Category: edito

  • Le social donne le tempo !

    Le social donne le tempo !

    Les nouveaux sans-culottes font-ils peur aux privilégiés du XXIe siècle ? Le grand patronat et son représentant en chef, le président du Medef, Patrick Martin, tremblent au point d’aller jusqu’à adopter le vocabulaire syndical. « Le patron des patrons » a annoncé, mardi, « un énorme meeting dans les prochains jours ». Au centre de leur effroi, l’idée d’une taxation des hauts revenus des ultra-riches qui infuse de plus en plus dans la société tant les inégalités se sont creusées ces trente dernières années et se sont singulièrement accélérées sous la présidence Macron.

    Faire triompher l’égalité fiscale

    Pour mémoire, rappelons que la proposition de taxe « Zucman » qui fait s’évanouir les milliardaires, (du nom de l’économiste Gabriel Zucman), concernerait uniquement 1 800 foyers fiscaux. Ceux-là mêmes qui paient, en proportion, moitié moins d’impôts que le contribuable moyen.
    Ils seraient taxés à 2% seulement. C’est dire combien l’avidité n’a pas de limite pour s’émouvoir pour si peu ! Sauf qu’au-delà du pourcentage,
    c’est l’idée même de faire triompher l’égalité fiscale et la justice sociale qui insupportent ces libéraux perfusés aux aides publiques : 211 milliards par an, sans contrôle ni contrepartie en emplois et/ou en investissements, comme l’a révélé un rapport du Sénat.

    Ce matin, après
    le succès de la journée du 18 septembre toutes
    les organisations syndicales vont proposer au Premier ministre
    une feuille de route pour relancer un pays à l’arrêt sur le plan des salaires, des investissements
    et des services publics
    et lui proposer d’aller chercher l’argent là où
    il s’accumule. Ces propositions seront-elles entendues ? En tout cas, c’est le social qui donne
    le tempo du débat public.

  • Des symboles et des actes

    Des symboles et des actes

    La reconnaissance de l’État palestinien bien que tardive, résonne dans le monde comme un signal majeur. Elle vient réparer une injustice de plusieurs décennies : les Palestiniens ont le droit d’avoir un État.

    C’est une défaite pour tous ceux qui leur dénient ce droit et pire, qui nient leur humanité en étant responsables ou complices des atrocités que les institutions internationales qualifient de génocide à Gaza.

    Néanmoins, au-delà du symbole, rendu possible par la France et plusieurs de ses alliés, ce sont des actes qui sont nécessaires pour faire taire les armes, secourir la population civile et faire respecter le droit international.

    Dans la société israélienne, traumatisée par le 7 octobre, l’extrême droite messianique et suprémaciste a marqué des points mais des forces nombreuses souhaitent l’arrêt du carnage et une solution à deux États.

    Solidarité entre les peuples

    Cette solution, urgente s’il en est, passe par l’arrêt de la guerre à Gaza et la décolonisation des territoires occupés. Pour cela, la communauté internationale a un rôle indispensable à jouer, la solidarité des sociétés civiles et la diplomatie décentralisée aussi.

    En choisissant ce jour pour sceller son jumelage avec Bethléem, Marseille a su dépasser les polémiques inutiles sur le pavoisement des mairies. Bien sûr le symbole est important, mais dans une situation aussi dramatique que celle du Proche-Orient ce sont là aussi les actes de coopération qui comptent. « Actibus immensis urbs fulget Massiliensis », oui sans nul doute, avec cette décision, « Marseille resplendit par ses hauts faits ».

  • Répondre à l’urgence

    Répondre à l’urgence

    C’est un cap historique que s’apprête à franchir la France en reconnaissant officiellement l’État de Palestine, à l’ONU. Ce geste, longtemps espéré, représente certes un symbole. Mais pas seulement. Il manifeste la volonté de relancer un processus de paix agonisant et d’affirmer le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

    Malgré les vives critiques, venues d’Israël et de son allié inconditionnel américain notamment, la France n’est pas isolée : neuf autres pays, dont le Royaume-Uni ou la Belgique, reconnaîtront aussi l’État de Palestine. Cette démarche « s’inscrit dans un plan de paix complet pour la région », a considéré Emmanuel Macron.

    Face à l’impasse diplomatique, à la violence qui ravage Gaza et à l’enlisement du conflit, la France rappelle que la solution à deux États reste la voie crédible vers une paix juste et durable.

    Une position constante

    Cette initiative s’inscrit dans une tradition diplomatique constante. Dès les années 1960, le général de Gaulle posait les bases d’une politique française indépendante, appelant à la coexistence de deux États, israélien et palestinien, vivant côte à côté dans des frontières sûres et reconnues. Comme le prévoit le plan de partage de l’ONU, voté en 1947, avec la voix de la France.

    Reconnaître la Palestine, c’est rejeter l’amalgame entre un peuple et le Hamas. C’est aussi répondre à l’urgence. Chaque jour qui passe rend la perspective d’un État palestinien plus lointaine. Cette reconnaissance n’est, cependant, pas une finalité. Alors que la Journée internationale
    de la paix vient d’être célébrée, la communauté internationale doit se mobiliser pour que le droit prime sur la force.

  • Le plus grand des combats

    Le plus grand des combats

    Dimanche sonne la journée mondiale de la paix. Une de plus depuis 1981, année où elle a été créée par l’ONU. Une de plus alors que chaque année, le nombre de conflits augmente dans le monde, que chaque année « détrône » la précédente et que plus de 10% de la population de la planète est exposée à la guerre. Une de plus dans un monde instable et violent, où de plus en plus de chefs d’État inconséquents, avides et soumis au pouvoir de l’argent sont aux manettes. Une de plus dans un monde où, encore une fois, la course à l’armement tire une économie devenue mortifère.

    Force aux fragiles troupes pacifistes

    Mais cette édition 2025 sera singulière. Parce qu’elle arrive la veille de la reconnaissance annoncée de l’État palestinien par la France et que cela impose de regarder en face l’horreur de ce qui se passe à Gaza. Parce que l’indignation face au génocide des Palestiniens va donner de la force aux fragiles troupes pacifistes qui peinent tant à faire comprendre que la paix est le plus grand des combats.

    Dans les dernières manifestations contre
    le gouvernement, les drapeaux palestiniens ont toujours flotté. Que l’énergie qui a émaillé ces cortèges traverse les rassemblements pour la paix. Que l’exigence de justice soit aussi forte. Que le lien entre conquête sociale et besoin de paix soit tissé. Que les rapports entre va-t-en-guerre et oppression capitaliste soient compris. Que le courage des femmes qui se battent serve d’étendard et trace un chemin derrière lequel une masse s’engouffre.

  • Le plus grand des combats

    Dimanche sonne la journée mondiale de la paix. Une de plus depuis 1981, année où elle a été créée par l’ONU. Une de plus alors que chaque année, le nombre de conflits augmente dans le monde, que chaque année « détrône » la précédente et que plus de 10% de la population de la planète est exposée à la guerre. Une de plus dans un monde instable et violent, où de plus en plus de chefs d’État inconséquents, avides et soumis au pouvoir de l’argent sont aux manettes. Une de plus dans un monde où, encore une fois, la course à l’armement tire une économie devenue mortifère.

    Force aux fragiles troupes pacifistes

    Mais cette édition 2025 sera singulière. Parce qu’elle arrive la veille de la reconnaissance annoncée de l’État palestinien par la France et que cela impose de regarder en face l’horreur de ce qui se passe à Gaza. Parce que l’indignation face au génocide des Palestiniens va donner de la force aux fragiles troupes pacifistes qui peinent tant à faire comprendre que la paix est le plus grand des combats.

    Dans les dernières manifestations contre
    le gouvernement, les drapeaux palestiniens ont toujours flotté. Que l’énergie qui a émaillé ces cortèges traverse les rassemblements pour la paix. Que l’exigence de justice soit aussi forte. Que le lien entre conquête sociale et besoin de paix soit tissé. Que les rapports entre va-t-en-guerre et oppression capitaliste soient compris. Que le courage des femmes qui se battent serve d’étendard et trace un chemin derrière lequel une masse s’engouffre.

  • Mettre KO l’austérité

    Mettre KO l’austérité

    La journée d’hier est sans appel. Mouvement social : 1, Lecornu : 0.

    Alors que le nouveau Premier ministre n’est parvenu à convaincre que les partisans du gouvernement renversé, l’intersyndicale, elle, a démultiplié les capacités de mobilisation de la journée « bloquons tout » du 10 septembre.

    Dans les rues, c’est de la colère qui s’est exprimée avec force à l’égard de l’austérité, de l’injustice sociale, du déni de démocratie mais aussi de la joie d’être ensemble et de l’envie de construire un avenir meilleur.

    Premier ministre seul

    La volonté répressive affichée par le ministre démissionnaire de l’Intérieur n’aura pas découragé les manifestants. Et les cortèges encadrés par l’intersyndicale ont permis à toutes et tous de défiler dans la sérénité, démontrant à ceux qui en doutent, l’importance et l’efficacité des organisations pour faire vivre la démocratie sociale.

    Face à un Premier ministre dépourvu de majorité, de gouvernement et de popularité, le mouvement social n’a jamais été en si grande position de force depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

    Si le chef de l’État et le double de lui-même qu’il a nommé à Matignon s’obstinent dans le libéralisme et la poursuite des choix politiques à l’œuvre depuis trop longtemps, le mouvement s’amplifiera encore.

    Il faut rompre avec la réforme anti-démocratique des retraites, avec l’asphyxie des services publics, et les bas salaires.

    Sébastien Lecornu semble s’y refuser, alors qu’il déclare forfait.

    Le monde du travail est prêt à mettre KO l’austérité.

  • Populaire et déterminé

    Populaire et déterminé

    Avant même que les centaines de cortèges s’élancent partout en France ce jeudi 18 septembre à l’appel d’une intersyndicale soudée pour la justice sociale et fiscale et contre les projets d’austérité du énième gouvernement de la Macronie, le monde du travail a d’ores et déjà gagné les cœurs et les têtes.

    Selon un sondage rendu public mercredi par Elabe pour BFMTV, 56% des Français « soutiennent » l’appel de l’intersyndicale.

    Une large majorité (66%) estime aussi que la politique du nouveau Premier ministre sera « dans la continuité de celle menée par
    les gouvernements précédents d’Emmanuel Macron
    ». Le mot de « rupture » avancé par Sébastien Lecornu ne fait pas illusion, pas plus que son auteur n’a convaincu les représentants de gauche qu’il a reçu mercredi à Matignon.

    Changer de cap

    Les Français veulent du changement dans leur vie et un cap clair. Cela passe par de bons salaires, de bons emplois, de bons services publics et une fiscalité juste avec la taxation des ultra-riches. Bref, ils exigent que l’orientation politique menée depuis huit ans par Emmanuel Macron s’arrête et que notamment l’inique réforme des retraites soit abrogée.

    les professions intermédiaires sont d’ailleurs 64% à soutenir la mobilisation du mouvement social, et 60% des employés et ouvriers également. Nombre de ces travailleurs seront soit en grève soit en manifestation.

    Face à la puissance de ce mouvement, le gouvernement démissionnaire et minoritaire, panique. Signe de sa fébrilité, le déploiement des forces de l’ordre est à un niveau inégalé alors qu’il est désormais éclatant que le rapport de force est du côté des travailleurs, rassemblés dans un élan populaire et déterminé.

  • Lecornu dans le corner

    Lecornu dans le corner

    Le niveau de mobilisation monte, monte, monte, monte… Même les chiffres prévisionnels qui filtrent du ministère de l’Intérieur connaissent une augmentation exponentielle. Peu après la mobilisation du 10 septembre qui avait réuni 200 000 personnes selon la police, les estimations pour la journée à l’appel de l’intersyndicale ce jeudi montaient à 400 000. Hier elles ont doublé à 800 000 personnes attendues.

    C’est dans ce contexte que les responsables des partis de gauche, à l’exception de la FI, vont rencontrer Sébastien Lecornu pour lui dire tout le mal qu’ils pensent du budget en forme de potion amère concocté par son prédécesseur.

    Ils préviennent à l’unisson : les mêmes causes produiront les mêmes effets. Autrement dit : la « rupture » annoncée par le nouvel hôte de Matignon ne peut pas être un slogan qui dissimule mal le recyclage des orientations du précédent gouvernement.

    Abandon de la réforme des retraites

    Difficile pourtant d’attendre autre chose d’un macroniste fervent et fidèle qui, du fait de sa proximité avec le président de la République a eu son ticket d’entrée dans chaque gouvernement depuis 8 ans.

    Raison de plus pour accroître la pression dans les institutions comme dans la rue pour faire entendre l’exigence de progrès social, de justice fiscale et réponse au défi écologique.

    Sébastien Lecornu est dans le corner, il n’en sortira pas sans concession significative à commencer par l’abandon de la réforme des retraites, minoritaire dans les urnes et dans l’opinion.

  • La rupture c’est dans la rue que ça se passe

    La rupture c’est dans la rue que ça se passe

    Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu dit vouloir incarner une « rupture ». Audacieux pour un macroniste de la première heure qui figure depuis 8 ans dans tous les gouvernements. Pour l’heure, il s’avère disposé à rompre avec des mesures non encore adoptées comme la suppression des deux jours fériés envisagée par François Bayrou ou avec des dispositions symboliques comme les avantages accordés aux anciens membres du gouvernement.

    Rien qui ne rompe réellement avec le fond de la politique libérale menée depuis la première élection du président de la République. C’est la raison pour laquelle la CGT lui a rappelé ce lundi où se situaient les vraies ruptures attendues par le monde du travail. D’abord l’abrogation de la réforme des retraites qui est minoritaire dans l’opinion comme à l’Assemblée nationale, ensuite l’augmentation des salaires et des pensions, au contraire de l’année blanche prônée par le gouvernement démissionnaire.

    Des preuves

    Sébastien Lecornu, consulte, prend des notes… Il doit désormais agir s’il ne veut pas rejoindre la liste des Premiers ministres éjectés. On dit souvent que l’amour c’est bien mais que les preuves d’amour c’est mieux. C’est finalement pareil avec la rupture. Il ne suffit pas d’en parler, il faut des preuves tangibles.

    Le Premier ministre ne semble pas disposé à en apporter spontanément. C’est par le rapport de force que ces ruptures seront obtenues, quel que soit l’hôte de Matignon.

    En cela, la réussite de la journée du 18 septembre sera d’une importance déterminante.

  • Deuxième round

    Deuxième round

    Face à un adversaire qui fait comme si rien ne s’était passé le 10 septembre et qui espère qu’un tour de passe-passe à Matignon suffira à calmer les colères, le rendez-vous donné par une intersyndicale unie jeudi 18 est capital.

    Car la situation a changé depuis cet été, quand l’appel à la mobilisation avait été lancé. Le premier succès national du mouvement « Bloquons tout » mercredi dernier a fait monter la pression et montrer que les revendications liées à la justice sociale, sur l’horrible réforme des retraites par exemple, et à l’opposition à la destruction des services publics étaient encore dans bien des têtes.
    S’il n’a pas ressemblé au mouvement des Gilets jaunes de 2018, ce mercredi 10 septembre a montré que le monde du travail était mobilisé, mais aussi, beaucoup de jeunes que le monde ultralibéral et l’avenir qui leur est proposé révulsent.

    Coaguler les refus

    À 18 mois de la fin du mandat d’Emmanuel Macron et alors que le pays s’enfonce dans une crise politique majeure que les gouvernements qui se succèdent font tout pour transformer en crise financière prélude à l’ultime potion néolibérale qu’ils comptent faire avaler de force aux Français, ces mobilisations montrent que le refus de ce monde sans règle est majoritaire. Reste au mouvement social à coaguler ces refus et de montrer que des espérances sont possibles. Face à la fuite en avant du « bloc central », la détermination et la mobilisation qui seront montrées jeudi imposeront les questions sociales dans le débat politique. C’est tout l’enjeu de ce second round, même si d’autres seront ensuite nécessaires.