujours en manque de bénévoles. Il faut savoir que le bénévolat a un taux de turnover important. On a rappelé ceux qui sont venus l’année dernière. Mais, on fait aussi appel à la bonne volonté. On est à la recherche de bénévoles ponctuels : ceux qui vont venir pour une demi-journée. Par exemple, le samedi 7 mars de 9h à 12h. On a besoin de ces personnes. Ce sont eux qui distribuent les sacs aux clients des magasins, qui réceptionnent les denrées fournies et qui les trient sur place.

    Les Restos du Cœur fonctionne aussi avec des entreprises qui proposent du mécénat de compétences. Elles octroient à leurs salariés une demi-journée par an, qu’ils peuvent utiliser au bénéfice d’associations.

    Comment se déroule cette grande collecte ?

    A.E. : Tous les centres du département s’y préparent, puisqu’on a 145 points de collecte. Chaque centre établi un plan avec des bénévoles, réguliers ou ponctuels. Puis, ces bénévoles récupèrent les denrées alimentaires. Et ensuite, des camions sillonnent les différents points de collecte pour les récupérer et ramener le tout jusqu’à l’entrepôt départemental à Marseille.

    Quel type de produit recherchez-vous ?

    A.E. : Des conserves de poissons, de viande, de légumes ou de fruits, voire même des desserts en conserve qui existent. Et ce que nous appelons des produits mixtes : typiquement, les raviolis. Il y a des gens qui nous donnent un plat de couscous complet ou un plat de poisson plus riz. Ça, ça marche très bien. Alors, tout ce qui est lacté, on ne peut pas le prendre parce qu’il y a une date limite. Il faut qu’on respecte la chaîne du froid.

    En fonction du nombre de tonnes récoltées, la redistribution des denrées tient combien de temps ?

    A.E. : On l’estime à trois semaines. L’année dernière, on avait récolté 250 tonnes. On espère faire la même chose cette année, voire plus. Il y a beaucoup de paramètres qui font que ça peut changer : la météo, parce que s’il pleut, les gens n’ont pas envie d’aller faire des courses. Et on peut aussi ne pas avoir suffisamment de bénévoles. Ce qui fait qu’on collecte, évidemment moins. Si on reçoit 250 tonnes, il nous faut dix jours pour trier l’intégralité de la collecte. Sachant que les premiers cartons rentrent le vendredi 6 mars au soir, on finira le tri à la fin de la semaine suivante.

    Et s’ensuit la redistribution ?

    A.E. : Exactement. Selon le nombre de personnes accueillies, les centres font leur commande de ce dont ils ont besoin auprès du service d’approvisionnement, pour distribuer des équivalents de repas complets : des protéines, des légumes, des accompagnements, des desserts… Donc les produits de cette grande collecte sont ceux qui serviront à faire ces paniers hebdomadaires, y compris les produits d’hygiène. Dans ce service, une équipe prépare ces commandes. Et tous les matins, du lundi au vendredi, des chauffeurs bénévoles livrent ces centres. Chaque semaine, on sort à peu près 90 tonnes de denrées alimentaires.

    Une fois ce stock écoulé, où récoltez-vous les produits pour ces repas ?

    A.E. : Un tiers de ces repas, on les achète. Un tiers vient du Fonds de solidarité européen. Et le troisième tiers vient de dons : nationaux, régionaux ou locaux.

  • Les salariés du groupe Cosquer Méditerranée en grève

    Les salariés du groupe Cosquer Méditerranée en grève

    Ils sont une dizaine de salariés, en ce dimanche matin, à s’être réunis devant le site Cosquer Méditerranée à Marseille. Alors que le lieu s’apprête à ouvrir ses portes pour l’une des journées les plus animées de la semaine, l’effectif, dont une partie est en grève à l’appel de la CGT Cosquer, sera amputé de moitié. Le mouvement, est soutenu par l’Union locale CGT Saint-Lazare Joliette.

    Anaïs Reymond, syndiquée CGT, travaille depuis mai 2022 pour la Grotte Cosquer (exploitée par la société Kléber Rossillon). La mobilisation doit permettre de « défendre nos conditions de travail, évoquer les soucis de sécurité sur site, parler de la problématique du sous-effectif, de la pression constante depuis l’arrivée de la nouvelle directrice, le manque d’équipement [talkies-walkies, audioguides, casques…], d’hygiène on est envahis par les cafards les visiteurs aussi peuvent les apercevoir et les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont insuffisantes », égrène Anaïs Reymond. Les travailleurs via leur syndicat revendiquent une augmentation de salaire pour tous les salariés payés au Smic, une prime pour les dimanches et jours fériés travaillés, une prime polyvalence et une prime d’ancienneté. Des exigences restées lettre morte.

    Une grève reconductible ?

    « On a l’impression de ne pas être écoutés, de ne pas être considérés », témoigne Nicolas Martinez, syndiqué CGT. « Le dialogue [avec la direction, Ndlr] est tendu avec l’ensemble des salariés », ajoute Anaïs Reymond. À la liste des revendications, s’ajoute un « climat de pression et de surveillance constante », qui serait instauré par des caméras de vidéosurveillance, utilisées pour épier les faits et gestes des employés, toujours selon les grévistes. Mais aussi le licenciement récent d’une collègue, considéré comme « abusif » par le syndicat CGT. Selon eux, cette salariée, en poste depuis moins d’un an, aurait été licenciée pour ne pas s’être présentée à un événement de galette des rois « événement non obligatoire », et pour un « geste maladroit » précise Anaïs Reymond. Elle n’aurait pas saisi les prud’hommes à ce stade. « On a beaucoup de soucis au sein de l’organisme et une charge mentale au travail, ajoute Shayma, qui travaille depuis plus d’un an sur le site. Le salaire ne suffit pas, on a des visiteurs toute la journée, on a la pression. C’est désordonné. On a fait remonter ces problèmes à la direction mais ça n’a pas abouti. »

    Parmi les problématiques internes soulevées par les salariés en grève, les soucis de sous-effectif et du « turn-over » sont régulièrement évoqués. Pour rappel, en mars dernier, les salariés du service d’accueil et de billetterie du groupe Cosquer Méditerranée étaient déjà en grève pour des raisons similaires. À ce jour, les grévistes estiment que la grève pourrait être reconduite, dans le cas où les revendications des salariés ne seraient pas entendues.

    Sollicitée, la direction du groupe Cosquer Méditerranée n’a pas pu nous répondre, à l’heure ou nous écrivons ces lignes.

  • L’automobile ancienne avec un accent british à Motor Passion à Avignon

    L’automobile ancienne avec un accent british à Motor Passion à Avignon

    Rendez-vous au premier virage, mais pas besoin de monter le volume. Motor Passion, salon des véhicules anciens, de collection et de prestige, revient les 20, 21 et 22 mars au Palais des Expositions d’Avignon pour sa 22e édition.

    Seront à retrouver pas moins de 2 000 véhicules plus ou moins anciens, 400 exposants et une centaine de clubs auto-moto. Et il y en a pour tous les goûts. De l’ancêtre 1900 aux youngtimers des années 80, des véhicules de sport et de rallye aux marques automobiles de luxe, des motos de légende aux camions décorés, Motor Passion déroule « 150 ans d’histoire et un merveilleux voyage au cœur du patrimoine automobile », listent les organisateurs, à savoir Avignon Tourisme et Cam’s Organisation, en collaboration avec les Amis du circuit d’Avignon Vaucluse (Acav) et la Fédération française des véhicules d’époque (FFVE), dans un communiqué. Les 12 halls couverts et 80 000 mètres carrés seront pleins de surprises pour les férus de mécanique.

    Deux thèmes principaux sont identifiés. Après un focus sur les véhicules ayant participé au Paris-Dakar et les automobiles de luxe l’an dernier, l’édition 2026 sera marquée tout d’abord par deux plateaux dédiés aux prestigieuses marques britanniques Rolls-Royce et Bentley. Outre la mise en valeur de ces deux firmes de nos voisins britanniques, une exposition atypique sera dédiée aux véhicules inspirés par la marque franco-italienne Simca entre les années 40 et 60. Mais aussi des motos classiques des « sixties », des sportives de F2 et un « voyage dans le temps sur la Route Nationale 7 ».

    Démonstration de dragsters et cascades

    Mais les habitués n’ont pas à s’inquiéter, ce qui fait la recette du salon sera bien évidemment à retrouver aussi. Tels que les îlots de collection et de prestige, la bourse aux accessoires et pièces détachées, les tracteurs avec notamment un modèle à gazogène, des bateaux, des camions, des engins utilitaires et militaires, des miniatures et des véhicules télécommandés. Des ventes de véhicules sont aussi prévues entre particuliers. Sans oublier les démonstrations de dragsters, les défilés et autres cascades automobiles ainsi que des déambulations théâtrales et musicales dans les allées du parc.

    Billetterie et renseignements sur www.motorpassion.com. Tarif plein à 15 euros. Gratuit pour les moins de 12 ans

  • Didier Jau accélère sur le portail des Chutes-Lavie

    Didier Jau accélère sur le portail des Chutes-Lavie

    « Ce portail sera rouvert parce que c’est juste ! ». Devant le portail de la copropriété de la Cité-jardin, rue de la Pépinière dans le 4e arrondissement de Marseille, le maire de secteur sortant, Didier Jau (EELV) hausse le ton. « Ce portail soulève la question de quelle ville voulons-nous ? Une ville qui dresse des barrières entre ses habitants ou ville qui relie ? », dénonce-t-il, alors que le contentieux autour de ce portail qui coupe le quartier en deux s’enlise en conflit judiciaire.

    Pour rappel, depuis plusieurs semaines, un collectif de riverains, représenté par Nathalie Prost, s’oppose aux copropriétaires de ladite cité à l’origine de son installation. Un collectif dont l’action est soutenue par la mairie de secteur qui entreprend des études avec ses services juridiques « obtenir l’ouverture de l’accès ». « Dans le mandat, plus de 80 000 euros ont été investis dans le jardin derrière nous. Un jardin public ! Il ne peut pas être réservé à une poignée d’habitants », martèle Didier Jau.

    Il annonce au passage, qu’en cas de réélection lors du scrutin des municipales puisqu’il brigue sa succession au nom du Printemps Marseillais sur le secteur, que « le centre sportif et de loisirs des Chutes-Lavie sera entièrement rénové, modernisé. Il sera solarisé pour réduire son impact énergétique, il va accueillir un terrain de basket 3 contre 3, on va doubler les places en centre aéré. Il sera un espace libre et accessible ». Autre annonce de taille, Nathalie Prost a officialisé sa présence, à la 4e position, sur la liste de Didier Jau. « Je m’exprime en mon nom, plus au nom du collectif. J’ai vu deux façons d’agir pendant ce combat : certains utilisaient leur pouvoir pour contourner les règles, d’autres s’appuyaient sur le droit pour les faire respecter. J’ai choisi la seconde voie », a-t-elle lancé.

  • Retour de Mars Bleu, mois du dépistage du cancer colorectal

    Retour de Mars Bleu, mois du dépistage du cancer colorectal

    Tout au long du mois de mars, le centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) met sur le devant de la scène la nécessité de se tester au cancer colorectal. Un simple geste de 10 secondes à réaliser tous les 2 ans pour les hommes et femmes de plus de 50 ans. Pour cela, il suffit de réclamer le test en pharmacie ou auprès de son médecin traitant. Depuis 2015, le dépistage est simple. Il suffit de réaliser le prélèvement soi-même, remplir la fiche d’identification et déposer l’enveloppe dans les 24 heures dans une boîte aux lettres de la Poste.

    « Si je n’avais pas été têtu, j’aurais pu éviter toutes ces complications », témoigne Barlam Dyal touché par ce cancer il y a 7 ans. Chef d’entreprise, il recevait régulièrement des lettres à ce sujet ou des messages qui lui étaient directement adressés. Marathonien, il ne se sentait pas concerné : « Je ne savais même pas ce qu’est un dépistage », résume-t-il.

    Ce n’est que 3 ans après la première invitation qu’il saute le pas… et apprend avec stupéfaction la mauvaise nouvelle. Pour autant, comme 213 habitants des Bouches-du-Rhône, tous les ans, il entame son combat contre la maladie. Il ne se résigne pas et vainc le cancer, bien que celui-ci ait changé sa vie. Une étape complexe, qu’il a fini par surmonter, grâce notamment à l’association des anciens victimes du cancer colorectal. « Dans la pratique c’est autre chose, c’est difficile de s’adapter et de comprendre qu’on est malade. La solution c’est d’en parler de dialoguer », souligne-t-il en parlant de l’organisation.

    Communication, une arme contre le cancer

    La région sud est largement en retard sur le nombre de dépistage. Seulement 27% des personnes en âge de réaliser le test le font, contre 75% pour les Hollandais d’après le professeur Seitz. Un non-recours que Barlam Dyal s’explique par le manque de sensibilisation et « la fierté masculine des hommes ». C’est pourquoi il prône la nécessité d’une éducation populaire en entreprises et à l’université.

    Au-delà du dépistage, ce cancer rarement génétique est lié à l’hygiène de vie, notamment l’alimentation. Pour l’ancien chef d’entreprise, un enseignement diététique dès le plus jeune âge pourrait limiter les causes du deuxième cancer touchant le plus de Français.

    Les acteurs de la santé se coordonnent et se forment pour « créer des habitudes chez le professionnel de santé » d’après Florance Ferrera, pour faire connaître le test au public. En complément, l’assurance maladie mène une campagne de démarchage téléphonique pour les personnes éligibles au test.

    Leur objectif est clair : faire reculer le cancer en le détectant le plus tôt possible par un test régulier.

    Dans le Var

    Afin d’informer sur le dépistage et les facteurs de prévention du cancer colorectal et de permettre des échanges avec les équipes de santé et les partenaires institutionnels tels que la CPAM du Var, La Ligue contre le cancer., etc, les professionnels du Centre Hospitalier Intercommunal organisent des stands d’information durant Mars Bleu : le 4 mars – Centre commercial Mayol à Toulon à partir de 9h ; le 9 mars – Hôpital Sainte-Musse à Toulon à partir de 9h ; le 10 mars – Six-Fours de 9h30 à 17h ; le 18 mars – Centre commercial Mayol à Toulon à partir de 9h et le 20 mars – Hôpital George Sand à La Seyne-sur-Mer à partir de 9h.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : Quand la guerre froide s’installe

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : Quand la guerre froide s’installe

    Ambroise Croizat, de nouveau ministre du Travail dans le cabinet Ramadier de janvier 1947, se vit explicitement interdire toute initiative en cette matière. De plus, 1947 fut un hiver exceptionnellement rigoureux avec une aggravation régulière de la pénurie alimentaire.

    Dès le début janvier, nous doublions les manifestations d’ensemble par corporation avec, le 21, une assemblée générale des travailleurs de l’alimentation. Le 22, c’était celle des métaux. Le 27 se réunissaient les travailleurs du textile et des produits chimiques. Le 4 mars, le syndicat de l’habillement appelait à un mouvement de grève à partir de 17h. Pour ne rien arranger, les pressions américaines s’intensifièrent.

    Le printemps 1947 marqua un sommet d’anticommunisme, avivé par la perspective de la rupture définitive entre les anciens alliés de la guerre, à l’occasion de la conférence de Moscou. C’est le 12 mars 1947 que Truman déclara, par son discours au Congrès américain, la « guerre froide », qui eut, en France comme ailleurs, des répercussions immédiates. Les manœuvres scissionnistes furent amplifiées par l’intervention américaine.

    La stratégie américaine
    face au mouvement ouvrier

    Dans une tournée systématique en Europe, Brown promit aux syndicalistes « compréhensifs » un niveau de vie que ni les conceptions générales de leur centrale, ni les rigueurs de l’époque n’autorisaient, selon le témoignage officiel de l’ambassadeur de France Hopeno. Repris par les journaux Le Provençal et Le Méridional, Marseille était l’une de ses étapes préférées. Sans qu’il soit possible de quantifier la part relative des facteurs extérieurs et intérieurs de la rupture du 4 mai 1947, Washington a une part considérable dans cette opération qui visait principalement le Parti communiste et la CGT.

    Échec pour la classe ouvrière, l’éviction des ministres communistes, qui avaient soutenu les grèves de Renault, s’inscrivait dans une stratégie de plus long terme, mise en œuvre avec une application particulière dans les pays où le mouvement ouvrier se réclamait de la lutte de classe, comme la France ou l’Italie. Les milieux dirigeants français reçurent désormais le soutien explicite de ceux de Washington pour cette mise à l’écart jugée indispensable par les uns et les autres.

    Les ambitieux projets européens des responsables économiques et politiques américains, définitivement mis au point dans les premiers mois de 1947 et destinés à éviter l’angoissante crise de surproduction qui les « obsédait », supposaient une classe ouvrière, dans chaque pays concerné, sinon convaincue des vertus de la « libre entreprise », du moins docile et sage. Nous, CGT, constituions un enjeu décisif de la « guerre froide » commençante.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Kallisté] La Corse est-elle un château d’eau menacé par le dérèglement climatique ?

    [Kallisté] La Corse est-elle un château d’eau menacé par le dérèglement climatique ?

    À partir de mi-août les retenues d’eau artificielles, ayant un double rôle énergétique et agricole, sont souvent bien vides. Faut-il s’en inquiéter ?

    Quel rapport avec la baisse de l’enseignement sur les sommets ? Sommets qui culminent de 2700 mètres à 2000 mètres du nord au sud, du Cinto à l’Incudine.

    Faut-il multiplier les barrages sur les nombreux fleuves côtiers qui en sont encore dépourvus ? Ces fleuves sont importants. Napoléon n’avait-il pas d’ailleurs commencé par nommé les départements de Corse le Golo et le Liamone ?

    Dans une île sans accès à l’énergie nucléaire, très dépendante du fuel du fait du caractère non pilotable du solaire et de l’éolien, l’hydroélectricité a un rôle essentiel. Et puis, une fois turbinée, une ou plusieurs fois, l’eau peut-elle avoir d’autres fonctions ?

    Hydroélectricité

    Et c’est là, pour le profane que je suis, qu’arrive l’exceptionnel enneigement de l’hiver 2026. Cela va-t-il éviter le voir le barrage de Sampolo à Ghisoni presque vide à la fin de l’été 2026 ?

    Et puis les pluies de ce mois février 2026 permettent sans aucun doute que l’hydroélectricité couvre plus de 50% des besoins en électricité en Corse. C’est le cas autour du 20 février, particulièrement la nuit quand le soleil n’est pas là…

    Cela ramène la part du fuel à moins de 15% dans cette période. Et ça c’est bon pour le climat. Si les barrages étaient plus nombreux, cette bonne nouvelle pourrait-elle être durable ? Sont-ils menacés si le service public de l’électricité venait à l’être ? Comment imaginer des moyens de stockage de l’eau issue de la fonte de la neige et plus globalement du ruissellement ?

    Et si cela est possible, la Corse n’est peut-être pas la seule qui bénéficierait de ces innovations? À ce stade je n’ai fait que poser une dizaine de questions liées entre elles. Cela mériterait des réponses plus argumentées que celles que je pourrais donner. Pour mieux cerner cette question qui articule Climat, eau, énergie, agriculture et biodiversité nous avons contacté Antoine Orsini, enseignant-chercheur à l’Université Pasquale Paoli de Corte, hydrobiologiste mondialement connu, pour répondre à toutes ces questions. À suivre donc

  • [Travailleur de demain] Mathieu Sabatier, la passion camion

    [Travailleur de demain] Mathieu Sabatier, la passion camion

    Sous ses airs de jeune homme de 19 ans plutôt réservé, Mathieu Sabatier cache une vraie passion pour le travail méthodique et bien fait. L’apprenti mécanicien a toujours été « bricoleur et manuel », mais est tombé par hasard dans le grand bain huilé de la mécanique. Il explique : « Je voulais un métier utile, au début je me suis d’abord orienté vers la mécanique automobile, mais dans le bac pro que j’ai intégré, il y avait aussi du poids lourd. »

    C’est à ce moment qu’est née en lui une fascination pour ces moteurs thermiques de plus de 500 chevaux et 2 500 newtons-mètres de couple. À titre de comparaison, une voiture fait entre 200 et 500 newtons-mètres de couple… Bref, « j’ai été impressionné par la taille des moteurs et leur puissance », confie le jeune apprenti. Mais Mathieu Sabatier est également très rationnel : le travail sur camion, c’est aussi un certain confort. « On ne va pas se plier comme sous une voiture, on a bien plus d’espace pour travailler, donc c’est mieux pour notre santé physique. » Le Lançonnais est conscient des conséquences que peut avoir son métier sur la mécanique des articulations.

    Un métier exigeant

    Il rappelle que chez Scania, une attention est portée à la santé des travailleurs : « On peut avoir des problèmes de genoux ou de dos en lien avec nos positions de travail, mais on a accès à des genouillères ou bien à des bouchons d’oreilles contre le bruit. »

    Une fois son bac en poche, il fait le choix de partir en apprentissage pour se spécialiser en poids lourd au Greta CFA du Vaucluse. Fort de son talent, Scania lui propose directement un contrat d’apprentissage suite à un stage. Il travaille sur des camions, des bus, mais aussi des machines industrielles (cisailles, bateaux, etc.) équipées de moteurs Scania. Diagnostics, réparations, entretien sont autant de compétences qu’il aiguise au quotidien. Le plus grisant reste les interventions : « Quand un camionneur tombe en panne sur route, le but, c’est de le faire repartir le plus vite possible pour éviter qu’il prenne trop de retard sur sa livraison. » La pression est plus forte quand ce sont des camions alimentaires qui nécessitent une prise en charge rapide. « La contrainte de temps, ça peut être compliqué, il faut rester méthodique et très organisé. » En mécanique, chaque opération est une nouvelle prise de risque et rien n’est jamais gagné d’avance. « En plus, pour un camionneur, son véhicule, c’est sa maison, son petit chez-lui, donc on fait très attention à en prendre soin, on veut le mieux pour nos clients », rappelle-t-il.

    Face aux bouleversements que vit la profession avec l’arrivée de l’électrique, Mathieu est clair : « Je m’adapterai toujours, le monde mécano bouge vite pour s’adapter au dérèglement climatique, il faut avoir soif d’apprentissage et suivre les technologies. » Mais il émet des réticences : « On passe sur des camions électriques, mais pour l’instant, ce n’est pas optimal, ça réduit trop l’autonomie. »

    Scania lui a proposé de continuer en CDI dès la fin de son apprentissage. Mathieu se sent bien dans sa nouvelle famille : « On passe la plupart de notre temps au travail, donc il faut aimer ce qu’on fait. »

  • La fermeture nocturne des urgences inquiète dans les Alpes-de-Haute-Provence

    La fermeture nocturne des urgences inquiète dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Les urgences sont un service vital pour la population, en particulier dans nos zones rurales où l’accès aux soins est déjà difficile. » Une pétition, relayée sur les réseaux sociaux, rassemble plus de 7 000 signatures contre la fermeture ou la réduction des horaires d’ouverture des services d’urgence du département. Cela « met en danger la vie des habitants, allonge les temps de prise en charge et crée une inégalité flagrante d’accès aux soins », avancent les auteurs de la pétition.

    à Manosque, Digne-les-Bains et Sisteron, les urgences sont régulièrement fermées la nuit, à partir de 18h30, et les patients doivent alors passer par le 15, qui régule les appels. « Le recours au 15 est vécu par beaucoup comme une entrave voire un tri pour l’accès aux soins. Cela permet également d’accompagner des mesures d’économies, sans mettre en place de véritables solutions de fond. »

    « Beaucoup renoncent

    aux soins »

    Les 7 000 signataires demandent une ouverture des trois services d’urgences du département 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ainsi qu’un renforcement des effectifs et la fin de la « discrimination géographique ». « Notre santé ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire », clament aussi les auteurs de la pétition. Les hôpitaux du département manquent souvent de médecins urgentistes.

    « La fermeture des urgences est une grosse problématique dans le département depuis des années », explique Cédric Volait, responsable de la CGT Santé 04. « Il est déjà arrivé que les trois services d’urgences du département soient fermés la nuit », déplore-t-il. Il ajoute : « La population ne comprend plus rien, on ne sait pas quand c’est ouvert ou fermé, beaucoup de gens renoncent aux soins et prennent leur mal en patience. »

    « Le 15 envoie parfois les patients vers d’autres départements, à Aix ou à Pertuis, qui sont souvent saturés. Il est arrivé que des patients aillent à Aix, qui n’avait plus de place et les renvoyait vers Marseille ou Toulon », regrette Cédric Volait, qui travaille à l’hôpital de Manosque. « Depuis avril 2023, les urgences sont fermées quasiment toutes les nuits à Manosque, faute de médecins urgentistes », précise-t-il. Le syndicat demande que tous les médecins fassent des gardes, , actuellement basées sur le volontariat.

  • 42 médailles pour les Alpes-de-Haute-Provence

    42 médailles pour les Alpes-de-Haute-Provence

    Un total de 19 médailles d’or, 19 médailles d’argent et 4 médailles de bronze ont été remportées par le département des Alpes-de-Haute-Provence au concours général agricole de Paris 2026. Ses vins, ses huiles d’olive, ses charcuteries, ses miels, ses produits laitiers, ses bières, ses eaux-de-vie et sa viande ont été récompensés. La cave des vignerons de Pierrevert, le domaine Salvator, la société fromagère de Provence, la coopérative laitière de l’Ubaye et la brasserie Cordoeil ont notamment été distinguées.

    Les vins et les huiles d’olive du département ont particulièrement brillé, avec 13 médailles dont 6 d’or pour les vins et 10 médailles, dont 8 d’or pour les huiles d’olive. L’obtention d’une médaille au concours général agricole est synonyme d’une augmentation des ventes de 18 à 40%. Les médailles du concours constituent un sésame à l’export car elles sont reconnues hors de la France.

    Le « travail acharné »

    des agriculteurs souligné

    Ces médailles soulignent le « travail acharné » des agriculteurs, « leur dévouement, leur passion et leur savoir-faire inégalé », a salué la Chambre d’agriculture des Alpes-de-Haute-Provence, qui a, cependant, déploré la visite « au pas de course », « peu propice à un échange constructif » de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, sur le stand du département. Un sac contenant « des produits issus de toutes les filières en crise dans les Alpes-de-Haute-Provence » a été remis à la ministre.

    Les ânes du département ont également été mis en avant avec la présence de Java au Salon, ânesse de Provence de 6 ans, seule représentante animale du département.