Category: societe

  • L’extrême droite veut mettre l’audiovisuel public au pas

    L’extrême droite veut mettre l’audiovisuel public au pas

    Six mois de débats, 67 auditions, 234 personnes interrogées : la fastidieuse commission d’enquête parlementaire sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a débouché mardi 5 mai sur la publication par l’Assemblée nationale d’un rapport de plus de 550 pages. Son rapporteur, le député de l’Hérault Charles Henry Alloncle (UDR), y formule 69 recommandations pour une refonte profonde de l’audiovisuel français, notamment via des réductions budgétaires draconiennes, supposées aboutir à 1,12 milliard d’euros d’économies par an à l’horizon 2030.

    Parmi ces propositions, le député d’extrême droite propose notamment de supprimer France TV Slash, France 4 et la station radio Mouv’ ; de confier la tutelle de l’audiovisuel public à un nouveau secrétariat général à l’audiovisuel public placé sous l’autorité du Premier ministre ; de confier la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public au Président de la République ; de réduire de trois quarts le budget des jeux et divertissements et d’un tiers le budget des sports de France Télévisions ; de fusionner France 2 et France 5 ainsi que France 24 et Franceinfo ou encore, de fusionner totalement les réseaux France 3 Régions et ICI (France Bleu) pour créer une chaîne unifiée de l’information et de la vie locale. Sur ce dernier point, Thierry Will, journaliste à France 3 Occitanie et délégué syndical du Syndicat National des Journalistes (SNJ) pour Montpellier, s’inquiète : « La marque commune existe déjà en Outre-mer et nos retours montrent que le rythme et les conditions de travail sont rudes. Nous sommes habitués aux réformes, mais le problème ici c’est que l’esprit du rapport est purement et simplement de réduire le périmètre de l’audiovisuel public, alors que la présence des journalistes de terrain sur le territoire est essentielle. »

    Une instruction à charge

    De fait, rarement une commission d’enquête n’avait autant suscité la critique, de l’aveu même de son président, le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), qui affirme regretter « des méthodes contestables et des dérives regrettables ». Dans une longue introduction au rapport, dans laquelle il formule ses propres recommandations, ce dernier fustige : « L’utilisation massive des réseaux sociaux par le rapporteur a accéléré la propagation de fausses informations et perturbé la sérénité des travaux et des auditions qui se sont transformés souvent en procès à charge. » Dès sa publication le 5 mai, Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, a également réagi en dénonçant sur X (ex-Twitter) un rapport construit sur « des insinuations, des approximations et des contrevérités » et qui propose « le plus grand plan social de l’histoire culturelle française ». De son côté, Thierry Will n’est pas moins critique : « Il n’y a rien de bon dans le rapport Alloncle. Cette commission d’enquête s’est transformée en véritable foire d’empoigne, qui décrédibilise complètement le travail des députés. Je n’en attendais rien de plus, puisque cette commission fait partie d’une campagne [pour le parti ciottiste Union des Droites Républicaines, ndlr]. Cela renforce peut-être simplement chez nous une combativité qui a toujours été là. »

    Prise illégale d’intérêt

    Avant même que le rapport ne soit rendu public, le journal Le Monde révélait dans un article du 26 avril que la direction des affaires institutionnelles du groupe d’Arnaud Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré, avait envoyé des listes de questions à des députés. Des révélations qui ont conduit à ce que Charles Alloncle soit visé par une plainte, déposée contre X par l’association AC !! Anti-corruption, samedi 2 mai, devant le Parquet national financier pour « prise illégale d’intérêts  » et « trafic d’influence passif ». Dans cette même plainte, Lagardère News est visé pour « trafic d’influence actif ».

  • Agir ensemble pour se protéger du moustique tigre

    Agir ensemble pour se protéger du moustique tigre

    Il n’y a pas de circulation des virus du Chikungunya, de la Dengue ou du Zika actuellement en France, mais seulement des cas importés, c’est-à-dire des personnes ayant contracté la maladie lors d’un voyage. Afin de maintenir cette situation, l’Agence régionale de santé (ARS) vient donc de lancer son dispositif de surveillance renforcée, du 1er mai au 30 septembre. L’objectif : éviter la mise en place d’un cycle de transmission « autochtone » de ces maladies, c’est-à-dire des cas de personnes n’ayant pas voyagé mais étant contaminées via la piqûre d’un moustique tigre infecté en métropole.

    Il faut dire que l’année 2025 a été une année record pour la transmission du chikungunya en Occitanie, avec 113 cas importés (contre 3 en 2024) et 89 cas autochtones (contre 0 en 2024). « Le moustique tigre a la particularité de ne pas transmettre le virus à ses œufs, explique Isabelle Moussion, ingénieure santé et environnement à l’ARS Occitanie. Ainsi, au printemps de chaque année, les œufs qui éclosent sont sans virus. Cependant, il faut comprendre que quand un Moustique tigre pique une personne porteuse du virus, celui-ci se multiplie à l’intérieur de l’insecte et toutes ses futures piqûres vont contaminer. C’est ainsi que si une personne rentre de voyage en étant contaminée et qu’elle est piquée par un moustique tigre, le virus peut alors se transmettre sur le territoire métropolitain et créer des cas autochtones. C’est ce qu’il s’est passé l’année dernière, parce qu’il y a eu une grosse épidémie de chikungunya à La Réunion.  »

    Prévention communautaire

    Les acteurs principaux de la surveillance renforcée sont les professionnels de santé, qui doivent déclarer chaque nouveau cas d’infection. L’ARS peut ensuite faire intervenir un opérateur pour vérifier la présence du vecteur dans le secteur où la personne se trouvait quand elle était malade. S’il y a des traces d’activité, l’ARS demande un traitement pour tuer les moustiques adultes dans un rayon de 150 mètres et ainsi éviter la propagation de cas autochtones. Isabelle Moussion précise cependant que la population dans son ensemble doit rester vigilante : « Les particuliers peuvent aussi mettre en place des gestes de prévention pour diminuer la densité des moustiques chez eux. Par exemple, en éliminant les endroits où l’eau peut stagner ou en couvrant les réservoirs d’eau. Par ailleurs, il y a une épidémie de dengue cette année en Martinique. On sait qu’il y a beaucoup de cas qui reviennent en métropole, donc si on revient d’un voyage en Martinique, il faut continuer d’éviter de se faire piquer pendant au moins une semaine, en utilisant des répulsifs par exemple. » En France métropolitaine, l’Occitanie a été la deuxième région colonisée par le moustique tigre et aujourd’hui, plus de 90% de sa population se situe donc en zone contaminée.

  • Une femme poignardée en plein centre-ville de Digne-les-Bains

    Une femme poignardée en plein centre-ville de Digne-les-Bains

    Une femme de 40 ans a été poignardée dans le centre-ville de Digne-les-Bains dans la nuit de dimanche à lundi, a expliqué le procureur Antoine Pesme à La Marseillaise, confirmant une information de BFM DICI. Elle est toujours hospitalisée à Marseille. Les faits ont eu lieu aux alentours de minuit et demi dans le quartier du pied de ville, a précisé le procureur. L’auteur n’a pas encore été identifié. Une enquête a été ouverte et confiée au commissariat de Digne pour tentative de meurtre. «J’insiste sur le fait qu’à priori, ce n’est pas une agression de rue, de quelqu’un qui rôde et qui agresse les gens gratuitement. Je pense qu’il y a un différend, que c’est une connaissance avec quelque chose qui a mal tourné », a précisé Antoine Pesme.

  • [Occitanie] Eau : les écologistes veulent y voir clair

    [Occitanie] Eau : les écologistes veulent y voir clair

    Publié le 25 mars au lendemain des Municipales, le rapport national de l’Anses a reçu un écho inversement proportionnel à l’urgence de son message. A savoir que la France est surexposée au cadmium, ce « métal lourd contaminant et préoccupant pour la santé publique car reconnu cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction ». L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ajoute qu’omniprésent dans les sols, l’air, les eaux et les sédiments, ce polluant entraîne des cancers (poumon, pancréas, vessie, rein), des atteintes rénales et une fragilité osseuse « en cas d’exposition prolongée par voie orale ».

    Or, l’essentiel du cadmium que nous ingurgitons provient de notre alimentation (98% chez les non fumeurs). Hormis le tabac, le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, les céréales ou le chocolat sont les aliments les plus chargés en cadmium. « Il faut limiter les produits ultra transformés, privilégier les légumineuses et moins le blé », résume Lise Florès.

    Avec le groupe local, l’ancienne candidate écologiste a décidé d’interpeller les collectivités. Dans un courrier cosigné par Debout (le mouvement de François Ruffin) envoyé à la Mairie et à l’Agglo de Lunel, les Verts réclament que la transparence soit faite sur la qualité de l’eau du robinet. « 47% des adultes et 36% des enfants de moins de 3 ans sont surexposés au cadmium », rappelle Lise Florès.

    Si la démarche intentée à Lunel serait légitime partout ailleurs, la militante précise les sources du doute. « Lunel n’a pas une population riche, qui doit manger pas mal de produits transformés ». La commune est aussi entourée de terres agricoles et il se trouve que les engrais phosphatés sont largement pointés du doigt par le rapport de l’Anses. « On a les moyens de rechercher la signature chimique du pollueur ».

    Déjà les Pfas…

    Si les écologistes jouent la carte du principe de précaution, c’est aussi parce qu’ils ont déjà été échaudés sur le sujet de l’eau. L’an passé, il a été révélé dans l’eau potable des taux de Pfas (per- et polyfluoroalkylées, des polluants éternels) supérieurs aux normes dans les communes voisines de Lunel-Viel, Saint-Just ou Saint-Nazaire-de-Pézan. « Les Lunellois sont en droit de savoir ce qu’ils mangent et ce qu’ils boivent ».

    S’il s’agit d’un problème de santé publique qui relève en soi de l’Etat, les collectivités ont aussi leur mot à dire et un rôle de garde-fou à jouer. « Le maire a le devoir d’informer la population. Il peut intervenir sur les menus dans les cantines, dans l’agriculture et la bétonnisation via les points de captage de l’eau », illustre l’écologiste qui rappelle que « dès qu’on imperméabilise, on touche au cycle de l’eau ».

    Ainsi la politique jugée pro-industrielle de la municipalité de droite est-elle décriée. « Sur le projet de zone des Dardaillons, on avait demandé des études sur la qualité de l’eau, rien n’a été fait », déplore-t-elle. « On est dans un système où l’industriel décide et le politique suit ». La co-secrétaire régionale des écologistes y voit la limite des élus soi-disant apolitiques. « Ils n’ont pas de militants ni de spécialistes qui leur donnent d’autres éléments pour décider que ceux de l’industriel ou du café du commerce ».

  • Contrôles routiers renforcés à la veille du week-end prolongé

    Contrôles routiers renforcés à la veille du week-end prolongé

    Au péage Prado-Carénage, les policiers du Groupe de lutte contre la délinquance routière (GLDR), effectuent leurs contrôles routiers habituels. Ils arrêtent une voiture « en fonction des signes visibles de manque d’entretien », souligne l’un d’entre eux, avant de sortir un test de dépistage de stupéfiants. 50 à 60 conducteurs sous stupéfiants sont arrêtés chaque mois, « une augmentation considérable », affirment-ils. Ces équipes sont rejointes dès aujourd’hui par des centaines de policiers, de gendarmes et de CRS, mobilisés jusqu’à dimanche autour de Marseille dans le cadre du renforcement des contrôles routiers sur tous les axes principaux et secondaires du département.

    Corinne Simon, la préfète déléguée des Bouches-du-Rhône, présente au péage Prado-Carénage mardi, explique que « l’objectif est de rappeler les règles principales pour les personnes qui entrent et sortent du département, à savoir le port de la ceinture, le contrôle de la pression des pneus et l’importance de s’arrêter toutes les deux heures ».

    Le protoxyde d’azote,

    un « véritable fléau »

    Depuis le 1er janvier, 30 personnes ont perdu la vie à cause d’accidents de la route à Marseille. Ce travail de prévention et de répression vise à « responsabiliser les automobilistes », dans un contexte de hausse des délits, selon la préfecture de police. Hervé, officier de police judiciaire présent au contrôle du péage ce mardi, explique que 80% des contrôles effectués sur les motos sont liés à des défauts de permis voire à l’absence de permis.

    Jusqu’à dimanche, l’accent sera mis sur les contrôles intensifs liés à la consommation d’alcool, de stupéfiants et notamment de protoxyde d’azote, « un véritable fléau » responsable de plus en plus d’accidents de la route, a souligné la préfète. « Depuis le 1er janvier, 25 automobilistes ont été arrêtés avec des bouteilles de protoxyde d’azote, un gaz qui vous fait complètement perdre vos moyens », a-t-elle déploré. La semaine dernière, un automobiliste sous protoxyde d’azote a provoqué un accident, son pronostic vital est toujours engagé. Le gouvernement entend d’ailleurs sévir sur le sujet, la loi Ripost, présentée par le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, entend punir de 9 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement la conduite après avoir consommé du protoxyde d’azote. Pour l’instant, les forces de l’ordre n’ont reçu aucune formation pour reconnaître et prévenir les risques liés à ce gaz, dont la consommation est en hausse.

  • « Voix de femmes » met en lumière les talents algériens

    « Voix de femmes » met en lumière les talents algériens

    Le poème Petit corps sera grand, de Lydia Ait Bouziad a reçu mardi le Prix de l’Excellence, à l’occasion du salon littéraire « Voix de femmes », organisé par Femmes Forum Méditerranée. Ce texte « intime mais dont la portée est universelle », aborde la dépossession du corps féminin, depuis l’espace familial jusqu’à la rue. « Ce texte parle du Soi de façon très introspective. J’explore le rapport à soi, à l’exil et la condition des femmes », explique la poétesse.

    La libération par l’écriture

    Dans son poème, l’auteure se demande : « Comment faire pour exister ? ». C’est là que réside toute la force salvatrice de l’écriture. « L’écriture est vitale pour moi, elle m’a permis de m’exprimer, de me libérer et de mieux me comprendre », confie la jeune lauréate, poétesse depuis l’adolescence, entre ses engagements pour un féminisme décolonial et ses études de littérature française, algérienne et africaine à Alger puis Marseille. La continuité entre les deux rives de la Méditerranée est vécue par Lydia Ait Bouziad de façon « douloureuse ». Car cette continuité est aussi une disruption, que l’exil soit choisi ou subi.

    Fatna Fekih ressent elle aussi la douleur, mais aussi l’amour de la séparation d’une terre qu’elle a quittée à 8 mois. La responsable associative d’Atouts femmes, située dans le 10e arrondissement de Marseille, n’avait jamais écrit avant le concours de 2003, qu’elle a remporté grâce à son texte autobiographique qui retrace son adoption, les violences sexuelles, et ses engagements politiques. « La thématique Escales a vibré en moi. Ma vie chaotique a été une succession d’escales et ce texte m’a permis de parler pour la première fois à mon entourage des agressions sexuelles que j’avais subies », partage-t-elle. « L’écriture m’a libérée. J’ai étalé sur une feuille tout ce que j’avais gardé en moi durant des années », ajoute Fatna Fekih. L’écriture comme moyen d’expression de soi, de libération et de résistance est le combat mené par l’association Forum Femmes Méditerranée depuis sa création.

    Renforcer le réseau féministe d’Alger à Marseille

    D’ailleurs, l’histoire de l’association a, dès ses débuts, été liée à l’Algérie. Sa présidente, Esther Fouchier, détenant une maîtrise en littérature française et algérienne, s’est rendue à Alger pour y rencontrer un collectif féministe. Car outre l’écriture, un point d’honneur est mis sur la formation et les échanges de bonnes pratiques entre associations féministes du pourtour méditerranéen. À l’occasion du salon littéraire, l’association féministe Teroua Fatma Sumer est venue d’Alger. La présidente, Chouaki Fatima, « féministe depuis l’enfance », se bat notamment pour l’abolition du Code de la famille. Ce rendez-vous est aussi, avant tout, un grand rassemblement dont l’objectif est de renforcer le réseau féministe méditerranéen et de rendre hommage aux « créatrices et artistes », notamment celles qui utilisent le langage pour résister. Aldjya Rahab, également présente, lutte pour que la langue tamazight soit reconnue en Algérie et non plus criminalisé. Lauréate du concours de 2000, elle avait reçu un prix pour un texte sur sa mère. L’autrice tenait à rendre hommage à la vie d’une femme berbère et à ses coutumes.

  • Marche blanche pour Ahmed, tué par un motard

    Marche blanche pour Ahmed, tué par un motard

    Les images d’Ahmed, Avignonnais de 79 ans, qui jouait avec un grand sourire aux dominos avec ses amis dans un bar de la Rocade quelques minutes avant de se faire mortellement faucher par un motard alors qu’il traversait sur un passage piéton en soirée ce vendredi, ont marqué les esprits. Une marche blanche en son honneur est organisée par ses camarades de jeu et sa famille ce vendredi 15 mai au départ du stade Pierre-Baizet à 14h30.

    Il était autour de 23h vendredi lorsque le septuagénaire a été percuté. « Un lien a également été établi avec un refus d’obtempérer du conducteur d’une moto de même type, réalisé dans le cadre d’un contrôle routier quelques instants plus tôt au niveau de l’avenue Eisenhower à Avignon », a précisé de son côté le parquet d’Avignon dans un communiqué, ajoutant que « le conducteur avait pris la fuite à la vue des policiers, qui avaient perdu sa trace quelques minutes après l’avoir suivi ». Le suspect, un homme de 28 ans, défavorablement connu des services de police et de justice, a été interpellé dans la foulée et a été placé en garde à vue après avoir été pris en charge par les secours, s’étant lui-même blessé dans sa chute. D’après nos confrères de Vaucluse Matin, ce dernier a été condamné en 2022 à quatre ans de prison pour sa participation à un réseau de trafic de stupéfiants dans le quartier des Amandiers, à Carpentras.

    Appel à témoins

    Une enquête a été ouverte pour des chefs d’homicide routier et refus d’obtempérer. Et « elle se poursuit afin de connaître plus précisément les circonstances de ce dramatique accident », précise le parquet. Un appel à témoins a été lancé par la police nationale d’Avignon.

    Le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), est allé à la rencontre de la famille du défunt. Et plaide sur ses réseaux sociaux pour que « les auteurs de rodéos urbains soient lourdement sanctionnés » et qu’il « ne s’agit pas d’un accident de la route mais d’une mise en danger volontaire de la vie d’autrui ». Il assure également avoir signé, vendredi, le recrutement de trois policiers municipaux supplémentaires avec affectation à la patrouille de nuit.

    Si vous avez assisté à la scène ou disposez d’informations, contact au 04.32.40.56.45 ou par courriel à dipn84-avignon-slpj-daj-gaj-cyclique@interieur.gouv.fr.

  • [Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »

    [Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »

    Alors qu’une jeune femme a été évacuée mardi de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes) vers un hôpital de Marseille pour une infection possiblement liée à l’hantavirus Andes, le chef de l’État Emmanuel Macron s’est voulu rassurant en déclarant que la situation en France était « sous contrôle », le gouvernement ayant mis en place « des protocoles extrêmement rigoureux » en consultation avec les « meilleurs experts ». « Maintenant, il est important qu’il y ait une vraie coordination européenne, c’est-à-dire que les protocoles aillent vers les standards les plus exigeants qui ont été définis à très court terme, et que l’Organisation mondiale de la Santé puisse coordonner tout cela comme il se doit ». La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a écarté le scénario d’une « circulation diffuse » en France et a précisé que sur les 5 Français ayant voyagé sur le MV Hondius, une femme est « dans un état grave. »

    La Marseillaise : Que pensez-vous de la gestion de l’hantavirus pour le moment ?

    Philippe Halfon : En termes de gestion de crise, c’est catastrophique. Disons que, si on cherchait à disséminer une épidémie, nous n’aurions pas pu faire mieux. Dans les gestions d’épidémie qu’on a connue dans le passé, lorsqu’il y avait des maladies graves comme la peste ou autre, on appliquait le principe de quarantaine. Dans le cas qui nous intéresse, on avait la chance d’avoir les patients regroupés à l’intérieur d’un bateau, où aurait pu se tenir cette quarantaine. Il aurait été possible de mettre en place un bateau médicalisé, avec tout ce qu’il faut en termes de ventilation mécanique, de réanimateurs et autres. Car bien sûr, il n’est pas question de laisser mourir les gens. Ce qui se passe actuellement est vraiment le résultat d’une très mauvaise gestion au départ. J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid. D’autant que, dans le cas du Covid, il était beaucoup plus difficile de contenir l’épidémie dans la mesure où les gens n’étaient pas au départ confinés sur un bateau.

    Que sait-on de l’Hantavirus actuellement ?

    P.H. : C’est un virus qu’on connaît depuis très longtemps. Ce n’est pas nouveau comme le SARS-CoV-2 [Virus responsable du Covid-19, Ndlr]. À l’époque on connaissait le coronavirus, mais pas le SARS-CoV-2. Là, les hantavirus sont très connus. On savait qu’il y avait des contaminations inter-humaines [la majorité des hantavirus ne touchent que les rongeurs, Ndlr]. Il existe un centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur depuis 2016 [Les Centres nationaux de référence sont des laboratoires, qui, en centralisant les informations à l’échelle nationale, participent à la lutte et au contrôle des maladies, Ndlr]. Les hantavirus ont été parfaitement décrits en médecine, dans les syndromes rénaux, dans les syndromes cardiopulmonaires, sur la base de toutes petites épidémies, très confinées.

    Quels sont les symptômes que peut impliquer une infection ?

    P.H. : Les premiers symptômes sont la fièvre, les courbatures, les douleurs articulaires, la fatigue, autrement dit les syndromes très communs des virus. Dans les cas qui nous intéressent, il y a eu des syndromes pulmonaires, avec une atteinte respiratoire, parfois hémodynamique, [circulation du sang, Ndlr] avec des hypotensions qui peuvent nécessiter une admission en réanimation. C’est ce qu’il s’est passé pour les patients décédés, ils sont morts d’un symptôme respiratoire aigu.

    Le virus est-il aussi dangereux pour tout le monde ?

    P.H. : Comme dans le cas de n’importe quelle infection, bactérienne ou virale, ce que vous voulez, l’état de la défense immunitaire du patient ou la présence de comorbidité a une grande influence. Naturellement, nous sommes tous infectés tous les jours par des virus, et des bactéries. On les sent plus ou moins passer, mais il ne se passe pas grand-chose. On a un petit coup de pompe, on est un peu fatigué, on se sent un peu fiévreux. Mais on ne sait pas forcément d’où ça vient, on ne va pas se tester. Il y a toujours un hôte et un virus, une bactérie avec son hôte. Comme dans le cas des rongeurs, qui parfois peuvent être asymptomatiques, il est possible qu’un humain infecté ne sente rien.

    Mais le taux de mortalité reste plus élevé que dans le cas du Covid…

    P.H. : Bien sûr. Dans le cas du Covid-19, on est à moins de 1%. Pour l’épidémie actuelle, si on compte 3 décès pour 8 cas, on obtient 38%. Je pense que ce chiffre très élevé de mortalité va baisser. On n’a pas encore de photographie globale. Dans d’autres cas, comme l’épidémie qui a eu lieu pendant la guerre de Corée, la première qui a été décrite [c’est le fleuve Hantaan, situé entre les deux Corées, qui donne son nom aux hantavirus, Ndlr], le taux de mortalité était de 5 à 10%. Dans d’autres cas plus récents, le taux de mortalité était de 50%. J’ai l’impression que chaque épidémie à son taux de mortalité, mais ça reste bien plus élevé que le Covid.

    Le virus est-il aussi contagieux que le Covid ?

    P.H. : La contagiosité est bien inférieure à celle du Covid. On sait que, dans les précédents cas, les épidémies sont restées très confinées, ce qui est plutôt bon signe.

    Entretien réalisé par Margot Milhaud

  • Le Département du Var aux côtés des municipalités rurales

    Le Département du Var aux côtés des municipalités rurales

    Fidèle à ses engagements le président (LR) du Département Jean-Louis Masson continue sa tournée du territoire pour assurer les maires du soutien de la collectivité aux communes qui investissent, et cela dans un esprit d’équité et de solidarité. C’est-à-dire en privilégiant celles qui en ont le plus besoin, les plus petites donc. Mardi matin, c’est à La Cadière qu’il est venu rencontrer la nouvelle équipe et l’écouter exposer les projets structurants sur lesquels elle travaille.

    Le maire Robert Delleda (SE) a donc présenté la situation financière de la Ville, avec d’un côté les recettes. Fiscales, pour commencer, qui représente ici 63% du total des ressources. Auxquelles s’ajoutent les dotations de l’État en constante diminution, elles. « En 2013, on avait 652 000 euros et en 2025, 296 000 euros. Ça s’est effondré totalement d’année en année », souligne-t-il.

    « La baisse de la DGF, c’est un scandale parce que ce n’était pas un cadeau de l’État. C’était pour compenser les transferts de compétences », intervient le président du Département. Et de poursuivre : « Baisser la DGF, c’est spolier les communes. Certaines avaient plusieurs millions, et se retrouvent aujourd’hui avec 300 000 ou 400 000 euros. »

    Des investissements ciblés

    Pour autant, la Ville de La Cadière entend bien répondre aux besoins des habitants et donc investir. Le premier magistrat détaille d’ailleurs les chantiers à venir, avant d’entraîner tout le monde dans une visite du village pour prendre la mesure de l’urgence de certaines réalisations. À commencer par le 3e étage de l’hôtel de ville au plancher branlant et, en l’état, inaménageable.

    Direction ensuite la mairie annexe, en face. « Ici, on ne respecte pas la réglementation au niveau de l’accès PMR [personnes à mobilité réduite, Ndlr]. Et au troisième étage, il y a des fuites », reprend Robert Delleda. Un espace inadaptable compte tenu du bâti, précise la 1ère adjointe Sophie Loiseau. L’idée est donc d’utiliser l’actuel espace de stationnement pour « construire une petite maison de caractère reliée au bâtiment existant, avec des vrais espaces adaptés pour tout le monde ».

    Le maire en a profité pour remercier le président du Département sur l’aide apportée à La Cadière depuis plusieurs années.

    « Une commune qui investit, c’est une commune qui avance », lui a répondu ce dernier. Depuis son élection à la tête du conseil départemental en 2022, les aides aux petites communes ont été, c’est vrai, plus que doublées. La Cadière est passée de 140 000 euros à plus de 300 000 euros aujourd’hui.

    En route, à présent, pour le complexe sportif situé plus haut sur le plateau. Avec « des installations sportives, décrit l’adjoint Pascal Dupraz, qui ne bénéficient plus de toilettes en état d’usage, des vestiaires obsolètes, et un stade de foot pourvu d’un revêtement synthétique de première génération complètement usé ». Là encore, des dépenses de remise en état vont être engagées par la commune aidée par le Département.

    « Des investissements ciblés et durables pour préserver les services publics, sans augmenter les impôts », insiste le maire de La Cadière.

    Des propos approuvés par le président Masson.

  • L’eau potable sous haute surveillance après l’épidémie

    L’eau potable sous haute surveillance après l’épidémie

    Je suis soulagé que les administrés aient cette information », résume Philippe Pignon, maire de la commune. Depuis plusieurs semaines, ce dernier gère lui aussi ce qu’il qualifie de « crise majeure ». Pour rappel, une épidémie de gastro-entérite avait frappé la commune, mi-avril. Une enquête épidémiologique, lancée le 17 avril, avait recensé 895 personnes déclarant des symptômes entre le 2 et le 22 avril, sur 1 182 répondants. « Au total, 32 personnes ont été hospitalisées et aucune forme grave n’a été signalée », conclut le rapport de Santé publique France, publié le 7 mai, qui confirmait une origine hydrique de l’épidémie. Ce rapport révélait la présence de pathogènes tels que l’Escherichia ou la salmonelle, « une pollution microbiologique » et un dysfonctionnement du système de chloration. « Dans les annales, on n’avait jamais entendu parler de ça », précise le premier magistrat de la ville, aussi pharmacien. Ce dernier rapporte s’être rendu, sur invitation de la Société des eaux de Marseille, exploitante du réseau d’eau portable de la commune, sur la station d’eau potable du quartier du Sauvet, au nord de la N7. « On a pu voir ou tout cela s’est passé, de façon à mettre le doigt sur le dysfonctionnement. Nous avons pu constater quelles sont les adaptations du système, et quelles transformations ont eu lieu sur “l’usine”, à la suite de cet épisode. Nous avons désormais le traitement de l’eau le plus moderne à Rousset ! », rapporte Philippe Pignon. De son côté, la Société des eaux de Marseille présente un « remplacement intégral du matériel : l’ensemble des appareils automatiques de mesure de chlore de la station a été remplacé par des équipements neufs ». Elle indique également qu’une « sécurité automatique anti défaillance a été installée : en cas de taux de chlore insuffisance, le système déclenche l’arrêt automatique de la station ». La SEM ajoute que « la fréquence des analyses bactériologiques a été considérablement renforcée, là ou la réglementation prévoit un contrôle trimestriel, un suivi est désormais effectué chaque semaine ». Ces éléments permettent, en partie, de répondre aux interrogations, notamment, du Collectif Vérité Eau Rousset. Sa priorité « reste la transparence, la sécurité sanitaire des habitants et la prévention de tout nouvel incident. Nous sommes actuellement en démarche avec l’association Que choisir ensemble et également avec la Maison de la justice et du droit de Gardanne. Ces réponses rapides [aux interrogations diverses, Ndlr] sont nécessaires et les victimes attendent également réparation ».