Category: edito

  • En classe !

    En classe !

    Cette fois, c’est sûr : c’est la rentrée pour tous. Du fait des violents orages annoncés, les élèves des Bouches-du-Rhône et du Var ont eu un jour de répit en plus par rapport aux jeunes vauclusiens. Si la situation cataclysmique redoutée n’a pas eu lieu, mieux vaut, en la matière, un excès de prudence que d’insouciance.

    Quoi qu’il en soit, les péripéties météorologiques ne feront pas oublier les difficultés auxquelles est confrontée l’école républicaine. À Marseille, le retard pris pendant un quart de siècle d’abandon est progressivement rattrapé au niveau des écoles primaires. C’est indéniablement positif pour les petits marseillais. Mais dans la cité phocéenne comme dans le reste du sud de la France, de l’école primaire jusqu’au lycée, la crise de vocation parmi les professeurs, l’accroissement des inégalités scolaires, la concurrence des établissements privés subventionnés, les suppressions de classes, les non-remplacements de postes, pèsent lourdement sur le service public d’éducation.

    Changer de politique

    Pourtant c’est l’avenir collectif de la France qui se joue à l’école. L’Éducation nationale mérite mieux que les revirements incessants infligés par des gouvernements successifs. Leur seule cohérence réside dans un même mépris pour la vocation essentielle de l’école républicaine : former des citoyens émancipés.

    Après la chute du gouvernement Bayrou, il faudra nommer le septième ministre que l’Éducation nationale aura connu en trois ans. Ce n’est pas le moindre des enjeux de la période qui s’ouvre et qui appelle un changement de politique dans le sens du progrès.

  • L’info massacrée

    L’info massacrée

    « Au rythme où les journalistes sont tués à Gaza par l’armée israélienne, il n’y aura bientôt plus personne pour vous informer. » Aujourd’hui, lundi 1er septembre, plus de 150 médias, dont votre journal, répartis sur une cinquantaine de pays, affichent à leur Une ce message terrible. La Marseillaise fait partie de ces médias partenaires de cette initiative mondiale inédite impulsée par Reporters sans frontières (RSF).

    Médias du monde entier

    Nous le faisons en nous associant à des médias du monde entier pour dire stop au massacre de nos consœurs et confrères dans la bande de Gaza : Mediapart (France), Disclose (France), The Independent (Royaume Uni) + 972 Magazine (Israël/Palestine), Local Call (Israël), Frankfurter Rundschau (Allemagne), RTVE (Espagne), L’Humanité (France), Le Desk (Maroc), Photon Media (Hong Kong), La Voix du Centre (Cameroun), Guinée Matin (Guinée), RTE (Irlande), L’Orient Le Jour (Liban), Media Today (Corée du Sud)…

    Le droit d’informer est bafoué par les attaques subies par les journalistes palestiniens qui chroniquent l’enfer vécu par la population gazaouie. Ce droit est piétiné également car depuis octobre 2023, tous les autres journalistes, y compris les journalistes israéliens qui font un travail remarquable (Haaretz notamment), sont dans l’impossibilité de se rendre dans la bande de Gaza. Interdits par
    le gouvernement Netanyahu et par l’armée.

    Ce précédent, gravissime pose avec force
    la nécessité d’avoir une information fiable et pluraliste sur toutes
    les zones de conflits dans le monde.

  • Des raisins de plus en plus précoces

    Des raisins de plus en plus précoces

    Les viticulteurs sont des vigies du changement climatique et des acteurs en première ligne de l’embrasement de la planète. Dans l’Aude, une grande partie du vignoble est partie en fumée et été et les vignes épargnées portent un raisin au goût de cendres impossible à récolter. Sans être en proie au même drame, la majorité des viticulteurs doivent faire face à la précocité des vendanges. Dans notre région, qui a connu des épisodes caniculaires majeurs, ce bouleversement démontre combien le réchauffement de la planète impacte cette activité humaine millénaire mais aussi la géographie et nos paysages. De plus en plus difficiles, les vendanges vont pourtant proposer de bons vins et un excellent millésime 2025. Mais un autre problème, de taille, met en grandes difficultés la profession.

    Climat et taxes Trump inquiètent

    Car outre le climat, qui nécessite d’adapter les cépages pour proposer des vins buvables, la politique agressive du président des États-Unis, Donald Trump, met en péril l’avenir de nombreux professionnels. Les taxes à l’exportation vont priver les viticulteurs d’un marché. Le phénomène du recul de la consommation de vin, au profit d’autres alcools, travaille aussi la profession. Mais la passion est toujours vivace en dépit des obstacles. En Provence, les exploitations sont à échelle humaine et la question, centrale, des conditions de travail des saisonniers dans les vignes, est désormais posée au grand jour par les syndicats.

    Une action indispensable pour dénoncer et mettre fin aux situations d’exploitation des travailleurs sans qui aucune récolte n’est possible.

  • L’école, à l’os, exige un budget à la hauteur

    L’école, à l’os, exige un budget à la hauteur

    La rentrée scolaire de 12 millions d’élèves, le 1er septembre, risque de passer au second plan après l’annonce surprise de François Bayrou, d’engager la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale, le lundi 8 septembre. Minoritaire, le locataire de l’Élysée a donc choisi de dramatiser son départ, inéluctable. Le Premier ministre n’a pas attendu une motion de censure qui viendrait sanctionner le futur budget d’austérité pour 2026 et préfère se faire hara-kiri. Mais cet écran de fumée, symptomatique d’une crise politique majeure depuis la dissolution ubuesque de juin 2024, ne doit pas masquer les enjeux concrets de cette rentrée.

    L’enjeu du budget

    « Avec ou sans François Bayrou, avec ou sans Élisabeth Borne [ministre de l’Éducation], l’enjeu principal, c’est le budget. C’est vraiment ce qui va guider nos mobilisations et nos interventions les prochaines semaines », martèle le Snes-FSU. Pour le syndicat, le budget proposé, en tout cas « la logique budgétaire pour l’Éducation nationale », est « à rebours des besoins du service public d’éducation ». Des craintes fondées : en 2018, en dépit d’une hausse de la démographie scolaire de +8 029 élèves dans le second degré, 8 865 postes ont été supprimés, soit l’équivalent de 197 collèges, a calculé le syndicat, y voyant le symbole de la politique d’Emmanuel Macron depuis 2027. Aucun effort budgétaire significatif n’a été réalisé contrairement à l’affichage du gouvernement : en 2025, la hausse de 1,95 milliard, s’est limitée à +0,48% du budget de l’Éducation nationale une fois corrigé de l’inflation. De plus, avec pas moins de six ministres depuis le début du second quinquennat, la communauté éducative est aussi très lasse d’être si peu considérée.

  • Refuser l’escalade guerrière

    Refuser l’escalade guerrière

    Les dirigeants français et allemands se retrouvent aujourd’hui
    à Toulon pour aborder ensemble les sujets de défense.

    Dans nos deux pays, ce sont les forces politiques traditionnellement les plus atlantistes qui sont au pouvoir. Avec le nouveau mandat de Donald Trump, les voilà orphelines du grand frère états-unien, privées de leur logiciel de gestion du monde.

    Pire, les dirigeants européens semblent désormais chercher à contourner la tutelle
    de l’Otan, bras armé de la puissance américaine en Europe depuis l’après-guerre, non pas pour regagner en souveraineté et en capacité d’action, mais pour surenchérir dans les logiques guerrières, notamment sur le dossier ukrainien.

    Moteur de paix

    S’agissant du Proche-Orient, nos deux pays affichent en revanche une impuissance à peser sur le cours des événements. Les annonces de suspension des ventes d’armes européennes au gouvernement d’extrême droite israélien sont bien tardives au regard
    de la situation.

    Parce que la France
    et l’Allemagne sont deux pays à qui l’histoire a enseigné la nécessité d’empêcher les horreurs de la guerre, elles doivent aujourd’hui devenir un moteur de paix en Europe et dans
    le monde, des nations libres, souveraines et associées, déterminées
    à faire prévaloir les logiques diplomatiques et le co-développement.

    Pour cela, il y a besoin de défenses nationales émancipées de l’Otan et d’un cap pour assurer la sécurité collective et la paix.

    Ce n’est pas le moindre des enjeux de la période en France, où le gouvernement Bayrou devra bientôt partir.

  • Sortir du jour sans fin macroniste

    Sortir du jour sans fin macroniste

    C’est une question de jours : François Bayrou va partir. Rejeté par la représentation nationale, battant des records d’impopularité dans les enquêtes d’opinion, le joker d’Emmanuel Macron a fait son temps.

    La suite reste incertaine. Assistera-t-on à un nouveau jeu de dupes du président de la République ?

    Il n’est pas envisageable de laisser se poursuivre plus longtemps le jour sans fin macroniste commencé depuis le résultat des élections législatives qui ont fait suite à la dissolution.

    Les Français ne supporteront pas de nouvelles semaines de consultations durant lesquelles le Premier ministre battu resterait en poste pour finalement nommer un nouveau représentant d’une même politique. Ce fut le cas avec Attal, avec Barnier, le chef de l’État imagine-t-il rééditer le même scenario avec Bayrou le temps de désigner l’un de ses fidèles, Lecornu par exemple, comme le prédisent déjà les pythies du macronisme ?

    Changer de politique

    Il est temps de sortir de ce jour sans fin qui s’étire en dépit du verdict des urnes, des enquêtes d’opinion et des dégâts infligés aux finances publiques. Puisqu’Emmanuel Macron semble ne pas vouloir recourir à la dissolution, qu’il confie Matignon à un représentant du camp progresssiste, arrivé en tête des législatives. Sans majorité claire, les partis de gauche avaient promis de ne pas recourir au 49.3 pour gouverner, et la FI, consciente que sa présence dans un gouvernement susciterait un rejet majoritaire, s’était même engagée à un soutien sans participation.

    Une chose est certaine : la situation ne pourra déboucher sur une issue de progrès sans un puissant mouvement populaire exigeant non seulement un changement de Premier ministre, mais surtout un changement de politique.

  • Hara-Kiri

    Hara-Kiri

    François Bayrou choisit de se faire Hara-Kiri. Le 8 septembre, il posera la « question de confiance » à une Assemblée nationale dans laquelle il est minoritaire. Il le sait et s’en était bien gardé en arrivant à Matignon. Avec cette décision qui est une démission de fait, il cherche à partir en martyr libéral du « sérieux budgétaire » en faisant passer les oppositions pour des irresponsables au regard du niveau de la dette publique.

    C’est cette petite musique qu’il a fait entendre, ce lundi, en expliquant aux Français que la « dette, c’est chacun de nous ».

    Comme si cette dette ne résultait pas de décisions politiques. Comme si son camp ne gouvernait pas la France depuis 8 ans. Comme si lui n’avait pas été, quatre ans durant, Haut-commissaire au plan, avec pour mission d’« éclairer les choix des pouvoirs publics ». Comme s’il n’avait pas approuvé chacun des choix fiscaux de la Macronie pour plaire aux plus riches et aux grandes entreprises tout en asséchant les recettes de l’État.

    Un si grand déficit de confiance

    François Bayrou partira le 8 septembre, c’est désormais une évidence. Avant de présenter sa potion amère pour réduire la dette,
    il aurait été bien inspiré de s’interroger sur le si grand déficit de confiance que les Français ont en lui. Dans le dernier sondage Elabe pour Les échos, 12% d’entre eux déclarent « lui accorder leur confiance pour affronter les problèmes qui se posent au pays ».

    Difficile, en effet, d’emporter l’adhésion lorsqu’on est le représentant d’une politique sanctionnée dans les urnes après
    la dissolution voulue par Emmanuel Macron.

    Puisque le président de la République a exclu une nouvelle dissolution, qu’il nomme enfin un ou une Premier ministre chargé de constituer un gouvernement de progrès qui marque un changement de politique.

    Pour l’y contraindre, les mobilisations de la rentrée seront décisives.

  • Préserver la nuit, pour préserver la vie

    Préserver la nuit, pour préserver la vie

    La nuit fait un pas.

    « Les choses de l’ombre vont vivre », écrit Victor Hugo dans un poème simplement titré La nuit. Car la nuit est aussi synonyme de vie et c’est pour permettre au monde nocturne de survivre et de se développer que des actions sont désormais menées par les communes pour diminuer la pollution lumineuse. La première motivation n’est certes pas la préservation du vivant. Elle est plutôt guidée par la dure réalité des budgets publics qui ont explosé lors de la crise de l’énergie, et par le tour de vis austéritaire imposé aux collectivités locales. Les villes et les villages ont alors croulé sous des factures insoutenables.
    Il a fallu éteindre les lumières pour des raisons budgétaires. Ces décisions ont néanmoins permis d’améliorer le bien-être de la faune
    et de la flore comme le démontrent de récentes études.

    Le service public a saisi les enjeux

    Mieux encore, des actions spécifiques sont orchestrées par des villes à l’image d’Aix-en-Provence qui travaille sur des corridors, une trame noire, pour protéger les chauves-souris. Une espèce « parapluie » essentielle pour protéger les autres espèces.

    Si le service public a en partie saisi les enjeux et améliore la lutte contre la pollution lumineuse, le privé est beaucoup moins sensible à cette bataille, pour ne pas dire indifférent. Laisser des bâtiments éclairés pour montrer sa présence dans le milieu urbain et, en conséquence, faire une démonstration de sa puissance économique, a des conséquences délétères sur la biodiversité mais aussi sur les êtres humains. D’où l’importance des actions de sensibilisation pour laisser la nuit reprendre toute sa place dans nos cités.

  • Retrouver le chemin du progrès

    Retrouver le chemin du progrès

    La rentrée sociale et politique s’annonce explosive alors que François Bayrou et les composantes du « socle commun », minoritaire à l’Assemblée nationale, cherchent à faire passer un budget prévoyant près de 44 milliards d’euros de coupes.

    Quelle est leur feuille de route ? Infliger recul social sur recul social, serrer la vis des dépenses publiques pour toujours mieux préserver la poignée de possédants qui s’est enrichie à une vitesse exponentielle depuis la première élection d’Emmanuel Macron.

    Budget inacceptable

    Inacceptable pour la majorité des Français. C’est dans ce contexte que s’organise confusément la riposte. L’intersyndicale se retrouve le 1er septembre pour examiner la situation. L’appel informel à « tout bloquer » le 10 septembre est désormais soutenu par toutes les composantes de
    la gauche politique.
    La perspective
    d’une censure du gouvernement se rapproche…

    En tout état de cause, il faudra un rapport de force construit dans la durée pour imposer de nouveaux choix au sommet de l’État. Et pour mettre l’extrême droite face à son imposture : elle qui prétend défendre les intérêts populaires n’a toujours pas annoncé qu’elle censurerait le budget Bayrou.

    Elle constitue une impasse pour toutes celles et ceux qui cherchent un nouveau chemin de progrès.

    L’histoire de notre pays, qu’une stèle de la honte tente de falsifier à Saint-Raphaël, nous enseigne que ce sont dans les pires situations que les plus grandes avancées peuvent être arrachées.
    À condition de courage et d’opiniâtreté.

  • Répondre à la question sociale

    Répondre à la question sociale

    La justice sociale et la dignité des travailleurs sont la grande réponse progressiste, celle de la gauche, à la grande question sociale et son lot d’inégalités. Elle doit irriguer plus encore les propositions du camp du progrès. Elles doivent aussi représenter, aux yeux des citoyens, une alternative solide face au rouleau compresseur des politiques antisociales mises en œuvre depuis 2017. Jean Jaurès fit de cet enjeu la priorité et l’élargissait à la défense de la démocratie, de la République et des droits humains. Il fut, à ce titre, l’incarnation de
    la défense du Capitaine Dreyfus. Assassiné par un nationaliste en 1914, Jaurès n’a eu de cesse de combattre la réaction.

    Banalisation
    du mal

    Les héritiers des ultranationalistes de son époque ont, en 2025, pignon sur rue. La banalisation de l’extrême droite lui a permis de faire infuser ses idées de haine dans la société. Ainsi, le projet de l’irresponsable François Bayrou de supprimer deux jours fériés, dont le 8 mai, illustre cette banalisation du mal.
    À quoi bon commémorer la victoire sur le nazisme ? Cet effacement de l’histoire se produit au moment où nous devrions puiser dans les conquêtes sociales de l’après-guerre pour faire grandir notre modèle social né du programme du conseil national de la Résistance.

    Bayrou, Macron et consorts marginalisent
    la question sociale.
    Ils l’ignorent ou, quand ils y répondent, c’est par la répression. Quant à l’extrême droite, sa réponse est le racisme euphémisé : « la préférence nationale », machine infernale pour exclure. Aucune de ces réponses n’est acceptable. La responsabilité des gauches est immense pour porter haut et remettre au mitan
    la justice sociale et
    le combat contre
    les inégalités.