Category: edito

  • La Bonne Mère de tous

    La Bonne Mère de tous

    Son pitchoun dans les bras, le regard tourné vers la Méditerranée et Marseille, ville monde, notre Bonne Mère brille de nouveau comme jamais. Mais ses dorures qui aiment tant tutoyer le soleil et se jouer des nuages ne sont pas signes de vanité. Son regard n’est jamais inquisiteur. Sa hauteur n’est en rien domination. Notre Bonne Mère rime avec bienveillance.

    Comme un phare, sa vision signe la personnalité d’une cité et un creuset culturel deux fois millénaire. Née dans un XIXe siècle finissant, la Bonne Mère est, depuis, devenue le symbole de Marseille.

    Historique

    Célébrer en sons et lumières sa restauration d’une qualité exceptionnelle, c’est partager, ensemble, un moment historique. Un moment de joie aussi et de partage dans un monde où les passions tristes, l’égoïsme, la prédation et l’avidité s’attaquent chaque jour à l’humanité.

    La Bonne Mère est aimée des Marseillais et au-delà car elle sait, par sa beauté et sa majesté, mettre du baume au cœur et réussir le tour de force de rester modeste du haut de sa colline.

    À ce titre, elle n’est pas la propriété d’une religion que les courants réactionnaires et l’extrême droite instrumentalisent pour exclure l’autre, l’étranger.

    Au contraire, les bras tendus de l’enfant qu’elle porte sont une invitation à l’accueil, à la fraternité. Ces valeurs, malheureusement piétinées par les dominants de tous poils, devraient être communes à ceux qui croient au ciel et à ceux qui n’y croient pas.

    C’est pourquoi applaudir la remise en lumière de notre Bonne Mère à tous est un acte digne d’une ville qui doit être fraternelle.

  • Feu vert et panneau stop

    Feu vert et panneau stop

    Le ciel est-il à nouveau en train de s’obscurcir au-dessus de la centrale de Gardanne ? Après 7 ans d’une mobilisation ouvrière constante, l’éclaircie semblait pourtant de mise avec le passage à la biomasse et même l’annonce de la mise en œuvre prochaine du projet de biogaz porté par les salariés eux-mêmes à travers leur association et avec le soutien de leur syndicat CGT.

    La publication de l’arrêté préfectoral qui encadre l’activité a fait l’effet d’une douche froide. Les restrictions qui s’allongent sur 80 pages semblent en effet destinées à empêcher la viabilité du site.

    Troublant après une enquête publique qui avait permis un débat démocratique de qualité en croisant les points de vue des riverains, des associations de protection de l’environnement, des salariés, de l’industriel, des experts… sur un projet redimensionné pour répondre aux exigences parfois contradictoires qui s’exprimaient.

    Situation troublante

    Le trouble est encore plus grand lorsque l’on découvre que le rédacteur de l’arrêté est membre d’un collectif très critique à l’égard de l’utilisation de la biomasse.

    Le dossier de la centrale de Gardanne n’est pas anecdotique. Il ne peut souffrir aucun soupçon de partialité. Son importance pour l’emploi, pour l’autonomie énergétique, pour la décarbonation de la production d’électricité, pour l’avenir industriel de l’ex-bassin minier mérite mieux.

    L’État, garant de l’intérêt général, doit clarifier sa position. Un feu vert ne peut être assorti d’un panneau stop.

  • D’abord une question de budget

    D’abord une question de budget

    La lutte contre le narcotrafic sera l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale dans 10 jours, Sébastien Lecornu ayant accédé à la demande du groupe socialiste. Tant mieux, l’ampleur du problème mérite que la représentation nationale en prenne la pleine mesure. Mais pour toutes celles et ceux qui en subissent les conséquences partout en France et singulièrement à Marseille, l’heure n’est plus au débat. Elle est à l’action.

    C’est une des questions prioritaires qui devraient structurer la discussion sur le budget de l’État pour lui permettre de faire face à cette lame de fond.

    Les habitants des quartiers que le narcotrafic a rendu invivables et à qui il a pris des enfants, n’ont pas besoin de déclarations, ils veulent des résultats. Pour en obtenir, il faut un État fort de ses services publics : plus de policiers, mieux formés, plus de douaniers, plus de magistrats, plus de présence humaine, plus de prévention, plus d’accompagnement à la sortie des addictions…

    Répondre aux besoins

    Cela suppose de tourner le dos au dogme de l’austérité qui depuis trop d’années a affaibli l’État en le privant de ses moyens d’actions. C’est à une logique de réponse aux besoins qu’il faut passer. Beaucoup d’argent existe dans notre pays, il doit être mis à contribution pour servir l’intérêt général en reprenant le dessus sur la pègre.

    Oui, le nouveau préfet de région a raison, il faut une « férocité républicaine » face aux criminels assoiffés d’argent pour qui la vie humaine n’a aucune valeur. Cette ambition exige des moyens à la hauteur du défi. Les parlementaires qui se prétendent du camp de l’autorité devraient y songer avec sérieux en remisant leurs obsessions libérales.

  • Injure publique

    Injure publique

    Ce mardi, la CGT, la FSU et Solidaires appelaient à manifester contre des budgets de la Sécurité sociale et de l’État marqués du sceau de l’austérité.

    C’est dans ce contexte que l’on apprend la mise en examen de Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, pour injure publique après la plainte d’un mouvement patronal qui n’a pas supporté qu’elle qualifie les grands patrons de « rats qui quittent le navire » dont « le seul objectif est l’appât du gain ».

    Un comble ! Comme si c’était les paroles de Sophie Binet qui étaient déshonorantes alors que c’est la réalité qui l’est pour ces patrons. Ne menacent-ils pas de quitter le pays s’ils sont amenés à contribuer à l’effort de redressement des comptes publics et sociaux ? Ne refusent ils pas la moindre mesure de justice fiscale alors que les 500 plus grandes fortunes de France ont vu leur patrimoine doubler depuis la première élection d’Emmanuel Macron ?

    Chantage à l’exil fiscal

    Pendant que les inégalités augmentent et que, selon l’Insee, 15% des Français – soit près de 10 millions de personnes – vivent sous le seuil de pauvreté, un niveau record depuis 30 ans, il s’est donc trouvé une organisation patronale pour traîner en justice une dirigeante syndicale révoltée par une situation inacceptable.

    Au regard des manifestations de ce mardi et des enquêtes d’opinion, elle n’est pourtant pas la seule à juger que le chantage à l’exil fiscal combiné à l’idée d’une année blanche sur les pensions et les prestations sociales, sont indignes.

    Le gouvernement et les parlementaires feraient bien d’éviter que les budgets discutés cette semaine ne soient une injure publique à l’égard du monde du travail.

    La coupe est pleine.

  • « Non » à la guerre aux travailleurs

    « Non » à la guerre aux travailleurs

    Le mouvement social n’est pas prêt à baisser
    les bras ni la garde face au rouleau compresseur de l’austérité que constituent les deux projets de loi fondateurs pour la Nation et la vie de toutes et tous, à savoir le Projet de loi de finances 2026 et le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Ces deux budgets sont charpentés par des économies drastiques au nom de la lutte contre les déficits publics. Cette austérité budgétaire est une déclaration de guerre au monde du travail, au mouvement social au sens plein. Celui qui comprend les associations, les forces vives de la République, les services publics.

    Question sociale

    La situation est grave au point que trois syndicats appellent à la mobilisation, ce mardi 2 décembre, partout en France et donc dans notre région. La CGT, la FSU et Sud-Solidaires en remettant au mitan du débat public la question sociale, incarnent aujourd’hui la République sociale. Inscrite dans notre Constitution, sur les frontons de toutes nos communes, la liberté, l’égalité et la fraternité sont mis à la marge. Or, si les inégalités s’accroissent, c’est parce que les choix politiques de la macronie et des droites, (avec la complicité de l’extrême droite) ont pris parti pour le capitalisme financiarisé en octroyant des cadeaux fiscaux honteux. Les dividendes aux actionnaires, voilà ce qui anime ces affairistes qui défigurent la République sociale. Les travailleurs sont considérés comme des variables d’ajustement à qui l’on promet de crever au travail en imposant une réforme inique des retraites et des salaires au rabais. Il faut dire « non » à toutes les guerres.

  • Un élan à maintenir

    Un élan à maintenir

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 96% des personnes vivant avec le VIH sont diagnostiquées, 97% suivent un traitement et 97% ont une charge virale indétectable. Ces résultats dépassent les objectifs internationaux (95% pour chacun des trois indices) fixés par l’OnuSida pour mettre fin à l’épidémie d’ici 2030. Ils démontrent qu’une politique volontariste, associée à un réseau médical et à des associations engagées, peut changer la donne.

    Mais cette bonne dynamique n’est pas définitive. Elle repose sur un dépistage accessible, des traitements gratuits et un accompagnement humain.

    Autant de leviers
    qui exigent un soutien constant de la puissance publique. Car derrière les statistiques, il y a des vies, des parcours, des combats contre la stigmatisation et l’isolement.

    Investir

    Santé publique France alerte : l’incidence du VIH ne baisse plus depuis deux ans. Le dépistage reste donc crucial, comme le rappellent les CeGIDD, ces centres gratuits qui accueillent chaque jour des publics jeunes et précaires.

    Marseille illustre cette dynamique : ville pionnière en matière de santé communautaire, elle conjugue expertise hospitalière et initiatives locales. L’Institut Paoli-Calmettes a même permis la première guérison du VIH en France, grâce à une greffe exceptionnelle. « Ces cas sont rarissimes, mais ils montrent que
    la recherche avance
     », explique le Pr Raynier Devillier.

    Maintenir cet élan, c’est investir dans la prévention, la recherche et la solidarité. C’est affirmer que la fin du VIH n’est pas une utopie, mais peut être un objectif à portée de main. à condition de ne jamais relâcher l’effort.

  • Le grand rendez-vous de la démocratie

    Le grand rendez-vous de la démocratie

    C’est parti ! Les élections municipales dont le premier tour se tiendra le 15 mars 2026, sont le premier grand rendez-vous démocratique de l’année, un an avant l’élection présidentielle de 2027. La Marseillaise Hebdo d’Occitanie, implantée dans le Gard et dans l’Hérault et dont le nouveau siège est inauguré ce vendredi soir à Montpellier, a l’ambition d’être le lieu du débat public et des grands enjeux de ces municipales 2026. Les précédentes se sont déroulées en pleine crise sanitaire mondiale et ce fut l’occasion de mesurer combien les communes, les forces vives locales, ont tenu leur rôle. Comment les associations ont évité le pire pour des milliers d’habitants dans la difficulté.

    Vivre bien

    Six ans après, c’est peu dire que les crises se sont accentuées. Les communes ont été ces îlots du « vivre ensemble » en dépit des discours de repli, des reculs des services publics provoqués par un désengagement de l’État. Un terreau favorable à l’extrême droite toujours menaçante. Un terreau où prospère le mortifère trafic de stupéfiants qui bouche l’avenir de tant de nos enfants.

    Les premiers maires qui s’expriment dans nos colonnes ne veulent pas se résigner. Mais continuer à construire au service de leurs administrés, de l’enfance au grand âge. Ne pas subir c’est aussi expliquer le sens de leur engagement citoyen. Les deux départements du Gard et de l’Hérault ont des atouts formidables et les principaux sont leurs citoyens. Il y a une appétence pour la participation à la vie locale, à la vie de la cité, que l’on vive en ruralité ou en ville. C’est cet élan pour le vivre bien que La Marseillaise va s’employer à incarner.

  • Quand l’austérité fabrique la misère

    Quand l’austérité fabrique la misère

    Le rendez-vous symbolise l’insécurité alimentaire et la misère qui gagnent le pays. Ce week-end, la Banque alimentaire lance sa collecte nationale.

    Entre denrées alimentaires ou produits d’hygiène, les besoins sont vastes. Et le nombre de bénéficiaires ne cesse de croître, ces dernières années.

    Ce phénomène correspond à un constat insupportable : le taux
    de pauvreté, en France,
    a atteint en 2023 son niveau le plus élevé depuis que l’Insee le calcule, à savoir 9,8 millions de personnes concernées (15,4% de la population). Il ne s’agit plus de la pauvreté, mais de misère.

    Rétablir un État social fort

    Pendant ce temps, l’État se dérobe. Tout comme l’Union européenne. Les politiques d’austérité ont démantelé les filets sociaux, laissant les associations colmater les brèches, avec des moyens toujours plus réduits. Et abandonnant le peuple à la charité.

    La Banque alimentaire, confrontée aux baisses de subventions, à la hausse des coûts et du nombre de bénéficiaires, fait aussi face à une réduction du volume des dons. Encore le signe d’un contexte social difficile.

    La faim n’est pas
    une fatalité. Elle est le symptôme d’un choix politique : celui de laisser les inégalités prospérer. Ce n’est pas aux bénévoles, dont il faut saluer l’engagement, de réparer les dégâts de l’austérité mais à l’État de garantir le droit fondamental à l’alimentation.

    Augmenter les subventions aux associations ne suffira pas. Il faut rétablir un État social fort, taxer les profits indécents, investir dans les services publics et garantir à chacun l’accès à une alimentation digne.

  • La République décentralisée oui, centrifugée non

    La République décentralisée oui, centrifugée non

    Prenant au mot la déclaration de politique générale du Premier ministre, Gérard Larcher et Renaud Muselier ont décidé de pousser ensemble une nouvelle loi de décentralisation, depuis Aix où les maires étaient réunis à l’initiative de la Région.

    Le président du Sénat dit vouloir une loi « simple à horizon bref » alors que le gouvernement minoritaire et très affaibli par la crise politique cherche à réaliser des économies substantielles.

    Un élément de contexte qui a de quoi inquiéter les élus des collectivités locales déjà mis à contribution depuis plusieurs années pour compenser le déficit de l’État.

    Liens de proximité

    La Marseillaise qui avait lancé l’appel « Sauvons la République de proximité » en novembre 2024, tandis que se profilait un budget Barnier synonyme de potion amère pour les collectivités, peut en témoigner : toutes tendances confondues, les élus ne réclament pas plus de missions mais plus de moyens.

    Une décentralisation réussie passe par une réforme de la fiscalité renouant notamment le lien entre activités économiques et collectivités rompu par la suppression de la taxe professionnelle par Nicolas Sarkozy.

    Oui, elles l’ont démontré, les collectivités savent faire plus et mieux que l’État dans toute une série de domaines grâce à leur relation de proximité avec les citoyens.

    Les Français n’en demeurent pas moins attachés à l’égalité républicaine et au rôle de l’État.

    La République décentralisée oui, centrifugée non.

  • L’énergie de la victoire

    L’énergie de la victoire

    Au commencement, il y avait l’arbitraire. Une décision tombée d’en haut et justifiée par l’impératif climatique sans qu’aucune perspective d’avenir ne soit tracée : la fermeture de la Centrale à charbon de Gardanne.

    Qu’importe l’emploi, qu’importent les besoins en électricité de notre région, qu’importent la perte des savoir-faire et les potentialités d’une transition écologique vertueuse du site.

    C’est grâce à l’abnégation des salariés de la Centrale, de leur syndicat CGT et de leur association de travailleurs que ces choix mortifères ont été battus en brèche.

    Aujourd’hui devenue centrale à biomasse, le site de la Centrale va accueillir le projet de biogaz défendu bec et ongles par les travailleurs permettant l’embauche d’anciens salariés.

    Solutions ouvrières

    C’est une nouvelle fois la démonstration, dans notre région, que les solutions viennent des travailleurs organisés. Les caricatures qui sont faites d’eux sont indignes. Non, ils ne sont pas « contre tout », ce sont même souvent les seuls à apporter des propositions d’avenir.

    Qui porte la responsabilité du déclin industriel ? Qui instrumentalise l’écologie pour justifier des choix incohérents ? Qui mise sur le dumping social pour maximiser ses profits ? Certainement pas les Gardannais qui se battent pour l’avenir de leurs familles, de leurs métiers et de leur territoire.

    Dans une France où le monde du travail est trop souvent malmené, la détermination des salariés de la Centrale a valeur d’exemple.

    C’est l’énergie de la victoire.